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  • Quand le débat sur le voile quitte les terrains et envahit les tribunes

    Un simple vote, et voilà le Sénat propulsé en plein tournoi de joutes verbales. Le 18 février, la chambre haute a adopté une proposition de loi interdisant les signes religieux ostensibles dans les compétitions sportives. Officiellement, il s'agit de "préserver la neutralité des terrains". Officieusement, c’est un coup de pied bien placé dans un nid de frelons. Car avant même le scrutin, l’opposition était déjà montée au filet. Deux tribunes, deux fronts : d’un côté, des associations et personnalités dénoncent une loi discriminatoire et contraire aux principes du sport. De l’autre, des collectifs sportifs engagés refusent de voir leurs coéquipières exclues et appellent à une mobilisation plus large. Une tribune qui sonne comme un avertissement Le premier pavé dans la mare est signé Amnesty International , l’Anestaps et Basket Pour Toutes , entre autres. Publiée sur Le Nouvel Obs , la tribune rappelle un point clé : selon l’Observatoire de la Laïcité, la neutralité ne s’applique qu’à l’État, pas aux citoyennes venues jouer un cinq contre cinq ou s’élancer sur une piste d’athlétisme. Les signataires dénoncent une loi qui ne fait qu’ajouter des obstacles aux femmes déjà sous-représentées dans le sport. "Interdire le voile, c’est restreindre l’accès au sport, précariser des clubs, briser des vocations."  En clair : on prend la laïcité comme prétexte et on saborde l’objectif officiel de féminisation du sport. La tribune souligne aussi l’exception française. Aux JO de Paris, la France était la seule à interdire le hijab à ses athlètes. Un choix qui tranche avec la position du Comité international olympique, de la FIFA et des Nations unies, qui eux autorisent le couvre-chef sportif. Deuxième tribune, changement de ton Là où la première tribune joue la carte de l’argumentaire construit, la seconde, publiée par Les Dégommeuses , appelle à une opposition frontale . "Non à l’islamophobie dans le sport" : pas de pincettes, pas de nuances, mais une ligne claire. La proposition de loi est qualifiée de "liberticide", d’"obsession islamophobe", et d’un énième prétexte pour exclure une partie des sportives. L’appel est plus direct :  banderoles, prises de position, refus de jouer sans ses coéquipières voilées… L’idée, c’est que l’opposition ne se limite pas aux pétitions et aux coups de gueule sur Twitter, mais se ressente directement sur le terrain. Dans les vestiaires, sur les terrains d’entraînement, dans les tournois amateurs. Et l’escalade dans tout ça ? Si certaines fédérations oscillent entre la prudence et le silence radio, la FSGT, elle, a pris position. Lors de sa dernière assemblée régionale parisienne dédiée à l’activité montagne-escalade, elle a voté contre toute interdiction du voile en compétition . Un choix en cohérence avec son ADN : celui d’un sport populaire, inclusif, où l’on grimpe sans exclure. Ce n’est donc pas un hasard si Céline Machado, co-présidente de la FSGT, figure parmi les signataires de la tribune publiée sur le site du Nouvel Obs . Dans le camp des opposants à cette loi, la FSGT n'est pas qu’un simple spectateur du débat : elle en incarne l’un des contrepoids les plus nets, s’alignant sur une vision du sport comme espace d’émancipation plutôt que de restriction. Pourtant, ce positionnement n’est pas forcément partagé par l’ensemble du monde vertical. Si la FFME reste muette sur le sujet, certaines salles privées invoquent des raisons de sécurité pour refuser le voile. Un flou qui, jusque-là, permettait à l’escalade d’échapper aux polémiques. Mais avec un débat qui se radicalise et une loi qui risque d’être adoptée, la discipline pourra-t-elle encore s’en tenir à cette neutralité de façade ? Dans un climat où chaque fédération doit choisir son camp, la ligne de crête devient de plus en plus fine. Le match continue Le texte doit encore être examiné par l’Assemblée nationale. Mais une chose est sûre : le sport, cet éternel terrain de jeu, est devenu un terrain de lutte . Et dans cette partie où la ligne entre laïcité et discrimination est de plus en plus floue, il y aura forcément des chutes.

