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- Statistiques des accidents dans les salles d'escalade
Bien qu'elles soient conçues pour offrir une expérience sécurisée, les salles d'escalade ne peuvent évidemment pas être exemptes d'accidents. À l'heure où le nombre de salles qui ouvrent en France est en explosion, et que ce sport gagne en popularité, la sécurité dans les salles d'escalade va nécessairement devenir un sujet d'analyse de plus en plus important . Crédit : DAV - Marisa Koch S'il est parfois difficile d'obtenir une vision compilée des statistiques sur ce sujet en France, l'Allemagne a publié récemment un rapport détaillé . Des chiffres qui confirment des intuitions et peuvent nous éclairer sur les tendances en France . Et donc d'avoir une meilleure idée des axes sur lesquels apporter de la pédagogie et de la vigilance. L'objectif commun de KLEVER et du DAV, à l'origine de ce travail, est de minimiser les accidents dans les salles d'escalade en améliorant la connaissance des causes. Le DAV et KLEVER supervisent actuellement environ 250 salles, ce qui couvre la majorité des installations d'escalade en Allemagne. Notons que les accidents enregistrés ne concernent que des situations qui impliquent l'intervention des services de secours . C'est le seul moyen d'avoir une base de données exploitable, mais qui ne permet donc pas d'obtenir une vision complètes avec les accidents non déclarés. 1. Statisitiques générales : 76% des accidents pour le bloc contre 19% en voie Sans grande surprise, la grande majorité des accidents se font dans le cadre de la pratique d'escalade de bloc . Les 5% restants concernent d'autres zones des salles (salle d'échauffement, bar, douches, etc.). Crédit : KLEVER et DAV Une tendance qui confirme ce que nous partage sur le sujet le personnel des salles de Arkose Pantin (Murmur) , une salle qui propose à la fois un espace d'escalade sur bloc et un espace dédié à l'escalade de voies. Il est important de souligner que les salles privées d'escalade de bloc attirent un grand nombre de nouveaux pratiquants . Dans ces environnements, l'autonomie est souvent considérée comme acquise, ce qui n'est pas toujours le cas. Cette présomption peut conduire à une augmentation des comportements à risques. Généralement c'est la présence de grimpeuses et grimpeurs expérimentés dans ces salles qui joue un rôle important dans la régulation et la réduction de ces risques. 81% des blessures concernent les jambes et les bras : Que ce soit en voie ou en bloc, la majorité des blessures concernent les extrémités du corps. Les accidents impliquants d'autres parties du corps comme la tête, le bassin, le dos, etc. sont moins présents. Crédit : KLEVER et DAV 2. Blessures en escalade de bloc La grande majorité des blessures en bloc se font au niveau des matelas. C'est au moment des chutes sur les matelas que se font, et de très loin, la majorité des blessures en bloc. Ça concerne surtout les chutes non contrôlées depuis une hauteur importante . Crédit : KLEVER et DAV 3. Blessures en escalade de voie : 49% des accidents en voie sont liés à des retours au sol Sur les accidents signalés, nécessitant l'intervention des services de secours, près de la moitié étaient des chutes au sol (49%), suivies d'accidents dus à des impacts contre le mur (28%), des collisions avec une autre personne (13%) et d'autres blessures (10%). Dans 72% des accidents avec un retour au sol lors de l'escalade en tête, c'est entre la 5ème et la 7ème dégaine que la chute a eu lieu. Crédit : KLEVER et DAV 67% des accidents lors d'escalade en tête : Contre 8% en moulinette et 10% en enrouleurs automatiques. Pour ces derniers cela représente quatre accidents graves qui ont été signalés, dont un mortel . Dans tous les cas, le non-accrochage au système en était la cause. Ça vient confirmer l'enjeu essentiel d'être attentifs avec ce type de dispositif d'assurage automatique et de bien former les nouveaux utilisateurs. Crédit : KLEVER et DAV 4. Détail des chiffres de l'étude : Au total ce sont 210 accidents entraînant des blessures qui ont été recensés en 2022 : Au total : 13 blessures à la tête 18 blessures au tronc 51 blessures au bras 106 blessures à la jambe 13 blessures multiples 9 autres* En bloc : 4 blessures à la tête 13 blessures au tronc 45 blessures au bras 90 blessures à la jambe 1 blessure multiple 7 autres* En voie : 5 blessures à la tête 4 blessures au tronc 5 blessures au bras 13 blessures à la jambe 12 blessures multiples 0 autre* * Ce sont les blessures survenues dans l'environnement de la salle (salle d'échauffement, douches, etc.) Ces statistiques soulignent l'importance de la formation, de la vigilance et de la connaissance des équipements pour garantir la sécurité en salle d'escalade . Bien que ces données concernent un autre pays que la France, elles peuvent servir de référence pour d'autres pays et inciter à la prudence et à la formation continue.
