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  • Vertige Media sur France Inter : la grimpe urbaine, nouveau terrain de jeu des cadres sup ?

    Ce matin, Jean-Laurent Cassely, ancien journaliste et fondateur de Maison Cassely (bureau de tendances expert en modes de vie et territoires), a signé une chronique sur France Inter sur la montée en puissance des salles d’escalade en ville . Et, surprise, Vertige Media s’est retrouvé dans la conversation. « Le site spécialisé Vertige Media a jeté un pavé dans la mare en se demandant si l’escalade n’était pas en voie de gentrification. » On a donc officiellement notre place dans les débats de société du matin, entre le café, le croissant et la réforme des retraites. On prend. Les jeunes cadres sups en chaussons, vraiment ? La chronique de Cassely s’appuie sur une observation qui a de quoi faire sourire : la salle d’escalade serait devenue le nouveau marathon des cadres sup , l’alternative cool aux afterworks en costard-cravate. « Autour de moi, la plupart des grimpeurs avaient des tee-shirts avec des logos de grandes entreprises de la tech ou de grands cabinets de conseil. Ça marche dans les deux sens : quand je suis dans le quartier de La Défense, je vois de plus en plus de salariés habillés en tenue d’escalade et arborant des marques de ce qu’on appelle la culture Outdoor. » Certes, les salles de grimpe urbaines ont explosé, et avec elles une nouvelle population de néo-grimpeurs qui parlent plus OKR et KPI que crux et beta. On en a parlé dès l’année dernière avec notre article sur la gentrification des salles , et ce n’est pas une surprise : la grimpe en salle, c’est propre, urbain, Instagrammable, et ça coche toutes les cases d’un mode de vie qui vend du rêve, entre deux conf calls passifs-agressifs avec la RH. Gentrification ou démocratisation ? Là où ça devient intéressant, c’est que Jean-Laurent Cassely nous a appelés lors de la préparation de sa chronique. Et comme on n’est pas du genre à bouder une bonne discussion sur la grimpe, on lui a dévoilé en avant-première quelques chiffres clés de notre étude à paraître . « La moitié de ces néo-grimpeurs ne pratique jamais en extérieur. » C’est un fait : les grimpeurs qui pratiquent depuis 1 à 2 ans sont 50 % à ne jamais mettre les pieds dehors, un chiffre qui grimpe à 65 % pour ceux qui ont débuté il y a moins d’un an . Une évolution qui peut surprendre dans un sport historiquement ancré dans la nature. Bienvenue dans un monde où l’escalade s’affranchit des falaises, où les chaussons ne touchent jamais la terre, où le sac à pof ne sent plus que l’air conditionné. Sacrilège ? Ou simple adaptation à la vie urbaine et aux modes de consommation contemporains ? « L’escalade s’est massifiée grâce à la multiplication des salles, tout en devenant une pratique peu accessible sur le plan financier. » 18 euros l’entrée, même pour une session de 45 minutes. Ça fait cher le ticket pour jouer les grimpeurs vagabonds sous néons. On est loin du romantisme des bivouacs en paroi. Plus de monde grimpe, mais moins de monde le fait dehors. Escalade : sport de droite ou de gauche ? Parce qu’une chronique sur France Inter n’est jamais complète sans une touche de polarisation politique, Cassely se pose la question qui brûle les doigts : « L’escalade, sport de droite ou de gauche ? » Question qui, chez Vertige Media, nous a déjà traversé l’esprit (et la plume). À tel point qu’on en a carrément fait un sujet de table ronde lors du dernier Salon de l’Escalade, il y a quelques semaines. Parce qu’entre les valeurs libertaires des grimpeurs old school et le business florissant des salles privées, le grand écart est bien réel. Et ce n’est pas juste une question de vibes et de bières artisanales : c’est une mutation profonde du sport, qui redéfinit son accès, son image et son ADN . Cassely, lui, ne tranche pas (trop risqué à l’antenne). Il se contente d’un clin d’œil bien senti : « François Civil pratique l’escalade en salle alors que Cyril Hanouna, lui, fait du padel tennis. » On vous laisse méditer là-dessus. On en reparle bientôt Bref, quand France Inter parle d’escalade, il cite Vertige Media. Et on ne va pas se mentir, ça nous fait plaisir. Mais plutôt que de philosopher sur les IPA et les tee-shirts Karma8a, on vous prépare du concret : notre étude sur les néo-grimpeurs arrive très bientôt . Et autant dire qu’on a creusé la question plus loin que la moquette des salles de bloc. En attendant, si la gentrification de l’escalade vous intrigue autant que nous, (re)plongez dans  notre article qui a mis le sujet sur la table . Et pour (ré)écouter la chronique "Pourquoi les jeunes cadres sup adorent l’escalade urbaine ?" de Jean-Laurent Cassely, c’est par ici que ça se passe .