  • MONOLITHE : l’escalade urbaine, version roche brute

    L’escalade en ville, mais sans plastique ni résine. C’est l’idée, toute simple mais terriblement audacieuse, de MONOLITHE , une startup lorraine qui veut remettre du minéral dans nos vies citadines. Pendant que les salles privées se multiplient et transforment la grimpe en produit de consommation, MONOLITHE choisit de ramener la nature en plein cœur des villes , sans barrières, sans abonnement, sans mur d’OSB qui sent le neuf. Juste des blocs de roche, du vrai, posés dans l’espace public. © Monolithe Le projet a déjà commencé à faire du bruit, attirant à la fois les institutions publiques, les promoteurs et des figures de l’escalade comme Mickaël Mawem , champion du monde de bloc 2023 , qui voit en MONOLITHE une vraie alternative pour diversifier la pratique. Mais est-ce que l’idée est viable ? Peut-on vraiment concilier ville et nature sans dénaturer l’une ou l’autre ? On est allés voir ce qu’il y avait derrière ces monolithes urbains. Repartir de la roche : un manifeste contre la grimpe en boîte L’histoire de MONOLITHE commence en Lorraine, entre Nancy et Metz, là où l’urbanisation progresse sans faire trop de vagues, mais où les infrastructures sportives peinent à suivre le rythme. Théau Réveille et Victor Jacquet , les deux co-fondateurs, se connaissent depuis la crèche. Ils ont grandi ensemble, sont tombés dans l’escalade à Majorque (oui, ça pose une enfance), et ont fini par monter leur boîte en décembre 2023. Leur constat : l’escalade en salle a explosé , avec plus de 300 salles privées en France , soit trois fois plus qu’il y a 15 ans . Un boom alimenté par l’entrée de la discipline aux Jeux Olympiques de Tokyo en 2021 , puis par son doublement aux JO de Paris 2024 . Mais derrière ce succès, une réalité moins reluisante : Un impact environnemental  déplorable, avec 7 millions de prises d’escalade jetées chaque année en Europe , dont 80% non recyclables . Des coûts d’accès élevés , avec des entrées qui flirtent avec les 15 € la session  en moyenne. Une artificialisation croissante , qui éloigne les grimpeurs du contact avec la roche et du geste naturel. MONOLITHE refuse cette tendance . Plutôt que d’empiler des panneaux de bois et des prises en plastique, la startup propose des blocs de carrière réutilisés , taillés et installés dans des lieux urbains. Pas de prises, pas de murs, pas de toits, juste de la roche et un s ol amortissant pour éviter les réceptions trop brutales. L’objectif ? Reconnecter la ville avec la nature, tout en offrant une escalade gratuite et accessible  à tous, sans les contraintes des salles privées. © Monolithe Un défi logistique à la hauteur Installer des monolithes en ville, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Chaque bloc pèse entre 20 et 25 tonnes , une belle pièce à manipuler quand on doit la poser sur une dalle urbaine. MONOLITHE a donc dû relever plusieurs défis : Le choix des roches  : les blocs sont sélectionnés parmi les déchets de carrière, évitant ainsi l’extraction supplémentaire et l’impact carbone associé. Le transport et l’installation  : déplacer une masse pareille en zone urbaine, ça se pense. MONOLITHE travaille avec des bureaux d’études pour assurer la stabilité des structures et leur conformité aux normes de sécurité des aires de jeux (EN1176) et SAE (NF EN 12572-2). L’ouverture des parcours  : ce ne sont pas juste des cailloux posés au hasard. Des grimpeurs professionnels collaborent avec MONOLITHE pour tailler des blocs et proposer des lignes cohérentes, adaptées à différents niveaux. Le premier prototype a été installé à Bliiida , l’incubateur messin dédié aux innovations urbaines. Une phase de test grandeur nature qui a permis d’ajuster certains détails et de séduire les premières collectivités locales. Un modèle taillé pour séduire les villes Car ce sont bien les municipalités et les aménageurs urbains  qui sont la cible principale de MONOLITHE. Avec l’explosion des infrastructures sportives publiques et l’évolution des normes environnementales, les villes cherchent des alternatives aux équipements classiques , souvent coûteux en entretien et peu durables. Les arguments de MONOLITHE ? Pas d’abonnement, pas de gestion privée , ce qui en fait un projet attractif pour les villes qui veulent encourager le sport en libre accès. Un coût maîtrisé , avec une estimation de 50 000 à 100 000 € HT  pour une installation de 1 à 3 monolithes  et leurs parcours associés. Une intégration paysagère  qui s’aligne sur les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance) , désormais prioritaires dans l’urbanisme. Et ça fonctionne : Plusieurs projets en Lorraine et au Luxembourg sont déjà en discussion avec MONOLITHE pour installer des infrastructures définitives sur leurs territoires. D’autres villes, comme Pau, ont déjà intégré des structures d’escalade en libre accès dans leurs aménagements publics, preuve que la tendance prend de l’ampleur. Vers une escalade plus libre et plus durable ? Le projet MONOLITHE s’inscrit dans une transformation plus large du paysage de l’escalade. Alors que les salles privées tendent à standardiser les expériences , des alternatives émergent pour remettre la roche au cœur de la pratique . L’impact environnemental reste l’un des arguments les plus forts : une étude réalisée sur l’empreinte carbone des SAE (Salles d’Escalade Artificielles)  montre que les infrastructures en intérieur ont un impact 7 fois supérieur à celles en extérieur  (source : Agence Internationale de l'Énergie). En proposant une alternative sans entretien , avec une durée de vie quasi infinie , MONOLITHE pourrait bien séduire un public en quête d’authenticité . Reste à voir si le modèle économique tiendra la route à long terme, et si les villes oseront suivre cette voie plutôt que de continuer à investir dans des infrastructures classiques. © Monolithe L’avenir de MONOLITHE : entre tests et développement L’entreprise a de grandes ambitions pour 2026  : Six projets vendus , dont quatre livrés . Un salarié recruté  pour structurer l’entreprise. Une présence renforcée dans les événements urbains , avec une participation au ChangeNow 2025 , le sommet de l’innovation durable au Grand Palais. L’appui de figures comme Mickaël Mawem ajoute une caution sportive au projet, et pourrait bien faire bouger les lignes auprès des décideurs. MONOLITHE veut prouver qu’il est possible de pratiquer l’escalade en ville sans artificialiser davantage l’espace urbain . Un pari audacieux, qui s’inscrit dans une dynamique globale de reconnexion à la nature  et de réappropriation de l’espace public par le sport . Alors, future révolution urbaine ou simple caillou dans la mare  ? Réponse dans les prochaines années.

  • L’escalade peut-elle sauver les centres commerciaux ?

    Les galeries vides, les devantures condamnées, les escalators à l’arrêt… Dans de nombreux centres commerciaux, l’ambiance oscille entre le décor d’un film post-apocalyptique et un musée du retail en déclin. Face à l’essor du e-commerce et au changement des habitudes de consommation, ces temples de la surconsommation des années 90 et 2000 peinent à trouver un second souffle. Aux États-Unis, le phénomène des « zombie malls » se propage . Le taux de vacance des centres commerciaux y est 110 % plus élevé que celui du commerce de détail en général. Certains promoteurs cherchent alors une issue de secours : troquer les boutiques désertées contre des lieux d’expérience . Et parmi les alternatives émergentes, l’escalade commence à se faire une place. Des food courts transformés en salles d’escalade Outre-Atlantique, plusieurs centres commerciaux ont amorcé ce virage. À Westbury, dans l’État de New York, le Samanea Mall a converti son ancien food court en une salle d’escalade de 15 mètres de haut, exploitée par Gravity Vault . Trois mois après son ouverture, le verdict est sans appel : la salle est devenue un point d’attraction majeur du centre. « C’est agréable de voir que cet endroit n’a pas été oublié. Il fait de son mieux pour s’adapter aux temps modernes. » Liam Bello, directeur adjoint de Gravity Vault Le pari est gagnant : plutôt que de sombrer dans l’abandon, les espaces vacants du centre se réinventent. Terrains de pickleball, parc d’aventure, golf virtuel … Autant de loisirs qui transforment le centre commercial en destination plutôt qu’en simple galerie marchande. Et l’exemple de Westbury est loin d’être isolé. Selon l’ Urban Land , près de la moitié  des centres commerciaux aux États-Unis intègrent désormais des expériences non traditionnelles pour attirer du public. Un virage plus que nécessaire quand on sait que, selon une étude de Capital One, 87 % des grands centres commerciaux pourraient disparaître d’ici dix ans , incapables de s’adapter à l’essor du e-commerce. L’escalade, un modèle viable pour la France ? En France, la dynamique reste timide, mais elle n’est pas inexistante. Plusieurs acteurs ont flairé le potentiel de ces espaces sous-exploités . Altissimo et Hapik par exemple, multiplient les implantations au sein de centres commerciaux à travers la France. À Montpellier, le centre Odysseum accueille une salle Altissimo , tandis que le Westfield Carré Sénart en région parisienne héberge une salle Hapik, tout comme Westfield La Part-Dieu ou encore SQY Ouest à Montigny-le-Bretonneux. L’expérience est poussée encore plus loin avec le complexe Climb Up à Lyon Confluence , qui possède l’un des plus hauts murs d’escalade indoor de France, atteignant 22 mètres de haut. L’arrivée de salles d’escalade dans ces espaces ne doit rien au hasard. Là où certaines boutiques traditionnelles peinent à survivre, l’escalade offre une nouvelle dynamique.  Ces salles génèrent un flux de visiteurs qui passent plusieurs heures sur place , favorisant la consommation dans les restaurants et commerces alentour. « Pour que ces centres commerciaux fonctionnent, ils doivent devenir des lieux d’expérience. Ce n’est plus seulement une question de shopping, mais de loisirs et de convivialité. » Parag Amin, avocat spécialisé en droit des affaires Une opportunité pour les salles d’escalade indoor ? Si les centres commerciaux doivent se réinventer, les salles d’escalade pourraient bien y trouver une opportunité stratégique. Le modèle présente plusieurs avantages : ✅ Des espaces déjà construits , avec de hauts volumes sous plafond idéaux pour l’installation de structures de grimpe. ✅ Une accessibilité optimisée , avec parkings et transports en commun à proximité. ✅ Une diversification des revenus , en attirant des publics variés (familles, enfants, grimpeurs urbains). La question est désormais de savoir si d’autres exploitants de salles d’escalade franchiront le pas. Le nerf de la guerre ? Les conditions économiques.  L’équation repose sur la négociation des loyers , la capacité des centres commerciaux à investir dans leur reconversion , et l’adéquation de ces nouveaux espaces avec les attentes des grimpeurs . Mais une chose est sûre : entre les rideaux baissés et les surfaces inoccupées, l’escalade pourrait bien être une clé pour éviter la chute définitive des centres commerciaux . Plutôt que d’abandonner ces temples du commerce à leur déclin, pourquoi ne pas les transformer en terrains de jeu vertical ? Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • Hari Budha Magar : encore une ascension au-delà du possible

