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- Est-ce que la taille compte vraiment ? (pour l'escalade)
L'escalade est un sport où la technique, la force et la stratégie jouent des rôles cruciaux. Cependant, la question de l'impact de la taille sur les performances des grimpeurs revient souvent sur le devant de la scène. L'événement de qualification olympique (OQS) à Shanghai a récemment ravivé ce débat, avec des résultats pour la finale masculine de bloc qui semblaient indiquer que les grimpeurs plus grands étaient favorisés. Du moins c'est l'avis de certains. Kim Brough, qui prend régulièrement la parole sur Instagram sur des sujets liés à l'inclusion dans l'escalade et le biais des genres dans les cotations, a relancé récemment le sujet avec un post où il montre la corrélation directe entre les résultats de la finale de bloc des OQS de Shanghai et la taille des grimpeurs : « Parfois, j'entends des gens affirmer que la taille n'a pas d'importance en escalade. 'Il n'y a pas de grimpeurs grands, juste de bons grimpeurs.' Bien que la taille ne soit pas tout, l'événement de qualification olympique à Shanghai est un exemple clair des avantages de la taille. ». La communauté anglophone a réagi vivement à ce post. Certains ont souligné que la disposition des prises semblait effectivement favoriser les grimpeurs plus grands, tandis que d'autres ont rappelé que d'autres facteurs, comme la force, le poids et la technique, jouent également des rôles cruciaux. Ils sont également nombreux à souligner, et à raison, la complexité de rendre les compétitions totalement équitables en termes de taille. Nous avons donc décidé d'examiner en détail les résultats de cet événement, sur les finales de bloc et de difficulté, les performances des participant(e)s et l'influence potentielle de la taille sur les résultats. Performance des grimpeuses et grimpeurs aux OQS de Shanghai C'est un fait, les résultats de l'épreuve de bloc montrent effectivement une prédominance de grimpeurs plus grands dans le top du classement : Adam Ondra : 1,86 m Paul Jenft : 1,86 m Hamish McArthur : 1,81 m Lee Do Hyun : 1,66 m Hannes Van Duysen : 1,75 m Alberto Ginés López : 1,69 m Sascha Lehmann : 1,64 m Sam Avezou : 1,70 m Dans l'épreuve de difficulté, en revanche, les résultats varient davantage. On retrouve des grimpeurs de moins grande taille comme Lee Do Hyun (1,66 m) et Alberto Ginés López (1,69 m) qui se classent parmi les meilleurs. Lee Do Hyun : 1.66 m Alberto Ginés López : 1,69 m Adam ONDRA : 1,86 m Paul Jenft : 1,86 m Sascha Lehmann : 1,64 m Hannes Van Duysen : 1,75 m Hamish McArthur : 1,81 m Sam Avezou : 1.70 m Est-ce à dire que c'est avantage d'être grand pour la pratique du bloc et petit pour la difficulté ? Ça serait aller un peu trop vite dans le raisonnement puisque l'on retrouve Adam Ondra et Paul Jenft en 3ème et 4ème position de ce classement. Pour les femmes, les résultats montrent une plus grande diversité de tailles parmi les meilleures sur les deux épreuves. Épreuve de bloc : Brooke Raboutou : 1,58 m Zhilu Luo : ? Erin McNeice : 1,60 m Miho Nonaka : 1,63 m Futaba Ito : 1,62 m Ievgeniia Kazbekova : 1,64 m Seo Chae-hyun : 1,63 m Zélia Avezou : 1,68 m Épreuve de difficulté : Brooke Raboutou : 1,58 m Seo Chae-hyun : 1,63 m Erin McNeice : 1,60 m Miho Nonaka : 1,63 m Futaba Ito : 1,62 m Ievgeniia Kazbekova : 1,64 m Zhilu Luo : ? Zélia Avezou : 1,68 m L'épreuve de qualification olympique à Shanghai, ainsi que la discussion lancée par Kimbrough Moore, a le mérite de mettre en lumière les défis auxquels les ouvreurs sont confrontés pour créer des voies neutres en termes de taille. Si c'est effectivement l'une de leurs missions, comme on peut l'imaginer, c'est souvent plus facile à dire qu'à faire et nécessite une expertise et des ressources adéquates. Lorsque l'on examine les résultats des finales de bloc féminines ou des épreuves de difficulté pour les deux genres, la taille ne semble finalement pas avoir d'influence si significative que ça. Mais il reste difficile de tirer des conclusions définitives à partir d'une seule compétition, et il serait pertinent de réaliser des statistiques à partir de données récoltées lors de nombreuses autres pour avoir un analyse réellement pertinente. Performance des grimpeuses et grimpeurs à partir des classements de l'IFSC Regardons ce que cela donne sur le classement mondial des grimpeuses et grimpeurs disponible sur le site de l'IFSC, en se basant sur le top 10. Épreuves de bloc (hommes) : Sorato Anraku : 1,68 m Lee Do Hyun : 1,66 m Meichi Narasaki : 1,88 m Tomoa Narasaki : 1,70 m Toby Roberts : 1,77 m Yoshiyuki Ogata : 1,71 m Mickael Mawem : 1,79 m Mejdi Schalck : 1,72 m Yannick Flohé : ? Sam Avezou : 1,70 m Épreuves de difficulté (hommes) : Sorato Anraku : 1,68 m Toby Roberts : 1,77 m Alexander Megos : 1,70 m Jakob Schubert : 1,76 m Taisei Homma : ? Sascha Lehmann : 1,64 m Shion Omata : ? Ao Yurikusa : ? Lee Do Hyun : 1,66 m Satone Yoshida : ? Épreuves de Bloc (femmes) : Janja Garnbret : 1,64 m Natalia Grossman : 1,62 m Oriane Bertone : 1,64 m Oceania Mackenzie : 1,73 m Brooke Raboutou : 1,58 m Zélia Avezou : 1,68 m Miho Nonaka : 1,63 m Chaehyun Seo : 1,63 m Stasa Gejo : 1,75 m Jessica Pilz : 1,65 m Épreuves de difficulté (femmes) : Janja Garnbret : 1,64 m Ai Mori : 1,54 m Chaehyun Seo : 1,63 m Jessica Pilz : 1,65 m Mia Krampl : 1,62 m Vita Lukan : 1,64 m Natsuki Tanii : 1,52 m Jain Kim : 1,53 m Brooke Raboutou : 1,58 m Manon Hily : 1,54 m En croisant les données des grimpeuses et grimpeurs que ce soit en bloc ou en difficulté, on observe une variété de tailles parmi les meilleur(e)s. Il n'y a donc à nouveau pas de corrélation évidente indiquant que les grimpeuses ou les grimpeurs plus grands ou plus petits dominent systématiquement dans l'une ou l'autre discipline. La présence de grimpeuses et grimpeurs de tailles variées parmi les meilleurs confirme à nouveau que d'autres facteurs sont très probablement plus déterminants pour la performance en escalade que la seule taille. En conclusion, même si l'analyse pourrait être approfondie, on peut affirmer que sur cette base d'analyse la taille n'a pas un rôle clé dans les performances en escalade. Concernant l'épreuve de bloc des OQS à Shanghai, il est possible que les résultats soient dus au hasard ou que les voies aient favorisé les grimpeurs plus grands. Mais pour le savoir il faudrait mesurer les espacements entre les prises et évaluer l'ensemble du répertoire gestuel qu'il aurait été possible de déployer sur les voies proposées.
