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- Alex Honnold en free solo au Maroc
Alex Honnold incarne une figure de proue mondialement connu du free-solo / solo intégrale, cette pratique vertigineuse qui consiste à grimper sans aucun équipement de sécurité. Avant de s'attaquer à l'El Capitan, un exploit qui a marqué l'histoire de l'escalade, Alex Honnold a choisi les montagnes du Haut Atlas au Maroc pour parfaire sa technique et son endurance mentale. Accompagné de Tommy Caldwell, un autre grimpeur de renom, il s'est rendu près de Taghia, un village reculé accessible uniquement par des moyens traditionnels, pour s'attaquer à des parois de calcaire qui rivalisent en taille et en défi avec les célèbres falaises du Yosemite. Alex Honnold a réalisé plusieurs ascensions en solo intégral dans cette région, notamment la Rouge Berber, une voie de 500 mètres et 14 longueurs qu'il a gravi en 2,5 heures. Cette préparation au Maroc était cruciale pour Honnold, qui recherchait un terrain à la fois technique et exigeant pour se tester, loin des projecteurs et des pressions du monde de l'escalade. L'expérience, riche en défis physiques et émotionnels, a été immortalisée dans une vidéo récemment publiée par National Geographic, offrant un aperçu de la rigueur et de la détermination nécessaires pour repousser les limites de ce sport extrême. Une excellente occasion d'apprécier à nouveau les capacités hors normes d'Honnold mais aussi de sensibiliser à la beauté sauvage et préservée du Haut Atlas marocain, véritable joyau pour les grimpeuses et grimpeurs à la recherche de défis inédits.
- Carnet de voyage : l'ICE Climbing Ecrins - Jour 2
Comme chaque année depuis plus de 30 ans, l'ICE Climbing Ecrins est le point de ralliement des passionné(e)s d'escalade sur glace. Du 25 au 28 janvier, cet événement a attiré initiés et débutants, désireux de profiter de ce rendez-vous. Pierre-Gaël de Vertige Media a eu la chance de s'immerger dans cet univers pendant quatre jours, et vous propose de partager cette expérience à travers une série de quatre articles, un pour chaque jour. Cet article raconte la seconde journée à l'ICE, vous pouvez retrouver le premier en cliquant ici. Nous sommes le 26 janvier, il est maintenant temps de se rendre sur le premier spot d’escalade sur glace. Après un réveil matinal, je rejoins notre équipe à Aiguilles. C’est la première fois que je vais pouvoir m’essayer à cette pratique et je ressens une certaine excitation, proche de celle que je ressens lorsque je me rends aux pieds d’une falaise pour grimper. Les cascades de glace se situent au coeur du village, au lieu-dit Le Lombard. Le site propose une quinzaine de voies, s'élevant de 15 à 30 mètres avec des difficultés variant entre 3 et 4+. Ce spot permet aussi de s'essayer au dry tooling sur certaines lignes. Des cotations qui me permettent d’être confiant, mais une discussion avec un guide local m'a vite éclairé sur les subtilités de la cotation en escalade glaciaire. Celle-ci intègre divers éléments tels que la pente, la configuration de la glace, ou encore sa technicité. Par exemple, une cotation de 6 implique de grimper une section verticale de 40 à 50 mètres sur une glace technique et aérée. Donc difficile de comparer avec les cotations d’escalade sportive auxquelles je suis habitué. Nous passons au briefing où notre guide nous explique comment ajuster nos crampons et insiste sur les règles de sécurité : des blocs de glace peuvent tomber, tout comme des morceaux de rocher. Il n’est pas rare non plus que quelqu’un fasse tomber son piolet pendant l’ascension. Bien que trépignant d'impatience, j'ai d'abord assuré un grimpeur, observant attentivement sa technique. Quand mon tour est venu, j’ai pu confirmer mon statut de débutant : mes mouvements sont trop brusques et mes efforts disproportionnés. J'ai atteint le sommet, exténué mais enthousiaste, prêt à relever des défis plus ardues. Après plusieurs essais, je finis par trouver un semblant de technique pour ne pas risquer de me planter un crampon dans le mollet et éviter de me fatiguer trop rapidement les bras. Je décide de m’attaquer à la ligne qui me semble être la plus haute du site, celle-ci étant en mixte, un mélange de rocher et de glace. L’occasion pour moi d’être plus subtil dans mes placements car il n’est plus question de planter mes piolets comme une brute, mais plutôt de les placer subtilement pour éviter d’abîmer la falaise ou de casser la fine couche de glace sur laquelle je me tiens. La journée passe à vitesse grand V et il est déjà temps de retourner au village des marques. J’y rencontre Benjamin Ribeyre, guide de haute montagne basé à La Grave. Dès les premiers instants il me partage sa vision de la montagne, un refuge face à la vie urbaine : « Moi, je fais de la montagne pour supporter la vie du bas des vallées. » « J’ai commencé la randonnée pédestre dans le porte-bébé de mes parents. Ma mère a ensuite engagé un guide quand j’avais 7 ans pour aller voir la neige qui était en haut de chez nous, mais en fait, c’était les glaciers. Le guide m’a fait grimper autour du refuge et a conseillé à ma mère de m’inscrire dans un club d’escalade à notre retour, ce qu’elle a fait. Et après, j’ai suivi toutes les étapes : le club de ma ville, le comité FFME départemental, le régional et ensuite le CAF excellence. Globalement, j’ai été pas mal formé par les fédérations. » Benjamin, en parallèle, a fait des études de géologie mais a rapidement compris que cela allait le mener vers un mode de vie qui ne le satisferait pas pleinement, ou en tout cas, qui ne lui permettrait pas de s'épanouir. « J’ai vite vu que j’allais passer ma vie derrière un ordinateur. Donc, je me suis réorienté vers une activité de guide. Je vis principalement de cette activité mais aussi un peu comme athlète en tant que représentant des marques à travers mes projets. Je n’ai pas beaucoup de clients, mais ils me font beaucoup travailler. Ce sont des gens que je connais maintenant très bien, qui me font confiance et qui ne sont plus choqués par mes propositions qui peuvent sortir des standards. J’essaie de m’adapter parce qu’il n’y a plus vraiment de saisons aujourd’hui, et de proposer des sorties pendant lesquelles on passe du bon temps avant tout. Même si ils ont souvent des projets, j’essaie de ne pas tout axer autour de la performance, comme je pouvais le faire avant, et surtout j’insiste sur l’enjeu de s’adapter aux conditions. » Benjamin privilégie des projets alpins authentiques et évite les courses devenues trop mainstream. Pour lui, l'alpinisme ne se résume pas à quelques sommets ou à des performances. « J’essaie de leur trouver un nouveau projet et de leur faire comprendre que l’alpinisme ne se résume pas à deux sommets dans les Alpes ou faire un 4 000. Si c’est juste pour cocher une case dans leur todo list, ça ne m’intéresse pas du tout. Des projets comme ça, je les refuse parce que je n’aurais pas non plus la bonne énergie pour les faire. » Un discours qui confirme mes propres expériences : à chaque fois que j’ai voulu