    Le 22 février 2025, Hari Budha Magar a repoussé une nouvelle fois les limites du possible. L’ancien soldat Gurkha est devenu la première personne doublement amputée au-dessus du genou à atteindre le sommet de la plus haute montagne d’Amérique du Sud , l'Aconcagua. Une ascension de 6 962 mètres qui s’inscrit dans son défi ultime : gravir les sept plus hauts sommets de chacun des sept continents. © Hari Budha Magar Un corps brisé, une volonté d’acier En 2010, la vie de Hari Budha Magar bascule. Soldat des Royal Gurkha Rifles , régiment de la British Army , il patrouille en Afghanistan lorsqu’il marche sur un engin explosif improvisé. Le souffle de l’explosion le projette au sol. Quand il reprend conscience, ses jambes ne sont plus là. L’armée britannique le rapatrie, et l’hôpital devient son quotidien. S’en suivent les mois de rééducation, la reconstruction physique, puis la bataille mentale. Son avenir est flou, son corps mutilé, mais une idée s’infiltre : et si tout ne s’arrêtait pas là ? Là où d’autres revoient leurs ambitions à la baisse, lui décide de les élever – au sens propre. Grimper deviendra son combat. L’Aconcagua, colosse des Andes En 2023, il marque déjà l’histoire en devenant le premier double amputé au-dessus du genou à atteindre le sommet de l’ Everest . Mais ce n’était qu’une étape. Le 9 février 2025, Hari et son équipe se lancent à l’assaut de l’ Aconcagua , ce mastodonte argentin qui trône à 6 962 mètres. Une ascension marquée par le froid mordant, le vent en rafales et un terrain plus hostile à chaque pas. Là où les grimpeurs valides avancent avec peine, lui progresse trois fois plus lentement, chaque mouvement amplifié par la contrainte de ses prothèses. "Je suis très heureux que nous ayons réussi",  lâche-t-il une fois au sommet. Une déclaration sobre, presque anodine, mais qui cache l’épreuve titanesque endurée. © Hari Budha Magar © Hari Budha Magar Gravir avec des lames de carbone La haute altitude est une lutte en soi, mais pour Hari Budha Magar, chaque ascension est aussi un test technologique. Ses prothèses doivent s’adapter à des pentes glacées, des roches coupantes et un froid capable de réduire les batteries à néant. Avant chaque expédition, il travaille avec des ingénieurs pour concevoir et ajuster ses jambes artificielles , un assemblage de fibre de carbone et de titane conçu pour encaisser des conditions extrêmes. La descente est souvent plus périlleuse que la montée : dans la neige, ses prothèses glissent et l’obligent à ralentir encore davantage. Un camp supplémentaire a même dû être installé sur l’Aconcagua pour qu’il puisse récupérer. L’épuisement n’était pas une option, juste un paramètre à gérer. Un sommet ne suffit pas L’ Aconcagua est son cinquième sommet , après l’Everest, le Mont Blanc , le Kilimandjaro et le Denali (McKinley) . Mais le défi est loin d’être terminé. D’ici la fin de l’année, direction l’Indonésie et l’Antarctique . Le Puncak Jaya et le Mont Vinson l’attendent pour compléter son objectif des Sept Sommets , un club très fermé que seulement 500 alpinistes dans le monde ont réussi à rejoindre. Si Hari parvient à tous les gravir, il deviendra le premier double amputé au-dessus du genou à le faire. Un message plus haut que les montagnes Au-delà de la performance, il y a le message. Hari Budha Magar grimpe pour celles et ceux à qui l’on dit "c'est impossible".  Pour les accidentés, les amputés, les vétérans laissés pour compte. Son ascension de l’Aconcagua a été réalisée en collaboration avec plusieurs associations de soutien aux anciens combattants, et il collecte des fonds pour financer des prothèses adaptées aux défis sportifs. Là-haut, à près de 7 000 mètres d’altitude, ce n’est pas un corps qui triomphe, mais une résilience absolue.

  • Vertige Media sur le mur : interview perchée avec A Bloc

    Il y a les interviews où l’on s’installe confortablement, bien calé sur sa chaise, en enfilant des réponses comme des perles. Et puis il y a celles où l’on parle en transpirant, entre deux essais, avec une caméra qui capte autant les mots que les grimaces.  "Grimper avec", la série d’Amaël, alias A Bloc , entre sans hésiter dans cette catégorie. Le principe ? Une session, une discussion, des ratés, des rires, un peu de sueur. À chaque épisode, Amaël part à la rencontre de grimpeuses et grimpeurs, histoire de leur faire parler escalade tout en leur collant un défi sur le mur. Une façon d’échanger où l’on ne triche pas : pas de pose étudiée, pas de phrase révisée, juste l’instant et le grain de voix qui tremble un peu quand l’équilibre part en vrille. Quand il m’a proposé de me prêter au jeu, on a calé ça à Blocoast, Hossegor, en mai dernier. Une salle de bloc cool, une lumière douce, et une bonne occasion d’aller titiller un peu l’essence même de Vertige Media. Vertige Media : grimper, oui. Suivre les lignes, non. Entre deux blocs (et quelques ratés), on a discuté de comment je me suis retrouvé dans l’escalade , presque par accident. Une salle qui ouvre en bas de chez moi, un baudrier qu’on me tend, une séance, et puis une autre, et puis une addiction. Une déconnexion totale qui, dans un monde où les notifications t’arrachent à toi-même toutes les trente secondes, a des allures de miracle. Et de fil en aiguille, Vertige Media  est né. Pas pour courir après les perfs, pas pour raconter les derniers 9a+ claqués entre deux tapas, mais pour creuser là où personne ne creuse , pour raconter les histoires de celles et ceux qui grimpent sans podium. Des trajectoires de vie qui croisent les prises, des murs qui ne sont pas que des chiffres, et des sujets que personne ne veut toucher mais qui s’accrochent comme de la magnésie sur un jean noir. L’escalade, c’est aussi ça : un ex-toxicomane qui emmène ses gamins en falaise pour se reconstruire, des falaises que l'on ferme sous couvert d’écologie, une culture qui mute sous les spots des salles indoor. Et ça, c’est ce que Vertige Media raconte. Le bloc moderne, sport ou spectacle ? Amaël, en bon hôte, me pousse aussi à prendre position sur l’évolution de l’escalade . Les blocs modernes qui flirtent avec le parkour ? L’auto-enrouleur qui démocratise mais hérisse les puristes ? L’indoor qui s’éloigne chaque jour un peu plus de l’outdoor ? Ce sont les questions qui fâchent. Là-dessus, je reste campé sur mes appuis : l’évolution est un fait, pas une opinion.  Le bloc en salle devient un show, et c’est normal : les compets doivent être télégéniques, spectaculaires, digestes pour un public qui ne grimpe pas. Les auto-enrouleurs permettent de sauter l’étape des manips et d’accéder direct au jeu. Pas un problème, juste un outil. Ceux qui restent attachés à l’essence originelle de la grimpe trouveront toujours leur compte sur du granit abrasif ou dans un dièdre teigneux. Tant mieux. L’important, c’est que chacun trouve son mur. Un grand écart entre passion et business Bien sûr, on parle aussi de la place de Vertige Media  dans le paysage de l’escalade. Moins de performances, plus de récits. Moins de cotations, plus d’angles. Le journalisme de grimpe, ce n’est pas que raconter qui a enchaîné quoi, c’est aussi parler de ce que l’escalade devient, des trajectoires qu’elle dessine, des paradoxes qu’elle traîne. Et puis, soyons honnêtes, ce n’est pas non plus un Eldorado économique. Lancer un média sur un sport de niche, c’est accepter que les journées fassent 25 heures et que la passion tienne parfois lieu de salaire.  Ça demande du temps, du boulot et un peu de ce masochisme propre aux grimpeurs : aimer recommencer mille fois un mouvement sans savoir si, cette fois, ça passera. Mais comme dans une voie un peu trop dure où t’as aucune raison d’aller, on s’accroche, on essaye, on tombe, et parfois, on enchaîne. Merci Amaël, merci Blocoast, et bonne grimpe !