- Découverte du mur d'escalade des JO de Paris 2024 au Bourget
Si Le Bourget est bien connu pour accueillir le plus grand salon de l'aéronautique et de l'espace, il sera bientôt tout aussi renommé pour ses murs d'escalade. En effet, c'est ici que se dérouleront les différentes épreuves d'escalade pour les JO de Paris 2024, dans des infrastructures entièrement remises à neuf et avec des murs d'escalade flambants neufs que nous avons eu le privilège de découvrir en avant-première. Une aubaine pour ce territoire C'est effectivement une opportunité majeure pour la ville et pour la Seine-Saint-Denis, qui se rêve déjà en terre d'accueil pour d'autres grands événements. Il est vrai que le gymnase Marie Paradis, avec ses nouvelles infrastructures prévues pour accueillir, du 5 au 10 août, les 68 athlètes qualifiés pour les épreuves de vitesse et de combiné (bloc et difficulté), a de quoi faire des envieux. Ce complexe, qui existait déjà sans mur d'escalade, était en tout cas prédestiné à cette transformation. Marie Paradis, habitante de la vallée de Chamonix, est connue pour avoir été la première femme au sommet du Mont Blanc le 14 juillet 1808. Stéphane Troussel, président du Département de Seine-Saint-Denis, présent lors de notre visite, n'hésite pas à parler de "jackpot" en évoquant la liste des installations remises à neuf que les Jeux Olympiques légueront après leur départ : gymnase, parc sportif, écoles, terrains de tennis couverts et extérieurs, boulodrome, routes départementales, voie urbaine végétalisée, etc. Ça a aussi été l'occasion de délocaliser vers une zone d'activité une entreprise chimique historiquement proche des habitations. Une transformation profonde, qui aurait été beaucoup trop coûteuse et impossible à réaliser dans un temps aussi court sans les Jeux Olympiques et Paralympiques. Cette démarche permet également à la Seine-Saint-Denis d'avancer dans son retard en termes d'équipements sportifs, avec désormais 16 équipements sportifs pour 10 000 habitants. La moyenne nationale étant de 45 à 50 équipements pour 10 000 habitants. Un héritage au bénéfice d'un club d'escalade Kamel Ouarti, Directeur général adjoint des services en charge des JO et du sport pour la ville du Bourget, nous confirme que le club d'escalade prendra officiellement possession des lieux à partir de mi-septembre 2024, et a déjà été officialisé. S'il lui paraît encore difficile de faire des prédictions à ce stade, il compte sur un nombre d'adhérents conséquent, espérant même attirer une population parisienne désireuse de profiter de ces équipements installés par la société française Pyramide. Un avenir aussi pour la structure de compétition Si ce nouveau gymnase, prévu pour l'entraînement des athlètes, fait briller les yeux du Maire de la ville, Jean-Baptiste Borsali, on retrouve également à quelques pas l'arène prévue pour les épreuves des JO. Cet espace doit accueillir quelque 6 000 spectateurs quotidiens qui viendront suivre cette discipline en vogue pendant près de cinq jours de compétition. Des spectateurs qui ont acheté leurs places dès l'ouverture des ventes, confirmant l'intérêt pour cette pratique qui fait sa seconde apparition aux JO. L'installation en question intègre une immense couverture prévue pour offrir de l'ombre aux athlètes, mais qui pourrait également officier de protection contre la pluie si la météo est aussi mauvaise que celle du jour de notre visite. Les organisateurs sont confiants sur le fait que les épreuves pourront se dérouler sans encombre et confirment que des aménagements sur les horaires de passages pourront être prévus en cas de besoin. Côté installation des prises, si pour la vitesse les codes restent strictement les mêmes, pour le bloc et la difficulté, ce n'est que 10 jours avant les épreuves que les ouvreurs se rendront sur place pour ouvrir les voies. Les prises seront vissées dans la plus grande discrétion, avant d'être retirées puis remises en place la veille de chaque épreuve. Conscients d'être observés avec minutie sur leurs engagements, les organisateurs des Jeux Olympiques précisent que la structure utilisée pour ces murs a été et sera réemployée après les Jeux pour des scènes de festival de musique ou d'autres événements sportifs. Les murs d'escalade réalisés par la société EP Climbing seront également démontés et remontés pour pouvoir continuer à être utilisés lors d'autres compétitions organisées en France. Parmi la presse présente lors de cette conférence, on notait l'AFP, France Info, RMC Sport, mais aussi KBS, l'un des quatre principaux réseaux sud-coréens de télévision, fondé par le gouvernement sud-coréen. Profitant de l'occasion, KBS n'a pas manqué d'interviewer discrètement les journalistes sur une question brûlante et surtout favorite des médias internationaux : "Peut-on vraiment s'attendre à une cérémonie d'ouverture sur la Seine ?" Une question qui, à elle seule, suffit à ajouter un brin de mystère et beaucoup d'excitation à l'approche de ces Jeux. Pour la Seine on ne sait pas, mais pour Le Bourget on peut vous confirmer qu'ils sont prêts.