travailler avec un guide, on n’a jamais fait ce pour quoi je l’avais appelé à la base. Une anecdote qui l’a bien fait rire et qui, pour lui, confirme la qualité des personnes avec qui j’ai pu travailler. « La problématique, c’est que l'on hérite d’une image de l’alpinisme qui est un délire de conquérants. Passer du temps en montagne, ce n’est vraiment pas que ça, et c’est pour ça que nos clients doivent comprendre l’enjeu de co-construire une sortie. Moi, je m’adapte pas mal aux gens. Si ce sont des personnes qui font beaucoup de trail, qui vont donc être rapides, eux, je vais leur proposer de faire de la distance et de voir du paysage. Si j’ai des gens qui viennent plutôt de l’univers de l’escalade, je vais leur proposer de la haute montagne sur un caillou assez sain. On ne va pas directement les balancer sur le caillou des Ecrins qui demande un peu d’attention. » De l’autre côté du mange-debout sur lequel nous sommes installés se trouve une autre personne qui observe attentivement notre échange. « Moi, c’est Aymeric Clouet. J’ai 46 ans et je suis guide de haute montagne depuis 2017. Comme Benjamin, j’ai commencé la montagne avec mes parents : beaucoup en randonnée, un peu en escalade, jamais trop en alpinisme. Mais j’ai quand même fait une course dans les Pyrénées avec mon père quand j'avais 10 ans, du terrain d’aventure sur des arêtes. » J’essaie de me représenter ce qui peut se passer dans la tête du petit Aymeric à 10 ans lorsqu’il réalise une telle sortie. « Ha, bah j’étais fan. Grimper, c’était déjà ma came à ce moment-là. Du côté de mes parents, ça ne les faisait pas forcément beaucoup vibrer, donc j’avais l’impression de jamais en avoir assez. Suite à un déménagement à Voiron, j’ai intégré une école dont le prof d’EPS était guide de haute montagne. Il avait une organisation autour de la montagne hyper intéressante : le mercredi, on faisait du ski de randonnée et l’été de l’escalade. Ce prof, c’était Pierre Clerc. Il a mis beaucoup de monde à la montagne grâce à sa passion. C’est lui qui a fait que j’ai voulu faire ce métier. » Même si je trouve ça évidemment génial, étant fils de proviseur, je m’interroge quand même sur comment il arrivait à faire ce qu’il faisait sans avoir de problème avec l’Éducation Nationale. « Il était clairement borderline et a dû beaucoup se battre pour réussir à faire ce qu’il nous faisait faire. Ses méthodes n’étaient pas spécialement appréciées. » « Mes parents étaient ok avec le principe que je choisisse cette voie, mais à condition de passer un diplôme plus classique à côté. Donc, j’ai fait un DUT génie civil parce que c’était possible de le faire en sport-études. J’ai fait mon truc et, à la fin, j’ai recommencé à zéro en STAPS, et j’ai commencé ma liste de course pour être guide. J’ai rencontré d’autres gars qui étaient dans la même optique que moi et ça a été vraiment le début de la montagne pour moi. En parallèle, je faisais des stages organisés par la FFME, et de fil en aiguille, je suis rentré dans l’équipe nationale d’alpinisme. Le métier de guide s’est mis en place et m’a permis de financer mes expéditions. » « J’ai d’abord fait le métier de guide avec des agences. Je n’ai jamais mis trop d’énergie dans le fait de chercher des clients, parce que c’est compliqué. Et grâce à ça, j’ai rencontré des clients qui m’ont embauché sur plusieurs courses. » Aymeric travaille avec pas mal de clients internationaux et je m’interroge sur les potentielles différences entre les attentes que peuvent avoir ses clients en fonction des pays d’où ils viennent. Pour lui, les Anglo-Saxons et les Français ont des attentes très différentes : « Sur l’exigence, la remise en cause des décisions que je prends, etc. Il y a de vraies spécificités culturelles. Le schéma de pensée sur les sujets sécurité et performance sont très différents et ça mérite vraiment que l’on s’interroge sur comment faire évoluer les mentalités. En montagne, on ne peut pas faire tout ce que l’on veut comme on veut, c’est pas toujours évident à faire comprendre à certains clients français. Il y a les conditions météorologiques, mais aussi les conditions du client au moment de la course. » Un sujet sur lequel les guides sont d’ailleurs formés, vendre une course ça requiert une certaine pédagogie pour expliquer que le projet de base peut être challengé par de nombreux paramètres qui sont difficiles à anticiper. Et d’ailleurs, Aymeric est aussi formateur pour aider les aspirants guides à bien gérer ce type de problématique. « Être formateur, ça me permet aussi de mesurer le chemin parcouru et de transmettre un niveau d’expertise que les jeunes pourront acquérir potentiellement plus rapidement. D’autant que les DE, ce sont des diplômes auxquels on accède rapidement, donc c’est difficile de tout balayer en profondeur. L’idée, c’est de donner des billes, en particulier sur la sécurité, et après on apprend sur le terrain, souvent de ses erreurs. Même moi, je continue à apprendre aujourd’hui, et des fois, je refais les mêmes erreurs. » Je lui parle de la beauté de la montagne, de ses bienfaits, mais Aymeric tempère un peu mes ardeurs : « Attention, la montagne, c’est beau, mais c’est dur. J’ai vu pas mal de monde mourir, et on a beau se raccrocher à cette beauté, quand on est guide, les accidents s’additionnent et à un moment, c’est lourd. D’ailleurs, moi, maintenant, quand je sens que ça sent pas bon, je rentre. » C’est bien, Aymeric remet mes fantasmes un peu à leur place. Il me reste encore un peu de temps à tuer, j’ai vu que le bar servait une bière « Le Monde d’Après ». Une boisson on ne peut plus locale puisque la micro-brasserie se trouve à quelques enjambées de l’endroit où je me trouve. J’avais eu l’occasion de découvrir leur micro-brasserie l’été dernier alors que j'attendais mon train suite à un voyage de 4 jours d’escalade dans la région. Un spectacle aérien a lieu juste à côté du bar, j’en profite pour regarder ces deux femmes qui font du tissu aérien. C’est magnifique, mais je suis quand même un peu inquiet de les voir monter si haut, s’enrouler et se dérouler dans ce tissu. Ça me fait penser au fait que j’ai croisé Antoine Le Menestrel entre deux stands, la star incontestée de la danse verticale, j’espère avoir l’occasion d’échanger avec lui ! Après le dîner quotidien organisé toujours sous le même barnum, une conférence sur comment s’adapter aux nouveaux enjeux liés aux dérèglements climatiques est organisée. Benjamin Ribeyre et Antoine Le Menestrel sont justement sur scène avec d’autres intervenants. Je découvre avec gourmandise la projection « Une belle trace » dans lequel Benjamin et Fred Degoulet effectuaient une traversée autour de la Mer de Glace. Neuf jours pour gravir les 16 sommets de plus de 4 000 mètres qui sont racontés dans ce film de 20 minutes. Mais on ne va pas se mentir, je tombe un peu de sommeil, il est temps pour moi d’aller me glisser dans mon lit pour reprendre les forces nécessaires à mes ascensions prévues le lendemain matin. L'article de la troisième journée est accessible en cliquant juste ici.
