Para-escalade : faites vos Jeux, rien ne va plus
- Collectif de journalistes

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26 juin 2024. Bonn, en Allemagne. Depuis le siège du Comité international paralympique, la nouvelle tombe. Retentissante. La para-escalade fait son entrée au programme des Jeux paralympiques de Los Angeles 2028. Un séisme dans le monde de la grimpe, une formidable vitrine pour la discipline. Pour les athlètes, c'est l'aboutissement d'une carrière, un rêve américain. Mais très vite, une réalité s'impose : toutes et tous ne seront pas du voyage. Certains toucheront le jackpot dans un tri aux allures de loterie. Les autres, dont le handicap n'est pas sélectionné, suivront les épreuves depuis la France.

Derrière l'église de Saint-Géry, dans le Lot, un chemin se dessine. Quelques mètres de terre, des branches basses, et déjà la falaise surgit. Au milieu des grimpeur·se·s du dimanche, Nicolas Moineau avance sans hésiter. Sur son nez, des lunettes opaques. Il est aveugle. Canne à la main, précédé de sa chienne-guide Upsy, le kiné de 48 ans se faufile entre les pierres et les racines avec aisance, comme s'il lisait le paysage du bout des doigts. « Ici, c'est mon jardin », glisse-t-il. Chaque aspérité de la roche semble n'avoir plus aucun secret pour lui.
Champion du monde de para-escalade en 2012, vice-champion en 2014 et 2016 en catégorie déficient visuel B1 (Blind - aveugle en anglais, nda), Nicolas Moineau porte avec lui un palmarès qui impose le respect. Mais au pied de la falaise, corde sur l'épaule et sourire timide, il se fond dans le décor, presque comme n'importe quel·le grimpeur·se du coin. Lorsqu'il s'engage dans une voie, le champion se révèle. Ses mouvements sont précis, fluides. Presque instinctifs. D'en bas, ses amis l'accompagnent à la voix, lui indiquent parfois une prise clé — « main gauche, un peu plus bas » — mais la plupart du temps, il déroule. La voie, il la connaît par cœur.

Si Nicolas Moineau grimpe aujourd'hui avec plaisir, il garde en tête un objectif bien précis : les Jeux paralympiques de Los Angeles, en 2028. L'annonce, il y a presque deux ans, de l'entrée de la para-escalade au programme est venue bousculer une décision prise en 2018, celle de raccrocher les chaussons. « À cette époque, je me suis aperçu que nos concurrents s'étaient améliorés, alors que nous (l'équipe de France, nda), on a énormément stagné parce qu'il n'y avait pas les moyens alloués pour progresser », explique-t-il. À cette frustration s'ajoute une envie plus profonde : retrouver une forme de liberté. Pendant sept ans, il s'éloigne du circuit et se consacre à la falaise. Une parenthèse qui le pousse vers des projets toujours plus ambitieux, jusqu'à l'enchaînement d'une voie cotée 8a, un niveau déjà exigeant pour un grimpeur valide.
California dreamin'
Il renfile un dossard en 2025. « J'avais besoin d'un défi, résume-t-il. Ce qui m'intéresse avec les Jeux, au-delà de la visibilité, c'est surtout d'avoir les moyens de pousser la performance. » Encadrement renforcé, stages, préparation physique, suivi psychologique : « On a changé de dimension. » Et très vite, les résultats suivent : double podium aux championnats du monde, double titre de champion de France. Considéré comme une réelle chance de médaille, Nicolas Moineau préfère, presque avec humilité, ne pas trop s'avancer : « Je vais être vraiment sérieux et y aller à fond. Je ne vais pas sur les compétitions pour faire du tourisme ».