- Les meilleures vidéos de grimpe de la semaine
Chaque semaine, le monde de l'escalade nous offre des moments de pur génie, de défis surmontés et de nouvelles limites explorées. Chez Vertige Media, nous avons sélectionné pour vous les vidéos de grimpe les plus captivantes et inspirantes des derniers jours. Que ce soit sur les falaises pittoresques du sud de la France ou sur les blocs légendaires de Yosemite, ces clips sont une source d'inspiration et de motivation pour tous les passionné(e)s de grimpe. 1. “I Thought It Was Impossible to Climb Inga 8c+/9a | Adam Ondra” Lors d’une visite dans le sud de la France, Adam Ondra réussi l’ensemble des pas d’Inga. Des progrès qu’il doit à ses sessions de bloc, démontrant l’importance de cette pratique pour la voie. 2. “Humbled by Yosemite’s Boulders ft. Ethan Pringle” Premier voyage à Yosemite pour la photographe Catie Monteiro, qui profite de cette initiation pour découvrir les blocs de la région avec le grimpeur Ethan Pringle. 3. “Zach Galla - The Process V16” Des images exclusives de Zach Galla dans l’ascension impressionnante de « The Process » 8C+, une voie en highball extrêmement difficile qui, à ce jour, n’a été conquise que deux fois. 4. “Excalibur 9b+ Uncut” Un an après son succès, Stefano Ghisolfi revient sur sa performance dans « Excalibur » (9b+), considérée comme une des voies les plus exigeantes au monde. 👉 Retrouvez toutes les meilleures vidéos de grimpe sur Vertige Media : https://www.vertigemedia.fr/videos
- Astrogrimpe - L'horoscope pour Juin
Juin déroule son tapis de verdure et ses journées ensoleillées, invitant chaque grimpeuse et chaque grimpeur à tester ses limites. Alors que le soleil brille haut et que les prises chauffent, c'est le moment idéal pour aligner vos aspirations verticales avec les astres. Préparez-vous à rire des défis, à dialoguer avec la roche, et à conquérir les sommets avec un esprit aussi léger que vos pieds. L'Astrogrimpe de juin est là pour pimenter vos ascensions avec une pincée de sagesse stellaire et beaucoup d'humour ! Bélier : Juin exige un ajustement de votre baudrier émotionnel, Bélier. Soyez prêt à négocier les prises de la vie comme celles des parois : avec souplesse et sans laisser les émotions vous faire chuter. Taureau : Attention aux dépenses superflues ce mois-ci, Taureau. Gardez un œil sur votre budget de grimpe. Peut-être est-il temps de ressemeler ces chaussons abimés putôt que foncer en prendre des neufs ? Gémeaux : En juin, cuisinez-vous des aventures gustatives et grimpeuses, Gémeaux. Essayez la fusion des deux : manger un sandwich en étant vaché au relais ? L’équilibre parfait pour votre énergie débordante. Cancer : Votre forme olympique vous rend invincible sur les parois ce mois-ci, Cancer. Grimpez comme si vous prépariez les prochains Jeux. Juste, évitez de viser la médaille en chute libre. Lion : Juin peut vous faire sentir un peu seul au sommet, Lion. Recherchez le soutien de vos compagnons de cordée pour partager les défis et les selfies au sommet. Vierge : Des décisions importantes en amour et en ascension vous attendent, Vierge. Assurez-vous que vos choix de voies et de cœur sont en harmonie avec vos désirs. Balance : Utilisez votre charisme naturel pour charmer la paroi, Balance. Qui sait ? Peut-être que même les prises les plus réticentes ne résisteront pas à votre sourire. Scorpion : La passion pour l'escalade vous consume en juin, Scorpion. Canalisez cette flamme ardente dans des ascensions audacieuses, mais n'oubliez pas de vérifier vos nœuds ! Sagittaire : L'appel de l'aventure vous mène vers de nouveaux sommets, Sagittaire. Gardez votre esprit ouvert, mais vos mousquetons bien fermés. Capricorne : Juin vous trouve un peu épuisé, Capricorne. Peut-être est-il temps de grimper moins et de contempler plus. Un hamac sous les voies pourrait être votre meilleur investissement ce mois-ci. Verseau : Des compromis sont nécessaires en amour comme en escalade, Verseau. En juin, apprenez à lâcher prise, sauf quand c’est vous à l’assurage. Poissons : Poissons, naviguez avec prudence dans les eaux troubles des relations et des voies humides. Un bon équipement émotionnel et technique est crucial ce mois-ci. Et voilà, notre excursion astrologique de juin touche à sa fin. Gardez en tête que, quels que soient les obstacles sur votre voie, l'essentiel est de grimper avec enthousiasme, de savourer chaque prise et de toujours envisager la paroi suivante avec optimisme. Les étoiles peuvent pointer la direction, mais c’est votre grip qui fait toute la différence. Restez agile, souriez en face du vide, et que votre sac à pof ne soit jamais vide ! On se retrouve mois prochain pour plus de prédictions qui vous mèneront toujours plus haut sous le ciel de l'été.