  • Accidentologie des sports de montagne : comprendre pour mieux prévenir

    On aime croire que l’expérience protège. Qu’avec les bons réflexes, les bons outils et un peu de jugeote, on maîtrise les risques. Mais les chiffres racontent une autre histoire : 67 651 interventions de secours en montagne analysées, des centaines de récits passés au crible, et toujours les mêmes erreurs, les mêmes pièges, les mêmes schémas qui se répètent . La chercheuse et guide de haute montagne Maud Vanpoulle, en collaboration avec le laboratoire L-ViS (Université Lyon 1) et la Fondation Petzl, s’est penchée sur la question. Pourquoi des alpinistes et skieurs aguerris se font-ils avoir sur des itinéraires qu’ils connaissent par cœur ? Pourquoi des accidents surviennent-ils là où personne ne les attend ? La réponse est rarement technique. Ce n’est pas le manque d’expérience qui tue, c’est l’excès de confiance . Trois axes d’analyse pour comprendre où ça coince 1. Ce que disent les chiffres des secours en montagne Les statistiques du Système National d’Observation de la Sécurité en Montagne (SNOSM) permettent d’analyser 67 651 interventions de secours. L’alpinisme et le ski de rando ressortent, sans surprise, comme les disciplines où le taux de mortalité est le plus élevé . Mais un détail interpelle : les accidents les plus graves surviennent dans des environnements sur-fréquentés. L’alpinisme estival dans le massif du Mont-Blanc, par exemple, présente une létalité plus élevée que d’autres zones. Trop de monde, trop d’engagement, trop d’habitudes qui rassurent et endorment la vigilance. 2. Ce que racontent les récits d’accidents La base SERAC , qui regroupe les retours d’expérience des pratiquants, révèle un constat édifiant : 44 % des accidents surviennent sur des itinéraires réputés faciles ou sécurisés . Le problème n’est pas tant la difficulté intrinsèque du terrain que la façon dont on le perçoit. Un site accessible, une sortie bien rodée, une classique qu’on fait tous les ans… Autant de raisons de baisser la garde. Les signaux d’alerte sont là, mais on ne les voit plus. 3. Trois façons d’appréhender le risque Une enquête menée auprès de 2 100 pratiquants met en lumière trois grands profils : Ceux qui valorisent le risque, qui cherchent l’engagement et acceptent la possibilité d’un accident comme un élément inhérent à la pratique. Ceux qui le subissent, qui doutent, se sentent vulnérables, s’interrogent sur leur capacité à gérer une situation de crise. Ceux qui veulent le contrôler, qui cherchent à neutraliser l’incertitude par la technique, la connaissance, l’expérience. Le problème ? Même les plus prudents se font avoir. Parce que la montagne, elle, se fiche pas mal des plans bien ficelés. Prévenir autrement : ce que ces recherches changent Cette étude pose une question essentielle : et si on formait autrement ? Les jeunes hommes expérimentés sont surreprésentés parmi les accidentés. Ce n’est pas une coïncidence. Trop de confiance tue la vigilance. Les itinéraires "classiques" sont de faux amis. Un site qu’on connaît bien, qu’on grimpe chaque saison, où “ça passe toujours”... Jusqu’au jour où ça ne passe plus. Les formations doivent intégrer autre chose que la technique. Savoir grimper ne suffit pas. Il faut apprendre à lire le terrain, interpréter les signaux faibles, remettre en question ses propres choix. Anticiper au lieu de subir Ces travaux n’ont pas pour but de créer une montagne sous cloche, aseptisée et encadrée par des protocoles rigides. Ils rappellent simplement que l’accident n’est pas une fatalité. L’expérience, l’équipement et la technique sont essentiels, mais ils ne suffisent pas. Ce qui fait la différence, c’est la capacité à se poser les bonnes questions avant que la montagne ne les impose elle-même. 📄 Téléchargez la synthèse complète ici . 📢 Contribuez à la base SERAC : chaque récit partagé permet d’éviter que les mêmes erreurs ne se répètent. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • Hydra Ice Tool de Black Diamond : Un piolet taillé pour l’exploration

    Black Diamond frappe fort avec son Hydra, un piolet qui promet polyvalence et modularité . Mais derrière les annonces marketing, les avis des grimpeurs et alpinistes sont-ils unanimes ? Après l’avoir testé lors de l’ ICE Ecrins cette année et en parcourant les retours de la communauté, voici ce qui ressort de l’expérience terrain. Un concept séduisant sur le papier L’Hydra n’est pas un piolet comme les autres. Avec ses trois positions de tête interchangeables et son manche pensé pour optimiser l’adhérence , il ambitionne d’être l’outil ultime en glace et mixte. Climbing Magazine salue son équilibre et son efficacité en traction, le qualifiant d’« outil révolutionnaire » qui s’adapte à toutes les conditions. De mon côté, sur les cascades des Écrins, j’ai trouvé son ancrage particulièrement précis, notamment grâce à sa lame bien affûtée et son swing naturel. Une prise en main qui divise Certains grimpeurs sur Reddit trouvent la poignée ergonomique de l’Hydra excellente, tandis que d’autres la jugent déroutante, notamment en raison de la courbure du manche qui demande un temps d’adaptation. Lors des tests, j’ai effectivement remarqué que si son grip assure une bonne tenue, il faut un peu de pratique pour s’habituer à la répartition du poids et à la forme du manche . Pas rédhibitoire, mais à noter si vous avez l’habitude d’un modèle plus classique. © Christian Adam Un piolet qui mise sur la robustesse, au détriment du poids ? L’un des points qui revient souvent dans les discussions, c’est son poids. À 610 g, l’Hydra est loin d’être le plus léger du marché. Black Diamond justifie cet aspect par un choix de matériaux résistants et une conception qui mise sur la durabilité . De fait, la sensation de solidité est bien présente, et il inspire confiance même sur des ancrages douteux. Mais si vous privilégiez un équipement ultra-léger pour de longues approches, d’autres modèles pourraient mieux convenir. Un piolet à la hauteur de son ambition ? En termes de polyvalence, Black Diamond a tenu sa promesse. Que ce soit en glace vive ou en terrain mixte, l’Hydra répond présent avec une bonne pénétration et une modularité qui lui permet de s’adapter aux besoins spécifiques de chacun. Mais cette flexibilité a un coût : il demande un temps d’adaptation et reste plus lourd que d’autres alternatives. Si vous cherchez un piolet robuste, efficace et innovant, l’Hydra est donc une excellente option. © Christian Adam Verdict L’Hydra est un piolet pensé pour ceux qui veulent du contrôle et de la polyvalence sans transiger sur la robustesse. Certains l’adorent pour son innovation et son efficacité en terrain technique, d’autres regrettent son poids et son maniement qui demande un peu de rodage. Une chose est sûre : il ne laisse pas indifférent. Caractéristiques techniques Type : Piolet technique modulaire Poids : 610 g Matériaux : Aluminium & acier renforcé Poignée ergonomique : Oui Modularité : Lame, panne et marteau interchangeables Prix : 239,90 € Disponibilité : Hydra Ice Tool - Black Diamond - En vente sur le site de Snowleader . Toute notre sélection de matériel à retrouver ici .