- 10 règles tacites en salle de bloc
L'escalade en salle connaît un essor considérable, séduisant quotidiennement de nouveaux passionnés. Comme tout espace partagé, il convient de respecter certaines règles tacites essentielles pour garantir une cohabitation harmonieuse. Que vous soyez débutant ou grimpeur régulier, découvrez 10 règles tacites fondamentales pour une pratique optimale de l'escalade en salle. 1.Gardez vos distances : La sécurité est la priorité absolue. Veillez à ne pas vous trouver sous ou juste derrière une personne en pleine ascension. Cette précaution, souvent mise en avant par les salles, est vitale pour éviter les accidents qui sont nombreux dans le cadre de cette pratique. Si vous êtes accompagné d'un enfant, il est essentiel de lui expliquer cette règle pour sa sécurité et celle des autres. 2. Attendez votre tour : Aux heures de pointe il peut y avoir beaucoup de monde dans la plupart des salles d'escalade. Faites preuve de patience, ne monopolisez pas un bloc et ne doublez pas ceux qui attendent leur tour. Si c'est vraiment trop frustrant pour vous, essayez de venir à des heures où l'affluence est moins importante. 3. Demandez avant de faire une seconde tentative : Il est parfois frustrant de glisser juste avant la fin d'un bloc et l'envie de réessayer immédiatement peut-être forte. Si d'autres personnes attendent, assurez-vous qu'elles acceptent de vous laisser recommencer. Et acceptez avec le sourire que ce ne soit pas forcément le cas. 4. Rangez vos affaires : Afin de prévenir tout accident, ne laissez pas vos affaires (gourde, téléphone, clés, etc.) dans les zones de chute. 5. Regardez avant de vous lancer : Prenez le temps d'observer le parcours complet du bloc que vous convoitez pour vérifier que vous ne risquez pas de croiser la route d'un autre grimpeur déjà engagé. Il n'est pas rare qu'un bloc proche traverse celui que vous souhaitez grimper. 6. Nettoyez les prises : Des prises encrassées de magnésie nuisent à la progression. Nettoyez-les pour améliorer l'adhérence, y compris après votre passage si vous avez tendance à utiliser beaucoup de magnésie. 7. Abstenez-vous de donner des conseils non demandés : Résoudre les problèmes par soi-même fait partie du plaisir de l'escalade. Si vous souhaitez partager votre expérience, demandez d'abord si la personne concernée est effectivement intéressée. 8. Cultivez la positivité : Les personnes qui viennent grimper sont là pour passer un bon moment, évitez de propager une atmosphère négative. Ce que vous pouvez interpréter comme un manque de civisme peut simplement découler d'un manque d'expérience. 9. Signalez tout problème de sécurité : Informez le personnel de la salle si vous remarquez une prise desserrée. Une prise qui se décroche peut engendrer des accidents. 10. Évitez de mettre des tunnels : Certaines personnes viennent pour grimper et n'ont pas forcément envie de socialiser. Respectez le temps et l'espace de chacun, si vous cherchez à faire des rencontres ce n'est pas forcément le cas de toutes les personnes présentes dans la salle. En adhérant à ces principes, vous contribuez à faire de l'escalade en salle une expérience sûre, respectueuse et enrichissante pour tous ! Nous aurions pu aussi parler du port du tshirt, mais il y a déjà un article complet sur le sujet ici.
- Salon de l'Escalade 2025, Éric Hatesse lève le voile
Ces derniers temps, des bruits de couloir agitent la communauté des grimpeuses et grimpeurs autour du Salon de l'Escalade : certains murmurent que cet événement n'aura plus lieu, d'autres évoquent une synchronisation avec le Salon Sport Achat à Grenoble, voire un changement de date... Face à ces spéculations, Éric Hatesse, à la tête de l'organisation de cet événement, a choisi de communiquer très tôt sur cette cinquième édition. Il est vrai que les retours de la dernière édition étaient mitigés : d'une part, les professionnel(le)s présents auraient préféré une affluence plus importante, tandis que de l'autre les participant(e)s ont apprécié la possibilité de profiter de l'événement dans une ambiance moins saturée par la foule. Organisée les 29 et 30 septembre 2023 à Grenoble, difficile d'en vouloir aux passionné(e)s d'escalade d'avoir préféré profiter du temps exceptionnel pour se rendre sur les falaises environnantes plutôt que de flâner dans les allées d'Alpexpo. Lors du trajet vers Grenoble, même notre équipe était plus concentrée sur le topo de la région que sur le programme de la journée... Dans ce contexte, Éric a pris le temps de la réflexion pour remettre à plat le concept du Salon de l'Escalade et repenser les paramètres initiaux. La prochaine édition se tiendra donc les 11 et 12 janvier 2025 à Paris Expo Porte de Versailles. Bien que Paris ne soit pas réputée comme le meilleur spot d'escalade de France, à l'exception notable de Fontainebleau, la capitale se distingue tout de même par sa densité exceptionnelle de salles, de clubs d'escalade et donc de pratiquants. Avec 150 clubs et plus de 40 salles privées, l'Île-de-France se positionne comme le cœur vibrant de la communauté, regroupant un demi-million de passionné(e)s aux profils variés : des compétiteurs aguerris aux adeptes de Bleau, sans oublier évidemment un nombre exponentiel de nouveaux pratiquants. C'est également une ville où il sera plus rapide de se rendre quelque soit son endroit de départ. Le choix de la date est également aligné avec une période où les températures sont moins favorables à des expéditions en extérieur. Pour les professionnel(le)s il s'agit aussi d'un moment idéal pour communiquer sur leurs agendas, leurs nouveautés, etc. Le Salon de l'Escalade 2025 à Paris pourrait donc bien rencontrer un énorme succès et attirer de très nombreux nouveaux visiteurs et exposants. La date est ajoutée à l'Agenda de la grimpe de Vertige Media, et on sera évidemment de la partie.