- Ascension aveugle : Jesse Dufton sur la Devil's Tower
Après avoir marqué l'histoire en devenant le premier grimpeur aveugle à escalader en tête le Old Man of Hoy (6a+), dans les îles Orcades en Écosse, Jesse Dufton a de nouveau fait parler de lui en devenant le premier grimpeur aveugle à grimper en tête une voie sur la Devil’s Tower, dans le Wyoming, aux États-Unis. Une ascension qu'il a réalisé le 15 mai dernier. Jesse Dufton, atteint de rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative le privant totalement de la vue, a été inspiré par El Matador, une voie de 150 mètres réputée pour sa difficulté technique et son endurance. Et c'est particulière le cas pour la seconde longueur qui demande un étirement constant des jambes. Grimpée pour la première fois en 1967, cette ligne côtée 6b+ est aussi la star d'un documentaire des années 90. Si le nom d'El Matador vous est familier, c'est sans doute parce que vous vous souvenez du documentaire, où de nombreux Français ont découvert Catherine Destivelle pour la première fois. Et c'est justement lors d'une conférence de Catherine Destivelle qu'il a lui-même eu envie de s'y frotter. Inspiré par cette vidéo où elle escalade El Matador en solo intégral après un problème de corde, il a décidé que cette voie serait idéale pour se dépasser. Avant l'ascension, Jesse s'est renseigné sur la voie à partir d'un vieux guide et savait que la formation rocheuse était similaire à celle de Fairhead en Irlande du Nord et de Kilt Rock sur l'île de Skye, où il avait déjà grimpé avec succès. Malgré son handicap, Jesse a gravi lentement mais sûrement cette voie classique, plaçant lui-même les protections. Comme à son habitude, il a été soutenu par sa femme Molly, qui l'a guidé autant que possible. Zach Lentsch, un guide de montagne local, a qualifié cet exploit de "la plus impressionnante réalisation en escalade que j’aie jamais vue". Jesse décrit El Matador comme une voie "brutale", bien plus difficile que prévu. Après une chute due à une petite plante qu'il n'avait pas vue, il a ressenti une grande déception de ne pas avoir réussi à la grimper à vue. « Je ne pense pas avoir jamais dû me battre autant sur une voie que sur El Matador. J'ai choisi cette voie pour me tester physiquement et mentalement, et elle s'est avérée être bien plus difficile que prévu, me poussant à mes limites. » Il a également exprimé sa gratitude envers Molly, affirmant que leur partenariat était crucial pour relever des défis aussi importants, sa vie étant littéralement entre les mains de sa femme tout au long de l'ascension. La descente en rappel a été facilitée par les relais boulonnés, une "luxe trad" par rapport aux habituels relais à construire en trad en Angleterre. Un confort inattendu mais bienvenu. Malgré la déception de ne pas avoir réussi à vue, Jesse est fier de son effort et de son engagement total sur cette voie. Ce moment a été capturé par le réalisateur de films d'aventure Alastair Lee et fera partie de la prochaine tournée de films Brit Rock.
- Interview de David Pillet : Photographe passionné d'escalade et d'aventures
Quand on aime l'escalade, il est impossible de passer à côté de certains photographes. C'est le cas de David Pillet, dont vous avez sans doute vu le travail sur Instagram sans même savoir qu'il en est l'auteur. Après plusieurs discussions avec lui, nous avons souhaité lui proposer une interview pour mieux le connaître et comprendre son métier. Salut David ! Pour commencer, est-ce que tu peux nous raconter comment tu as commencé ta carrière de photographe ? Avant de commencer ma carrière de photographe pro, je me suis consacré à l’écriture et l’illustration de livres pour enfants. C’est le dessin qui a réveillé en moi cette passion endormie qu’est la photographie. Après avoir suivi plusieurs formations de dessin auprès d’Aaron Blaise (dessinateur Walt Disney, nommé aux Oscars pour Frère des ours), après les avoir travaillées en grattant du papier, j’ai eu envie de les mettre en application à travers la photo pour cultiver ma créativité. L’approche d’Aaron sur le regard, la façon de jouer avec l’ombre et la lumière me paraissait totalement compatible avec la photo. Depuis, j’ai laissé de côté mes HB au profit des boîtiers. J’ai commencé ma carrière professionnelle comme photographe portraitiste animalier, puis j’ai lentement mais naturellement glissé vers la photographie de sports, qui me procurait une tout autre adrénaline. Alors justement, comment tu es arrivé à la photographie d'escalade ? Je couvrais déjà plusieurs disciplines sportives comme le hockey sur glace ou le basketball quand j’ai commencé à pratiquer moi-même l’escalade. La photographie de grimpeurs s’est donc posée comme une évidence. C’était un vrai plaisir. J’ai donc commencé à couvrir les Coupes et Championnats du Monde d’escalade. Et c'est quoi ton expérience personnelle avec l'escalade ? Tu pratiques aussi ou c'est purement photographique ? Je pratique l’escalade régulièrement en salle comme en extérieur. C’est donc assez logiquement que j’ai lié ces deux passions même si je reste bien plus à l’aise avec un appareil entre les mains qu’accroché à un bout de réglette. Comment ta pratique de l'escalade influence ton approche de la photographie ? Je pense que pour être un bon photographe, il faut connaître son sujet. Ma pratique et la connaissance des grimpeurs me permettent d’être placé au bon endroit par rapport aux typologies de voies ou de blocs, d’anticiper les mouvements ou de savoir où le regard du grimpeur va se porter. Je regarde régulièrement ce qu’ils font en dehors des compétitions. En les observant, j’apprends à mieux connaître leurs "tics" de grimpe, la façon qu’ils ont de prendre certains repos ou de se mouvoir. Donc, en plus d’essayer de reproduire leurs mouvements, c’est d’une aide considérable pour faire de bons shootings. Brooke (Raboutou) souffle systématiquement ses mains après les avoir "pofées" par exemple, si je veux un cliché d’elle dans un nuage de magnésie, je sais à quel moment déclencher. Quelles sont les particularités de photographier des compétitions d'escalade par rapport à d'autres types d’événements sportifs ? Le placement est pour moi la principale contrainte des compétitions d’escalade. Nous sommes souvent limités à certaines zones, très souvent face au mur, et shooter des grimpeurs de dos, ça n’apporte que peu d’intérêt. Je couvre également la ligue Magnus en hockey sur glace. Dans les patinoires je peux me balader un peu partout, du bord de glace aux tribunes en passant par les abords du banc des joueurs. C’est la liberté totale et ça permet de varier les plaisirs. En escalade, il faut parfois se creuser un peu plus la tête pour être créatif lorsque on doit couvrir toute une compétition dans un enclos de 5 m². Les organisateurs sont conscients du problème, et ils nous filent de temps en temps des "coups de pouce" comme à Chamonix par exemple, où l’on pouvait shooter du haut d’une nacelle. Peux-tu partager un moment particulièrement mémorable que tu as capturé lors d'une compétition ? Sans aucun doute, les victoires de nos grimpeuses et grimpeurs français au Championnat du Monde de para-escalade à Berne en 2023. Quatre médailles d’or en une journée : Solenne Piret, Lucie Jarrige, Thierry Delarue et Aloïs Pottier ! Cette journée était absolument fantastique ! Les médailles s’enchaînaient, les grimpeurs portés par l’équipe de France dans les tribunes, l’ambiance était dingue. Je pense que si je ne devais garder en souvenir qu’une seule journée, ce serait celle-ci. C’était la première fois que je couvrais une compétition en para-escalade et j’ai pris une claque monumentale techniquement et humainement. Quels autres photographes d’escalade ou d’autres domaines t'inspirent ? Avant même de m’intéresser à la photographie sportive, j’étais déjà addict aux clichés de Jimmy Chin. Il est certainement le photographe d’escalade et de sports de montagne qui m’inspire le plus. Ses photos sont précises, poétiques et reconnaissables au premier coup d’œil. En compétition, je suis particulièrement admiratif des clichés de Lena Drapella également. Pour sortir du domaine de la grimpe, je reste dingue des productions de Pieter Hugo. C’est un photographe portraitiste sud-africain révélé par une série de clichés sur les Gadawan Kura, littéralement les « hommes hyènes » du Niger. C’est une grande source d’inspiration pour moi. Y a-t-il des photographes émergents dans le domaine de l'escalade que tu recommanderais ? Même s’il n’est plus si jeune et émergents (😉) Arthur Delicque est pour moi l’un des plus talentueux et des plus créatifs de la nouvelle génération. Quels sont les défis logistiques de voyager pour photographier des compétitions à travers le monde ? J’ai choisi de ne couvrir que les compétitions européennes pour le moment. Je me déplace, je dors et je travaille depuis mon fourgon, je limite donc les problèmes logistiques. J’ai tout à portée de main, et j’ai juste besoin de trouver des coins tranquilles pour passer la nuit ou traiter mes photos. As-tu une anecdote intéressante sur les coulisses d’une compétition que tu pourrais partager ? Pour faire un parallèle avec d’autres compétitions sportives que j’ai pu couvrir, les grimpeurs sont des athlètes très abordables en backstage comme en public et c’est ce qui fait peut-être la différence. Comment gères-tu les aspects commerciaux de ton métier, comme la vente de tes photos ou la gestion des droits d'image ? Même si l’on est photographe pour vendre des clichés, c’est vrai que ce n’est pas la partie la plus simple à gérer. Être indépendant m’oblige à démarcher les organes de presse pour leur proposer des prestations sur des événements ou des photos d’illustration. C’est hyper chronophage, mais c’est le revers de la médaille d’une indépendance totale. Les prix sont déterminés par les médias (sauf quelques rares exceptions), les ventes se gèrent donc assez facilement. J’ai la chance de faire partie d’une structure de photographes et vidéastes, le Collectif DR. Nous diffusons nos photographies sur une plateforme à destination de la presse nationale et internationale qui utilise un système de protection des images ainsi qu’une assistance juridique et d’autres services pour nous permettre de vendre nos productions. Ça m’évite d’avoir à passer trop de temps à traquer mes images sur la toile. Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui souhaite faire carrière dans la photographie de sports d'aventure ? Quand on commence, la seule chose que l’on a à perdre, c’est du temps alors foncez ! Quel équipement utilises-tu généralement lors d'une compétition d'escalade et pourquoi ? Je suis toujours avec deux boîtiers Nikon. Un Z8 sur lequel est monté un 60-600 mm et un D850 équipé d'un 70-200 mm ou d'un grand-angle 18-24 mm. Le 60-600 mm me permet des prises de vue au plus proche des grimpeurs, capturer des détails, des regards, des doigts, ce qui me plaît le plus. Le 70-200 mm est plus réactif, je l'utilise pour des vues plus techniques ou créatives. Je ne sors le grand-angle que lorsque l’endroit le permet, pour illustrer l'ambiance générale des compétitions. Y a-t-il des techniques spécifiques que tu trouves particulièrement efficaces pour capturer l'essence de l'escalade en compétition ? J’aime principalement capturer les séquences de repos sur les voies ou les blocs. Ce sont des instants captivants où toutes les émotions sont perceptibles. On arrive à déceler des doutes, des motivations ou des interrogations chez les grimpeurs. Ce sont des instants précieux pour moi. J’aime capter ce qui est la base de l'escalade, des placements de pieds, des préhensions précises ou des mouvements plus dynamiques en jouant sur les bokeh et parfois sur les vitesses d’obturation. Ce ne sont pas les clichés les plus bancables, mais ce sont ceux qui me plaisent le plus avec les portraits. Tu utilises les réseaux sociaux pour promouvoir ton travail, comment cela influence-t-il ton activité ? Étant indépendant, les réseaux sociaux sont une véritable carte de visite auprès des magazines. S’en affranchir, c’est limiter considérablement sa visibilité. Il faut les alimenter très régulièrement pour montrer qu’on existe et tenter de se démarquer sans arrêt pour sortir un peu du lot. A contrario, c’est assez génial de voir ce que les