- La Sportiva : Innovation et engagement pour la durabilité
Depuis 1928, La Sportiva, fondée à Val di Fiemme, s'est imposée comme une référence en matière d'équipements de montagne. Derrière leur recherche perpétuelle de performance se cache un autre engagement dont on entend moins parler et qui pourtant est essentiel à la fois pour des questions environnementales et pour notre porte-monnaie : celui de fabriquer des produits que l'on peut utiliser longtemps . Pour en savoir plus sur ce sujet, nous nous sommes procuré leur rapport de durabilité, un document de plus de cent pages que nous avons étudié de long en large. © La Sportiva La durabilité au cœur de l'innovation produit Pour minimiser son impact environnemental, La Sportiva mise sur l'innovation. L'objectif est de proposer des produits performants que leurs propriétaires pourront utiliser dans la durée. Cette approche de la durabilité se traduit par une réflexion spécifique sur les matériaux utilisés à la fabrication, mais également par une conception pensée pour être réparée et prolonger ainsi le cycle de vie des produits. Le ressemelage des chaussons d'escalade est une part intégrante de la culture de La Sportiva . Et ce n'est pas un hasard puisque des études ont montré qu'un chausson d'escalade peut atteindre une épaisseur de semelle minimale après environ 78 utilisations, moment auquel un ressemelage peut s'avérer nécessaire. Il serait également théoriquement possible de maintenir un niveau de performance après trois ressemelages successifs, soit 312 utilisations. Concrètement, cela signifie que l'on peut imaginer utiliser la même paire pendant deux ans, avec un rythme moyen de trois sessions par semaine. C'est donc pour la marque une manière intéressante de limiter l'impact financier pour ses utilisateurs, mais surtout d'impacter significativement l'empreinte carbone de ses produits . Le ressemelage contribue en effet à réduire l'empreinte écologique puisqu'il ne nécessite que 6 à 10 % des ressources utilisées pour produire une nouvelle paire de chaussons. © La Sportiva Le ReSoul Lab : Un laboratoire dédié à la durabilité Pour atteindre une telle optimisation d'une paire de chaussons, on imagine bien qu'il faut réunir quelques facteurs comme le soin apporté aux chaussons ou encore la qualité du ressemelage. C'est la raison pour laquelle La Sportiva a inauguré en 2023 le "ReSoul Lab". Ce laboratoire se consacre exclusivement à l'extension de la durée de vie des chaussons d'escalade grâce à des services de ressemelage. Situé à proximité de leur espace de production, le ReSoul Lab gère directement le ressemelage des chaussons de leurs clients. Ce service propose même de réaliser un diagnostic à partir de photos de votre paire afin de valider ou d'invalider la faisabilité d'un ressemelage optimal. La Sportiva enrichit également chaque année sa liste de "ressemeleurs autorisés". Ces artisans, sélectionnés avec soin et formés directement par le personnel expérimenté de la marque, reçoivent toutes les pièces de rechange originales spécialement conçues pour un renouvellement parfait des produits. Une approche holistique Bien que la durabilité des produits soit centrale, l'engagement de La Sportiva en matière de développement durable s'étend à l'ensemble de sa chaîne de valeur . L'installation de panneaux solaires couvre désormais environ 40 % de ses besoins en électricité. En coopération avec la scierie de la "Magnifica Comunità di Fiemme", l'entreprise utilise également l'énergie thermique issue de la biomasse, valorisant les déchets de bois et réduisant les émissions de CO2. Des démarches qui viennent également impacter la qualité de vie au travail de ses effectifs ainsi que la communauté locale, pilotées par un département dédié à la stratégie et à la durabilité . Créé en 2023, cette équipe travaille en étroite collaboration avec tous les départements pour s'assurer que les pratiques durables sont intégrées à tous les niveaux. La Sportiva a d'ailleurs annoncé son souhait de rejoindre la campagne mondiale "Race to Zero" d'ici fin 2024, avec l'objectif de réduire de moitié ses émissions de CO2 d'ici 2030 et d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 . La Maison La Sportiva Si vous souhaitez mieux connaître cette marque et rencontrer des personnes qui travaillent au quotidien pour La Sportiva, et en profiter pour tester leurs différents modèles de chaussons d'escalade : La Maison La Sportiva ouvre ses portes du 05/08 au 14/08 à Paris . L'occasion aussi de découvrir tout l'univers de la marque et de partager des moments avec différents athlètes qui seront présents. Informations pratiques : Arkose Pantin : 05/08/2024 au 10/08/2024 Climb Up Aubervilliers : 11/08/2024 au 14/08/2024 Adresse du Pop-Up Store : 42 rue des Écoles - 75005 Paris Avec le soutien de La Sportiva.
