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« Un problème de riche » : World Climbing dévoile une saison de para-escalade record en 2027

il y a 2 heures
3 min de lecture

Six compétitions majeures, une première dans un événement multisports, un élan inédit porté par Los Angeles 2028. La saison 2027 de para-escalade est historique.


Solenne Piret Séoul 2025
Solenne Piret à Séoul en 2025 © Nakajima/Timmerman/IFSC

Innsbruck, Manchester, Los Angeles, Catane, Tournefeuille — et en point d'orgue, les Championnats du monde à Brno (République tchèque) en août. Six compétitions majeures de para-escalade en 2027 : c'est le chiffre record annoncé par World Climbing (la fédération internationale d'escalade, ndlr) pour sa prochaine saison. Jamais le circuit n'avait proposé autant d'événements de haut niveau en une seule année. Ce record ne doit rien au hasard : il est le reflet direct du compte à rebours enclenché vers Los Angeles 2028, où la para-escalade fera sa première apparition aux Jeux paralympiques.


Le fils à JO


« C'est une volonté qui est boostée par le phénomène paralympique Los Angeles 2028 », confirme Vincent Caussé, Sports & Events Director de World Climbing. Et ses effets se mesurent déjà concrètement au siège de World Climbing, à Turin. Selon le responsable, chaque semaine, de nouvelles fédérations ou de nouveaux comités paralympiques nationaux contactent l'organisation pour se lancer dans la para-escalade. Des programmes de développement émergent en Amérique du Sud. Des demandes arrivent d'Inde. Le mécanisme est bien connu dans le mouvement sportif : dès qu'une discipline intègre les Jeux paralympiques, les comités nationaux paralympiques — qui disposent de ressources financières significatives — entrent dans la danse.


« Le développement de la para-escalade est en train de se dupliquer un peu partout dans plein de pays au monde »

Vincent Caussé, Sports & Events Director de World Climbing


La croissance est telle que la fédération se retrouve face à ce que Vincent Caussé appelle « un problème de riche ». Dit autrement : trop d'athlètes sur ses compétitions. Il faudra réguler cet afflux tout en maintenant la qualité des événements — une réflexion qui impliquera notamment les commissions de para-escalade et de classification dans les prochains mois.

Deux rendez-vous qui font date


Parmi les cinq étapes des World Climbing Para Series au programme, une retient particulièrement l'attention des amateur·rice·s français·es : Toulouse. Et plus précisément Tournefeuille, commune de la banlieue ouest de la ville rose qui abrite le TAG — Tournefeuille Altitude Grimpe —, l'un des clubs de para-escalade les plus structurés de France, dont le mur flambant neuf est devenu une référence nationale. Au téléphone, Vincent Caussé ne se fait pas prier pour confirmer : « C'est un secret de Polichinelle de parler du célèbre club de Tournefeuille ». Le club avait déjà accueilli un tournoi de qualification olympique en 2023, ainsi que de nombreux championnats de France. Recevoir une étape de World Climbing Para Series représente une nouvelle marche franchie dans sa montée en puissance. La FFME (Fédération française de la montagne et de l'escalade, ndlr) est d'ailleurs citée par Vincent Caussé comme l'une des fédérations nationales les mieux structurées sur le développement de la para-escalade — investissements techniques, humains et financiers pour les équipes et le recrutement. « C'est en train de se dupliquer un peu partout dans plein de pays au monde », affirme-t-il.

2027 sera aussi l'année d'une première absolue : la para-escalade intégrera le programme des Championnats d'Europe paralympiques à Genève (Suisse), du 2 au 15 août. C'est la première fois que la discipline prend part à un événement multisports — un signal fort de sa reconnaissance institutionnelle, à un an exactement de ses débuts aux Jeux de Los Angeles. La para-escalade sort ainsi progressivement de son pré carré pour s'installer dans le paysage plus large du sport paralympique international.

Si la saison 2027 est historique par le nombre d'étapes, sa géographie reste marquée : cinq des six compétitions se déroulent en Europe, Los Angeles constituant la seule exception extra-européenne. Pas d'étape en Asie, pourtant très présente sur le circuit principal. Vincent Caussé y voit une logique de développement similaire à celle qu'a connue l'escalade classique : « L'Europe a été quand même un peu pendant longtemps en tête de gondole avant qu'on voit arriver un gros développement de l'Asie », commente-t-il. La para-escalade suit une trajectoire comparable. L'Océanie — avec la perspective de Brisbane 2032 — et l'Amérique du Sud sont dans le viseur pour les prochains cycles. L'élan, lui, est déjà là.

 
 

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