- Le Brit Rock Film Tour fait escale à Paris
Le Brit Rock Film Tour, célèbre festival de films d'escalade britannique, fait son grand retour. Avec une sélection alléchante des meilleurs films d'escalade et d'aventure du Royaume-Uni, le festival promet une fois de plus de captiver les amateurs de grimpe avec des images à couper le souffle et des histoires d'esprits pionniers, le tout dans une ambiance de folie tout à fait britannique. Organisé pour la cinquième fois, le tour a débuté à Sheffield le 7 novembre dernier, avant de traverser le Royaume-Uni et de faire escale dans divers pays, dont la France où il sera accueilli par le réseau Climbing District Paris le 12 mars prochain. Les cinq films à l'affiche pour cette édition : GODDESS OF CRAIC (durée : 25 minutes) Ce film dévoile le parcours de Freja Shannon, une étoile en devenir de l'escalade traditionnelle. D'origines à la fois suédoise et irlandaise, Freja nous entraîne sur les terres de ses ancêtres, là où elle vise des sommets ambitieux pour la saison : l'ascension de 'Sista Bossen' dans le prestigieux secteur de granite de Bohuslan en Suède, et de 'Snell’s Law' au Burren, sur la côte ouest irlandaise. Sur la paroi, Freja se montre aussi charmante qu'acharnée, offrant des séquences à la fois captivantes et exaltantes qui ne manqueront pas de vous émerveiller. Le récit plonge également dans l'histoire personnelle de Freja, révélant un chemin semé d'embûches vers le professionnalisme. Le film nous conte comment elle a pu surmonter les incertitudes qui l'habitaient pour s'imposer comme une figure de proue de l'escalade traditionnelle et de l'alpinisme féminin. Entre chutes vertigineuses, victoires exaltantes et explosions de joie typiquement nordiques, ce film est une célébration spectaculaire et enjouée de la grimpe. SHINING STONES (durée : 25 minutes) Lors d'un voyage de la côte est à la côte ouest de l'extrême nord de l'Écosse, le grimpeur Robbie Phillips découvre par hasard une montagne méconnue. Intrigué, il mène sa petite enquête et apprend que cette montagne se nomme Ben Loyal. Il découvre également que Simon Nadin, une figure emblématique de l'escalade, y a tracé quelques voies. Simon lui confie que les lieux recèlent quelque chose d'exceptionnel... Les trésors que Robbie déniche à Ben Loyal sont à peine croyables : un paradis d'escalade de bloc, des highballs vertigineux, et une multitude de gourmandises goût granite, tous promettant un potentiel d'escalade encore vierge. Cependant, ce qui marque véritablement l'expérience est la falaise principale, un joyau qui semble prédestiné à redéfinir l'avenir de l'escalade traditionnelle au sein des plus impressionnantes parois de Grande-Bretagne. Ce film relate l'aventure de Robbie et Simon alors qu'ils ouvrent de nouvelles voies exigeantes dans un décor à couper le souffle, révélant ainsi l'immensité et la beauté brute de Ben Loyal. HELMCKEN FALLS (durée : 15 minutes) Emma Powell et Neil Gresham se joignent aux pionniers Tim Emmett et Klemen ‘Klem’ Premrl dans un site d'escalade sur glace absolument unique en Colombie-Britannique. Ensemble, ils s'engagent de nouveau à repousser les frontières de l'escalade sur glace raide et technique. Après des années d'échanges amicaux, Tim a finalement convié son ami de longue date Neil Gresham, ainsi que l'extraordinaire grimpeuse mixte Emma Powell, pour réveiller leur esprit d'aventure et tracer de nouvelles voies dans cet endroit fantastique. HARD GIT (durée : 20 minutes) Toujours au cœur de la controverse et de l'actualité, le grimpeur Matt Wright sillonne le Royaume-Uni à la conquête de premières ascensions vertigineuses, de solos exigeants et de nouvelles lignes pleines d'audace. Figure charismatique et héros populaire, Matt se donne corps et âme dans ce défi qu'est l'escalade de haut niveau. Après avoir pesé le pour et le contre entre le temps investi et les voies à conquérir, il décide de laisser de côté sa tentative sur le célèbre Rhapsody pour se lancer à la recherche de nouvelles lignes qui inspirent. Sa quête est couronnée de succès, marquée par l'ascension inédite de ‘Magical Thinking’ – une route spectaculaire et périlleuse à Pavey Ark, dans le Lake District, qui laisse sans voix. HEAD JAM (durée : 35 minutes) Dans ce récit introspectif et profond, le cinéaste Alastair Lee se met en scène, documentant son parcours de résilience face à l'adversité. Vu de l'extérieur comme un homme comblé et couronné de succès, Al est soudainement confronté à une période de turbulences inattendues. Face à la peur de tout perdre, il nous montre comment, au bord de l'abîme, il parvient à se sortir du désespoir grâce à l'escalade et à l'entraînement, trouvant ainsi sa voie vers la paix intérieure et le salut. Malgré qu'il n'ait jamais été parmi les grimpeurs les plus accomplis, Al décide de briser les barrières de son propre scepticisme. Il se lance à l'assaut de voies qu'il avait délibérément évitées pendant trois décennies, cherchant à exploiter pleinement son potentiel. Le film est ponctué de premières ascensions exigeantes et de tentatives en escalade traditionnelle mémorablement périlleuses, illustrant son voyage émouvant vers l'auto-découverte et la rédemption. Le Brit Rock Film Tour, avec cette très belle vitrine, parcourt le globe de Sheffield à Cape Town, en passant par Paris, Vancouver, et de nombreux autres lieux. Climbing District nous fait le plaisir d'héberger cette étape française (sous la marque du Festival Gaz), offrant aux passionné(e)s une occasion unique de plonger dans l'univers de l'escalade britannique à travers le cinéma. La soirée prévue pour le 12 mars 2024 à 20h au Cinéma les 7 Batignolles, Paris 17ème, promet d'être un rendez-vous incontournable. D'autant plus qu'elle sera animée par Gilles Puyfages, plus connu sous le pseudonyme de Bluegilles, une personnalité singulière de l'univers de l'escalade français. Pour prendre vos places cliquez ici.
