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Fin de cavale pour Benjamin Védrines

il y a 10 heures
3 min de lecture

Huit mois sans un post, sans une story, sans un signe de vie. Après avoir annoncé sa disparition sur Instagram, Benjamin Védrines a annoncé sur le même réseau son retour à la civilisation médiatique. Cheveux longs et sourire aux lèvres, il ne dit rien de plus. Et laisse planer le mystère sur un secret qu’il compte garder jusqu’en mars 2027. Alors, le secret est-il le nouveau banger de l’alpinisme ? Silence, ça tourne.


Le retour du roi
Védrines bigger © Simond

« Salut à tous ! Me voilà de retour :) ». Un smiley, une vidéo tournée avec « Fafa » au-dessus de Serre-Chevalier, en clin d’œil aux « locaux », et voilà Benjamin Védrines qui réapparaît après huit mois de silence radio. En février, l’alpiniste avait annoncé qu’il allait « disparaître ». La promesse a été tenue. Pour un athlète aussi médiatique que lui, la coupure a été totale. Pas un post, pas une story, rien. Le 24 septembre dernier, son sponsor — Simond — publiait une vidéo de lui avec un piolet, créant un peu d’émoi dans les commentaires. Mais non, c’était un leurre.



Alors, tout à coup, revoilà Benjamin Védrines, en pleine palpitation cardiaque, qui crapahute au-dessus de Serre-Chevalier. Le souffle court, les cheveux longs, le lauréat aux Piolets d’or 2025 nous explique qu’il nous expliquera plus tard. Le teasing est au four. La cuisson lente durera jusqu’en mars 2027, date à laquelle « la révélation » aura lieu sur grand écran, au Grand Rex, à Paris. Quelques images subliminales laissent toutefois deviner la nature de son expédition. On y voit tantôt un chat sur un scooter, un ami dans un bar, Benjamin Védrines sous oxygène (avec un masque, en tout cas), un cheval dans une prairie, une cabane dans la montagne et, enfin, une trace dans la neige. Bon.


Mystère et suspense


Pour comprendre ce besoin de couper, il faut revenir à l’automne 2025. Le 15 octobre, avec Nicolas Jean, Védrines réussit la première ascension de la face nord du Jannu Est (7 468 mètres), au Népal. Ils grimpent en style alpin, sans oxygène, sans cordes fixes et sans assistance. Suivent une consécration aux Piolets d’or, les projecteurs et les micros. Quatre mois plus tard, il coupe tout. « J’ai besoin de me recentrer, de me déconnecter pour me reconnecter », expliquait-il alors.

Mine de rien, cette histoire dit quelque chose de l’alpinisme d’aujourd’hui. Longtemps, l’alpiniste partait, puis revenait raconter, parfois des années plus tard, dans un livre ou une conférence. Désormais, le haut niveau vit aussi de sponsors, d’abonnés et de films projetés en festival. Il faut être visible. Partout. Tout le temps. Dans ce contexte, se taire devient presque subversif. C’est aussi, forcément, une formidable mécanique de suspense. Védrines connaît la musique : il n’a cessé de produire ses ascensions, de documenter ses courses, de scénariser ses émotions et d’en répandre le sel sur d’innombrables plateaux télé.


Sauf que cette fois, ce n’est plus l’exploit qu’on met en scène, c’est l’absence elle-même. Dans la vidéo précédant sa cavale, il n’a fallu qu’un petit décor de feuilleton Instagram pour faire le job. Un petit feu de cheminée, une feuille de papier, deux sacs sur l’épaule, et c’est ciao. Cette fois-ci, la question de la narration reste entière. La réponse sera donnée dans une salle obscure. Alors, déconnexion sincère ou teasing de haut vol ? Sans doute un peu des deux. Quoi qu’il en soit, Benjamin Védrines a réussi à créer un événement dans un monde qui n'a plus d'agenda. La preuve : on en parle.


 
 

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