À des milliers de kilomètres des falaises du Lot, le décor est planté. La plage de Long Beach, au sud de Los Angeles, accueillera les épreuves de para-escalade, quelques semaines après celles des valides. Pour l'occasion, un mur temporaire s'élèvera devant l'océan Pacifique, avec pour horizon une ligne bleue à perte de vue où se confondent ciel et mer. Un décor presque hollywoodien, pensé pour la performance et le spectacle. Iels seront 80 athlètes sélectionné·e·s, 40 femmes et 40 hommes venus du monde entier se disputer les premières médailles paralympiques de la discipline. C'est d'ailleurs la première fois qu'un sport est paritaire dès son entrée au programme. Une consécration pour une pratique longtemps restée dans l'ombre, et désormais propulsée sur la scène mondiale depuis sa reconnaissance par le Comité international paralympique en 2017. Un sport jeune, spectaculaire, déjà bien installé chez les valides, qui incarne une volonté d'ouverture : attirer de nouveaux publics et moderniser l'image du handisport.
« Notre présence aux Jeux est une formidable opportunité, souligne Hélène Le Rouge, manager au Pôle national parasport de la Fédération française de la montagne et de l'escalade (FFME). C'est un levier puissant pour attirer de nouveaux pratiquants, structurer les clubs et développer la pratique à l'échelle nationale. » Derrière l'événement, se dessine déjà un changement d'échelle : plus de visibilité, davantage de reconnaissance, et des perspectives élargies pour les athlètes. Dans les salles, un « effet Jeux paralympiques » commence à se faire sentir : le nombre de licenciés progresse, les formations dédiées à l'encadrement du handicap se multiplient et de nombreux clubs ouvrent des sections dites « inclusives » (23 clubs en 2022 contre 150 en mars 2026, nda). Les moyens financiers alloués au développement de la para-escalade suivent également la même tendance, avec un soutien accru de l'Agence nationale du sport. Un encadrement qui se traduit aussi dans le quotidien des grimpeur·se·s avec davantage de stages, un suivi médical renforcé, plus de compétitions internationales. « Aujourd'hui, ils s'entraînent presque chaque mois, contre quelques stages par an auparavant », précise Hélène Le Rouge.
À mesure que la discipline gagne en visibilité, une règle vient redistribuer les cartes : aux Jeux, toutes les catégories ne seront pas invitées. À Los Angeles, il ne suffira pas d'être parmi les meilleurs. Encore faudra-t-il appartenir à la bonne case. Pour ceux dont le handicap n'entre pas dans les huit épreuves retenues, la sélection s'arrête là, sans appel. Une réalité brutale où la performance ne suffit plus à garantir sa place. Et où l'accès aux Jeux prend parfois des airs de loterie.
Au pied du mur
Dans la halle des sports de Penhars, à Quimper, l'air est chargé d'attente et de magnésie. Tout le petit monde de la para-escalade s'est donné rendez-vous ce samedi 14 mars 2026 pour les championnats de France. 54 athlètes s'apprêtent à concourir, dans une salle plus remplie que jamais. Découpé en six voies, un imposant mur cendré se dresse au fond de la grande salle. Violet, bleu, blanc… à chaque tracé sa couleur.
Pendant la matinée, les athlètes prennent leurs marques sur leurs parcours respectifs. Le speaker chauffe les spectateurs et fait trembler les enceintes du hall. À 13 heures, la compétition démarre enfin. Les athlètes ont six minutes pour se hisser tout en haut et valider le « top ». Solenne Piret passe les qualifications sans difficulté. En finale, la figure de la discipline s'arrache et s'adjuge le titre de championne de France. Elle s'offre même une standing ovation au moment de la remise des médailles. La quintuple championne du monde a tenu son rang. Sans surprise. Un message fort en vue des Jeux pour lesquels chacun espère obtenir son ticket.
La vie de couple d'Aloïs Pottier et Marine Routhiau est rythmée par la grimpe. Ils partagent un même rêve : les anneaux olympiques. Mais lui est sélectionnable. Elle ne l'est pas.
