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Climbing Bitches : les cachotteries de l’inclusion dans l’escalade

Partie d’un groupe WhatsApp entre grimpeuses, Climbing Bitches est devenue une entreprise suivie par plus 27 000 personnes sur Instagram. Son credo ? Rendre l’escalade plus inclusive. Mais derrière cette promesse, plusieurs femmes dénoncent des propos sexistes et des pressions de la part de sa cofondatrice, qui dément. Enquête au-delà du mur vernis de l’inclusion.

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(cc) Alexander Williams / Unsplash

Mardi 22 septembre, 23 h. Dans le sous-sol d’Arkose Nation, à Paris, la soirée ClimbHer Network touche à sa fin. Huit femmes, toutes entrepreneuses, sont encore réunies. Organisé par Climbing Bitches, l’événement se présente comme « le rendez-vous trimestriel des femmes qui font bouger l’escalade ». Mais ce soir-là, c’est une absente qui retient l’attention. Elle s’appelle Emma, plus connue sous le pseudonyme @pastropemmable sur Instagram. Grimpeuse et créatrice de contenu, elle s’est aussi fait une place dans le milieu de l’escalade parisien. Quatre jours plus tôt, elle organisait notamment Boss Ladies World à Climbing World, une nouvelle salle située dans le sud de Paris. Invitée à ClimbHer Network, Emma avait décliné, faute de disponibilité. En son absence, la conversation prend un tour plus personnel. Les critiques se multiplient, jusqu’à cette phrase : « De toute façon, elle sait que montrer son cul et ses faux cils ». Selon plusieurs sources qui l’ont confirmé à Vertige Media, la remarque a été prononcée par la gérante de Climbing Bitches, Nathalie Rabusseau.

« On rage un peu, on bitche quoi »

Dans les jours qui suivent, des participantes rapportent la scène à Emma. Le 25 septembre dernier, celle-ci décide de rendre l’affaire publique dans un carrousel publié sur Instagram. Elle y dénonce les propos tenus à son encontre, sans toutefois citer le nom de l’organisation ni celui de sa fondatrice. Le post sera exposé à des dizaines de milliers d’internautes, provoquant des centaines de commentaires, désormais non accessibles, et près de 7 000 likes. Et suscitant, du même coup, un émoi assez rare dans la communauté de l’escalade sur Internet.

Cette communauté connaît bien Climbing Bitches qui, à l’origine, est une histoire d’amitié entre grimpeuses. Sur le site de l’entreprise, Nathalie Rabusseau raconte comment tout a commencé : « Dans mon groupe, je sympathise avec deux filles. On continue de se retrouver à la salle et, un soir, autour d’une bière, on crée un groupe WhatsApp. Il lui faut un nom. Autour de nous, trois ou quatre mecs enchaînent les blocs noirs [une couleur indiquant un niveau difficile en salle de bloc, ndlr] (…) Il n’y a que nous qui sommes en galère ? On rage un peu. On bitche, quoi. »

Le projet grimpe rapidement. En juillet 2023, Climbing Bitches devient une société à responsabilité limitée (SARL), dont Nathalie Rabusseau est aujourd’hui la gérante. L'entreprise multiplie les évènements, conférences, formations consacrés aux questions de genre et d'inclusion. Au fur et à mesure du temps, Climbing Bitches se définit comme « un média inclusif ». Trois ans plus tard, son compte Instagram rassemble plus de 27 000 abonné·e·s et constitue le principal canal de communication et de promotion de l’entreprise. Sous les publications de Climbing Bitches, on peut lire des commentaires élogieux : « Super initiative ! », « Lire ça me réchauffe le cœur », « Merci, ça fait du bien de lire des choses comme ça ».

Flora*, l’une des amies de Nathalie Rabusseau présentes aux débuts du projet, se souvient : « Ça a commencé à marcher très vite. Donc, on s’est un peu emballées. On était dans le truc, quoi ». Mais lorsque les statuts de la société sont déposés, aucune des deux grimpeuses à l’origine du groupe WhatsApp ne figure parmi les associé·e·s. « Je suis partie car ça devenait beaucoup trop pour moi. Derrière ce projet, à la base, il y avait une amitié. Que ça devienne ce que c’est, ce n’était pas mon choix, pas mon objectif », nous confie Flora.

« Pour moi, elle vit et entretient une fusion totale entre Climbing Bitches, la communauté et sa personne. Et donc, toute critique envers Climbing Bitches est reçue, je pense, de manière très douloureuse »

Marion, grimpeuse engagée en faveur de l'inclusion et des minorités dans l'escalade

Si la société compte deux autres dirigeant·e·s, c’est Nathalie Rabusseau qui incarne l’essentiel de sa communication. Sur le site de Climbing Bitches, l’histoire de l’entreprise se raconte à travers celle de sa cofondatrice, à la première personne du singulier. Les autres associé·e·s restent peu visibles dans les publications, tandis que son visage occupe une place centrale sur les réseaux sociaux. Cette personnalisation se retrouve jusque dans la campagne de financement participatif lancée au printemps 2026. Intitulée « Climbing Bitches : le média inclusif de l’escalade », elle ne fera l’objet que d’une seule incarnation : Nathalie Rabusseau.