  • En Australie les parkings des salles d’escalade se transforment en tables étoilées

    L’escalade, c’est le goût du défi. Mais jusqu’ici, pas celui des bonnes choses. Entre deux runs, on ne trouvait guère mieux qu’une barre de céréales oubliée au fond du sac ou une boisson énergétique au goût douteux. La récupération se faisait à l’arrache, à la va-vite, sans le moindre respect pour le palais . Mais ça, c'est une page qui s'apprête à être définitivement tournée, enfin du moins en Australie. Des anciens de la gastronomie sérieuse, du genre à manier les dressages millimétrés et les cuissons de précision, se sont mis en tête de nourrir les grimpeurs autrement . Leur cuisine ? Des parkings. Leur clientèle ? Des grimpeurs qui découvrent qu’on peut enchaîner un bloc et un yakitori sans perdre en crédibilité. Un choc des cultures ? Plutôt une évidence. © Up Climbing De la haute gastronomie à la haute voltige À Melbourne, la restauration est une affaire d’État, et le sport, une religion. Alors voir un ex-chef étoilé planter son barbecue devant une salle de bloc , c’est peut-être inattendu, mais pas illogique. Cam Tay-Yap, ancien de Amaru  (trois toques au Good Food Guide , autant dire que le gigot d’agneau ne se tranche pas au hasard), est un habitué de La Roca Boulders . Depuis des années, il traînait avec les propriétaires, Les Ching et Des Ching, pour des barbecues improvisés sur le parking. Jusqu’au jour où ils ont décidé d’en faire un vrai concept. C’est ainsi qu’est né Pebble , un pop-up culinaire où la carte change toutes les deux semaines, au gré des chefs invités . On y a déjà vu : Mika Chae de Doju, qui a envoyé un agneau glacé au gochujang  avec crème de tofu fumé et jus au café (oui, ça existe). Jack Tsai, ex-Lee Ho Fook, qui a sorti un porc char siu à la rhubarbe pour le Nouvel An lunaire. John Demetrios, ancien de Vue de Monde , qui a pris en main la partie desserts avec une précision chirurgicale. Mais si Cam Tay-Yap a choisi l’option cuisine nomade et grand spectacle, Nico Bassand, lui, joue sur un autre tableau : celui du gérant qui n’a pas pu s’empêcher de remettre la main à la pâte. Nico Bassand : du fourneau au mur d’escalade (et retour au fourneau) Nico Bassand est Français, et ça se sent dans son rapport à la gastronomie. En débarquant en Australie, il s’est fait un nom en cuisine dans l’un des restaurants italiens les plus respectés de Melbourne, avant de raccrocher le tablier… ou presque. Aujourd’hui, il est le manager de Up Climbing , une salle de bloc à Balaclava . Son plan initial ? Oublier les fourneaux et se consacrer à l’escalade. Mais on ne désapprend pas à être chef. Dès son arrivée, il repère un vide : côté assiette, c’est morne plaine. Les grimpeurs méritent mieux que des snacks sous cellophane, mais personne n’a les moyens d’installer une vraie cuisine. Plutôt que de bricoler un espace mal fichu, il joue la carte de la débrouille inspirée : il installe un barbecue japonais de 1,5 mètre en plein air, alimente le tout au charbon de bois et lance Ember by Nico . Son terrain de jeu, c’est la brochette, mais version tour du monde express. Une semaine, il grille du yakitori japonais ; la suivante, il enchaîne sur un détour vietnamien avec bo la lot (bœuf en feuille de bétel), nem nuong (saucisse de porc) et cuisses de poulet à la citronnelle. Le tout grillé sur du charbon binchotan, cette braise qui ne fume pas mais qui envoie du feu. Le résultat ? Une file d’attente qui mélange grimpeurs entre deux runs, abonnés du la salle de fitness voisine, et quelques foodies qui ont flairé le bon plan. Et en France, ça donnerait quoi ? On ne va pas se mentir : la France a un rapport à la cuisine qui frôle l’obsession. Un chef qui grille des brochettes entre deux crash pads ? Pas encore vu. Certes, des salles comme Arkose  ont compris l’intérêt de soigner leur offre – avec des burgers maison et des bières artisanales bien senties. Mais un ex-chef étoilé qui envoie de la gastronomie de rue pour grimpeurs, en mode feu de camp amélioré ? Ça, on attend toujours. Et pourtant, l’idée a tout pour fonctionner. On a les salles, on a les produits, on a les clients. Il ne manque qu’un chef prêt à troquer sa brigade contre un barbecue en plein air. Imaginez : un ancien de Septime  qui envoie des légumes rôtis après une séance de bloc. Un transfuge de la haute gastronomie qui préfère les flammes à la nappe blanche et redonne du sens à la cuisine en revenant à l’essentiel. En Australie, ils l’ont fait. En France, qui sera le premier à allumer le feu ?