Un contraste saisissant aussi, avec l'un de ses compatriotes en lice pour les mêmes championnats. À 52 ans, Bastien Thomas fait le deuil de son rêve olympique, malgré sa deuxième place sur le podium quimpérois. Originaire des pentes du Garlaban, à Aubagne, le quinquagénaire est un grand sportif. Il a pour habitude de pratiquer metafit et cross training : « C'est l'entraînement des G.I. américains », se vante-t-il. Son handicap, une hémiparésie lourde, entraîne une faiblesse musculaire sur la moitié du corps. Il lui provoque aussi quelques difficultés à articuler. Le 3 juin 2025, un an après l'annonce de l'entrée de la para-escalade aux Jeux, Bastien Thomas apprend qu'il restera à la maison. Champion du monde RP1 (force, stabilité ou amplitude limitée, nda) en 2019, il a depuis dégringolé les catégories : reclassé en RP2, puis en RP3 — catégorie non sélectionnée. Exit Los Angeles. Comme lui, beaucoup connaissent cette désillusion et éprouvent ce sentiment d'injustice. Pour eux, les Jeux sont faits.
À l'écart du mur, loin du brouhaha de la compétition, Aloïs Pottier retrouve Marine Routhiau, sa compagne. Leur vie de couple est rythmée par la grimpe. Ils se sont rencontrés aux championnats de France en 2023. Depuis, les deux para-athlètes ont installé un mur d'escalade chez eux et partagent un même rêve : les anneaux olympiques. Victime d'un accident vasculaire cérébral à l'âge de 18 ans, Aloïs Pottier, grimpeur depuis l'enfance, est classé RP1. Marine Routhiau, atteinte de nanisme, évolue en RP3. Lui est sélectionnable. Elle ne l'est pas. Marine Routhiau ne pourra qu'encourager son compagnon à Long Beach. « On savait qu'il n'y aurait que huit médailles, c'est le jeu lorsqu'un sport est ajouté », rationalise-t-elle avec une pointe d'amertume. Un couple uni par la grimpe et ses valeurs. Soudé pour supporter le handicap au quotidien, mais divisé par des critères qui dépassent la performance. « On se doutait que les RP1 seraient retenus, leur handicap est plus facilement reconnaissable, le mien est un peu fourre-tout », explique Marine Routhiau. Pour Aloïs Pottier, tout se jouera en 2027 : il devra briller aux championnats du monde de Brno, en République tchèque, afin de valider son ticket pour les Jeux.
« L'équité, ce n'est pas pour tout le monde, résume-t-il. Le sport para est plein d'injustices, en permanence »
Bastien Thomas, vice-champion de France de para-escalade
Le speaker continue son show. La foule scande les noms des champions. L'ambiance est à la joie, car aujourd'hui, la para-escalade est célébrée. Et tant pis si le rêve américain de nombreux athlètes leur file entre les doigts. Les protocoles de classification se sont complexifiés avec le temps, révélant une part de subjectivité qui peut s'avérer frustrante, malgré un processus en plusieurs étapes supervisées par World Climbing, la fédération internationale d'escalade. Le para-athlète doit d'abord être éligible à l'une des neuf catégories de handicap reconnues par World Climbing. Il doit se soumettre à un examen médical : manipulation, imagerie si nécessaire et tests ophtalmologiques pour les prétendants à la catégorie Blind. Le médecin annonce alors son diagnostic permettant de documenter l'atteinte, mais pas de décider de la classification. Seulement, le handicap ne se résume pas à neuf cases. Il y a autant de réalités que d'athlètes en situation de handicap. Par exemple, certaines pathologies — comme les douleurs chroniques — peuvent constituer un désavantage, sans pour autant que la douleur soit prise en compte dans les classifications.
À la sortie du cabinet, si le para-grimpeur est reconnu comme tel, il doit soumettre le dossier médical à des « classificateurs » spécifiquement formés, souvent médecins, kinésithérapeutes, entraîneurs ou anciens athlètes, tous·tes expert·e·s de la pratique. Iels ont un droit de regard sur les tests médicaux et font passer au\à la sportif·ve une évaluation dynamique sur un mur d'escalade. Il s'agit alors de confirmer ou d'infirmer le diagnostic du médecin. Il y a, enfin, une observation en compétition pour juger la façon dont le handicap, quel qu'il soit, impacte la performance sportive. À l'issue de cette ultime observation, le·la para-grimpeur·se sera enfin classifié·e.