« Elle met beaucoup en avant le côté communauté, mais c’est beaucoup son visage qui apparaît, observe Diane*, professionnelle et bénévole du milieu de l’escalade. Elle a pris beaucoup de poids et d’espace dans le milieu. Il y a ce que j’appelle un culte de la personnalité, inhérent aux réseaux sociaux, mais qui est d’autant plus fort dans la communauté autour de Nathalie. » « Pour moi, elle vit et entretient une fusion totale entre Climbing Bitches, la communauté et sa personne, analyse Marion*, elle aussi engagée en faveur de l’inclusion et des minorités des femmes dans l’escalade. Et donc, toute critique envers Climbing Bitches est reçue, je pense, de manière très douloureuse. Dans son discours médiatique, notamment, elle parle systématiquement de communauté, mais parfois, elle se trompe, elle dit “je”, parce qu’en fait, c’est vraiment lié directement à sa personne. »

Cette centralité dépasse d’ailleurs l’entreprise. En 2024, Nathalie Rabusseau fonde également Haut-delà des murs, une association dont elle est trésorière, destinée à permettre à des publics éloignés de l’escalade de découvrir et pratiquer ce sport. Deux structures juridiquement distinctes, mais qui partagent une même figure fondatrice, une communauté et une ambition commune. Car au fil de son développement, une promesse reste au cœur du discours de Climbing Bitches : faire de l’escalade une pratique accessible à toutes et tous, quels que soient le niveau, le genre ou l’âge. « Parce que l’escalade n’est pas un sport d’élite. (…) Tous et toutes ont le droit de profiter et de prendre du plaisir. Climbing Bitches : ta safe place », peut-on encore lire sur le site de l’entreprise. Une promesse qui finit par convaincre Laura*, une grimpeuse engagée dont les vidéos de grimpe ont été publiées sur le compte Instagram de Climbing Bitches : « Je me suis laissée prendre au jeu puisqu’elle partageait mes vidéos de sessions. J’aimais aussi le côté féministe de la page, jusqu’à ce que je découvre qu’il n’en était rien. »

Désescalade, menaces et drama queen

Les critiques autour de Nathalie Rabusseau ne datent pas de la soirée ClimbHer Network. « J’ai eu plein de contacts qui ont frayé avec elle et qui s’en sont séparés », confie une autre témoin présente ce soir-là. En mars 2025, la publication d’un carrousel intitulé « Top 5 des meufs reloues en salle d’escalade » avait déjà suscité des réactions contrastées. Supprimé depuis, le post dressait une série de portraits caricaturaux de grimpeuses, jugés sexistes par plusieurs de nos interlocutrices. On y retrouvait notamment « Celle qui joue la drama queen à chaque fois qu’elle tombe d’un bloc » ou « Celle qui se plaint non-stop parce que c’est morpho, c’est morpho ».

Mais c’est surtout la gestion des commentaires sous le post qui interpelle. « Beaucoup de femmes ont commenté pour critiquer ce post. Nathalie a supprimé les commentaires et en laissait d’autres de mecs assez violents », raconte Laura*. Sur une capture d’écran que Vertige Media a pu consulter, un commentaire masculin resté visible sous le carrousel illustre ses propos : « Celle qui a de trop belles fesses que tu ne peux pas te concentrer ». Dans les échanges, une autre internaute affirme vouloir « faire taire la n° 2 », en référence aux grimpeuses qui se plaignent des blocs « trop morpho ». Le compte Climbing Bitches lui répond : « Y en a qui sont difficiles à faire taire ».

« C’est un sujet qui est très discuté depuis deux ans, notamment dans la communauté militante. On avait toutes le même son de cloche, alors qu’on ne se connaissait pas. Elle a la réputation de ne pas être une personne que les gens recommandent »

Laura, grimpeuse engagée en milieu associatif

Face aux critiques du post, le compte revendique son humour : « C’est un humour assumé depuis la création de ce compte. On parle de sororité, mais on fait le procès d’une femme et on la juge gratuitement ? » Une défense qui contraste avec les souvenirs de Flora*, présente aux origines du projet. Elle décrit un humour fait de « petites piques, de la méchanceté », où le côté « bitch » traduisait, selon elle, « une sorte de jalousie par rapport à certaines grimpeuses ». 