  • Thibaud Souhait : l’indépendance à double prise

    Dans le monde de l’ouverture en escalade, il existe des chemins tout tracés, et d’autres qui se dessinent au fur et à mesure des prises vissées. Thibaud Souhait appartient à cette seconde catégorie. À la fois salarié et indépendant, il navigue entre la stabilité d’un poste fixe et la liberté du freelance , jonglant entre contraintes, créativité et recherche constante de nouveauté. Un équilibre à trouver dans un métier aussi physique qu’exigeant. © Vertige Media Tomber dedans par hasard… et ne jamais en ressortir Avant de passer ses journées à sculpter le mouvement, Thibaud se destinait à un tout autre univers. « À la base, je voulais entrer dans l’armée », confie-t-il. Un choix que ses parents n’ont pas vu d’un bon œil, l’incitant à poursuivre des études. Direction STAPS, avec l’idée d’obtenir une licence pour intégrer l’institution en tant que sous-officier. C’est là, presque par accident, qu’il découvre l’ouverture . Dans le cadre de ses cours, il doit visser ses premières prises dans une salle d'escalade, et rapidement, l’envie de créer des mouvements l’attrape. « Contrairement à la grimpe où tu dois résoudre des problèmes, là, c’est moi qui les crée. » Une révélation qui le pousse à décrocher un job d’été dans une salle. Test d’ouverture improvisé, essai concluant : il est embauché. À partir de là, tout s’enchaîne. L’ouverture, un travail d’orfèvre Être ouvreur, ce n’est pas simplement visser des prises sur un mur. C’est proposer des mouvements, des idées, des parcours , en tenant compte de multiples paramètres : progression des grimpeurs, variété des styles, équilibre entre accessibilité et challenge. « Pour des cours à l’année, on doit créer un schéma pédagogique. Si les ouvertures suivent la progression de l’apprentissage, tout devient plus fluide » explique-t-il. © Vertige Media Mais dans une salle privée, l’enjeu est différent. Il faut constamment se renouveler pour éviter la monotonie, tout en conservant une certaine cohérence. « On ne peut pas toujours inventer du neuf. Mais une même idée, une même presse, peut évoluer selon les placements, les prises, les volumes… » Une gymnastique mentale qui pousse à s’inspirer partout : compétitions, grimpe en extérieur, autres salles, réseaux sociaux. Le choix de l’indépendance Après plusieurs années de salariat combiné à un statut d'indépendant, Thibaud fait un choix audacieux : devenir complètement indépendant. Une décision motivée autant par des raisons personnelles que professionnelles. « Ma copine est partie vivre à Angers, et je voulais la rejoindre. Le salariat ne me laissait pas cette flexibilité. » L’indépendance, c’est l’opportunité de travailler dans plusieurs salles, de découvrir de nouvelles équipes, d’expérimenter d’autres approches . « Chaque salle a sa patte, ses exigences. Certaines privilégient une esthétique léchée, d’autres veulent des ouvertures qui ressemblent à du naturel, d’autres encore cherchent à recréer des mouvements de Coupe du monde. » Mais ce choix a son revers. Administration, précarité, absence de mutuelle, nécessité de démarcher pour trouver des missions… « Il faut être organisé et accepter une part d’incertitude. » Une instabilité compensée par une rémunération souvent plus intéressante que celle d’un salarié. © Vertige Media L’usure du corps et l’avenir du métier Un ouvreur passe ses journées à visser, dévisser, tester, monter, démonter. Un travail physique qui, avec le temps, pèse sur le corps. « À 50 ou 60 ans, c’est compliqué de continuer. À moins d’évoluer vers un rôle de chef ouvreur, on doit envisager une transition. » Le marché, lui, est en mutation. La demande en ouvreurs explose avec la multiplication des salles , mais l’offre suit le même rythme. « Il y aura toujours de la place pour ceux qui sont bons », analyse Thibaud. La flexibilité de l’indépendance séduit de plus en plus de structures, notamment pour absorber les besoins ponctuels après une compétition ou renouveler les ouvertures sans dépendre d’une seule équipe. Lui, en tout cas, se retrouve pleinement dans ce mode de vie. « J’ai envie d’explorer, d’apprendre, de tester d’autres manières de faire. » Une philosophie qui colle parfaitement à son métier : après tout, un ouvreur passe son temps à imaginer de nouvelles solutions. Cet article s’inscrit dans une série de portraits d’indépendants, initiée en collaboration avec Blank , la plateforme qui accompagne les freelances et entrepreneurs dans leur gestion financière. Blank propose un compte professionnel adapté aux indépendants, avec des outils pour simplifier leur quotidien : facturation, gestion des dépenses, cotisations et support dédié. L’objectif ? Libérer du temps aux indépendants pour se concentrer sur ce qui compte vraiment, tout en leur offrant la sécurité et l’accompagnement nécessaires pour développer leur activité en toute sérénité.

  • New Heights : l’escalade comme raccourci vers un avenir meilleur

    À Kilmarnock, une ville écossaise plus connue pour son industrie et son équipe de foot que pour ses spots de grimpe, un projet atypique tente de tirer vers le haut ceux que la vie a laissé au pied du mur. New Heights, c’est un programme où l’escalade devient plus qu’un sport : un levier pour s’extirper du bitume, un antidote à la fatalité sociale . Aux manettes, une alliance surprenante entre une association œcuménique, EACHa , et une salle d’escalade nichée dans une ancienne église, Above Adventure . L’idée ? Offrir aux laissés-pour-compte – ceux qui ont connu l’errance, les addictions, la galère sous toutes ses formes – un moyen de reprendre confiance en eux, corde en main, prise après prise . Parce qu’avant de gravir les sommets, encore faut-il remonter la pente. © Above Adventure De la foi aux falaises : une église qui change de vocation L’Écosse, terre de whisky et de croyances bien ancrées, n’échappe pas à l’érosion du religieux. Comme partout en Europe, certaines églises se vident plus vite qu’un pub après l’ultime tournée . À Kilmarnock, plutôt que de laisser un bâtiment sacré tomber en ruine, des passionnés de grimpe ont eu une idée : transformer cette nef désertée en cathédrale du vertical. Résultat : après neuf ans de levées de fonds et plus de 5 millions d’euros investis , Above Adventure voit le jour. Un centre d’escalade flambant neuf, installé dans les murs d’une ancienne église , où les croyants d’un autre genre – ceux qui jurent par la magnésie et les mousquetons – viennent tutoyer les hauteurs. Avec ses murs à cordes, son espace bloc et son café, le lieu s’inscrit aussi dans une dynamique plus large : celle de faire de l’escalade un outil d’insertion sociale . Et c’est là que New Heights entre en scène. © John Gilbert Architects L’escalade : école de la confiance et du dépassement Les salles d’escalade, on les connaît souvent comme un terrain de jeu pour citadins en quête de sensations ou d’un bon post Instagram. Ici, l’approche est radicalement différente. On ne grimpe pas juste pour le plaisir de la cotation, mais pour réapprendre à faire confiance – en soi, aux autres, à la vie . New Heights s’adresse à des hommes et des femmes cabossés par l’existence : sans-abri, ex-toxicomanes, laissés-pour-compte du système . Pour eux, chaque ascension devient une métaphore brute et tangible de leur parcours. Se hisser sur un mur, c’est aussi une manière de se prouver qu’ils sont capables de surmonter autre chose que le quotidien qui les cloue au sol. L’escalade, comme souvent, est un révélateur : elle confronte à la peur du vide, force à se concentrer sur l’instant, oblige à faire des choix précis sous peine de chute (heureusement contrôlée). Et quand on a connu l’errance ou la dépendance, remettre du contrôle dans sa vie, c’est déjà une sacrée victoire . Un programme taillé pour casser l’isolement Au-delà de l’escalade, New Heights propose un éventail d’activités pensées pour reconstruire du lien : football, badminton, canoë, randonnées, tir à l’arc, karting... De quoi réveiller l’adrénaline autrement qu’à coups de mauvais choix. Le projet s’appuie sur une communauté de bénévoles et de coachs, qui encadrent entre 15 et 20 participants par session. L’idée est simple : replacer ces hommes et ces femmes dans une dynamique positive, où chaque petit progrès – un pied mieux posé, une main plus assurée – devient un signal fort. En 2024, 61 personnes ont bénéficié du programme . Un chiffre modeste, mais qui prouve que, pour certains, cette approche fonctionne. Un grimpeur du programme l’a d’ailleurs résumé ainsi : "New Heights m’a montré que je suis capable de bien plus que je ne le pensais." © Above Adventure Une reconnaissance au sommet New Heights a déjà fait parler de lui bien au-delà des murs de Above Adventure. Le programme a été salué par le Parlement écossais , qui y voit un exemple à suivre en matière d’inclusion par le sport. Une motion portée par le député conservateur Brian Whittle a officiellement reconnu son impact positif, notamment en matière de réinsertion sociale. Le soutien institutionnel ne s’est pas arrêté là : une subvention de 11 500 euros a été débloquée via la Loterie nationale pour financer une nouvelle année du programme. De quoi prolonger l’aventure, attirer de nouveaux bénéficiaires et ancrer encore un peu plus le projet dans le paysage social écossais. L’ambition ne s’arrête pas là. L’équipe derrière New Heights veut élargir son rayonnement, en collaborant avec les écoles, les services sociaux et les familles pour toucher un public encore plus large. L’objectif ? Offrir une vraie alternative à celles et ceux qui, autrement, n’auraient que peu d’options pour s’en sortir. Grimper pour s’élever, au sens propre comme au figuré New Heights est une success story locale, mais c'est surtout une démonstration grandeur nature de ce que le sport peut accomplir quand il est mis au service d’une cause plus vaste . Dans un pays où l’ascenseur social est souvent en panne, grimper reste parfois le meilleur moyen de s’élever. Ce projet prouve que l’escalade ne se limite pas à une quête de performances ou à une lubie de bobos en manque de sensations. Entre de bonnes mains, elle devient un outil puissant pour reprendre pied dans la vie. Alors oui, tous ceux qui passent par New Heights ne finiront pas enchaînant du 8A. Mais si certains parviennent à reprendre confiance, à se sortir d’un quotidien figé, à envisager une suite plus lumineuse… alors c’est déjà un sommet atteint. Ces articles peuvent aussi vous intéresser : L'escalade thérapeutique : La grimpe comme outil de guérison Climb4WellBeing : Une initiative pionnière pour le bien-être en escalade « Beyond Rock Bottom » - L'escalade, une nouvelle voie de guérison face à la dépendance L’escalade, un miroir des épreuves de la vie