Reste une autre ligne de fracture, plus discrète : celle du regard de l'autre. Celle que les Jeux veulent donner à voir. Ce que l'on montre et ce que l'on comprend. « Quand on voit que la personne est en situation de handicap, c'est impactant, spectaculaire », observe Aurélien Cirotte. Une logique qu'Ewen Clodic, champion de France AU3 à Quimper, ne peut accepter : « Plus ou moins voyant, ça reste un handicap ». Bastien Thomas est lui résigné : « L'équité, ce n'est pas pour tout le monde, résume-t-il. Le sport para est plein d'injustices, en permanence. »
Un constat que partage Hugues Lhopital, enseignant-chercheur associé à l'UFR STAPS de l'université Claude-Bernard Lyon 1. Dans un article de Vertige Media, il expliquait que classer, c'est inévitablement hiérarchiser — et donc exclure. Une forme d'injustice accentuée par les Jeux paralympiques qui s'efforcent de faire entrer les handicaps dans des cases pour, entre autres, rendre le spectacle plus compréhensible pour le grand public. Malgré le sentiment d'iniquité engendré, toutes et tous s'accordent à dire qu'il est préférable de bénéficier de compétitions « injustes » que « pas de compétitions du tout ». Et si le sentiment d'injustice plane, hors de question de gâcher la fête. Marine Routhiau refuse d'abdiquer. « Ce qu'on espère, c'est que le comité paralympique voit du potentiel en notre sport et que la fédération pousse ensuite pour que le nombre de catégories augmente lors des Jeux suivants. » La marche à suivre est claire : ne pas baisser les bras et « bosser pour la prochaine génération ».
La relève entre en piste. Sourire aux lèvres, queue de cheval blonde, Elsa Boutel Ménard se présente au pied du mur. À ses côtés, son guide Victor Matile, jamais bien loin. « Main droite à midi. Monte ton pied gauche au niveau de ton genou droit. Pousse sur ta jambe. » Les consignes fusent. Claires, nettes, précises. Par micro interposé, elles parviennent à la jeune grimpeuse malvoyante. Guidée par la voix de son coach, portée par les encouragements de ses parents, la Nantaise tope. Elle s'impose haut la main. Presque une habitude.
À tout juste 18 ans, la lycéenne est déjà une star. À nouveau championne de France cette année à Quimper, elle affiche également un palmarès international impressionnant : une médaille de bronze, trois médailles d'argent et une médaille d'or, glanées sur les différentes manches de Coupe du monde, des États-Unis à l'Autriche, de Laval à Séoul. Sa vie est rythmée par la grimpe. Emploi du temps millimétré, famille mobilisée. Du très haut niveau. Un niveau olympique. Pourtant, au moment de déterminer les catégories, il en a été décidé autrement. Elsa Boutel Ménard voit trop bien : « J'ai une prothèse à l'œil gauche et 0,5/10 à l'œil droit ». Son niveau d'acuité visuelle la positionne en B3. « Je ne suis pas loin de passer en B2, ça dépend de ce que dira le médecin dans quelques mois », poursuit-elle.
Il ne reste à Elsa Boutel Ménard qu'une infime chance de poser le pied sur le sol californien. En attendant, les Jeux demeurent hors de portée. Elle continue pourtant de s'entraîner en salle, de progresser, de travailler sans relâche. Pour continuer à avancer, elle s'inspire des cadors de la catégorie Blind : Nicolas Moineau ou encore Guillaume Degenève, deuxième lors des championnats de France à Quimper. Elle espère mieux pour 2032. La « résine », comme est surnommée la grimpe en salle, n'est pourtant pas une fin en soi. Le rocher peut être considéré comme un des fondamentaux de l'escalade. Un espace ouvert d'adaptation et d'expression qui n'a que faire de la catégorie et du handicap. En bref, un retour à l'essentiel.
