Vertige Media x Pyrénicimes : quand Graou voyage dans le midi
- La rédaction

- 14 nov. 2025
- 5 min de lecture
Du 25 au 30 novembre 2025, le Festival Pyrénicimes revient pour sa dix-septième édition à Pibrac, aux portes de Toulouse. Et pour l'occasion « Graou », le premier film de Vertige Media, a été sélectionné par le comité d'organisation et sera projeté le vendredi 29 novembre à 22h, suivi d'une table ronde avec l'équipe du média. Rétrospective d'une sacrée expédition en compagnie de son directeur, Philippe Caussade.

Il y a des festivals qui existent parce qu'il le faut bien, et d'autres qui naissent d'une urgence. Pyrénicimes appartient à la seconde catégorie. En 2009, Philippe Caussade, grimpeur et membre du club Pibrac Rando Montagne, en Haute-Garonne (31), se retrouve parachuté au sein du comité départemental de la Fédération française de la montagne et de l'escalade. Le président de l'époque lance une idée à la cantonade : « J'aimerais bien qu'on crée une nuit de la montagne ou une fête de la montagne ». Philippe, amateur de reportages et de documentaires, se souvient alors d'un film qu'il n'a jamais pu voir à Toulouse : Au-delà des cimes de Catherine Destivelle, sorti la même année. « C'était un gros film, qui était passé dans les grandes salles. Mais sur Toulouse, il n'était passé que deux fois et personne ne l'avait vu », raconte-t-il.
La grande Catherine
L'idée germe rapidement. Pourquoi ne pas créer un petit festival de films de montagne ? Après tout, aux alentours de Toulouse qui se situe à 1h30 des Pyrénées, il n'y a pas grand-chose, pour ne pas dire rien du tout. Philippe Caussade connaît bien le conseil municipal de Pibrac. Il lui explique le projet. La municipalité met à disposition le théâtre, le gymnase. Tout est prêt. Reste à convaincre une tête d'affiche. « Je me souviens que j'ai appelé Catherine Destivelle, pensant que j'allais tomber sur un agent. Non seulement je l'ai eue directement mais en plus elle a accepté de venir », confie-t-il encore étonné quinze ans plus tard. Le théâtre affiche complet sur trois séances. Le festival est lancé.
Ce qui aurait pu n'être qu'une soirée est devenu une institution locale. Dix-sept éditions plus tard, Pyrénicimes s'étale désormais sur six jours, du 25 au 30 novembre. Au programme : une avant-première de Le Chant des Forêts, le dernier film de Vincent Munier (le co-réalisateur de La Panthère des Neiges, ndlr), un spectacle visuel, un loto montagnard, un repas conté, des ciné-débats, des séances scolaires, un village avec des exposants, un salon photo nature. « Petit à petit, on a essayé de se renouveler », explique le directeur du comité d'organisation. Le salon photo nature, créé il y a quatre ans avec l'aide de son fils qui travaille à l'Office français de la biodiversité, a permis d'ouvrir « une fenêtre sur la nature, l'environnement ». Une quinzaine de photographes y exposent désormais leurs œuvres.
« On s'est retrouvé à Pibrac au café, avec Patrick Edlinger, à parler de pêche. C'était irréel »
Philippe Caussade, fondateur de Pyrénicimes
Néanmoins, l'ADN du festival reste la même depuis le début : montrer des films, et surtout créer des rencontres. « On ne veut pas juste montrer des images. Notre moteur, c'est de rencontrer des gens. Des gens qui ont marqué l'histoire de la montagne », insiste Philippe Caussade. Pour la deuxième édition, ce dernier sait qu'il doit maintenir son niveau d'exigence en invitant une autre tête d'affiche. Ce sera une légende, celle de l'escalade française, en la personne de Patrick Edlinger. « C'est tout simplement ma plus belle rencontre sur le festival, confie le fondateur. Edlinger, quand on fait de l'escalade, c'est dingue. On s'est retrouvé à Pibrac au café, à parler de pêche. C'était irréel. »
Graou et des cerfs à la jumelle
Aujourd'hui, le festival tourne avec un comité d'organisation de treize bénévoles et peut compter sur plus de 120 personnes sur les deux jours de village. Le théâtre de Pibrac, qui peut accueillir 430 spectateurs, affiche complet depuis plusieurs années sur toutes les séances de ciné-débats. « On a beaucoup de fidèles », sourit Philippe. Mais au-delà des chiffres, c'est surtout une philosophie qui perdure : montrer autre chose que l'exploit, rendre la montagne accessible à toutes et tous. « Nous, ce qu'on veut faire passer comme message, c'est que l'aventure est à portée de toutes et tous et pas besoin d'aller en Patagonie ou à l'autre bout du monde pour se faire plaisir. On peut très bien aller dans les Pyrénées, faire un bivouac sur un sommet et observer des cerfs à la jumelle », résume Philippe.

Cette volonté de démocratisation passe aussi par un travail important auprès de la jeunesse. Dans toutes les crèches et maternelles de la commune, un spectacle vivant de marionnettes sur le thème de la montagne et de la nature est proposé. Deux séances scolaires sont organisées chaque année, avec des ciné-débats adaptés. Le festival travaille également avec la maison des jeunes de Colomiers, emmenant des jeunes en difficulté à la montagne. « C'était il y a trois ans. Ils n'avaient jamais été à la montagne. Cette année, on a fait un bivouac. C'était magique », raconte Philippe.
Cette année, le comité d'organisation a sélectionné Graou, le premier film de Vertige Media. Un moyen métrage de 30 minutes qui raconte l'histoire d'une rencontre entre les fondateurs du média et Bruno Clément, dit « Graou », figure légendaire de l'escalade du Verdon. Un grimpeur « mi-ours mi-lézard » qui vit depuis 35 ans dans les Gorges, reculé du monde, et qui est sans doute le meilleur équipeur de France. Le film mêle légendes locales, escalade pure, et une bonne dose de grand n'importe quoi. Surtout, il raconte l'histoire de deux types qui se lancent dans une aventure verticale en ne sachant pas vraiment dans quoi ils mettent les mains. Un peu comme Philippe en 2009, finalement.
La projection aura lieu le vendredi 29 novembre à 22h au théâtre de Pibrac. Elle sera suivie d'une table ronde en présence de Matthieu Amaré, rédacteur en chef de Vertige Media, et Pierre-Gaël Pasquiou, directeur de la publication. L'occasion de discuter du projet, de la rencontre avec Graou, et plus largement de la façon dont on raconte l'escalade aujourd'hui. La rédaction couvrira l'ensemble d'un festival qui incarne très précisément ce que nous défendons depuis notre création : des récits qui vont au-delà de l'exploit, une montagne accessible, une transmission vers les jeunes générations, et surtout une vraie rencontre avec celles et ceux qui font vivre ces histoires. Pyrénicimes n'est pas un festival de plus sur le calendrier. C'est un événement porté par des passionné·es qui, depuis dix-sept ans, refusent de laisser la montagne aux sommets inaccessibles.
Les Pyrénées, donc. Si on les voit bien depuis Pibrac, la légende raconte qu'il va pleuvoir le lendemain (disclaimer : la légende se vérifie à chaque fois, ndlr). Ces montagnes que l'on grimpe le weekend, celles qu'on transmet aux enfants qui n'y sont pas encore allés. Et si les sommets se racontaient aussi depuis une petite commune de Haute-Garonne ? C'est en tout cas le pari que fait Pyrénicimes depuis 2009. Et celui que nous choisissons d'accompagner.
Toutes les informations et la billetterie sont disponibles sur le site du festival Pyrénicimes.














