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Karma La Villette ouvrira ses portes le 8 janvier

La FFME annonce l’ouverture de Karma – Paris La Villette ce jeudi 8 janvier 2026 à 9h, au cœur du Parc de la Villette (Paris 19e). Une date qui met un point final à une chronologie déjà bien commentée — octobre 2025, puis novembre, avant janvier — et qui ramène Karma La Vilette à ce qu’elle est depuis le départ : une salle pensée comme vitrine sportive (bloc / difficulté / vitesse), mais aussi comme nouvelle pièce d’un modèle économique que la fédération revendique désormais ouvertement.


Karma La Villette FFME
La fresque de la nouvelle salle commerciale de la FFME : Karma La Villette © FFME

La fresque sur la devanture était prête depuis longtemps. Ce qui manquait, c’était le moment où l’on cesse de parler d’un lieu au futur. La Villette, c’est un parc qui avale les projets à son rythme, entre mécaniques administratives et réalités techniques. La FFME, elle, inscrit derrière cette ouverture un autre récit, plus sensible que le simple « nouveau spot » parisien : celui d’une fédération qui a décidé de tenir la barre sur un terrain où on ne l’attendait pas forcément, la salle commerciale, avec une ambition assumée : faire entrer de nouvelles ressources dans la maison, pour financer le reste.


Enfin, une date


Le communiqué officiel est minimaliste mais clair : Karma – Paris La Villette ouvrira le jeudi 8 janvier 2026 à 9h. Et avec cette précision, la fédération verrouille ce qui, depuis des mois, glissait à force de prudence. Car l’ouverture a eu plusieurs vies. Lorsque nous évoquions le projet fin 2023, la FFME parlait alors d’une ouverture « d’ici 2024 ». L’échéance a depuis beaucoup bougé. À l’été 2025, lors de notre visite du chantier, la salle était annoncée pour octobre 2025 : on avançait encore entre panneaux en bois, volumes en construction et promesses d’architecture, avec cette impression typique des lieux qui s’inventent sous vos yeux. Deux mois plus tard, dans l’entretien accordé à Vertige Media, Alain Carrière — alors président de la FFME, qui a depuis annoncé sa démission — recalait l’agenda sur novembre, tout en rappelant, très concrètement, ce qui retarde un chantier : l’électricité arrivée tardivement, les tests techniques, les raccordements, la ventilation. Janvier 2026 devient donc l’atterrissage officiel, celui où l’on ne s’en remet plus à des « fenêtres », mais à une heure d’ouverture.


Sur le fond, la FFME pousse le marqueur sportif qui structure tout le projet : Karma La Villette sera le premier espace dans Paris intra-muros à proposer les trois disciplines olympiques : le bloc, la difficulté et la vitesse. Une promesse simple à comprendre, très lisible pour le grand public, et suffisamment rare à Paris pour que l’inauguration dépasse la seule communauté des passionné·e·s.


Le pari Karma


Derrière le ruban à couper, l’enjeu n’est pas uniquement sportif. Karma La Villette s’inscrit dans la continuité de Karma – Fontainebleau, la première salle Karma ouverte en 2014. Et c’est là que la fédération assume un discours qui, dans le monde sportif, a longtemps été prononcé à mi-voix.


Dans l’entretien que nous avions publié, Alain Carrière posait une phrase qui résume la doctrine : « Il n’y a pas de guillemets à mettre : c’est un projet commercial. Et je l’assume. » L’idée n’est pas de « faire joli » ni de se donner des airs d’entrepreneur·se. C’est de répondre à une équation financière. Le futur-ex président de la FFME le disait sans détour : les subventions sont appelées à se tendre, les besoins augmentent, et le mouvement sportif doit apprendre à diversifier ses ressources au-delà des licences et des partenaires.


Fontainebleau sert alors d’exemple concret, presque d’argument pédagogique. Selon Alain Carrière, Karma – Fontainebleau aurait dégagé 220 000 € d’excédent reversés au budget fédéral, qu’il traduisait par une image volontairement parlante : « C'est deux euros de moins à demander à chaque licencié·e de la FFME ». La Villette, elle, est pensée à une autre échelle. Le numéro 1 de la fédé avançait l’objectif de faire « trois fois » Fontainebleau, avec des prévisions optimistes situées entre 500 000 et 700 000 € d’excédent.


Évidemment, ce type de discours amène immédiatement la question du risque. Là encore, l’entretien ne cherchait pas à l’évacuer : il y a un emprunt important (Alain Carrière évoquait « un peu plus de 3 millions d’euros »), et un démarrage raté ne serait pas un simple détail. C’est précisément pour cela que l’ouverture du 8 janvier n’est pas seulement une bonne nouvelle pour les grimpeur·se·s : c’est le moment où une stratégie commence à se vérifier dans le réel, sur la fréquentation, les charges, la qualité de service, l’adhésion du public — bref, sur tout ce qui fait qu’une salle existe vraiment, au-delà de son plan.


Une salle qui recrute


Un dernier élément, plus discret mais très révélateur, accompagne l’annonce d’ouverture : la FFME vient de publier une offre pour recruter un·e directeur·rice adjoint·e pour Karma La Villette. Ce document, en creux, raconte ce que la fédération attend de sa nouvelle salle.


Le poste est rattaché au directeur de la salle et se concentre sur deux pivots très « exploitation » : l’accueil client et la gestion de l’espace convivial (débit de boisson et snacking), avec la capacité de remplacer le directeur en son absence. Le reste du descriptif dessine une organisation qui ressemble, sans surprise, à celle des acteurs privés : amélioration des process, gestion des réclamations, formation et encadrement des équipes d’accueil, plannings, suivi d’indicateurs, reporting, contribution au budget, actions marketing, organisation d’événements, politique tarifaire. Autrement dit : Karma La Villette est pensée comme un établissement complet, où l’expérience client et la vie du lieu comptent autant que la surface grimpable.


La fiche situe aussi la fédération dans son propre récit institutionnel : association loi 1901, fédération « en croissance constante depuis plus de 15 ans », avec 127 000 licencié·e·s mentionné·e·s dans l’offre, plus de 50 collaborateur·rice·s en droit privé et 24 cadres techniques d’État placé·e·s auprès de la FFME. Un chiffre de 127 000 qui ne correspond pas au compteur communiqué ailleurs par la fédération pour la saison en cours, qui affichait 115 482 licencié·e·s au 5 janvier 2026.


Enfin, les conditions d’emploi ancrent Karma La Villette dans une réalité très simple : ouverture 7 jours sur 7, travail en soirée et le week-end, CDI temps plein, prise de fonction « à partir de janvier 2026 ». On est loin du symbole abstrait. La salle ouvre, et la fédération met en place la chaîne de fonctionnement qui doit la faire tenir.


Le 8 janvier, Karma La Villette sera d’abord une adresse de plus pour les grimpeur·se·s parisien·ne·s : un lieu neuf, une promesse rare à Paris avec bloc / difficulté / vitesse, et la curiosité naturelle qui accompagne toute ouverture. Mais la salle porte aussi une charge plus large : celle d’une fédération qui revendique une activité commerciale comme levier, et qui a choisi de la rendre visible, centrale, structurante.

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