Lâcher prise
Au fond, l'essentiel est sûrement ici, au-dessus du lac d'Annecy, où grimpent librement Bruno Longuet et Siloë Tetaz. Vue sur le lac, plein soleil. Rien à envier au cadre idyllique promis aux élus de Los Angeles. Loin de la cohue quimpéroise, du stress olympique et de l'arbitraire des classifications, c'est une grimpe plus zen. Loin de la froideur des cabinets des médecins, l'ambiance est chaleureuse. Les grimpeur·se·s saluent. Assis sur une pierre à côté des voies qu'iels viennent de grimper, Bruno Longuet et Siloë Tetaz prennent de la distance. Il s'agit pour lui de passer à autre chose, après cette désillusion olympique. La solution ? Revenir aux fondamentaux, à la falaise. « Je ne pense pas garder ce rêve en tête. Il y a d'autres choses qui m'animent : mon groupe de para-escalade et l'alpinisme aussi », dit-il. Siloë Tetaz partage cette passion des grands espaces. « Je suis toujours dehors en train de vadrouiller, de me promener en montagne, de prendre un peu l'air au bord du lac et d'y lire un livre le soir », glisse-t-elle.

C'est la première fois que les deux champion·ne·s grimpent ensemble en extérieur. Le leitmotiv est clair : plaisir. S'affranchir des cases, profiter du rocher et performer à sa manière, à son rythme, en profitant du — bon — cadre. Bruno Longuet et Siloë Tetaz sont unanimes. La falaise est l'essence de la grimpe. Un sentiment de symbiose avec la nature. Pas ou peu de règles. Et une possibilité de laisser s'exprimer leurs corps indéfiniment. « Il faut s'adapter à la falaise, trouver d'autres prises. En extérieur, plusieurs choix s'offrent à toi. »
Au pied des falaises de Saint-Géry, Nicolas Moineau profite aussi de son « jardin ». Le champion du monde est ici un homme ordinaire. Légende vivante de sa discipline, il passe presque inaperçu. Tout est plus simple, plus lent. Tout l'après-midi, Nicolas Moineau grimpe à son rythme. Il choisit les voies qu'il aime. « Si je veux me reposer cinq ou dix minutes entre chaque prise, je peux. » Le reste du temps, il discute avec ses amis, enlève ses chaussons pour enfiler ses tongs, caresse Upsy. Pour Nicolas Moineau, dont la catégorie est pourtant retenue pour Los Angeles : « Les Jeux, c'est presque accessoire ». La falaise prime. « Ce qui me motive, c'est l'amour de la grimpe. J'aime progresser et me dépasser. C'est tout », lâche-t-il. Des mots à l'image de sa pratique : directs, sans détour. Il n'aime ni le bruit, ni les spots trop fréquentés, ni les routes qui grondent en contrebas. « Quand on grimpe, on est concentré sur des choses simples. »

Lorsqu'une rétinopathie pigmentaire survient durant son adolescence, elle grignote peu à peu sa vision jusqu'à l'effacer, emportant avec elle ses perspectives d'avenir. Pourtant, il s'accroche. Aux rochers, aux reliefs, aux sensations… Le sport de plein air devient rapidement « une échappatoire », un moyen de retrouver de l'autonomie, de grimper avec n'importe qui pour le guider et l'assurer. Si les Jeux restent sa priorité, Nicolas Moineau voit plus loin : « Ça ne changera pas ma vie. Après Los Angeles, je continuerai de grimper sur le rocher. »
Loin des projecteurs, la falaise ignore les tris et les classifications. Pas de cases, pas de quota. Si les Jeux paralympiques sont une consécration — tant pour la discipline que pour les grimpeur·se·s sélectionné·e·s — celles et ceux à qui la loterie n'a pas souri trouveront toujours la montagne ouverte. Mais une certitude demeure : chacun·e, à sa manière, trace sa propre voie vers le sommet.












