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Les frères Mawem veulent faire entrer la communauté au capital de MBS Industry

Connus pour leurs performances au plus haut niveau, Bassa et Mickaël Mawem construisent depuis quelques années un autre versant de leur trajectoire : celui d’un entrepreneuriat tourné vers l’escalade et, désormais, vers l’accessibilité. Avec Sébastien Kuehn, ils portent MBS Industry et son approche « Footing Vertical », qui passe de la séquence des démonstrations à celle des installations, en salle comme dans le médical. Pour financer cette montée en puissance, l’entreprise ouvre en priorité aux grimpeur·euse·s la possibilité d’investir, avant une ouverture aux investisseur·euse·s professionnel·le·s.


MBS Industry
© MBS Industry

Le grand public connaît les frères Mawem pour les podiums, les Jeux, la vitesse d’exécution et cette capacité à rendre lisible, en trois mouvements, ce qui ressemble souvent à du chaos. Depuis quelques années, pourtant, la trajectoire se lit aussi ailleurs que sur un mur : dans une série de projets qui dessinent un écosystème, du commerce en ligne à la salle de Colmar ouverte en 2021 — que l’équipe dit vouloir agrandir fin 2026 — en passant par d’autres montages immobiliers encore en préparation.


Dans ce récit-là, il y a une logique de compétiteur transposée au hors-mur : quand l’outil manque, il faut le fabriquer, le tester, le corriger, puis recommencer jusqu’à ce que l’objet tienne. C’est précisément cette mentalité que les fondateurs revendiquent au moment d’aborder le projet le plus exposé — et le plus sensible — de leur constellation.


MBS Industry, cofondée avec Sébastien Kuehn, prolonge le fil rouge qui traverse leur démarche depuis l’ouverture de la salle : rendre la verticalité praticable au-delà du public déjà « équipé » — socialement, physiquement, techniquement. Après une forte médiatisation autour des prototypes début 2025, l’entreprise veux entrer dans une phase plus concrète : installations annoncées, commandes engagées, déploiement en salle et en centres de rééducation. Et, avec cette étape, une question arrive forcément au premier plan : comment financer le passage à l’échelle — et que signifie « investir », concrètement, quand la proposition s’adresse aussi à une communauté qui n’a pas forcément les mêmes repères financiers ?


Footing Vertical : on en est où ?


Chez MBS, Footing Vertical désigne d’abord une pratique, dont CAMI est la brique la plus visible. Dans la phase de déploiement, l’entreprise présente désormais l’ensemble comme une offre structurée, articulée autour de trois dispositifs complémentaires, visant à rendre l’escalade accessible à des personnes qui, sans assistance et sans équipement adapté, ne peuvent pas grimper dans des conditions classiques.



Le premier — celui dont on a le plus entendu parler — s’appelle CAMI. Un enrouleur motorisé intelligent avec assistance à la montée, une sorte de « vélo électrique de l’escalade ». L’idée n’est pas d’effacer l’effort, mais de délester le ou la grimpeur·euse d’un poids déterminé, afin de permettre à des personnes à mobilité réduite, à des seniors, à des personnes en surpoids — ou, plus largement, à toute personne n’ayant pas la force musculaire nécessaire pour grimper « de manière traditionnelle » — d’accéder au geste, à la sensation, à la progression.


Le deuxième dispositif, c’est le BASS : un contrôleur de sécurité conçu pour les couloirs à enrouleurs — qu’il s’agisse d’auto-enrouleurs « classiques » ou du dispositif motorisé intelligent CAMI — qui alerte lorsqu’une personne commence à grimper sans être correctement attachée. Le principe est simple : accompagner l’autonomie par un garde-fou, dans un contexte où les lignes à enrouleurs se multiplient et où l’oubli peut suffire à provoquer un accident.