- Giulia Delladio : Le défi d'une héritière dans l'univers outdoor
Cet été, nous avons eu la chance de rencontrer Giulia Delladio, l'une des figures emblématiques de l'entreprise familiale La Sportiva . À Pantin, dans l'atmosphère authentique de la salle d'escalade d'Arkose (ex MurMur) , Giulia a partagé avec nous son parcours, son expérience unique en tant que membre de la famille fondatrice, et sa vision pour l'avenir de l'entreprise. Avec une transparence remarquable, elle dévoile des aspects méconnus de La Sportiva, abordant sans détour leur positionnement stratégique, l'évolution du marché et les défis auxquels la marque est confrontée . Son discours offre un regard rare sur les dynamiques internes de l'entreprise et les valeurs profondes qui continuent de guider l'entreprise italienne à travers les décennies. © La Sportiva Il est courant de voir des petites entreprises dirigées par des familles, génération après génération. La Sportiva n'est plus une petite entreprise aujourd'hui, j'imagine que cela a eu un fort impact sur votre développement, de l'enfant que vous étiez à la femme que vous êtes aujourd'hui. Pouvez-vous partager ce parcours avec nous ? Giulia Delladio : Oui, en fait, je suis née à l'étage au-dessus de l'usine où mon père et mon grand-père fabriquaient des chaussons d'escalade et des chaussures d'alpinisme. J'ai donc grandi dans cet environnement depuis toujours, pour moi cela a toujours été naturel de sentir le cuir, le caoutchouc, la colle, etc. Cela a toujours fait partie de ma vie quotidienne. Enfant, je ne réalisais pas que c'était quelque chose de spécial, car c'était simplement ma routine. J'allais à l'usine avec mon grand-père, et j'essayais toujours d'aider. Je m'occupais par exemple d'emballer les chaussures dans l'entrepôt, car c'était facile et ça me permettait de contribuer à l'entreprise familiale, qui était encore petite à l'époque. Ensuite, j'ai commencé à accompagner mon père aux salons professionnels pendant l'été, où j'aidais à tenir le stand avec la machine à café et je rencontrais beaucoup de gens : des journalistes, des clients, et d'autres membres de la communauté. C'était une évolution naturelle pour moi, j'ai grandi avec l'entreprise. Avez-vous envisagé de ne pas travailler dans l'entreprise familiale et de faire quelque chose de totalement différent ? Giulia Delladio : Bien sûr, je suis allée à l'université, j'ai pris du recul en vivant loin de l'usine, j'ai exploré d'autres horizons, voyagé et travaillé à l'étranger. Mais finalement, je suis revenue, car j'aimais vraiment cet environnement. C'était une sorte d'attraction naturelle pour moi de faire partie de cette entreprise. J'aime vraiment vivre à Val di Fiemme , ce qui n'est pas toujours évident pour tout le monde, car vivre dans une petite vallée de montagne peut ne pas plaire à tous. Mais moi, j'adore ça, et c'est probablement en partie dans mon ADN. Mon grand-père me disait toujours : " Tu as le même ADN que moi, car tu as hérité de l'esprit entrepreneurial, celui de faire des choses que tu aimes et de les transformer en entreprise et en travail ". C'est un peu cette magie qui mélange les choses que vous aimez faire et que vous faites naturellement. Parfois, je me demande ce que ma vie aurait été si j'avais travaillé ailleurs, mais je suis heureuse de ce que je fais. J'ai grandi avec l'entreprise, et aujourd'hui, avec 500 employés, cela devient un défi de gérer tout ce monde, de trouver les bonnes personnes et de guider notre équipe tout en préservant notre héritage traditionnel, tout en restant à jour avec les tendances actuelles. © La Sportiva Quand avez-vous officiellement commencé à travailler chez La Sportiva et dans quel domaine ? Giulia Delladio : J'ai commencé par travailler dans notre magasin, donc dans la vente au détail, en étant en contact direct avec nos clients. C'est le magasin situé au siège de l'entreprise, un magasin d'usine où nous vendons toute la collection, plus un espace dédié