  • Trump rebaptise Denali, les alpinistes s’en foutent

    Nouvelle présidence, nouvel édit présidentiel : le 20 janvier 2025, Donald Trump a signé un décret ordonnant que le mont Denali, point culminant de l’Amérique du Nord, redevienne officiellement le mont McKinley . Un énième épisode d’une querelle toponymique qui dépasse largement le simple jeu de noms. Car derrière cette bataille se cache tout un pan de l’histoire de l’alpinisme, du rapport aux peuples autochtones et de la place de la montagne dans l’imaginaire collectif. Autant dire que ça grimpe haut sur l’échelle de l’absurde. © Elise Rabaey - @elise_et_ses_aquarelles De l’or, un président et un sommet qu’il n’a jamais vu Si on résume, l’histoire du mont Denali est un cas d’école de la manie occidentale à rebaptiser des montagnes qui existaient très bien avant nous . Pendant des milliers d’années, les peuples autochtones d’Alaska l’ont appelé Denali, "le grand"  en koyukon athapaskan. Et vu les 6 190 mètres de l’animal, difficile de leur donner tort. Mais en 1896, un chercheur d’or du nom de William Dickey, sûrement en pleine fièvre du Klondike et de l’auto-promotion, décide que cette montagne "anonyme" doit porter le nom de William McKinley, alors candidat à la présidence des États-Unis. McKinley remporte l’élection, est assassiné en 1901, mais reste sur la carte. Le Mont McKinley devient officiel en 1917. Pendant ce temps-là, les peuples autochtones continuent de l’appeler Denali, et les alpinistes finissent par faire pareil. Les décennies passent, l’Alaska devient un État américain (1959) et commence à demander à Washington de rendre à Denali son vrai nom. Une première requête officielle est lancée en 1975. Washington, où l’Ohio (État natal de McKinley) fait du lobbying pour garder son président en haut de l’affiche, enterre le dossier. Compromis en 1980 : le parc entourant la montagne devient le Denali National Park, mais le sommet reste McKinley. Il faudra attendre 2015 et Barack Obama pour enterrer définitivement McKinley et rendre officiellement son nom originel à la montagne. Enfin, définitivement ... jusqu’à ce que Trump décide en 2025 que McKinley devait revenir dans le paysage. Parce que rien ne symbolise mieux la grandeur américaine qu’un président qui n’a jamais foutu un pied en Alaska. Denali, un sommet à part Là où d’autres montagnes mythiques imposent leur prestige par la difficulté technique ou l’altitude, Denali, lui, joue la carte de l’engagement absolu. Il ne culmine "qu’à" 6 190 mètres, mais son froid est plus extrême que celui de l’ Himalaya , et son isolement total en fait une expédition bien plus autonome que l’Everest. D’abord gravi en 1913 par Walter Harper, Robert Tatum et Hudson Stuck, Denali reste une référence absolue pour les alpinistes. Pas de sherpas pour porter le matos, pas de yaks pour le ravitaillement, pas de lodges où récupérer . Seulement des traîneaux à tirer, des bivouacs sur le glacier et des températures qui gèlent les grimpeurs au premier faux pas. C’est ici que Bradford Washburn, Conrad Anker, Dave Hahn, Jack Kuenzle et d’autres légendes de l’alpinisme sont venus chercher l’épreuve ultime. Même Alex Honnold , habituellement adepte des solos en short et chaussons, a tenté l’expérience. En 2023, Jack Kuenzle établit le record de l’ascension la plus rapide du Denali, avec un aller-retour depuis le camp de base en 10 heures, 14 minutes et 57 secondes, battant ainsi le précédent record de Karl Egloff. Alors, quand Trump décide de gribouiller un décret pour rebaptiser la montagne, c’est tout un pan de l’histoire de l’alpinisme qui se braque. Un nom ne fait pas une montagne Chez les guides et les grimpeurs, l’annonce de Trump est une blague qui ne fait rire personne.Lisa Murkowski, sénatrice d’Alaska, a dénoncé immédiatement l’absurdité de ce retour en arrière : "Notre plus haute montagne doit continuer à être appelée par son vrai nom, celui qui est utilisé depuis des milliers d’années." Et sur les forums spécialisés, les alpinistes ne s’embarrassent même pas du débat. Pour eux, Trump peut bien signer tous les décrets qu’il veut : Denali restera Denali. L’auteur Jon Krakauer, connu pour Into the Wild  et Into Thin Air , a tranché la question d’un revers de plume : "Je continuerai à appeler cette montagne Denali aussi longtemps que je vivrai, et j'encourage tous les autres alpinistes à faire de même." Le grand retour du colonialisme cartographique ? Ce n’est pas la première fois qu’une montagne change de nom pour des raisons politiques. En 1865, le Chomolungma (nom tibétain de l’Everest) est rebaptisé en l’honneur du géographe George Everest, qui lui-même n’avait jamais mis les pieds dans l’Himalaya, et ce, malgré ses propres objections. En 1877, en Patagonie, le Chaltén devient Fitz Roy  en hommage à l'explorateur britannique. Plus récemment, en 1998, le pic du Communisme, situé au Tadjikistan, a été renommé pic Ismail Samani, du nom du fondateur de la dynastie samanide, afin de rompre avec l'héritage soviétique. Mais à la différence de ces exemples, Denali a résisté. Contrairement au Fitz Roy ou à l’ Everest , son nom autochtone a continué d’exister et d’être utilisé, même sous un statut officiel différent . Trump peut bien imprimer ce qu’il veut sur du papier glacé, il ne peut pas forcer les grimpeurs à l’appeler autrement. Denali restera Denali. Pas parce qu’un président l’a décidé. Mais parce qu’une montagne appartient à ceux qui la gravissent, pas à ceux qui la rebaptisent depuis Washington.