Sur les réseaux sociaux, les critiques sont aussi visibles. Mais dans les coulisses du milieu de l’escalade, elles semblent surtout circuler entre personnes qui se connaissent. « C’est un sujet qui est très discuté depuis deux ans, notamment dans la communauté militante, précise Diane*. On avait toutes le même son de cloche, alors qu’on ne se connaissait pas. Elle a la réputation de ne pas être une personne que les gens recommandent », poursuit-elle. Pour autant, cette mauvaise image ne semble pas avoir empêché Climbing Bitches de s’imposer dans le milieu. « Quand tu connais tout le monde, c’est plus simple de se permettre des choses. On a commencé à me parler de son comportement et pourtant, elle était encore là aux événements », explique Vincent*, lui aussi impliqué dans la communauté de l’escalade en faveur de l’inclusion. « Ça respire l’entre-soi », conclut-il. L’entreprise peut également compter sur un solide réseau de partenaires. Son compte Instagram affiche des collaborations avec plusieurs marques, dont Patagonia, Beal, Osprey, Le Vieux Campeur ou encore Volxholds, ainsi qu’avec des salles d’escalade comme Arkose Pantin, Climb Up Aubervilliers et Bloc Session.

Pourquoi, alors, ces critiques peinent-elles à s’exprimer publiquement ? Plusieurs de nos interlocutrices évoquent la crainte de représailles, notamment judiciaires. Les grimpeuses, elles aussi engagées dans l'inclusion, rapportent ainsi des menaces, vécues directement ou dont elles disent avoir eu connaissance. « Elle menace un peu de poursuivre tout le monde », affirme Laura. « Depuis deux ans, on voit des choses, on apprend qu’elle menace de poursuites », continue Diane. Cette crainte des répercussions contribue, selon elles, à entretenir le silence autour des comportements dénoncés. Elle explique aussi leur souhait de témoigner anonymement.

Laura, qui avait critiqué le carrousel « Top 5 des meufs reloues en salle d’escalade », raconte une expérience plus précise : « Avant même la sortie de ma critique en stories, je l’ai prévenue que je ne voulais plus être publiée [dans ses vidéos de grimpe, ndlr] sur le compte Instagram de Climbing Bitches en raison de ces réactions et de son post. Une fois que j’ai pris la parole sur mon compte, elle m’a asséné des vocaux agressifs, en disant qu’elle ne pensait vraiment pas que j’allais faire un truc pareil. » Selon elle, la critique se retourne alors contre celles qui l’expriment : « C’est vraiment nous culpabiliser pour nous museler et ne jamais se remettre en question ». Un sentiment partagé par Marion* : « Elle nous compare directement avec les agresseurs que nous dénonçons. C'est une rhétorique de l'inversion ! »

Le mur de la diffamation

C’est face à un autre mur que celui des prises colorées que se trouve aujourd’hui Emma : celui de la diffamation. Depuis la soirée ClimbHer et les propos qu'on lui a rapportés, la jeune grimpeuse vit dans la crainte des poursuites judiciaires. Lorsqu’elle décide de poster son carrousel sur Instagram, elle commence ainsi : « Aujourd’hui, j’ai appris quelque chose qui m’a profondément choquée et blessée », avant de rendre publique la phrase stigmatisante dont elle aurait été l’objet. Les répercussions de la publication ne tardent pas à se faire sentir, aussi bien pour Climbing Bitches que pour la créatrice de contenu.

« Climbing Bitches n’a jamais été un combat contre qui que ce soit : c’est un projet qui rassemble et non qui oppose. J’ai une méthode à l’opposé de se retrancher (sic) derrière un combat pour attirer l’adhésion et cela n’est pas toujours évident à comprendre pour certains »

Nathalie Rabusseau, cofondatrice et gérante de Climbing Bitches

Contactée par Vertige Media, Nathalie Rabusseau a répondu à nos questions par e-mail. Elle commence par mentionner Emma et écrit : « À aucun moment je n’ai tenu publiquement de tels propos à l’égard de cette dernière ». Elle qualifie par ailleurs la séquence de « drama d’Internet ». Pourtant, le 10 octobre dernier, la cofondatrice de Climbing Bitches réagissait dans un communiqué posté sur Instagram. « Je suis accusée ouvertement de dénigrement, d’injures, de sexualiser les femmes, d’entretenir la culture du viol et de discrimination », écrit-elle. Dans le même texte, elle annonce avoir déposé plainte pour diffamation, sans préciser qui elle vise ni quels propos sont concernés par la procédure. À Vertige Media, Nathalie Rabusseau confirme toutefois viser Emma : « C’est bien ce post qui fera l’objet d’une appréciation par un tribunal ». Elle ajoute que « la décision d’emprunter la voie judiciaire n’est pas facile ». Plus généralement, la dirigeante rappelle que « Climbing Bitches n’a jamais été un combat contre qui que ce soit : c’est un projet qui rassemble et non qui oppose. J’ai une méthode à l’opposé de se retrancher (sic) derrière un combat pour attirer l’adhésion et cela n’est pas toujours évident à comprendre pour certains. »

