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Jeunes et activité physique : le gouvernement mise sur « Septembre Bouge »

il y a 11 minutes
2 min de lecture

Entre un succès de fréquentation affiché et des niveaux d’activité physique des jeunes qui restent préoccupants, le premier bilan de l’opération interroge sur sa capacité réelle à transformer les comportements.


Sédentarité chez les jeunes
(cc) Thủy Vũ / Unsplash

Le ministère des Sports a dévoilé son bilan : 1 331 000 participant·e·s, plus de 7 400 événements gratuits organisés en septembre dans toute la France pour la première édition de « Septembre Bouge ». Un chiffre mis en avant comme une réussite. Mais il contraste avec une autre donnée, rappelée par le gouvernement lui-même : 73 % des 11-17 ans n'atteignent toujours pas les 60 minutes d'activité physique quotidienne recommandées par l'Organisation mondiale de la santé. Chez les 6-10 ans, 37 % restent encore en dessous du seuil.


L’écart entre les deux chiffres pose une question simple : un mois d’animations peut-il réellement infléchir une insuffisance d’activité physique aussi structurelle ? Les opérations comme « Septembre Bouge » reposent sur un principe d’initiation ponctuelle — essayer un sport, découvrir une structure, pousser une porte de club le temps d’un après-midi gratuit. L’escalade, la randonnée ou les sports de montagne en général s’y prêtent particulièrement bien : accessibles, peu coûteux à expérimenter, souvent organisés en plein air. Mais l’initiation ne vaut que si elle débouche sur une pratique régulière, ce que ce type de dispositif ne garantit pas en soi.


Un accompagnement qui ne bouge pas


Le problème n'est pas nouveau. La sédentarité des jeunes progresse depuis plusieurs années, portée par l'augmentation du temps d'écran, la réduction des trajets actifs vers l'école et une offre sportive scolaire jugée insuffisante par de nombreux observateur·rice·s. Face à cela, un mois d'événements gratuits, aussi important soit son succès de fréquentation, agit davantage comme une vitrine que comme un levier structurel. Pour transformer l'essai, il faudrait des passerelles identifiées entre l'événement ponctuel et l'inscription durable en club — un accompagnement que les fédérations et associations outdoor, souvent sous-dotées en moyens humains, ne peuvent pas toujours assurer seules.


Se pose aussi la question territoriale. Les grandes opérations nationales ont tendance à se concentrer dans les métropoles, où l'offre d'événements et la densité de structures sportives facilitent l'organisation. Rien n'indique, à ce stade, que les territoires de montagne et les zones rurales aient bénéficié d'une mobilisation équivalente, alors que ce sont précisément les territoires où l'accès au sport de pleine nature est le plus direct.

« Septembre Bouge » a le mérite de mettre un coup de projecteur sur l’activité physique des jeunes. Mais entre une fréquentation record et des niveaux d’activité qui restent très insuffisants, le dispositif ressemble davantage à un point de départ qu’à une solution. La prochaine édition sera scrutée sur un critère précis : combien de participant·e·s de septembre seront encore sur les tapis d’escalade ou sur les sentiers en janvier ?

 
 

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