aux articles en promotion. J'ai travaillé là pendant un certain temps, surtout pendant les étés durant mes années d'université. Ensuite, après avoir obtenu mon diplôme, j'y suis restée environ deux ans. C'était une bonne occasion pour moi de comprendre ce que les consommateurs attendent de notre marque, et c'était une expérience très formatrice, car les clients qui viennent directement au magasin sont souvent les plus exigeants et savent déjà ce qu'ils recherchent. Comment s'est poursuivi votre parcours au sein de l'entreprise ? Giulia Delladio : Après cette expérience en vente au détail, j'ai commencé à travailler principalement dans le département marketing, où je suivais tous les événements, salons, et l'implication des athlètes. À l'époque nous n'étions que trois ou quatre personnes dans le département marketing, contre presque 30 personnes aujourd'hui. Par la suite, j'ai évolué vers le marketing produit, en m'occupant de toute la planification des collections pour la saison suivante, que ce soit pour les chaussures ou les vêtements. Lorsque nous avons ajouté les vêtements, il était nécessaire de gérer la collection globale, en répondant aux besoins des magasins, en sélectionnant les couleurs des produits et en créant une cohérence dans l'offre. À ce moment-là, nous avons commencé à ouvrir plus de magasins en Europe, et je m'occupais de cette partie. En grandissant, nous avons dû embaucher plus de personnes pour gérer chaque tâche que je faisais auparavant. Aujourd'hui, je reporte principalement au directeur général, mais je fais aussi partie du conseil d'administration, avec mon père et mon frère. © La Sportiva Vous avez donc ce double rôle maintenant : être directrice marketing et aussi membre du conseil d'administration. Est-ce que c'est parfois un défi de jongler entre ces deux rôles différents ? Giulia Delladio : Oui, c'est parfois un peu difficile, car il faut jongler entre deux rôles différents et changer d'état d'esprit. Parfois, je suis responsable de mon département, parfois je suis propriétaire de l'ensemble de l'entreprise. On lit souvent dans la presse spécialisée que vous êtes celle qui prendra les rênes de l'entreprise à l'avenir. Quelle est la prochaine étape pour vous ? Giulia Delladio : Mon père est encore 100% impliqué, il est le PDG et le président, il sera là encore pendant un moment. Je ne suis pas pressée d'être nommée. J'aime vraiment ce que je fais dans le département marketing. Bien sûr ça voudra dire être moins impliquée dans les activités quotidiennes, même si c'est ce que j'aime, et de prendre plus en charge les affaires globales, comme la finance, la capacité de production, la recherche de nouveaux fournisseurs, etc. © La Sportiva Comment les gens avec qui vous travaillez vivent-ils le fait que vous soyez une femme à la tête d'une entreprise qui a toujours été dirigée principalement par des hommes ? Giulia Delladio : C'est quelque chose que je ne regarde pas vraiment. Je travaille effectivement principalement avec des hommes au sein du conseil d'administration et je suis la première femme à ce niveau de direction, mais sur neuf personnes au comité de direction il y a désormais trois femmes. Je pense que j'apporte une perspective différente sur certains sujets, avec une vision que peut-être un homme n'aurait pas, ou peut-être plus d'attention sur certains détails que, par exemple, mon père ou mon frère ne voient pas ou ne considèrent pas comme importants. Comme, par exemple, les horaires de travail et leur impact sur nos employés, ou d'autres choses qui peuvent leur sembler insignifiantes mais qui ont un vrai impact. Peut-être que c'est juste une question de sensibilité. Diriez-vous que la principale différence réside dans le choix des sujets ou que cela a aussi un impact sur la manière dont vous faites des affaires, développez des produits, ou communiquez sur vos produits ? Giulia Delladio : Il y a certainement une touche féminine dans tout cela que je ne peux pas