- Nuptse est désormais disponible en VOD
Suite à son succès retentissant auprès des jurys dans les festivals d'aventure en plein air et de montagne durant l'automne dernier, le documentaire remarquable intitulé « Nuptse, l’inaccessible absolu » est maintenant disponible pour le grand public via la vidéo à la demande (VOD). Une bonne nouvelle qui va permettre à chacun de découvrir ou redécouvrir l'une des expéditions les plus captivantes de l'Himalaya de ces dix dernières années. Pendant près d'une heure, Hugo Clouzeau, à travers son œuvre cinématographique, nous plonge dans le récit captivant d'une aventure menée par 4 passionnés. Un témoignage qui transcende la simple narration d'une conquête : au-delà de la chronique de l'ascension d'une route inédite sur la majestueuse face du Nuptse, le film offre une exploration profonde et émouvante de la vie et des aspirations du « Gang des Moustaches », nom qu'on choisit Hélias Millerioux, Fred Degoulet, Benjamin Guigonnet et Robin Revest pour se désigner. Ces alpinistes hors pair révèlent bien sûr leur passion ardente et leur persévérance inébranlable; mais ils exposent également les incertitudes et le niveau d'engagement colossal exigé par leur quête. À travers leurs récits, ils offrent une profonde réflexion sur l'existence, mettant en lumière la force de la solidarité qui les unit. L'aventure du « Gang des Moustaches » commence en 2014, lorsqu'ils ont brillamment réussi l'ascension de « Into the void » au Siula Chico (6 265m, Pérou), lançant ainsi une suite d'exploits remarquables. Portés par des principes éthiques stricts et un désir constant d'exploration, ils représentent l'essence même de l'alpinisme, dans sa forme la plus pure et authentique. Le point culminant de leur carrière survient en 2017 quand, après trois essais, ils parviennent à dompter une voie jamais empruntée de 2 200 mètres sur la face sud du Nuptse, un géant de l'Himalaya voisin de l'Everest et s'élevant à 7 742 mètres. Cet exploit mémorable, marqué par un moment critique où Hélias Millerioux est blessé suite à une chute de pierres, reçoit le prestigieux Piolet d'Or en 2018, marquant ainsi le sommet de leurs réalisations en alpinisme. « Nuptse, l’inaccessible absolu » est un très bel hommage à l'esprit de l'alpinisme, à la bravoure et à la fraternité. Disponible en VOD, ce moyen métrage est disponible dès à présent sur Vimeo.
- Carnet de voyage : l'ICE Climbing Ecrins - Jour 1
Comme chaque année depuis plus de 30 ans, l'ICE Climbing Ecrins est le point de ralliement des passionné(e)s d'escalade sur glace. Du 25 au 28 janvier, cet événement a attiré initiés et débutants, désireux de profiter de ce rendez-vous. Pierre-Gaël de Vertige Media a eu la chance de s'immerger dans cet univers pendant quatre jours, et vous propose de partager cette expérience à travers une série de quatre articles, un pour chaque jour. Le 25 janvier, mon aventure commence avec mon arrivée à Grenoble, d'où je pars pour l'Argentière-La-Bessée. Ce n'est pas ma première visite dans cette commune riche en spots d'escalade, mais c'est la première fois que j'y viens pour pratiquer l'escalade sur glace. La route offre un spectacle magnifique sur les sommets enneigés. Je me rends au Complexe Sportif du Quartz de l'Argentière, qui abrite le village des marques de l'ICE. Là, je suis accueilli par la roulotte du Worn Wear Tour de Patagonia et une yourte pour les massages post-escalade. Devant le gymnase, je rencontre un guide qui a l’air bien décidé à faire un brin de causette avec moi : "Moi c'est François, mais tout le monde m'appelle Babar." François Lombard, alias "Babar", est un grimpeur chevronné : médaille d'or de la Coupe du monde d'escalade de 1994, médaille d'argent en 1991, médaille de bronze aux Championnats d'Europe d'escalade en 1996, gagnant du Rock Master Festival en 1995 et 1996. Il a également décroché la seconde place à la Coupe du Monde de Glace en 2001... Solide. Il m'explique que ce lieu est un point central permettant d'accéder à de nombreuses cascades, à proximité des deux vallées emblématiques où il y a énormément de glace : la vallée du Fournel et celle de Freissinières, mais que cette année elles ne seront pas au programme pour des raisons de sécurité. C'est vrai que les températures sont étonnamment douces pour cette région à cette époque... Heureusement, de nombreux autres sites permettront tout de même à l'événement de se dérouler. J'apprends que 1/3 des participants sont des habitués et que les autres viennent pour la première fois. Mais qu'une grosse moitié des personnes qui sont là connaissent déjà la pratique. On sera un peu plus de 500 personnes, c'est le plus gros événement pour l'escalade de glace. "Il y a plein de petits rassemblements dans le monde, même au Canada, mais aucun de cette ampleur. Et souvent beaucoup plus élitiste, donc ça ne ressemble pas du tout à l'ICE. Et ici, c'est quand même une Mecque de la pratique, il y a une variété de sites dans un rayon de 1h de route qui est énorme, ce qui en fait un des sites majeurs au niveau mondial. Ici on retrouve des cascades qui peuvent aller jusqu'à 700 mètres de haut qui font rêver tous les glaciéristes expérimentés. Il n'y a pas beaucoup d'endroits sur la planète où l'on peut retrouver ça." À l'intérieur du gymnase, je suis surpris par l'atmosphère conviviale et chaleureuse qui règne. J'ai plus la sensation de m'incruster à un évènement de quelques initiés qu'à un rassemblement de classe mondiale. Les doudounes couleurs flashy se promènent entre les stands de la petite dizaine de marques présentes. Ça rigole fort, ça s'embrasse, il est un peu difficile de distinguer les participants des professionnels des marques ou les guides tellement ce petit monde a l'air de bien se connaitre. Je m’arrête devant le stand de Simond, je suis immédiatement accueilli par une spécialiste qui me guide à travers l'univers des vêtements techniques pour la haute montagne. Elle détaille chaque caractéristique : des carapaces robustes, des capuches conçues pour s'ajuster aux casques, des bas de manches s'articulant parfaitement avec les gants. Elle insiste aussi sur l'importance des coupes spécialement adaptées à l'escalade, facilitant l'accès au baudrier, et sur les renforts au bas des jambes, essentiels pour se protéger des potentiels coups de crampon. Je suis un peu perdu dans cette avalanche d’informations, mais il est clair que je suis face à une vraie passionnée. Alors que mon interlocutrice est appelée ailleurs, une autre personne s'approche, une paire de piolets à la main. Il semble que la discussion va désormais se concentrer sur le matos. "On a toujours proposé des crampons pour la cascade, mais les piolets on a arrêté il y a 8 ou 9 ans et on est revenu depuis l'hiver dernier avec un nouveau piolet. L'idée c'est d'avoir toute une panoplie de produits pour cette pratique et le dernier produit en date c'est la chaussure qui est arrivée il y a trois semaines. Maintenant, on équipe de la tête aux pieds les pratiquants d'escalade