  • CWA Summit : l’événement qui façonne l’avenir des salles d’escalade aux US

    Aux États-Unis, l’escalade en salle est un business à part entière. Des franchises qui lèvent des millions, des startups qui se lancent dans la gestion digitale des salles, des constructeurs de murs qui rivalisent d’innovations. Ce marché structuré et en pleine expansion a son rendez-vous annuel : le CWA Summit . Du 16 au 18 avril 2025, le gratin de l’indoor se retrouvera à Salt Lake City pour ce qui est le plus grand rassemblement professionnel dédié aux salles d’escalade aux États-Unis . Un sommet qui, loin de se limiter à un simple salon BtoB, veut poser les bases du futur de la discipline en indoor. © CWA Summit Le CWA Summit, c’est quoi ? Lancé en 2007 avec une poignée de sponsors et quelques dizaines de gestionnaires de salles, le CWA Summit a bien grandi. Aujourd’hui, c’est trois jours de conférences, de networking et de salon pro , avec un programme plus structuré que jamais : Jeudi : La grosse journée de formation → Conférences sur la gestion des salles, la sécurité, le marketing, l’ouverture de voies… Tout ce qui fait tourner une salle d’escalade. Vendredi : Place aux exposants → Les marques du secteur présentent leurs innovations sur le salon. Nouveauté cette année : un billet à tarif réduit pour ceux qui ne veulent venir que pour le salon et le networking. Le CWA Summit, c’est avant tout un thermomètre du marché de l’escalade indoor. Ce qui se dit ici façonnera les tendances des prochaines années : quels nouveaux modèles économiques pour les salles ? Quel avenir pour l’ouverture de blocs ? Comment améliorer la sécurité et l’expérience client ? L’évolution du marché indoor passe par là Si l’événement garde son format, le fond évolue. Les organisateurs ont écouté les critiques et affinent leur approche. Un constat revient : le marché devient plus mature, plus exigeant. Des formations et certifications toujours plus poussées Côté formations, le niveau monte. Cette année, plusieurs certifications sont mises en avant : ✔️ Climbing Wall Instructor Provider → Certification pour former les encadrants en salle. ✔️ Work at Height (niveaux 1, 2 et Provider) → Sécurité et interventions en hauteur. ✔️ Professional Routesetting Direct Entry → Une nouvelle certification pour les ouvreurs qui veulent professionnaliser leur approche. Aux États-Unis, ces certifications permettent d’uniformiser les compétences et de structurer les parcours professionnels . Un salon professionnel à la mesure du marché US Le Trade Show du CWA Summit, c’est un aperçu du marché indoor américain en version accélérée. Les salles de grimpe là-bas, ce sont des business avec des levées de fonds à plusieurs millions, des stratégies marketing bien rodées et un combat pour l’expérience utilisateur. Les exposants couvrent toute la chaîne de valeur : 🏗️ Constructeurs de murs d’escalade → Walltopia, Entre-Prises, Rockwerx... 🧗 Fabricants de prises et volumes → Kilter, eGrips, So iLL… 🎒 Marques d’équipement → Petzl, Black Diamond, Mad Rock… 💻 Startups tech → Solutions de gestion de salles, digitalisation de l’expérience client… Nouveauté 2025 : le Trade Show Only Ticket, un billet à prix réduit pour ceux qui veulent juste parcourir le salon et réseauter. De quoi attirer les petits acteurs du marché qui n’ont pas le budget pour un pass complet. © CWA Summit Le CWA Summit, une idée à importer en Europe ? Le Salon de l’Escalade en France propose une approche plus généraliste, mixant BtoB et grand public. Le CWA Summit, lui, pousse la spécialisation à l’extrême. Deux visions du marché indoor. 📌 Aux États-Unis, le marché des salles est ultra-compétitif et dominé par des franchises privées. Les grimpeurs y sont des clients avant d’être des membres. D’où la nécessité d’un événement 100% business, où on parle rentabilité, fidélisation et levées de fonds. 📌 En France, l’escalade en salle reste en grande partie associative ou hybride. Mais les franchises comme Arkose, Climb Up ou Climbing District imposent progressivement une logique plus commerciale. Est-ce que la France aurait besoin d’un CWA Summit à sa sauce ? Une rencontre professionnelle à grande échelle, dédiée à la structuration du marché indoor et au partage des bonnes pratiques ? Pour l’instant, l’idée reste floue. Mais une chose est sûre : l’industrialisation de l’escalade en salle est en marche. Et ce genre d’événements montre la direction que le marché pourrait prendre. 📍 Infos pratiques 📅 Dates : 16-18 avril 2025 📍 Lieu : Salt Palace Convention Center, Salt Lake City💰 Prix moyen : entre 300 et 700 $ selon le pass choisi 🔗 Détails et inscriptions : CWA Summit 2025 🧗 En bref : Pourquoi ça compte ? Le CWA Summit, c’est le reflet de l’industrialisation de l’escalade indoor. Aux États-Unis, les salles fonctionnent comme des business et se structurent autour de certifications, de standards et d’innovations. Un modèle qui pourrait, tôt ou tard, influencer l’Europe. Pour l’instant, en France, on en est loin. Mais avec la montée en puissance des franchises et l’essor de nouvelles pratiques commerciales, la question n’est plus si, mais quand un événement similaire verra le jour. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • Trois nouveaux fabricants de prises dans le pool FFME

    C’est officiel, en 2025, les ouvreurs des compétitions FFME auront enfin du sang neuf sous les doigts. La fédé a décidé d’élargir son pool de fournisseurs de prises et volumes, intégrant Unleashed Climbing, AG Holds et Agripp aux côtés des historiques SUPR, Expression, Artline, Cheeta et Snap Holds. Une décision qui promet d’apporter un peu d’air frais sur les circuits nationaux, où l’ouverture tendait parfois à tourner en rond. © AG Holds Alors, simple élargissement du catalogue ou véritable révolution sur les murs de compèt’ ? Décryptage. Unleashed Climbing : l’Australie lâche les chevaux Si les ouvreurs français avaient envie de changement, ils vont être servis. Unleashed Climbing, c’est le genre de marque qui ne fait pas dans la demi-mesure. Fondée en Australie par Will Watkins, route-setter avec plus de 20 ans de bouteille, la boîte s’est spécialisée dans les macros en fibre de verre XXL, conçues pour transformer les murs en véritables labyrinthes gestuels. Des surfaces lisses, des formes massives, peu de prises évidentes : avec Unleashed, il va falloir apprendre à jouer avec le vide. Une signature qui pourrait bien bousculer les habitudes sur les circuits FFME, où les blocs misent souvent sur des mouvements spectaculaires. Ici, on parle d’intelligence de grimpe et de subtilité, pas juste de dynamisme façon spectacle Red Bull. AG Holds : sobriété britannique, exigence maximale Pendant que certaines marques font dans le tape-à-l'œil, AG Holds joue une autre partition. Minimaliste, ergonomique, efficace, voilà comment résumer leur approche. Loin des macros envahissants ou des textures ultra-travaillées, la marque britannique a construit sa réputation sur des formes pures, directes, qui ne trichent pas. Résultat : moins de grains, moins d’aspérités, mais des mouvements plus engageants, où la technique prime sur l’effet “wahou”. Une philosophie qui pourrait bien séduire les ouvreurs français fatigués des blocs ultra-spectaculaires mais déconnectés du réel. Agripp : l’art du volume, made in Belgique Agripp, c’est le nom le plus connu des trois, et pour cause : la marque belge est déjà bien implantée sur le marché français. Mais cette officialisation dans le pool FFME, c’est l’assurance qu’on verra encore plus de leurs volumes audacieux en compétition. Là où d’autres misent sur l’efficacité brute, Agripp a toujours cultivé une esthétique léchée et une approche expérimentale. On parle ici de volumes qui transforment les murs en véritables sculptures, de prises qui imposent une lecture subtile et des solutions de grimpe créatives. Fin de la routine pour les compétitions FFME ? Avec ces trois nouveaux fabricants, la FFME met un coup de pied dans la fourmilière. Jusqu’ici, SUPR, Expression, Artline, Cheeta et Snap Holds régnaient en maîtres sur les circuits officiels. Désormais, les ouvreurs auront huit marques à disposition, avec des styles bien distincts. Un simple élargissement du catalogue ? Peut-être. Mais en pratique, ça pourrait changer pas mal de choses sur les murs des championnats. Moins de monotonie, plus de diversité gestuelle, et surtout, un défi renouvelé pour les compétiteurs. Les premières réponses tomberont les 8 et 9 février 2025, lors des championnats de France de bloc à Anse. D’ici là, une question reste en suspens : ces nouvelles marques vont-elles réellement faire évoluer l’ouverture en France, ou resteront-elles dans l’ombre des historiques ? Réponse sur le tapis gris. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • Les Dolomites en famille : quand grimper rime avec transmission