copains peuvent capturer sur les mêmes événements. C’est ce qui fait toute la richesse de la photo et des photographes et les réseaux en sont une source folle principalement Instagram. Comment est-ce que tu vis cette perte de contrôle que peuvent ressentir certain(e)s photographes qui voient leurs photos se balader sur Instagram ? C’est parfois déroutant de voir ses photos se promener sur la toile sans avoir donné son accord ou encore sans être cité, mais c’est le jeu. Dès qu’on décide de rendre son travail public, on accepte malheureusement la possibilité de se faire voler des images. En contrepartie, quand tu vois ton travail publié par le grimpeur, c’est hyper valorisant. C’est le cas avec Sorato (Anraku) qui utilise un de mes clichés comme photo de profil sur les réseaux. Quels sont tes projets ou ambitions pour l’avenir dans le domaine de la photographie d'escalade ? Je vais cette année encore suivre les étapes de la coupe du monde en Europe, mais l’événement principal à ne pas rater cette année pour un photographe de sport reste tout de même les JO de Paris. Au-delà de ça, je souhaite m’impliquer plus dans les compétitions de para-escalade, car pour moi, la couverture médiatique de ces athlètes est bien trop faible. Nos athlètes français sont géniaux et ils méritent bien plus. Merci beaucoup David ! Pour suivre David Pillet sur Instagram -> @david_pillet.photographie
- Suivi des Grimpeurs à Yosemite : Un nouvel outil sur Instagram
Les rangers de Yosemite ont récemment lancé un compte Instagram permettant aux grimpeuses et grimpeurs de suivre en temps réel l'affluence sur les voies d'escalade du parc. Cette initiative vise à mieux informer la communauté sur le nombre de personnes débutant des ascensions chaque jour. En effet, les rangers ont décidé de partager l'affluence des principaux spots d'escalade sur Instagram, offrant ainsi à chacun la possibilité de savoir à quel point leur itinéraire est chargé. Les publications sont mises à jour quotidiennement et fournissent des informations sur l'affluence du jour, de la veille et du lendemain. Cet outil repose sur le principe des permis délivrés pour grimper dans le Yosemite. Face à l'engouement suscité par ce spot, largement médiatisé à travers divers films à succès international, et au nombre croissant de pratiquants aux États-Unis (plus de 20 millions !), il est en effet impératif de se munir d'un permis. Ce "permis d'escalade en milieu sauvage" est gratuit et il ne concerne que les personnes passant la nuit sur les voies ; ceux réalisant des ascensions en une journée n'ont pas besoin de ce permis. Les permis sont disponibles via une borne d'auto-enregistrement fonctionnant 24 heures sur 24, située dans le pré d'El Cap, à côté de l'arrêt de la navette. Une fois le permis obtenu, les grimpeurs peuvent bivouaquer sur n'importe quelle falaise verticale, face ou paroi à Yosemite, à condition d'être au moins à une longueur de corde du sol sur une voie de niveau 5 ou plus. Cette initiative devrait non seulement aider à décongestionner les voies les plus populaires, mais également fournir aux grimpeurs des informations essentielles pour planifier leurs ascensions en toute sécurité.
- Un mur d'escalade dans le métro parisien
Faire de l’escalade dans le métro n'est très certainement pas quelque chose que vous avez envisagé comme un jour possible. Pourtant, dès la semaine prochaine, ça sera bien le cas ! Du mardi 21 au vendredi 24 mai, la station Glacière, située sur la ligne 6 du métro parisien, deviendra une salle d’escalade. À partir de midi et ce jusqu'à 18h, les voyageurs auront l’opportunité de faire leur session habituelle ou tout simplement de s’essayer à l’escalade sans quitter le métro. Un mur d’escalade de 5 mètres de haut, avec quatre voies de niveaux différents, sera installé pour cet évènement éphémère de quatre jours. L'idée étant de toucher aussi bien des débutants que des grimpeuses et grimpeurs plus expérimentés. L’objectif de cette opération de communication est de promouvoir la nécessité et les bienfaits de l’activité physique et sportive auprès du plus grand nombre. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du label Grande Cause Nationale 2024 : « Bouge 30 minutes chaque jour ». La Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) sera présente pour proposer des ateliers d’initiation et encadrer les grimpeuses et grimpeurs qui souhaitent s'essayer à cette pratique. Fanny Gibert, sextuple championne de France de bloc et membre du dispositif Athlètes de Haut Niveau RATP, sera présente le jeudi 23 mai pour partager ses conseils et parler de sa passion pour l’escalade. Multiple médaillée en Coupe du Monde et membre de l’équipe de France depuis 2010, Fanny est également ingénieure au sein de la RATP depuis 2020. Grâce à son double parcours professionnel et sportif, elle se place au cœur du dispositif de soutien aux athlètes de haut niveau de la RATP, lui permettant de participer à la course à la qualification olympique pour les Jeux de Paris en ce moment même. Mur d’escalade à la station de métro Glacière, ligne 6 Dates : Du 21 au 24 mai Horaires : De 12h à 18h
- Adam Ondra escalade un immeuble en costume cravate
Adam Ondra, le célèbre grimpeur tchèque, a récemment eu l'occasion d'escalader le bâtiment Filadelfie à Prague dans le cadre d'une publicité pour Anthony's. Cette vidéo, largement relayée sur Instagram, montre Adam Ondra affrontant une arête acérée de 70 mètres, en costume cravate. Adam Ondra a exprimé sa réticence initiale face à l'escalade de bâtiments : « Habituellement, je ne suis pas très attiré par les bâtiments car c'est soit impossible, soit relativement facile et très répétitif. Mais en général, j'aime les arêtes en escalade, et celle-ci est l'une des meilleures que j'aie vues. C'est tout simplement parfait. » A l'origine de cette publicité, un magasin de vêtements pour hommes basé à Prague : Anthony's. Pour cet exercice, Adam Ondra a dû répéter une série de mouvements : des arquées latérales sur des rails métalliques glissants et des adhérences pieds nus de chaque côté de l'arête avec un angle légèrement inférieur à 90 degrés. Après un échauffement