nier. C'est probablement une plus grande attention aux détails dans le développement des produits. Je suis toujours en charge du choix des couleurs des produits et des petits détails, comme l'endroit où placer le logo sur les chaussons d'escalade pour une meilleure visibilité. Mon frère, lui, est vraiment bon en ce qui concerne l'aspect technique et la fabrication des chaussons, nous sommes vraiment complémentaires. Il est plus technique et concentré sur les chiffres et les données, tandis que je suis plus axée sur l'esthétique et la communication. C'est un bon mélange pour la prochaine génération à venir. Je ne me concentre pas sur le fait que je sois une femme, mais sur le fait que nous sommes la nouvelle génération qui arrive. À propos de cette nouvelle génération, j'ai vu que vous avez publié un rapport de durabilité qui est très complet sur ce que vous faites chez La Sportiva, mais aussi pour la communauté. Est-ce un sujet que vous avez piloté ? Giulia Delladio : Oui, nous avons une équipe dédiée à la durabilité et à nos ressources humaines. Je suis vraiment impliquée dans ces sujets à travers différents groupes de travail, en travaillant sur la durabilité, tant en ce qui concerne notre impact sur le territoire où nous produisons nos produits, que sur la manière dont nous choisissons nos matières premières, nos processus de production, comment nous pouvons recycler nos produits en fin de vie, ou prolonger leur durée de vie. C'est un gros enjeu pour nous. Et de l'autre côté, toutes les activités de bien-être pour nos employés, c'est vraiment important pour nous. © La Sportiva Travaillez-vous sur une accréditation, comme B Corp ou autre ? Giulia Delladio : Nous ne sommes pas encore dans le processus de certification B Corp, nous évaluons si c'est la bonne voie pour nous ou si nous devons faire autre chose. Nous sommes membres de Blue Sign depuis le début, et nous sommes partenaires de l'Access Fund, qui soutient le nettoyage de tous les chemins menant aux falaises. Nous soutenons également certaines associations locales dans le monde entier. B Corp, nous y réfléchissons, car il y a beaucoup de critères à remplir, et certains d'entre eux ne sont peut-être pas alignés avec notre manière naturelle de produire et de travailler. Certaines des choses que vous devez faire pour être certifié B Corp pourraient, dans notre cas, être moins bonnes que ce que nous faisons déjà, car c'est un niveau de contrôle différent. Y a-t-il des entreprises qui vous inspirent sur ces sujets de développement durable ? Giulia Delladio : Il n'est pas nécessaire de mentionner Patagonia, par exemple, mais c'est clairement l'exemple leader dans notre communauté outdoor, c'est sûr. C'est aussi le cas d'autres marques plus petites qui se concentre sur un aspect spécifique. Nous essayons de trouver notre propre manière d'être durable, et c'est le chemin que nous suivons actuellement. Certaines marques outdoor visent le marché de la mode. The North Face collabore avec Louis Vuitton, Arc'teryx lancent des collections en partenariat avec des artistes... Il semble y avoir une véritable compétition pour s'imposer dans ce secteur. Quelle est la position de La Sportiva à cet égard ? Giulia Delladio : Nous misons sur la fonctionnalité. Nous voulons vraiment proposer au marché des produits qui ont une fonction réelle et qui répondent à un besoin des consommateurs. C'est notre manière de développer des produits. La plupart de vos concurrents répondraient exactement la même chose à cette question... Giulia Delladio : Oui, c'est possible. Mais nous voulons vraiment nous adresser aux gens qui pratiquent nos activités. C'est notre objectif : développer des produits pour ceux qui grimpent, courent, font de l'alpinisme, etc. Nous acceptons évidemment que certains achètent nos produits pour un usage quotidien, mais nous ne voulons pas le promouvoir activement. Par exemple, nous n'avons jamais fait de campagne publicitaire avec quelqu'un marchant dans Milan