    Les Dolomites. Rien qu’à les évoquer, on sent l’appel des grands espaces, des parois à perte de vue et des défis à s’inventer. Mais cette fois, ce n’est pas l’histoire d’un grimpeur solitaire en quête de gloire verticale. Non, la vidéo publiée récemment sur la chaîne Wild Adventure Film  raconte tout autre chose : l’aventure d’une famille qui redessine les contours de l’escalade . Dans Dolomites | The Realisation of a Climbing Dream , Kirsty et sa tribu nous embarquent dans un voyage où l’escalade se conjugue au pluriel, entre défis personnels, jeux d’enfants et moments partagés. Pas de drame amplifié ni de surenchère, mais une production léchée qui sait capter l’essence d’une aventure collective . Et surtout, un message clair : « Les enfants ne sont pas une excuse pour renoncer à ses rêves. Ils sont la raison de les poursuivre. » Grimper au rythme des petits pas C’est à Città dei Sassi, au pied du Sassolungo, que Kirsty et sa famille trouvent leur terrain de jeu. Les blocs s’enchaînent comme des chapitres d’une histoire : ici, une dalle douce pour les petits, là, une ligne technique pour les grands. Entre deux ascensions, le chaos s’organise. Un camp de base improvisé, des goûters oubliés quelque part, des éclats de rire qui résonnent. Pour Kirsty, grimper en famille n’est pas un compromis. C’est une redéfinition. « Il ne s’agit pas de sacrifier ses envies. Il s’agit de les adapter, de les partager, et de découvrir que cela les rend encore plus riches. » Les enfants testent leurs limites sur des blocs à leur échelle, les parents jonglent entre encouragements et défis personnels. C’est une chorégraphie où chacun trouve sa place. Une partition improvisée, mais toujours harmonieuse. L’escalade, une aventure à transmettre Ce que cette vidéo apporte de vraiment nouveau, c’est une relecture totale de l’imaginaire de l’escalade . Pendant trop longtemps - dans l'imaginaire collectif - la grimpe a été l’apanage des solitaires, des aventuriers en quête de dépassement individuel. Ici, Kirsty et sa famille cassent ce cadre. L’escalade devient une histoire de transmission, où les grands n’abandonnent rien, mais offrent tout. « Les enfants ne freinent pas l’aventure. Ils lui donnent une nouvelle direction. » Et cette direction n’a rien de moins ambitieux. La tension d’un 7c travaillé avec acharnement côtoie les premiers pas hésitants d’un enfant sur la roche. Les deux se nourrissent, se complètent, se magnifient. Cette manière de penser l’escalade enrichit la pratique. On n’y perd rien. On y gagne l’essentiel : la possibilité de rêver ensemble. La reconquête d’un sommet intérieur Pour Kirsty, ce voyage est aussi une affaire de renaissance. Après la naissance de ses deux enfants, elle avait mis la grimpe de côté. Mais les parois des Dolomites lui offrent une chance de se reconnecter. « J’avais l’impression de ne plus être moi, tout en devenant tellement plus. » Son défi personnel prend la forme d’un 7c, exigeant et redoutable. Les chutes se succèdent, le doute s’installe. Mais Kirsty persévère, avec cette détermination que seuls ceux qui jonglent avec la peur connaissent. Quand elle clippe enfin la chaîne, c’est bien plus qu’un sommet atteint. C’est un cri silencieux, un retour à elle-même. « Grimper m’a rappelé que chaque chute est une étape, pas une fin. » Et si la famille devenait l’avenir de l’escalade ? Cette vidéo raconte une aventure mais surtout elle propose une vision. Une escalade où la famille trouve sa place, non pas en dénaturant la pratique, mais en lui donnant une nouvelle dimension. Kirsty ne grimpe pas "malgré" ses enfants. Elle grimpe avec eux, pour eux. Et en retour, ils deviennent les miroirs de ses propres rêves. Loin de l’escalade héroïque des pionniers ou des vidéos où l’ego prend toute la place, Dolomites  offre autre chose. Une grimpe à visage humain. Une grimpe qui inspire. Une grimpe qui montre que l’on peut s’élever ensemble, sans compromis, et avec beaucoup d’amour. Et si vous aimez ce genre de contenus, rendez-vous sur notre site où une section entière est dédiée aux vidéos de grimpe pour vous inspirer davantage. Parce qu’après tout, grimper, c’est avant tout une affaire de partage.