sur les trois premiers étages, Adam Ondra a commencé à mesurer la difficulté de la tâche : « Ça va être un véritable cauchemar. À un certain point, je pense que je vais atteindre un état de fatigue qui rendra le fait de continuer très difficile, mais en même temps, il sera difficile de tomber. C'est un peu comme l'escalade en fissure. Quand cela devient difficile, c'est vraiment dur de continuer, mais vous pouvez presque rester accroché indéfiniment, ce qui est différent de l'escalade normale où vous atteignez un point de fatigue brutale. » Il a tout de même grimpé jusqu'au dernier étage où les choses se sont encore compliquées à cause d'une fissure verticale de 8 mm couverte de piques pour dissuader les pigeons. En saisissant prudemment la prise pour éviter de se blesser, il a fini par lâcher et tomber. « La fatigue est incroyable », a-t-il déclaré après l'ascension. « Je ne l'ai jamais vraiment ressentie ailleurs. C'est très similaire à l'escalade en fissure, mais peut-être encore plus complexe pour l'ensemble du corps. C'est génial. Je suis un peu déçu de ne pas avoir atteint le sommet. Je reviendrai peut-être un jour. Ça vaut le coup. » Le grimpeur estime que l'itinéraire jusqu'au dernier étage pourrait être classé comme une voie de difficulté 8C, et l'ascension complète jusqu'au sommet serait une 8C+ . « Je félicite l'architecte pour avoir eu une telle idée parce que l'arête est parfaite pour l'escalade. C'est un grand défi ! Je suis surpris que ce soit faisable. »
- 24 Hours of Horseshoe Hell : Le Burning Man de l'escalade
Chaque année, au cœur des montagnes Ozark de l'Arkansas, le Ranch Horseshoe Canyon se transforme pour accueillir une événement d'endurance et de festivités pour les passionné(e)s d'escalade. Connu sous le nom de "24 Hours of Horseshoe Hell" (24HHH), cet événement original attire des grimpeuses et grimpeurs du monde entier prêts à tester leurs limites physiques et mentales dans une compétition intense de 24 heures. On vous en dit plus sur cet événement hors du commun. L'idée de 24HHH est née en 2006, lorsqu'Andy Chasteen et quelques amis se sont lancés le défi de grimper autant de voies que possible en 24 heures. Avec le soutien des propriétaires du Ranch Horseshoe Canyon, Barry et Amy Johnson, la première édition a vu le jour la même année, attirant 120 participants. Depuis, l'événement n'a cessé de croître en popularité, devenant un rendez-vous incontournable pour les grimpeurs du monde entier. Le format de l'événement est simple mais plutôt challengeant : des équipes de deux tentent de grimper le plus grand nombre de voies possible en 24 heures. Une version de 12 heures, connue sous le nom de 12HHH, est également possible pour celles et ceux qui souhaitent un défi un peu moins intense. Les participant(e)s viennent des quatre coins du globe, y compris des pays comme l'Australie, la Suède et le Canada, pour participer à ce rassemblement de la communauté. L'un des aspects les plus distinctifs de 24HHH est évidemment son atmosphère festive. L'événement comprend des concerts, des concours de guitare aérienne, des soirées déguisées, des toboggans d'eau, des ateliers de coiffure et il est même possible de s'y faire tatouer gratuitement. C'est cette ambiance de fête qui vaut à l'événement le surnom de "Burning Man de l'escalade". Inscriptions et participation Participer à 24HHH n'est par contre pas une mince affaire. En raison de la popularité croissante de l'événement, les inscriptions se remplissent en quelques minutes chaque année. Pour gérer cette demande élevée, les organisateurs ont mis en place un système de loterie pour attribuer les places disponibles. Les grimpeuses et grimpeurs intéressés doivent s'inscrire en ligne lors de la période d'inscription pour avoir une chance d'être sélectionnés. La prochaine édition de 24HHH aura lieu du 25 au 29 septembre 2024. Toutes les informations nécessaires et s'inscrire sur le site officiel de l'événement : https://www.twofourhell.com/
- Alex Honnold de retour en free solo dans le Yosemite
Le Yosemite a une fois de plus été le théâtre des exploits d'Alex Honnold. En une demi-journée, le grimpeur mondialement connu a réalisé deux solos sans corde, totalisant près de 700 mètres d'ascension sur des parois humides. Après avoir animé la Coupe du Monde de bloc à Salt Lake City, où ses commentaires ont été appréciés pour leur expertise et leur humour, Alex Honnold est retourné dans le Yosemite, situé à environ 800 kilomètres de là. Cet endroit lui est particulièrement cher en raison de ses innombrables parois d'escalade emblématiques. C'est ici qu'il a réalisé l'exploit historique de l'ascension en free solo d'El Capitan en 2017, sans cordes ni équipement de sécurité, une performance immortalisée dans le documentaire 'Free Solo', qui a remporté un Oscar. Contrairement à beaucoup de grimpeurs de freesolo qui préfèrent rester discrets pour éviter les critiques, Alex Honnold, fort de cette reconnaissance médiatique, n'a pas hésité à partager ouvertement sur son compte Instagram ses nouvelles performances avec le monde entier. Il a débuté sa journée en grimpant le « East Buttress » sur Middle Cathedral. Cette voie de 333 mètres, cotée 6b et escaladée pour la première fois en 1954, est célèbre pour ses passages techniques et exposés. Alex Honnold l'a escaladée en seulement une heure, démontrant une maîtrise technique et mentale exceptionnelle. Après cette première ascension, Alex Honnold a enfourché son vélo pour se rendre à El Capitan, une autre falaise emblématique du Yosemite. Il y a grimpé la voie « East Buttress », une voie de 364 mètres cotée 6a+, connue pour sa première ascension en 1953 par des pionniers tels que Warren Harding et Chuck Pratt. Toujours en solo intégral, il a atteint le sommet en 2h20 malgré des conditions humides, ce qu'il a décrit comme le « seul véritable challenge » de la journée. Après ces deux ascensions, Honnold est retourné chez lui à vélo, satisfait de sa journée. "Je suis ravi d'être de retour au Yosemite", a-t-il déclaré. "Étrangement, je pense que c'était ma première fois sur ces voies. C'était une réintroduction parfaite au granite de la vallée."