  • Mont Kailash : la montagne que personne ne gravira jamais

    Il y a des sommets que l’on rêve de conquérir, et d’autres que l’on contemple, intacts, inaccessibles. Le mont Kailash , au Tibet, appartient à cette seconde catégorie. 6 638 mètres d’une perfection pyramidale, posés là comme un défi silencieux. Mais pas question d’y planter un drapeau ou d’y laisser la trace d’un piolet. Ici, l’homme s’arrête au pied de la montagne. © Ondřej Žváček Pourquoi ? Parce que Kailash n’est pas une montagne comme les autres. Parce que ce sommet est plus qu’une ligne de crête dans le ciel : c’est un mythe, un sanctuaire, un pacte tacite entre le sacré et l’humain . Le centre du monde Tous les chemins ne mènent pas à Rome. Certains tournent autour d’une montagne. Depuis des millénaires, hindous, bouddhistes, jaïns et adeptes du Bön considèrent Kailash comme l’axe de l’univers . Son rôle cosmique varie selon les croyances, mais toutes s’accordent sur un point : il est intouchable. Pour les hindous, c’est le trône de Shiva, le dieu ascète. Il y médite, impassible, pendant que le monde bruisse à ses pieds. Pour les bouddhistes, c’est le Mont Meru, le pilier autour duquel tournent les étoiles et le destin des hommes. Pour les jaïns, c’est le lieu où leur premier Tirthankara a atteint l’illumination. Pour les adeptes du Bön, il est le centre énergétique du monde, le point d’équilibre entre les forces de l’univers. Dans les croyances tibétaines, Kailash est le pivot autour duquel tourne l’existence . Et c’est exactement ce que les pèlerins viennent faire : tourner autour. La Kora : une ascension inversée Ici, on ne grimpe pas. On marche, on tourne, on s’efface.  Le véritable exploit n’est pas de toucher le sommet, mais de faire le tour de la montagne , un périple de 52 kilomètres à plus de 5 000 mètres d’altitude. Une boucle qui prend plusieurs jours, éprouve les corps et bouleverse les âmes. Les croyances divergent sur les bienfaits de ce pèlerinage : Une Kora nettoie une vie entière de péchés. Dix-huit Kora effacent le karma de toutes les réincarnations. Cent huit Kora mènent à l’illumination. Certains pèlerins pratiquent la prostration complète. Ils avancent en s’étalant de tout leur long sur le sol, paumes ouvertes vers le ciel, avant de se relever et de recommencer. Pendant des jours. Certains mettent des mois à boucler la Kora de cette manière. Là où d’autres cherchent la hauteur, eux cherchent la profondeur. Une montagne laissée en paix Il y a un siècle, Hugh Ruttledge, explorateur britannique, aurait pu tenter l’ascension. Il a renoncé. Dans les années 1980, Reinhold Messner , légende de l’alpinisme, aurait reçu une autorisation officielle de Pékin pour gravir Kailash. Il a refusé. « Si nous conquérons cette montagne, alors nous conquérons quelque chose dans l'âme des gens. » aurait-il simplement déclaré. Là où l’ Everest croule sous les embouteillages de grimpeurs et les cadavres gelés, le mont Kailash est resté à l’écart. Pas une trace de crampon, pas une corde fixe, pas un camp de base. Un cas unique. Ce n’est pas qu’une interdiction. C’est un respect instinctif, un code non écrit. Même les grimpeurs les plus téméraires comprennent : ici, la vraie ascension est ailleurs. Les menaces du monde moderne Aucun alpiniste ne s’y aventurera. Mais qu’en est-il du reste ? Le régime chinois contrôle la région et réglemente l’accès au site , notamment pour les pèlerins indiens. L’arrivée croissante de touristes pose la question de l’avenir de cet équilibre fragile. Combien de temps encore Kailash restera-t-il à l’abri du monde ? Les autres sommets sacrés d’Asie n’ont pas eu cette chance. En 2001, une équipe espagnole a gravi le mont Genyen, une montagne sacrée du Tibet. Scandale. Pressions internationales. Pékin a dû renforcer l’interdiction sur Kailash. Mais pour combien de temps ? L’histoire a montré que même les lieux les plus intouchables finissent par céder sous le poids des ambitions humaines . Mais peut-être que Kailash fera exception. Peut-être que cette montagne, où l’exploit ne se mesure pas en mètres gravis mais en humilité, résistera. Un sommet que l’on ne gravira jamais Dans un monde où tout doit être conquis, Kailash est une leçon. On ne l’escalade pas. On ne l’annexe pas. On ne le défigure pas. On le regarde. On le contourne. On s’y mesure autrement. Le mont Kailash restera-t-il la dernière montagne préservée ? Peut-être. Mais s’il devait y en avoir une, ce ne pouvait être que celle-là.