  • 10 habitudes à perdre en salle de bloc

    La salle de bloc, c’est un petit théâtre où se croisent les acharnés du run parfait, les contemplatifs de la conti, et les dilettantes du pan. Mais comme dans tout bon microcosme, il y a des petites manies qui mériteraient d’être déposées au vestiaire . Pas de dénonciation ici, juste un léger coup de brosse à magnésie sur ces travers qui font grimacer plus qu’ils ne font grimper. 1. Squatter un bloc comme si c’était ton canapé C’est cool d’analyser un bloc, de papoter avec les potes et de cogiter sur les méthodes… mais si ça fait cinq minutes que tu es assis sous la prise de départ, en mode réflexion intense, pendant que d’autres attendent leur tour, il est peut-être temps de bouger. Une petite pause, ok, mais monopoliser un bloc comme si c’était une extension de ton salon, ça coupe le flow de tout le monde. 2. Faire le pas de la valse avant d’y aller Tu veux grimper, mais visiblement ton cerveau et ton corps ne sont pas d’accord. Un pied en avant, un en arrière, une main qui se lève, se repose, une légère flexion des genoux… mais toujours pas d’élan. Si tu veux visualiser ton run, fais-le. Si tu veux grimper, grimpe. Mais cette danse hésitante devant le bloc, c’est ni une choré, ni une stratégie. C’est juste frustrant pour ceux qui attendent leur tour. 3. Se téléporter devant un grimpeur comme si t’étais seul dans la matrice T’es focus sur ton bloc, tu poses le pied sur la prise de départ et… soudain, un corps traverse juste devant toi, tel un NPC qui a mal chargé sa trajectoire. La salle de bloc, ce n’est pas Frogger, on ne slalome pas entre les grimpeurs. Un coup d’œil avant de traverser et tout le monde grimpe en paix, sans incident diplomatique. 4. Descendre en mode caillou jeté du haut d’une falaise Les tapis, c’est pas des airbags. Si tu te laisses tomber comme une brique, un jour tu vas prendre un genou dans le menton ou une cheville en vrac. Plier les jambes, amortir, gérer la réception : c’est le B.A.-BA. Parce que l’idée, c’est d’enchaîner les runs, pas les séances de kiné. 5. Tendre la main… dans la magnésie d’un autre Ah, la magnésie liquide ! Ce petit luxe qui rend la peau sèche comme le Sahara, mais qui évite de repeindre la salle d’un nuage blanc à chaque zip. Sauf que quand tu te sers dans le pot d’un autre sans demander, t’es plus près du pickpocket que du grimpeur. Un p’tit "je peux ?" avant de pomper la sauce, ça mange pas de pain. 6. Croire que la bière post-séance est un étirement On adore tous ce moment où, les doigts éclatés et l’ego en miettes, on trinque en terrasse. Mais si ton seul cool down consiste à boire une IPA, faut pas t’étonner si ton corps te présente la facture le lendemain. Un petit étirement avant d’attaquer la mousse, ça te fera pas de mal. À moins que tu tiennes absolument à grimper comme un Playmobil la prochaine fois. 7. Se transformer en Monsieur Propre avec les prises On l’a tous croisé : ce grimpeur qui passe plus de temps à brosser chaque prise du bloc qu’à grimper. Alors oui, un coup de brosse, c’est bien. Mais frotter une réglette comme si tu voulais révéler un trésor enfoui sous des siècles de magnésie, c’est peut-être un poil excessif. D’autant plus que la plupart du temps, après trois passages, tu finis quand même par pincer la prise pleine de magn’ du voisin. 8. Laisser son tube de magnésie en plein milieu du tapis Ok, c’est ta magnésie, tu y tiens, et elle a peut-être même un petit nom. Mais si elle trône en plein milieu de la zone de chute, elle risque surtout de finir explosée façon fontaine par un grimpeur qui n’avait pas prévu d'éclater son coude dessus. Garde-la à portée de main, pas en mode obstacle sur un circuit ninja. 9. Se croire sur Twitch en commentant tout ce qui bouge On aime l’ambiance salle, les encouragements, les petites blagues. Mais y a une différence entre "Allez, ça part !" et une analyse en direct digne d’un plateau foot. Pas besoin de débriefer chaque essai de ton pote avec une analyse biomécanique. À moins d’être Matt Groom et de commenter du 8C, mieux vaut laisser les gens grimper en paix. 10. Confondre la salle avec Tinder Ok, l’escalade, c’est social, et l’ambiance chill des salles donne parfois des vibes de bar sans les pintes (jusqu’à l’après-séance). Mais y a une différence entre discuter grimpe et tenter une approche en mode prédateur des tapis. Si quelqu’un est concentré sur son bloc, ce n’est pas une invitation à une analyse croisée de sa flexibilité. Pose-toi la question : est-ce que tu serais en train de parler de la cambrure d'une position si c’était ton pote Kevin qui essayait le même bloc ? Si la réponse est non, alors garde tes charmes pour un autre endroit.

  • Escalade trans aux US : grimper oui, gagner non ?

    Aux États-Unis, USA Climbing a pris la décision de suspendre sa politique de participation des athlètes transgenres, la fameuse TAP Policy, pour la réviser. L’objectif affiché ? Repenser les règles après un an de consultations, sondages, et dialogues avec les communautés concernées . Sur le papier, l’effort semble louable, mais dans les faits, cette refonte ressemble plus à un exercice d’équilibriste qu’à une réelle avancée vers l’inclusion. Le compromis : une prise, mais pas un sommet Suspendue en décembre 2023, la TAP Policy devait marquer une nouvelle étape. Écouter, analyser, reformuler : USA Climbing promettait un pas en avant. La version révisée, attendue pour 2025-2026, propose des ouvertures timides, mais dessine aussi des lignes rouges bien visibles. Toutes les grimpeuses transgenres peuvent désormais participer aux compétitions locales et intermédiaires , des séries plus accessibles où inclusion et performance cohabitent sans trop de heurts. Mais dès qu’on s’approche des podiums nationaux ou des sélections pour l’élite, les règles se raidissent. Les grimpeuses trans qui ne respectent pas les normes biologiques imposées par l’IFSC (comprenez : un taux de testostérone sous les 10 nmol/L pendant 12 mois minimum) sont exclues des compétitions majeures, qu’il s’agisse des Championnats nationaux élites ou des essais pour intégrer l’équipe des États-Unis. Et ces normes ne tombent pas du ciel. Elles impliquent un suivi médical strict, avec contrôles réguliers. Plus qu’une simple exigence, ces démarches intrusives font souvent l’effet d’un parcours semé d’aiguilles. Beaucoup d’athlètes trans s’y sentent plus observées que soutenues. Inclusion ou illusion ? Même dans les catégories jeunesse, où la participation est généralement plus souple, USA Climbing instaure des mécanismes qui passent mal en deuxième lecture. Exemple : chez les U17 et plus (les 15-16 ans), si une athlète trans performe au point de se qualifier pour les étapes suivantes, des places supplémentaires sont ajoutées pour permettre aux grimpeuses "éligibles", selon les normes de l’IFSC, de progresser elles aussi. En clair, tu peux grimper, mais ton classement ne comptera jamais autant que celui des autres. L’étau est un peu plus lâche dans les compétitions locales, mais dès qu’il s’agit d’aller plus haut, l’étiquette trans devient un mur. Promesses en l’air ? USA Climbing ne ferme pas complètement la porte : l’organisation affirme qu’elle reste attentive aux avancées scientifiques et sociales, prête à ajuster les règles si besoin. Mais on sait comment ces promesses finissent : entre l’intention et l’action, il y a souvent une prise qui manque. Un pas en avant, deux en arrière Alors oui, la révision de la TAP Policy ouvre des portes. Mais elles mènent rarement aux sommets. Les grimpeuses trans peuvent participer, mais pas prétendre aux podiums. Elles peuvent performer, mais sous conditions. Une inclusion partielle, qui ressemble davantage à un compromis pour calmer les esprits qu’à un véritable engagement en faveur de l’équité. Pourquoi tendre une main si c’est pour verrouiller l’accès au sommet ?  Cette question, USA Climbing devra y répondre, comme tout le monde sportif. L’inclusion, ce n’est pas un pas sur la voie, c’est un engagement jusqu’au sommet.