- Une salle d'escalade au service des immigrés et réfugiés
Fort Wayne, ville du nord-est de l'Indiana aux Etats-Unis, vient d'inaugurer sa toute première salle d'escalade de bloc : Summit City Climbing Co. Ce nouvel espace, qui a ouvert ses portes le 27 avril et célébré son inauguration officielle le 18 mai dernier, se distingue par une mission unique : allier la passion pour l'escalade à un engagement fort envers les communautés d'immigrés et de réfugiés locales. Les fondateurs de Summit City Climbing Co., Edwin Chow, Collin Jester, David Detweiler et Ryan Perkins, ont longtemps ressenti le manque d'une salle d'escalade à Fort Wayne. Lassés des trajets hebdomadaires jusqu'à Indianapolis pour pratiquer leur sport favori, ils ont décidé de créer un lieu dédié à l'escalade dans leur propre ville. "Nous espérions qu'une salle ouvrirait ici, car les déplacements étaient fatigants et coûteux", explique Edwin Chow. La salle, stratégiquement située près de trois universités, offre une surface de grimpe de 200 mètres carrés sur des murs allant de 3 à 4,5 mètres de haut. En plus des espaces d'escalade, il propose une salle de sport et une boutique spécialisée, permettant aux membres de profiter d'une expérience complète. Mais Summit City Climbing Co se distingue surtout par son engagement communautaire. Le bâtiment dans lequel cette salle d'escalade se trouve abrite des organisations à but non lucratif telles qu'Empowered Legal Aid Network (ELAN), qui offre une aide juridique aux immigrés, et Empowered International, fondée par les parents de Collin Jester, visant à autonomiser les jeunes adultes. "Nous voulons que cet endroit soit perçu comme un centre d'accueil pour les immigrés", déclare Edwin Chow. "Il s'agit non seulement d'une salle d'escalade, mais aussi d'un service juridique où les réfugiés peuvent trouver asile et soutien." Conscients des obstacles à l'emploi rencontrés par les immigrés et réfugiés, les fondateurs de Summit City Climbing Co. ont pour ambition de les embaucher au sein de la salle. Ils souhaitent également créer des opportunités dans les services juridiques et l'atelier automobile attenant. "Ces individus ont tant de talents et de compétences à offrir", souligne Edwin Chow. "Nous voulons les aider à mettre en valeur leurs atouts." L'accès à l'escalade à tarif réduit pour les immigrés et réfugiés est une priorité pour la salle. "Chaque situation est unique, et nous souhaitons adapter nos tarifs en fonction des besoins individuels". Cette approche personnalisée vise à mieux comprendre chaque personne et à élaborer des plans spécifiques pour les aider. Summit City Climbing Co. propose également des abonnements de reconnaissance pour ceux qui contribuent significativement à la communauté, notamment les travailleurs et bénévoles des organisations à but non lucratif. Des soirées d'escalade sont prévues pour les bénévoles, les immigrés et les réfugiés, afin de promouvoir les tarifs réduits et encourager les échanges culturels. Summit City Climbing Co. est un projet ambitieux qui fusionne passion pour l'escalade et engagement social. En créant un lieu d'entraînement et de rencontre, cette salle d'escalade aspire à enrichir la vie des habitants de Fort Wayne et à offrir aux immigrés et réfugiés une chance de s'intégrer pleinement dans la communauté. Une initiative qui s'inscrit dans une tendance plus large où l'escalade est utilisée comme un moyen d'inclusion sociale, comme en témoigne également le projet "Refugees Rock Escalade". Ces exemples montrent que l'escalade peut être bien plus qu'un simple sport : elle peut devenir un outil puissant pour bâtir des ponts entre les cultures et favoriser une intégration harmonieuse. Les autres articles qui pourraient vous intéresser : Refugees Rock : L’escalade, un pont entre réfugiés et locaux L'inclusion et la créativité des Bâtisseurs de rêves ATHOMiques Para-escalade : Mélissa Cesarone expose les failles d'un sport en quête d'inclusion L'escalade pour renforcer le lien social : la FFME et Entourage












