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Première grève de l'histoire d'Arkose

il y a 39 minutes
3 min de lecture

Pour la première fois depuis sa création en 2013, le groupe Arkose fait face à un appel à la grève. Les ouvreur·se·s référents ont décidé de cesser le travail ce lundi 28 septembre, à l'appel de la FERC-CGT. En cause : une décision unilatérale de la direction de convertir dix journées de maintenance en journées d'ouverture de voies, plus longues et plus éprouvantes.


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© Arkose

Dans un communiqué publié le 25 septembre dernier, la FERC-CGT (pour Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture, la fédération syndicale qui représente les salarié·e·s d'Arkose, ndlr) annonce que les ouvreur·se·s d'Arkose se mettent en grève pour « défendre [leurs] droits ». Le texte précise que depuis plusieurs mois, les ouvreur·se·s d'Arkose alertent sur la dégradation de leurs conditions de travail et sur l'absence de reconnaissance de leur métier, sans obtenir de réponse de la direction. Cette grève, indiquent-ils dans leur communiqué, « n'est pas une décision prise à la légère » et « intervient parce que les échanges et les alertes ne suffisent plus ». Un rassemblement est prévu dès 9 heures devant le siège du groupe, dans le 20e arrondissement de Paris. Contactée par Vertige Media, la direction n'a pas souhaité communiquer.


Dix journées de trop


Le déclencheur est précisément indiqué dans le communiqué. Cet été, sans concertation préalable, la direction a, selon la FERC-CGT, décidé de convertir dix journées dites « référent » en journées de production. Une distinction qui compte dans le quotidien des ouvreur·se·s. D'un côté, les « journées référent » (du nom des ouvreur·se·s dites « référent·e·s », ndlr) sont consacrées aux tâches de maintenance : recalage des blocs, rangement des prises, tri des vis, nettoyage et entretien des tapis et des brosses. De l'autre, les journées de production impliquent d'ouvrir de nouvelles voies ou de nouveaux problèmes de bloc — un travail physiquement plus exigeant et plus long. En clair, cela implique pour le syndicat davantage de travail, pour la même paye.

Ce mouvement concerne directement les ouvreur·se·s référent·e·s, salarié·e·s en CDI, qui sont au nombre d'une dizaine chez Arkose. À la différence des ouvreur·se·s dits « volant·e·s », qui interviennent de salle en salle — treize en Île-de-France, une trentaine en tout à travers la France et l'Europe —, les ouvreur·se·s référent·e·s sont les seul·e·s directement touché·e·s par la décision contestée. Selon nos informations, la grève devrait être très suivie, notamment en Île-de-France.

La FERC-CGT avait demandé une réunion pour explorer d'autres pistes. La direction a posé comme préalable à toute discussion l'acceptation de cette transformation. Devant ce blocage, la fédération a appelé à la grève. Ses revendications sont doubles : le maintien du nombre de journées « référent » et l'ouverture d'une négociation sur les conditions de travail et l'organisation des journées de production.


Un terrain déjà fragilisé


Ce mouvement ne surgit pas de nulle part. En juillet, Vertige Media publiait une enquête sur les conditions de travail des salarié·e·s d'Arkose pendant la canicule. Plusieurs employé·e·s y décrivaient des salles transformées en fours — avec des températures parfois supérieures à 40 °C — et une direction qui avait refusé de fermer malgré la chaleur extrême, au nom de la « nécessité de maintenir l'exploitation ». « Cette façon de mettre la productivité avant la santé de ses employés, ce n'est pas l'image que je me faisais de l'escalade », confiait l'une des salariées du réseau de salles d'escalade. Le communiqué syndical évoque également des départs non remplacés, des commandes de prises réduites ou annulées, et des salaires qui stagnent alors que l'inflation reprend.

En toile de fond, c’est tout le secteur des salles d’escalade qui traverse une période de tensions. Fin juillet, la holding Climb Up Investissements et plusieurs de ses sociétés d'exploitation ont été placées en redressement judiciaire. Vertical Art avait fermé sa salle lyonnaise en 2025. Et Climbing District, l'un des principaux réseaux hexagonaux, vient d'annoncer un changement de direction sur fond de difficultés financières. C'est dans cet environnement qu'Arkose justifie une partie de ses arbitrages. Mais pour la FERC-CGT, la crise du secteur ne saurait légitimer la dégradation des conditions de travail de celles et ceux qui font vivre les salles au quotidien.


Nota bene : Certain·e·s ouvreur·se·s d'Arkose se sont mis en grève l'an dernier à l'appel d'un mouvement national qui dénonçait une mesure gouvernementale. Mais ledit mouvement ne concernait pas directement leurs conditions de travail ni le groupe.
 
 

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