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  • Photo du rédacteurPierre-Gaël Pasquiou

"Alpinisme sans homme" par Miriam O'brien Underhill


Miriam OBrien Underhill

En août 1934, le célèbre magazine National Geographic publia un article rédigé par Miriam O'Brien Underhill, intitulé "Alpinisme sans homme : La première femme à gravir le Grépon, le Cervin et d'autres sommets célèbres sans soutien masculin". Miriam y raconte en détail ses différentes ascensions exclusivement féminines dans les Alpes et les réactions suscitées par ces réalisations.


"Dès le début, j'ai réalisé que celui qui suit toujours un bon leader, un guide ou un amateur, n'apprendra jamais véritablement l'alpinisme... Celui qui monte en tête de corde s'amuse encore davantage, car il résout les problèmes techniques, tactiques et stratégiques au fur et à mesure qu'ils se présentent. Et s'il est, comme c'est généralement le cas, également le leader, celui qui porte la responsabilité de l'expédition, il goûte aux joies suprêmes."


Miriam O'Brien Underhill

L'article révèle la principale controverse qui remonte à 1929, lorsque Miriam réussit, avec son amie Alice Damesme, l'ascension d'une des montagnes emblématiques de Chamonix : le Grépon (3 482 mètres). Etienne Bruel, alpiniste français de renom, avait déclaré : "Le Grépon a disparu. Maintenant qu'il a été fait par deux femmes seules, aucun homme respectueux de lui-même ne peut le faire. C'est aussi dommage, car c'était une ascension vraiment remarquable". L'Alpine Journal aborda le sujet avec paternalisme, présentant l'ascension comme une exception absolument unique à ne pas reproduire : "Peu de femmes, même à notre époque, sont capables d'escalader seules en montagne".


Pas de quoi perturber Miriam qui était déjà concentrée sur son prochain objectif : le Cervin (4 478 mètres). "Ce sommet célèbre est imposant et saisissant, avec une histoire et une réputation redoutables. Et cette réputation, apparemment, ne peut être entachée." Elle entreprit cette ascension avec Alice, ainsi qu'avec Jessie Whitehead. Leur ami Kronig, gardien du refuge et sympathisant de leurs aspirations, s’arrangera pour leur accorder de l'avance sur les autres cordées afin que l’on ne puisse pas les accuser d'avoir bénéficié d'une aide masculine.


"C'est le gardien du refuge qui est responsable du poêle le matin et qui fournit de l'eau chaude aux groupes d'escalade pour leur thé. Ce matin-là, alors que tout le monde attendait impatiemment de partir, Kronig a d'abord servi une théière de thé à Jessie et à moi. Personne, bien sûr, n'a trouvé cela problématique puisque nous étions les seules femmes. Puis, de manière inexplicable, il s'est avéré qu'il n'y avait plus d'eau chaude. Les autres groupes ont dû attendre avec autant de patience qu'ils le pouvaient, pendant que le gardien attisait le feu, coupait un peu de bois pour cela et finalement chauffait l'eau pour les autres ! Cela nous a donné, à Jessie et à moi, un bon quart d'heure d'avance, et nous sommes parties à 3h10."


Alice et Miriam réussirent cette ascension l'année suivante, dans des conditions météorologiques plus clémentes.


Miriam O'Brien Underhill

Ce que l'article ne mentionne pas, c'est que Miriam et son mari, Robert Underhill, devinrent par la suite le premier couple d'alpinistes influents. Ils réalisèrent de nombreuses premières ascensions ensemble de l'autre côté de l'Atlantique. Dans ses mémoires, on retrouve cette phrase qui réjouit les défenseurs de la mixité que nous sommes : "L'escalade sans homme est amusante pendant un certain temps, mais cette autre configuration est meilleure !".


Pour les archives et les curieux, nous avons décidé d’héberger l’intégralité de l’article original sur les serveurs de Vertige Media. Vous pouvez y accéder en cliquant ici.

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