  • L’IFSC plie bagage : cap sur un nouveau siège à Turin

    L’IFSC (Fédération Internationale d’Escalade Sportive) déménage, mais pas trop loin. L’instance dirigeante du circuit mondial de l’escalade compétitive a officialisé l’installation de son nouveau siège dans le quartier historique de San Donato-Campidoglio, à Turin . Un choix qui sonne comme une continuité assumée : l’IFSC reste fidèle à la ville qui l’héberge depuis 2007, tout en s’offrant un écrin plus moderne pour accompagner la montée en puissance de la discipline. © David Pillet L'escalade prend de la place – et l’IFSC aussi À l’image du sport qu’elle encadre, la fédération grandit et avait besoin de plus d’espace . Son personnel a augmenté au fil des années, au rythme de la professionnalisation des compétitions et de l’entrée de l’escalade aux Jeux Olympiques. Avec plus de 100 fédérations membres à travers le monde, l’IFSC ne pouvait plus se contenter de son ancienne structure. « Comme notre sport s’est développé, le personnel de l’IFSC a également augmenté. Pour notre personnel et nos membres, étant à Turin depuis le début, nous voulions rester dans la ville olympique. » – Piero Rebaudengo, directeur général de l’IFSC. L’annonce est tombée après l’approbation du projet par le conseil municipal de Turin, qui a validé la rénovation et la modernisation du bâtiment destiné à accueillir la fédération. Un projet ambitieux, mais qui colle avec l’image d’une discipline en pleine mutation. Turin, Lausanne et Berne : une fédé éclatée Si Turin reste le cœur opérationnel de l’IFSC,  la fédération garde un pied en Suisse, avec un bureau partagé à Lausanne et son siège légal à Berne . Une implantation qui peut interroger sur sa logique administrative, mais qui suit la dynamique de nombreuses instances sportives internationales, souvent éclatées entre plusieurs villes stratégiques. L’IFSC cherche-t-elle à asseoir son poids sur l’échiquier du sport mondial en s’installant davantage en Suisse, le sanctuaire des fédérations sportives ? Ou s’agit-il simplement d’un compromis pratique pour allier proximité avec les institutions et ancrage historique à Turin ? Un siège pour accompagner une nouvelle ère Derrière ce déménagement, c’est toute une évolution du sport qui se joue. Depuis son entrée aux Jeux Olympiques, l’escalade sportive a gagné en visibilité et en structuration. De plus en plus professionnalisée, la discipline attire de nouveaux sponsors, de nouveaux pratiquants et voit émerger des enjeux inédits : médiatisation, standardisation des compétitions, mais aussi questions éthiques et environnementales. Un siège flambant neuf suffira-t-il à répondre à ces défis ? L’IFSC, parfois critiquée pour son manque de transparence ou ses décisions controversées, aura besoin de plus qu’un bâtiment modernisé pour asseoir sa légitimité et accompagner intelligemment la croissance du sport. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • Guide complet du Deep Water Soloing : grimper au-dessus de l’eau en toute sécurité