  • Comment assouplir des chaussons d’escalade trop serrés ? (Sans les massacrer)

    Acheter une nouvelle paire de chaussons d’escalade, c’est souvent un pari risqué . Trop grands, ils manquent de précision. Trop petits, c’est la punition assurée à chaque séance. Si tu fais partie de ceux qui se retrouvent avec des chaussons un peu trop serrés, bonne nouvelle : il existe des moyens de les assouplir sans ruiner leur performance . © Guillaume Guémas Mais attention, toutes les techniques ne se valent pas  et certaines pourraient raccourcir la durée de vie de tes précieux chaussons. Voici les meilleures méthodes pour détendre un chausson trop ajusté sans faire de dégâts . 1. Les porter progressivement (sans se broyer les orteils) La meilleure façon d’assouplir un chausson d’escalade, c’est encore… de le porter . La matière (surtout le cuir) va peu à peu se détendre et épouser la forme du pied . ✅ Bonne pratique  : Mets-les chez toi quelques minutes par jour  avant de grimper. Fais des petites séances courtes , plutôt que de souffrir pendant des heures. En intérieur, grimpe sur des prises volumineuses et en dalle  pour éviter d’exercer trop de pression sur l’avant du pied. ⛔ À éviter  : Ne pas forcer avec des douleurs insupportables. Un chausson ne s’élargira jamais de plus d’une demi-pointure. 2. Utiliser un sac plastique pour enfiler ses chaussons plus facilement Tu as peut-être remarqué qu’il y a parfois un petit papier ou un plastique fin dans la boîte de tes chaussons neufs. Ce n’est pas là par hasard. Cette technique simple permet de limiter les frottements au moment d’enfiler les chaussons  et d’aider la matière à se détendre sans forcer. ✅ Bonne pratique  : Glisse un sac plastique fin  sur ton pied avant d’enfiler ton chausson. Le pied va rentrer beaucoup plus facilement , sans tirer excessivement sur les lanières ou les velcros. Après quelques séances, le chausson s’adapte et tu n’auras plus besoin du plastique. ⛔ À éviter  : Utiliser un plastique trop rigide ou trop épais qui pourrait gêner la sensation dans le chausson. © Guillaume Guémas 3. Les chauffer légèrement (mais pas trop) La chaleur assouplit les matériaux, mais elle peut aussi abîmer la colle et la gomme si elle est mal utilisée. ✅ Bonne pratique  : Mets une paire de chaussettes fines , enfile tes chaussons et marche un peu avec. Chauffe-les légèrement avec un sèche-cheveux  pendant 30 secondes sur les zones les plus serrées (sans coller la buse du sèche-cheveux contre le chausson). Continue à les porter quelques minutes après les avoir chauffés pour qu’ils prennent la forme de ton pied. ⛔ À éviter  : Passer les chaussons au four ou au radiateur. La chaleur excessive abîme la gomme et la colle . 4. Les humidifier (avec modération) L’eau peut détendre certains matériaux, notamment le cuir, mais elle doit être utilisée avec prudence. ✅ Bonne pratique  : Mets une paire de chaussettes mouillées , puis enfile tes chaussons et marche quelques minutes. Pour une détente plus rapide, trempe rapidement tes chaussons dans de l’eau tiède  (pas chaude), puis porte-les jusqu’à ce qu’ils sèchent légèrement. ⛔ À éviter  : Ne jamais les tremper complètement  ou les laisser sécher au soleil ou sur un radiateur. Éviter sur les modèles synthétiques , qui ne se détendent presque pas. © Guillaume Guémas 5. Utiliser des embauchoirs ou du papier journal Pour un assouplissement plus progressif, tu peux utiliser des embauchoirs adaptés ou des astuces maison . ✅ Bonne pratique  : Insère du papier journal légèrement humide  à l’intérieur des chaussons et laisse sécher. Utilise des embauchoirs spécifiques pour chaussures étroites , réglables pour ne pas forcer excessivement. Si tu n’as pas d’embauchoir, tu peux rouler une chaussette bien remplie  et la coincer à l’intérieur. ⛔ À éviter  : Mettre un embauchoir trop grand qui risquerait de déformer le chausson et d’altérer sa précision . Trop humidifier le papier journal, ce qui pourrait attaquer la colle . 6. Accepter qu’un chausson trop petit… restera trop petit 🤷‍♂️ Même avec les meilleures techniques, un chausson trop serré ne deviendra jamais un chausson parfaitement adapté  s’il est beaucoup trop petit dès l’achat. Certains modèles (notamment en matière synthétique) ne se détendent quasiment pas. ✅ Bonne pratique  : Si après plusieurs essais, c’est toujours une souffrance, revends-les ou échange-les  plutôt que de les massacrer. Anticipe au moment de l’achat  : certains modèles détendent plus que d’autres (le cuir s’élargit davantage que le synthétique). Conclusion : Patience et méthode avant tout Détendre ses chaussons, c’est possible, mais ça demande de la patience et de la méthode . L’astuce la plus efficace reste de les porter progressivement , en combinant éventuellement une légère chaleur , humidité , ou embauchoir . Le sac plastique est une excellente solution pour éviter de trop forcer dès le départ. Si après tout ça, ils restent inconfortables, il vaut peut-être mieux accepter qu’ils ne sont pas faits pour toi et passer à un modèle plus adapté . Parce que grimper avec des orteils en miettes, ce n’est ni efficace, ni agréable.

  • Comment entretenir ses chaussons d’escalade et éviter qu’ils s’usent trop vite ?