Enfin, le CHAS : un harnais inclusif pensé notamment pour des personnes à mobilité réduite, conçu pour être enfilé debout ou assis dans un fauteuil roulant, et permettre une verticalisation adaptée. C’est sans doute le dispositif le moins spectaculaire des trois, mais il dit beaucoup du projet : l’ergonomie est souvent le premier filtre d’accès. L’inclusion se joue souvent sur des points d’accès très basiques : pouvoir s’équiper et pratiquer sans que le matériel devienne un obstacle.


Cette architecture — CAMI, BASS, CHAS — n’est plus seulement une promesse. MBS indique que plus d’une vingtaine de structures doivent être équipées prochainement en France et en Allemagne : des clubs et des salles privées, mais aussi des acteurs du médical, avec des installations prévues en centres de rééducation. Autrement dit : Footing Vertical n’est plus raconté comme un concept, mais comme une solution appelée à s’inscrire dans des lieux, des plannings, des pratiques.


Une levée de fonds avec la « communauté »


Dans cette nouvelle étape de développement, les frères Mawem entendent associer les grimpeur·euse·s. La possibilité d’investir est d’abord réservée à ce public, jusqu’au 28 février 2026, avant une ouverture aux investisseur·euse·s professionnel·le·s. Le geste garde une cohérence au sens large : un projet né de l’accessibilité invite d’abord celles et ceux qui font vivre l’escalade à participer au moment où l’entreprise change de dimension.


Reste un point crucial : cette invitation n’a rien d’un « soutien » symbolique. Il faut appeler les choses par leur nom : ce n’est ni un achat, ni un don. C’est un investissement. Et investir, surtout dans une jeune structure, implique trois réalités qu’aucun enthousiasme ne contourne : de l’argent immobilisé, des conditions contractuelles, et un risque.


Les profils intéressés sont forcément hétérogènes : certain·e·s connaissent très bien ces mécanismes, d’autres beaucoup moins. MBS met donc en avant une approche qu’elle veut lisible. Deux voies sont proposées, avec un investissement minimum annoncé à 1 000 € : obligations ou capital. Deux mots proches à l’oreille, deux mécaniques très différentes dans la vie réelle. L’entreprise indique par ailleurs une proposition de rachat à cinq ans.


L’option obligations est la plus lisible pour qui n’a jamais investi : il s’agit, en pratique, d’un prêt à l’entreprise. MBS évoque une durée de cinq ans et un intérêt annuel annoncé à 10 %. Pour simplifier : pour 1 000 €, l’entreprise annonce une rémunération annuelle (dans cet exemple, 100 € par an), puis un remboursement du capital à l’échéance, selon les modalités du dossier. La lisibilité est un avantage — à condition de ne pas la confondre avec une garantie. Une obligation reste liée à la santé de l’entreprise : si l’activité traverse des difficultés, cela peut peser sur sa capacité à tenir ses engagements. Ce n’est pas un livret réglementé ; c’est un contrat adossé à un projet.


L’option capital, elle, change de logique. Il ne s’agit plus de prêter : l’investisseur·euse devient actionnaire, donc copropriétaire d’un morceau du projet. Il n’y a pas d’intérêt annuel fixé à l’avance ; la valeur dépend de la trajectoire de l’entreprise. Si elle se développe, sa valorisation peut augmenter, et la valeur des parts suivre. Si elle stagne ou échoue, la valeur peut baisser, voire devenir nulle. C’est plus incertain, plus risqué — et c’est aussi ce qui peut, en cas de succès, créer davantage de valeur qu’un simple intérêt annuel.


Sur le papier, tout se joue ensuite dans les documents. Durée, modalités de sortie, conditions de rachat, priorités en cas de difficulté : ce sont ces lignes-là qui transforment une intention en engagement.


Comment se renseigner


Pour recevoir le dossier et poser ses questions, MBS invite les personnes intéressées à prendre contact : ceo@mbs-industry.com


Article sponsorisé par MBS Industry

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