    Le Deep Water Soloing (DWS), ou psicobloc, est l’une des pratiques les plus exaltantes de l’escalade. Imaginez : pas de corde, pas de crash pad, juste le rocher et une chute libre dans l’eau. Popularisé par des légendes comme Chris Sharma et son ascension mythique d’Es Pontas à Majorque , le DWS est aujourd’hui pratiqué aux quatre coins du monde, des falaises britanniques aux rivières du Canada en passant par les côtes turques. Mais avant de vous jeter à l’eau (littéralement), mieux vaut connaître quelques bases. Voici tout ce qu’il faut savoir pour se lancer sereinement dans cette discipline à la frontière du solo intégral et du psychobloc. Sommaire : 1️⃣ Qu'est-ce que le Deep Water Soloing ? 2️⃣ Choisir le bon spot : accessibilité et profondeur obligatoires 3️⃣ Lire l’environnement : marées, courants et vie marine 4️⃣ Matériel minimaliste, mais indispensable 5️⃣ Toujours partir accompagné(e) 6️⃣ Chuter avec style (et surtout sans se blesser) 7️⃣ Deep Water Soloing : un cocktail d’adrénaline et de précaution 1. Bien choisir son spot : accessibilité et profondeur obligatoires Le premier critère pour se lancer en Deep Water Soloing, c’est l’accessibilité du site. Certaines falaises tombent à pic dans des eaux profondes et limpides, d’autres nécessitent une approche plus technique. En Europe, Majorque reste la Mecque du DWS, mais d’autres spots comme les falaises du Dorset en Angleterre, Olympos en Turquie ou encore les parois immergées de Lake Powell aux États-Unis offrent des alternatives de choix. Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez toujours : La profondeur sous votre voie (au moins 3 à 4 mètres, selon la hauteur de chute). L’absence d’obstacles sous-marins (rochers, coraux, troncs d’arbres). L’accès à l’eau et surtout la sortie  : il est primordial de pouvoir remonter facilement. 2. Lire l’environnement : marées, courants et vie marine Grimper au-dessus de l’eau, c’est aussi prendre en compte un environnement en perpétuel mouvement. En mer, les marées peuvent modifier la profondeur et dévoiler des récifs cachés. Le vent, quant à lui, influence non seulement la stabilité sur le rocher, mais aussi la sécurité de la chute. Autre facteur à ne pas négliger : les habitants du coin. Si voir un banc de poissons sous ses pieds peut être grisant, tomber nez à nez avec une méduse ou, pire, un requin, l’est beaucoup moins. Sur certaines côtes, comme à Hawaï ou en Australie, mieux vaut toujours avoir un plan de repli. 3. Matériel minimaliste, mais indispensable L’un des grands plaisirs du DWS, c’est de s’affranchir du matériel d’escalade classique. Adieu baudrier, corde et mousquetons, ici tout ce qu’il vous faut, c’est : Une paire de chaussons  adaptée (certains grimpeurs préfèrent une demi-taille au-dessus pour éviter l’inconfort en milieu humide). Un sac étanche  pour transporter vos affaires (eau, snacks, chaussons secs). Une protection solaire  (casquette, crème solaire biodégradable). Un kayak ou paddle  si l’approche nécessite de naviguer. Certain(e)s embarquent aussi une caméra étanche pour immortaliser les envols spectaculaires… et les plats moins glorieux. 4. Toujours partir accompagné(e) Grimper seul, c’est prendre des risques inutiles. En DWS , la présence d’un binôme est cruciale pour : Aider à repérer d’éventuels obstacles sous l’eau. Prévenir les secours en cas d’accident. Se motiver à tenter des mouvements plus engagés. Un bon partenaire joue aussi un rôle de vigie face aux aléas maritimes, qu’il s’agisse d’une houle soudaine ou d’un bateau imprévu dans la zone de chute. 5. Chuter avec style (et surtout sans se blesser) Contrairement au bloc où un crash pad amortit la réception, le Deep Water Soloing demande d’apprendre à tomber intelligemment  : Évitez le dos ou le ventre , sous peine de finir avec des bleus mémorables. Préférez une chute verticale , en entrant dans l’eau pieds joints et légèrement gainé. Testez la zone de chute  avant de grimper en réalisant quelques plongeons préliminaires. Si vous doutez, visualisez les célèbres fails de cliff jumping : un bon splash-down peut faire toute la différence entre un enchaînement réussi et une session écourtée. Un cocktail d’adrénaline et de précaution Le Deep Water Soloing est une discipline aussi spectaculaire qu’exigeante. Entre la pureté du mouvement et le frisson de la chute, il offre des sensations uniques que peu d’autres pratiques peuvent égaler. Mais comme toute activité outdoor, il demande une bonne préparation et un minimum de prudence. Alors, prêt(e) à troquer votre baudrier contre un grand plongeon ?

  • Un doublé historique pour les frères Ladevant à Saas-Fee

    Il y a des podiums qui claquent comme une gifle, des victoires qui résonnent comme un manifeste. Louna et Tristan Ladevant, frangins inséparables sur la corde et désormais sur le podium, viennent d’écrire une page mémorable de l’escalade sur glace. À Saas-Fee, en Suisse, lors de la deuxième étape de la Coupe du Monde d'escalade sur glace, ils n’ont pas seulement excellé, ils ont raflé tout ce qui pouvait l'être. Premier pour Louna, deuxième pour Tristan : un doublé qui claque comme un glaçon dans un verre . Et ce n’est pas juste pour se donner du style – ce sont des faits, bruts et implacables. © Simon Gerard Louna et Tristan, au sommet d’une discipline verticale Louna Ladevant, à tout juste 24 ans, a une habitude bien à lui : celle de laisser les autres dans l’ombre de sa performance. Champion du monde 2022, double vainqueur du classement général de la Coupe du Monde (2020 et 2023), il s’est imposé à Saas-Fee avec une maîtrise chirurgicale, complétant la voie en demi-finale comme en finale. Pendant ce temps, son frère Tristan, pas du genre à rester sur la touche, s’est glissé sur la deuxième marche. « La compet' s’est passée de A à Z parfaitement. On avait déjà fait un et trois sur des Coupes du Monde, mais jamais un et deux, donc là, voilà, c’est fait ! » partage avec enthousiasme Louna. Une affaire de famille ? Plus qu’un ADN commun, c’est une obsession partagée : repousser les limites, quitte à se frotter à des parois glacées et imprévisibles. Avec ce doublé, les frères Ladevant marquent un tournant. Ce n’est pas juste une victoire française, c’est une victoire des idées, de l’audace et d’un travail d’orfèvre. Ils incarnent une génération qui redéfinit l’escalade sur glace : spectaculaire, technique, mais jamais désinvolte . © Robert Hendrikson Une discipline givrée mais bouillante L’escalade sur glace, c’est un peu comme la haute couture de l’alpinisme : un art fragile, dangereux, et fascinant. Née dans les années 70, ce sport mélange technique, endurance et audace , le tout suspendu à des cascades glacées qui semblent défier les lois de la physique. Une discipline encore confidentielle, certes, mais en plein essor depuis sa reconnaissance officielle par le ministère des Sports en 2022. Et en France, ce sont les Ladevant qui mènent la charge. Louna, déjà légende en devenir, et Tristan, tout aussi affûté, portent les espoirs d’un pays qui redécouvre l’ivresse des sommets glacés. À leurs côtés, des figures comme Stéphanie Maureau rappellent que l’escalade sur glace tricolore a de beaux jours devant elle. Prochain round : la Savoie sous tension Après leur triomphe suisse, les deux frères Ladevant s’apprêtent à jouer à domicile. Direction Champagny-en-Vanoise, du 30 janvier au 1er février, pour la troisième étape de la Coupe du Monde . Un rendez-vous que les fans attendent comme un feu d’artifice, un moment où les deux stars savoyardes pourraient une nouvelle fois affirmer leur excellence. Mais au-delà des résultats, c’est l’image qu’ils renvoient qui compte : celle d’une fratrie unie par le froid, mais qui fait fondre les cœurs. Leur histoire, c’est celle d’un sport qui ne cesse de grandir, portée par des athlètes qui grimpent, littéralement, au sommet. Alors, que ce soit à Saas-Fee ou en Savoie, une chose est sûre : avec les frères Ladevant, la glace n’a jamais été aussi brûlante.

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