de glace." "On est super heureux d'être là, c'est la première fois que l'on vient à l'ICE et donc on peut enfin être au contact des utilisateurs et échanger avec des gens comme toi. Il y a forcément un peu de pression mais pour l'instant la chaussure est bien accueillie et on a déjà des retours et des idées de trajectoires d'améliorations. Mat Détrie a beaucoup travaillé avec nous sur la chaussure, Octave Garbolino aussi. Sur ce produit, chez Simond, il y a trois personnes qui ont travaillé : le designer, l'ingénieur et le chef de produit, autour de ça on a les partenaires techniques et les suppliers qui gèrent la partie pricing et quantité." "Mat Détrie", ou Mathieu Détrie de son vrai nom, est un guide de haute montagne réputé pour ses ascensions audacieuses en Himalaya et en Alaska. Dans quelques jours, nos chemins se croiseront au pied d'une cascade de glace. Ce n'est qu'en apercevant sa photo dans un article d'Alpine Mag, durant mon trajet de retour, que je réaliserai qu'il s’agissait en fait de lui. Face à la concentration relativement restreinte de pratiquants de l'escalade sur glace comparée aux autres disciplines sportives couvertes par Simond, une filiale du groupe Decathlon, je me permets de questionner leur stratégie économique. Il me semble surprenant qu'une marque d'une telle envergure investisse autant dans une discipline aux adeptes moins nombreux. J'imagine que c'est un investissement à long terme, anticipant une croissance future du nombre de pratiquants. "Ça n'est absolument pas un choix économique. Ça prend du temps, ça coûte cher à fabriquer, on met beaucoup d'énergie donc la rentabilité n'est pas dingue. À notre échelle, c'est clairement pas ce qui nous fait vivre. Mais c'est un choix d'image et de cœur. C'est vrai que c'est une pratique qui a un certain essor et qui sera potentiellement un jour aux JO. Mais c'est surtout une volonté forte de Simond de rester sur ce territoire. C'est ancré dans notre ADN d'avoir ce piolet cascade qui est un objet iconique, c'est hyper important. D'autant plus que Simond c'est la caution technique de Decathlon, donc c'est essentiel que l'on puisse proposer ce type de produit." Au fil de notre conversation, je parviens à en apprendre davantage sur Matthieu, mon interlocuteur qui, jusqu'alors, a surtout parlé des autres et de la marque. Chef de produit chez Simond, Matthieu est l'incarnation de l'esprit Decathlon. Fort de dix années d'expérience en magasin, exclusivement dans les rayons escalade et alpinisme, sa passion pour ce sport transparaît dans chacune de ses explications. Son parcours, qu'il décrit comme représentatif de "la force de Decathlon", est un témoignage frappant de l'engagement de l'entreprise envers ses employés et leur développement professionnel : "C'est une entreprise qui croit aux hommes et aux femmes qu'elle recrute. Après mon expérience en magasin, je suis passé aux marques, et suis devenu chef de produits il y a quelques années." La conversation prend fin, une femme sur le stand qui a entendu mon prénom me rappelle alors que je m’éloigne : "Pierre-Gaël ? Viens là, faut que tu essayes les chaussures, c'est nous qui t'équipons pour les trois prochains jours." Matthieu reprend la parole avec un air de connaisseur et se penche sur les subtilités techniques de la chaussure d'alpinisme. Il pointe du doigt la semelle amovible de 0,2 mm, un petit détail qui semble avoir toute son importance. Il suggère alors de me faire essayer une pointure différente de celle que j'aurais normalement choisie. Dans ma tête, je me dis : « Espérons que ce ne soit pas un remake de ma première visite chez le Vieux Campeur, où j'avais l'impression que c'était à mes pieds de se plier aux exigences des chaussons, et non l'inverse ! ». Après avoir enfilé les chaussures et effectué quelques tests en tapant du pied sur le sol, je suis agréablement surpris : elles me vont comme un gant et c’est même très confortable. Je poursuis ma quête du matériel dont j’ai besoin en déambulant entre les stands. Prochaine étape : Petzl, pour récupérer un casque qui, je l'espère, ne me fera pas ressembler à un cosmonaute. C'est là que je rencontre François Kern, le grand manitou de la Communication et du Marketing Opérationnel pour Petzl en France. L'occasion est trop belle pour ne pas le bombarder de questions sur les orientations futures de la marque. "En fait, il y en a plein. Déjà Petzl, ce n'est pas juste l'escalade, c'est aussi la frontale, le marché industriel, donc on a pas mal de directions avec des enjeux très différents et très particuliers, spécifiques à ces marchés-là. Dans l'escalade, on n'a pas les mêmes enjeux que dans la cascade de glace, dans la lampe frontale, on n'a pas les mêmes enjeux que dans la verticalité, etc. Pour simplifier, on découpe nos activités en deux : le loisir et l'industrie." Et forcément, j'ai envie de le challenger sur sa présence au salon. Petzl est une marque déjà bien implantée et connue. "L'objectif, c'est surtout d'être identifié sur d'autres produits que ceux dédiés à la glace, d'asseoir une notoriété et de conforter une position. Sur un événement comme l'ICE, quelqu'un qui ne connaît pas Petzl, c'est qu'il découvre l'activité. On doit vendre 80% des piolets pour la cascade de glace, on a d'autres produits, comme par exemple la frontale, où les enjeux sont très différents. Si tu vas courir en ville à Paris, si on a 5% des coureurs qui ont une lampe Petzl sur la tête, c'est le bout du monde. Et puis, c'est aussi l'occasion de vivre avec notre milieu, une énorme majorité des athlètes et des guides professionnels utilisent du Petzl en alpinisme et en glace, donc c'est important de leur montrer que l'on est là, d'interagir avec eux, prendre leurs avis, suivre leurs projets, etc. Être sur l'ICE, c'est vivre avec tout cet écosystème." Sur le marché de l'escalade qui grossit et se diversifie très rapidement, les enjeux sont un peu différents pour Petzl : "On est très connu par les aficionados et les vieux grimpeurs. En gros, les 35-65 ans, ils connaissent tous Petzl, ils ont tous un harnais Petzl, un Grigri, etc. Mais tu vas à Arkose Nation, Petzl n'existe pas. On ne fait pas de t-shirt, on ne fait pas de chaussons, notre magnésie n'est pas super connue et donc même si, quand on fait des questionnaires dans ce type de salles, on est l'une des marques les plus connues, ce sont des gens qui ne connaissent pas forcément nos produits. Et on a aussi besoin de toucher ces néo-pratiquants et de mieux les servir." Mon échange avec lui me révèle aussi un aspect intéressant : le Grigri, ce petit bijou d'ingéniosité, est en réalité l'un des piliers de Petzl. François m'explique que ce produit phare est devenu incontournable dans le monde de l'escalade, mais qu'il fait face à une concurrence croissante. La popularité du Grigri ou du Reverso a en effet inspiré plus d'un fabricant d'équipements d'escalade. Ce qui m'intrigue particulièrement, c'est d'apprendre que dans certains pays, comme l'Allemagne, l'Éducation Nationale a