Certains partenaires de Climbing Bitches décideront, en effet, de s’écarter. Au lendemain du post d’Emma, le festival Women Bouldering et l’association Grimpeuses annoncent que leur collaboration avec l’entreprise prend fin « avec regret ». « Nous soutenons les femmes à se sentir libres de s’habiller comme elles le souhaitent, sans appréhension de sexualisation, harcèlement ou jugement », écrivent les organisatrices des associations, en faisant clairement référence à l’affaire. À propos des répercussions sur ses partenariats, Nathalie Rabusseau nous explique ne pas pouvoir nous en dire davantage « ni faire de suppositions sur les intentions de chacun de [ses] partenaires ». Plus loin, elle reconnaît toutefois des « questionnements et des discussions désagréables (…) avec de nombreux interlocuteurs », tout en indiquant que « le dialogue n’est rompu avec personne ».

Une inclusion sous étiquettes

Pierre, co-gérant d’une salle d’escalade, a fait appel aux services de Climbing Bitches comme organisme favorisant l’inclusion : « On voulait organiser des conférences ou des tables rondes sur des sujets qui traversent le monde de l’escalade, dont le féminisme », raconte-t-il. Son équipe pense alors à Nathalie Rabusseau et à l’image féministe de son entreprise. Une fois l’événement passé, la déception est grande, selon Pierre. « Dans la table ronde, l’inclusion des femmes dans l’escalade, c’était inexistant. On a davantage parlé de la nécessité d’avoir plus de blocs bleus et rouges, ce qui peut concerner les femmes, mais là, c’était dit de manière générale, poursuit-il. On était tous vraiment interloqués par la gestion de l’événement. Quand je me suis rendu compte qu’à la fin, j’avais payé une prestation de table ronde pour seulement avoir un certain nombre de posts et des likes, je l’avais un peu mauvaise. »

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« Climbing Bitches est une entreprise commerciale, j’ai pris le pari d’arriver à vivre de la combinaison de mon savoir-faire dans les médias et de ma passion pour l’escalade, explique Nathalie Rabusseau dans les réponses à nos questions. Depuis sa création, Climbing Bitches met en avant des grimpeuses et des grimpeurs de tous horizons. L’inclusion n’y est pas une action ponctuelle : c’est son ADN. » Puis, plus loin, elle affirme : « Il suffit de regarder le compte Instagram pour y constater la diversité des profils de grimpeurs qui y sont représentés. »

Sur le site Internet de Climbing Bitches, un bouton jaune invite à découvrir une quarantaine d’articles de blog. Au moment où nous écrivons ces lignes, les six derniers citent des marques. Près de la moitié sont consacrés à des recommandations ou à des tests de produits. Cinq articles abordent l’inclusion, en mettant en avant des grimpeuses inspirantes ou des initiatives comme celles de Grimpeuses et du Women’s Bouldering Festival. Sur Instagram, parmi les cinquante dernières publications du compte, douze mettent en avant des partenariats avec des marques ou mentionnent des partenaires, soit un quart des contenus. 

Quand elles existent, les initiatives en faveur de l’inclusion sont davantage portées par Haut-delà des murs, l’association fondée par Nathalie Rabusseau en 2024. Son objectif est de permettre à des personnes en situation de handicap, de précarité ou d’isolement de découvrir et de pratiquer l’escalade. « Haut Delà Des Murs en tant qu’association loi 1901 est née de la communauté Climbing Bitches, aujourd’hui indépendante et portée par ses bénévoles, elle fait grimper des publics qui n’ont habituellement pas accès à l’escalade », complète Nathalie, interrogée par Vertige Media. Mais si la grande majorité des projets menés en faveur de l’inclusion sont portés par l’association, qu’en est-il de l’engagement de Climbing Bitches, qui revendique pourtant les mêmes ambitions ?

« Elle dit souvent qu’elle est sur le terrain pour favoriser l’inclusion, mais, finalement, il n’y a pas tant de contenu que ça sur “ce” terrain », observe Marion*. Selon elle, cet engagement est aussi invoqué pour répondre aux critiques adressées à Climbing Bitches : « Comme si, du coup, ça rendait impossible de critiquer sa manière de faire. » Sur son site, Climbing Bitches promet pourtant une « safe place ». Dans son e-mail, sa cofondatrice précise : « L’essentiel est surtout de provoquer le dialogue et non de susciter l’émotion pour obtenir l’adhésion à une idéologie en particulier. Chacun doit faire un pas vers l’autre pour espérer se rencontrer et parfois on trébuche, l’essentiel est de se relever. » CQFD.

*Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifiés afin de préserver l’anonymat des personnes interrogées.

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Matthieu Amaré
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