    Mal entretenus, les chaussons d’escalade s’usent plus vite, perdent en adhérence et finissent par sentir le vestiaire de rugby. Heureusement, avec quelques gestes simples, tu peux prolonger leur durée de vie et grimper plus longtemps sans exploser ton budget. Voici les conseils essentiels pour entretenir tes chaussons et optimiser leur longévité . © Julie Fimat 1. Ne pas entreposer vos chaussons dans le froid Laisser ses chaussons dans la voiture en plein hiver ne va pas les ruiner, mais la gomme devient plus rigide  et tu risques d’avoir l’impression qu’ils ont rétréci. Résultat ? Plus difficiles à enfiler, plus douloureux et moins d’adhérence sur le mur ou le rocher . ✅ Bonne pratique  : Garde-les à température ambiante , chez toi, loin du froid extrême. ⛔ À éviter  : Les laisser dehors, dans la voiture ou dans une cave humide. 2. Aérer après chaque séance L’humidité et la sueur sont les meilleurs amis des bactéries et des mauvaises odeurs. Si tes chaussons restent enfermés dans un sac, ils macèrent plutôt qu’ils ne sèchent. ✅ Bonne pratique  : Laisse-les sécher à l’air libre  après chaque séance. Évite les sacs plastiques fermés , qui retiennent l’humidité. Utilise du bicarbonate de soude  : une pincée dans chaque chausson pour absorber l’humidité et neutraliser les odeurs. ⛔ À éviter  : Les exposer à une source de chaleur directe (radiateur, sèche-cheveux), ça détériore la colle et les matériaux. 3. Nettoyer ses chaussons (sans les massacrer) Avec le temps, la sueur et la poussière s’incrustent, et la gomme perd en efficacité. Un bon nettoyage prolonge la durée de vie et maintient la performance. ✅ Bonne pratique  : Un chiffon humide avec un peu de savon doux  pour nettoyer l’intérieur. Une brosse souple  pour enlever la magnésie et la poussière de l’extérieur. Nettoyer la semelle avec un chiffon humide  pour restaurer l’adhérence de la gomme. ⛔ À éviter  : Machine à laver, eau chaude ou produits agressifs. Séchage au soleil ou sur un radiateur. © Julie Fimat 4. Protéger la gomme et éviter une usure prématurée La gomme est l’élément clé de tes chaussons. Si elle est encrassée ou abîmée, tu perds en performance et en durabilité. ✅ Bonne pratique  : Évite de marcher avec tes chaussons sur le bitume ou dans la terre , ça les use inutilement. Nettoie la semelle régulièrement  pour conserver une adhérence optimale. Utilise tes chaussons uniquement sur le mur ou le rocher  et pense à les enlever entre deux essais en falaise. 5. Réparer les petits dégâts à temps Avec le temps, des zones peuvent se décoller, notamment au niveau des talons, contrepointes ou pointes . Une réparation rapide évite que le problème s’aggrave. ✅ Bonne pratique  : Toujours avoir un tube de super glue  dans son sac de grimpe. Si un morceau de gomme commence à se décoller, colle-le immédiatement  pour éviter que le problème s’étende. ⛔ À éviter  : Laisser un chausson endommagé traîner trop longtemps, sinon c’est réparation complète ou remplacement. © Julie Fimat 6. Être précautionneux en les enfilant Il arrive souvent que les velcros cassent, la gomme du cou-de-pied se déchire, ou les lanières d’enfilage lâchent . Cela peut être évité en adoptant les bons gestes dès le début. ✅ Bonne pratique  : Ne force pas comme un bourrin pour enfiler tes chaussons. Le premier jour, utilise un bout de sac plastique  pour faire glisser ton pied plus facilement si tu galères. Manipule les velcros et les lanières avec précaution. ⛔ À éviter  : Tirer violemment sur les attaches, surtout si les chaussons sont bien ajustés. 7. Anticiper l’usure et le ressemelage Même bien entretenus, tes chaussons vont s’user. La clé, c’est de ne pas attendre que la semelle soit percée  pour réagir. ✅ Bonne pratique  : Vérifie l’usure de la gomme sous les points de pression  (gros orteil, carres internes et externes). Fais ressemeler avant que la semelle ne soit trouée , c’est plus économique et efficace. Pour un bon ressemelage, privilégie des spécialistes. ⛔ À éviter  : Attendre trop longtemps, car si l’enrobage est attaqué, la réparation coûte plus cher et change la sensation du chausson. Conclusion : Un bon entretien, c’est des chaussons qui durent plus longtemps Avec ces quelques gestes simples, tes chaussons resteront performants plus longtemps, éviteront les mauvaises odeurs et te feront économiser des dizaines d’euros en remplacements prématurés . 🌱 Un entretien régulier, c’est aussi un geste écolo  : moins de déchets, moins de surconsommation, et plus de sessions avec tes chaussons préférés. Alors, tu les laisses encore traîner dans ton sac ou tu commences à les bichonner ?

  • Pourquoi et quand ressemeler ses chaussons d'escalade ?

    Les chaussons d’escalade, c’est un peu comme une deuxième peau. Une fois qu’ils sont formés à ton pied, qu’ils ont encaissé des heures de grimpe et qu’ils épousent parfaitement tes sensations sur le rocher ou la résine, difficile de s’en séparer. Mais vient un moment où l’usure du caoutchouc impose un choix : les jeter et racheter une paire flambant neuve, ou leur offrir une seconde vie grâce au ressemelage. © Vertige Media Pourquoi ressemeler ses chaussons d’escalade ? Le ressemelage, c’est avant tout une question d’économie. Avec des prix qui flirtent souvent avec les 100 €, une paire de chaussons ne se remplace pas à la légère. Un bon ressemelage coûte entre 30 et 50 € , ce qui revient nettement moins cher que de racheter une paire. Mais au-delà du porte-monnaie, c’est aussi une affaire de confort et de performance. Quand on achète des chaussons, il y a cette phase de rodage plus ou moins douloureuse : ceux qui chaussent petit savent de quoi on parle. Une fois bien faits à ton pied, les jeter parce que la gomme est usée, c’est un peu comme bazarder un jean parfaitement ajusté juste parce qu’il a un trou au genou. En ressemelant, tu prolonges cette sensation de chausson parfaitement ajusté, sans repasser par la case torture du premier mois. Et puis, il y a l’impact environnemental. Les grimpeurs aiment la nature, mais le marché des équipements sportifs reste largement basé sur des matériaux synthétiques et des procédés de fabrication peu éco-friendly. Un chausson ressemelé, c’est une paire en moins à produire . Moins de déchets, moins d’empreinte carbone : c’est aussi une manière de consommer plus intelligemment. Quand ressemeler ses chaussons ? L’erreur classique, c’est d’attendre trop longtemps. Si la gomme du chausson est percée au niveau de la pointe ou que la bande de renfort latérale est attaquée, c’est souvent trop tard pour un simple ressemelage . À ce stade, il faudra peut-être changer l’enrobage entier, ce qui augmente le coût et altère parfois les sensations d’origine du chausson. © Vertige Media Les signes qu’il est temps de ressemeler : La gomme est amincie  sous les points d’appui (gros orteil, carres internes et externes). Moins d’adhérence  sur les prises plates ou les grattons (sensation de glissement). Début d’usure sur l’enrobage  : si le bord du chausson commence à s’effriter, il ne faut pas tarder. L’idéal ? Anticiper et ressemeler avant que l'on aperçoit le tissu sous la gomme . Ça permet d’économiser sur la réparation et d’éviter de trop modifier le comportement du chausson. Où faire ressemeler ses chaussons ? Il existe plusieurs ateliers spécialisés dans le ressemelage, certains indépendants et d’autres directement affiliés aux grandes marques. En France, quelques artisans ont développé un véritable savoir-faire, notamment les cordonniers agrées par La Sportiva ou Scarpa . L’avantage de ces pros, c’est qu’ils travaillent avec les gommes d’origine des fabricants ( Vibram XS Grip, XS Edge, Trax Rubber, etc. ), assurant une restitution quasi identique des performances du chausson. Envoi postal ou dépôt en magasin spécialisé, les options ne manquent pas. Certains grimpeurs en profitent pour faire ressemeler plusieurs paires d’un coup et optimiser les frais de port. Conclusion : prolonger la vie de ses chaussons, c’est tout bénéf' Ressemeler, c’est économique, éco-responsable et confortable . La clé, c’est d’anticiper l’usure pour éviter une réparation trop lourde, et de choisir un atelier de qualité qui respectera la forme et la gomme d’origine. Avec un bon entretien et un ressemelage au bon moment, une paire de chaussons peut tenir deux, trois, voire quatre vies . Autant en profiter !

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