choisi d'intégrer des produits Petzl dans ses programmes. Ce n'est pas tous les jours qu'on entend parler d'une marque d'équipement sportif prescrite par un gouvernement ! Cette reconnaissance officielle, loin d'être anodine, témoigne de la réputation et de la fiabilité de la marque. François souligne que Petzl prend cette position très au sérieux. La marque n'est pas simplement là pour vendre des produits, mais aussi pour contribuer à l'éducation et à la sécurité dans le sport. "On travaille beaucoup sur le volet pédagogie, en produisant de nombreuses notices techniques très fournies avec du dessin, de la photo, de la vidéo et du texte. Ce qui est d'ailleurs un enjeu aussi pour les salles d'escalade. Elles sont de plus en plus nombreuses à se faire contrôler sur la manière dont elles assurent la sécurité et gèrent la pédagogie dans leurs salles. L'inspecteur peut leur imposer de mettre plus de signalétique ou de contenu pédagogique sur la sécurité. Et ça, ce sont des contenus que l'on produit et que l'on peut mettre à disposition des salles. Plutôt que mettre notre logo, on préfère raconter une histoire et amener un vrai service à l'utilisateur." Après avoir rassemblé mon équipement, je passe devant le stand de Millet et on m’y propose un sac à dos spécialement conçu pour l'escalade sur glace. Ce sac me permet d'attacher facilement ma paire de piolets. Même si ma doudoune n'est pas aussi flashy que celles des autres participants, je me dis que maintenant je devrais pouvoir me fondre plus facilement dans la masse. Le moment est venu de m'orienter vers le barnum installé à l'extérieur pour le dîner. À l’entrée une grande marmite fumante remplie d'un délicieux plat végétarien, je trouve une place à côté d'Arthur. Journaliste bien connu dans le monde de l'escalade, il arbore fièrement son bonnet rose. Nos discussions précédentes ayant toujours été brèves, je profite de l'occasion pour échanger davantage avec lui. Nous découvrons que nous partageons la même maison d'hôtes et que nous grimperons ensemble le lendemain. Face à nous, un jeune couple lyonnais, venus s'initier à l'escalade sur glace. Ayant entendu parler de l'événement par le bouche-à-oreille, ils sont visiblement aussi impatients que moi à l'idée de s'aventurer sur les parois glacées de la région. Il est déjà temps de se diriger vers la conférence sur la gestion de la sécurité. Différents experts nous expliquent comment est calculé la notion de risque en montagne et des professionnels décortiquent leurs accidents en nous expliquant ce qu'ils auraient dû faire pour les éviter. Mais l'heure avance et la journée a été longue nous rentrons tous nous coucher, car demain, il nous faudra nous lever tôt pour profiter des meilleures conditions de glace, qui se seront formées pendant la nuit. L'article de la seconde journée est accessible en cliquant juste ici.
- The Alpine Climber, un nouveau manga sur Yasushi Yamanoi
Le monde du manga japonais s'apprête à accueillir un nouvel ouvrage traduit en français : "The Alpine Climber". Cette œuvre, attendue avec impatience par les fans de ce type de l'ittérature, propose une immersion dans la vie et les exploits d'un des plus grands alpinistes du monde, Yasushi Yamanoi. Un mélange de narration graphique et d'aventure alpine, offrant aux lecteurs une expérience à la fois esthétique et inspirante. "The Alpine Climber", nous plonge dans la vie tumultueuse et passionnée de Yasushi Yamanoi, un alpiniste japonais de légende. Né à Tokyo en 1965, cet alpiniste s'est distingué par ses ascensions audacieuses et son approche minimaliste, lui valant une renommée internationale et le prestigieux Piolet d'Or en 2021. Le manga, créé par le scénariste Kunihiko Yokomizo et le dessinateur Takuro Yamaji, a été lancé à l'origine en 2022 dans "Big Comic", un magazine seinin japonais de référence publié par Shogakukan. "The Alpine Climber" partage de nombreux points communs avec un autre manga sorti récemment, "The Big Wall", qui traite également de la vie de Yasushi Yamanoi. Les deux ouvrages possèdent une racine commune importante : Kunihiko Yokomizo, qui a scénarisé ces deux récits. La publication française de "The Alpine Climber" est assurée par Mangetsu, une maison d'édition renommée pour son engagement envers la qualité et la diversité des mangas. Lancée en 2021, Mangetsu a rapidement gagné le cœur des fans français de manga avec des titres phares et des collaborations avec des artistes de renom. La maison d'édition s'attache à proposer des ouvrages qui allient talent artistique et raffinement éditorial. "The Alpine Climber" est prévu pour une sortie en France le 21 février 2024, marquant le début d'une série de publications qui continueront à enrichir le paysage du manga en France. Avec le second tome déjà en précommande pour avril 2024, les passionné(es) d'alpinisme et d'aventure peuvent s'attendre à une exploration approfondie de la vie de Yasushi Yamanoi. Pour précommander The Alpine Climber, cliquez ici.
- MY ARC’HIVE : Immersion dans l'univers Arc'teryx à Tokyo
Arc'teryx, la marque emblématique de vêtements outdoor toujours plus prisée, s'apprête à dévoiler son événement d'expérience de marque le plus ambitieux à ce jour, prévu pour le printemps 2024. Cet événement, baptisé "ARC'HIVES", s'inscrit dans la continuité de l'exposition d'archives tenue à Tokyo en novembre dernier, une initiative qui avait été saluée par un accueil très favorable. L'essence de "ARC'HIVES" réside dans son ambition d'offrir une profonde plongée dans l'histoire et le développement d'Arc'teryx. L'exposition prévue dans quelques mois s'enrichira d'une zone spéciale, où seront présentés des articles de la marque, allant bien au-delà de la sélection de 40 pièces de l'événement précédent, qui avait pour objectif d'illustrer le progrès de la marque dans ses méthodes de conception utilitaire et technique. Pour cette nouvelle date, Arc'teryx a ouvert la voie aux utilisateurs réguliers de la marque, les invitant à proposer leurs propres articles Arc'teryx pour l'exposition. Une manière intéressante d'offrir à sa communauté l'occasion de tisser leurs histoires personnelles dans la trame narrative de l'événement. Arc'teryx, fidèle à sa philosophie selon laquelle "la durabilité est le chemin vers la pérenité", continue de porter une attention soutenue à son impact environnemental, grâce à des recherches textiles pointues et des stratégies de design durables. L'exposition de novembre avait d'ailleurs mis en avant le lancement de la 10ème version de la veste ALPHA SV d'Arc'Teryx, une pièce iconique entièrement conçue à partir de matériaux recyclés. L'événement "ARC'HIVES" promet d'être une fenêtre captivante et immersive sur l'héritage d'Arc'teryx, suscitant déjà l'enthousiasme des aficionados de la marque. Pour l'instant, les détails précis sur les dates et le lieu restent à confirmer. Toutefois, les informations actuellement disponibles uniquement en japonais suggèrent fortement que le Japon accueillera une fois de plus cet événement.
- Climbing District lève 10 millions d'euros
Climbing District continue à s'imposer sur ce marché en pleine expansion avec une levée de fonds impressionnante de 10 millions d'euros. Depuis son lancement en 2019, cette chaîne de salles d'escalade, spécialisée en bloc et voie, a su se hisser au sommet de l'engouement pour ce sport, avec déjà cinq établissements implantés à Paris. Ce nouvel apport financier, orchestré par la société de capital-risque Pléiade Venture et 123 Investment Managers, marque un tournant majeur dans l'expansion de l'entreprise, déjà bénéficiaire d'une première levée de 5 millions d'euros en 2021. Sous la houlette de Henri d'Anterroches, ancien entrepreneur du secteur technologique, et Antoine Paulhac, ex-directeur d'investissement, Climbing District affiche des ambitions élevées pour 2024. Au programme : l'inauguration d'établissements à Milan et Londres, ainsi que trois nouvelles ouvertures à Paris et sa périphérie. Conscient de la saturation du marché français, Henri d'Anterroches mise sur l'international et la capitale pour étendre son réseau. Les salles de Climbing District se distinguent par leur caractère unique, offrant des espaces dédiés soit à l'escalade de bloc, soit à l'escalade de voie. L'enseigne ne se contente pas de proposer des activités sportives, mais crée de véritables lieux de vie, intégrant yoga, pilates, renforcement musculaire, et même des événements culturels et sociaux, le tout complété par des espaces de coworking et de restauration. Ce concept cible principalement une clientèle jeune et urbaine, âgée de 18 à 35 ans. Climbing District se présente comme un réseau rentable, avec toutes ses salles devenues profitables en 2023. Malgré la présence de concurrents de taille comme Arkose, Climb up, Block'Out, et Vertical'Art, Climbing District parvient à se démarquer et à attirer une clientèle croissante. Une dynamique qui pourrait continuer à s'intensifier avec l'inclusion de l'escalade aux Jeux Olympiques 2024, après son apparition aux Jeux de Tokyo en 2021. Climbing District, avec sa nouvelle levée de fonds et ses projets d'expansion, semble bien positionné pour tirer parti de cette vague d'intérêt grandissant pour l'escalade.
- Les prophètes de l'Escalade, en avant première à Grenoble
Grenoble s'apprête à accueillir en avant-première la projection du film « Les prophètes de l’escalade ». Cette production ambitieuse, réalisée par Marie Linton en collaboration avec France Télévisions, promet d'être un événement intéressant pour les amateurs d’escalade. Le 16 janvier, les habitants de Grenoble auront l'opportunité de visionner ce documentaire à la Maison Grenoble Montagne, située Rue de la République. Cet événement est organisé par Un film à la patte, Trango Productions, la Ville de Grenoble et Nivéales Médias. D'une durée d'environ cinquante minutes, le film est le résultat d'une collaboration étroite entre la société de production Un film à la patte et le géant de la télévision française. Il immerge les spectateurs dans l'histoire captivante de l'escalade en France, mettant en lumière des icônes des années 80 telles que Catherine Destivelle, Alain Robert, Patrick Edlinger, Jean-Claude Droyer et Isabelle Patissier. Des figures légendaires qui ont non seulement défini ce sport, mais qui ont également inspiré des générations de grimpeurs et grimpeuses. En s'appuyant sur des témoignages de ces pionniers, ainsi que sur des archives aussi bien professionnelles qu'amateurs, le documentaire retrace l'évolution de l'escalade, depuis ses débuts modestes jusqu'à sa reconnaissance en tant que discipline olympique en 2020. Cette perspective historique offre un riche panorama de la manière dont l'escalade a évolué d'une simple activité de loisir à un phénomène culturel et sportif d'envergure mondiale. La projection, gratuite et ouverte à tous, sera également accompagnée de la présence de la réalisatrice Marie Linton, ainsi que de plusieurs figures emblématiques de l'escalade, dont Philippe Poulet, rédacteur en chef de Vertical, et Bernard Gorgeon, auteur du livre "Une vie à grimper". Les personnes intéressées sont invitées à réserver leur place au plus vite, le nombre de sièges étant limité. Il est possible de s'inscrire via la page Billet Web dédiée à l'événement. La séance débutera à 19h45, offrant aux passionnés d'escalade et aux curieux l’occasion de plonger dans l'univers de ce sport, de découvrir les histoires et les défis qui l'ont façonné. Pour ceux qui ne pourront pas être présents à Grenoble, la diffusion télévisée est prévue sur France 3 le 18 janvier. Pour ne rater aucune date essentielle de l’escalade, consultez l’agenda de Vertige Media. Edit 25/01/2024 : Le documentaire est désormais disponible gratuitement sur le site de France Télévisions sur cette page.
- P’tits Grimpeurs : Le nouveau programme de la FFME
La Fédération Française de la Montagne et de l'Escalade (FFME) lance "P'tits Grimpeurs", un programme destiné aux jeunes licenciés de 3 à 7 ans. L'objectif est d'accompagner les clubs dans l'enseignement de l'escalade aux enfants, tout en apportant une cohérence dans les activités proposées aux différents licenciés. Au cœur de ce programme, un système d'enregistrement des compétences acquises par les enfants dans trois domaines essentiels : la sécurité, le vivre ensemble, et les techniques d’escalade. Pour rendre l'apprentissage plus ludique et accessible, ces compétences sont représentées par des animaux grimpeurs, allant du koala, moins agile, au tigre, en passant par l'écureuil et le ouistiti. Le système, conçu pour être simple d'utilisation, est accessible via l'intranet des clubs d'escalade, et un mode d'emploi détaillé est fourni. Les encadrants peuvent y suivre les progrès de chaque enfant et imprimer un diplôme personnalisé en fin de saison. Cette initiative permet de reconnaître et de valoriser les accomplissements de chaque jeune grimpeur, renforçant ainsi leur confiance et leur passion naissante pour l'escalade. Un programme flexible, permettant à chaque club de l'adapter en fonction de son équipement pédagogique et de ses infrastructures. Cette adaptabilité assure également une personnalisation de l'apprentissage, respectant le rythme et les besoins individuels de chaque enfant. En parallèle, un livret pédagogique est en cours d'élaboration, promettant une panoplie de jeux et de conseils pour une organisation optimale des sessions d'escalade destinées aux enfants. Bien que le système soit encore en phase expérimentale, il promet d'ouvrir de nouvelles perspectives pour l'enseignement de l'escalade aux plus jeunes. La FFME semble également vouloir populariser le terme "P'tits Grimpeurs" en remplacement du déjà très répandu "Baby-grimpeurs", une dénomination qui n'enthousiasme pas beaucoup les principaux intéressés et on peut les comprendre. C'est d'autant plus pertinent que cette démarche vise à reconnaître la maturité et l'indépendance croissantes de ces enfants, qui ont dépassé le stade de la petite enfance.