avec nos produits. Donc, on ne verra jamais La Sportiva faire une collaboration avec LVMH demain ? Giulia Delladio : Non, pas du tout. Par contre, nous planifions d'autres types de collaborations, comme celle prévue prochainement avec Picture par exemple. Cette marque française s'associe avec nous pour sensibiliser nos consommateurs finaux à l'environnement, en particulier sur le glacier du Mont Blanc, et ce, avec le soutien de Protect Our Winters. Cela sera lancé en septembre avec un grand événement à Chamonix. Il s'agit de chaussures d'approche assorties à leur veste best-seller, nous allons proposer cette collaboration en petites quantités pour soutenir ce projet, avec des événements où des personnes de Protect Our Winters parleront des problèmes liés au glacier. C'est le genre de collaboration que nous soutenons, car il y a un objectif commun et des valeurs partagées entre les entreprises. Nous souhaitons rester fidèles à ce que nous sommes et ne pas faire quelque chose qui ne nous ressemble pas. Bien sûr, l'entreprise grandit, nous devons embaucher plus de managers, de directeurs, et chacun peut apporter ses propres idées. Mais étant une entreprise toujours détenue par la famille, nous pouvons encore orienter le style de l'entreprise. Aujourd'hui, 100% des actions de l'entreprise sont toujours détenues par la famille ? Giulia Delladio : Oui, mon père détient 100% des actions. Des investisseurs chinois frappent régulièrement à notre porte mais nous avons décidé de ne pas ouvrir notre capital. Nous avons cette mission et nous espérons pouvoir la maintenir. Est-ce que cela signifie que vous avez pour mission de rester une entreprise familiale pour toujours ? Giulia Delladio : Oui, c'est quelque chose qui est dans notre esprit, et je pense que des événements comme celui-ci, être présents dans cette salle d'escalade et vivre avec les gens qui utilisent vraiment nos produits, est la meilleure façon de nous rappeler ce que nous aimons. L'escalade n'était rien il y a quelques années, et maintenant c'est aux Jeux Olympiques, d'une certaine manière nous avons soutenu l'évolution de ce mouvement. En parlant des JO, ressentez-vous une quelconque frustration à propos du fait que vous accompagnez des athlètes qui participent aux compétitions, mais que vous n'avez pas le droit de communiquer à ce sujet ? Giulia Delladio : Nous respectons les règles. Nous essayons de soutenir les athlètes de manière plus directe, comme envoyer un message à Adam Ondra ou encore à Jakob Schubert après leurs passages. Pour nous, c'est bien plus concret que de dire "oh, ils ont gagné avec les chaussures Solution Comp, venez sur notre site et achetez-les". Nous sommes aussi conscients qu'après ces deuxièmes Jeux Olympiques , l'escalade va encore grandir. Et notre rôle en tant que marque historique est de soutenir les nouveaux venus, les débutants dans le sport, de les aider à comprendre comment l'escalade a évolué, quelles sont les règles, ce qu'il est suggéré de faire ou de ne pas faire. Est-ce que c'est vrai que 60% des personnes qui travaillent chez La Sportiva sont des grimpeurs ? Giulia Delladio : Je devrais demander à mon frère, car c'est lui la référence en matière de grimpeurs dans l'entreprise. Mais oui, il y a beaucoup de grimpeurs parmi nos employés. Nous essayons toujours d'embaucher des personnes qui ont au moins une passion dans notre univers, que ce soit la course à pied ou l'escalade, car il y a plus de chances qu'elles aiment rester ici et profiter de l'environnement que nous offrons. Et si elles ne sont pas encore passionnées mais qu'elles veulent commencer, nous offrons chaque semaine différents cours : escalade en salle, en extérieur, ski de randonnée, cours de yoga, etc. Donc, si elles ne sont pas déjà passionnées ou si elles sont débutantes mais qu'elles veulent évoluer, nous leur offrons le soutien nécessaire pour comprendre le monde dans lequel elles travaillent. Y a-t-il des choses spécifiques que vous devez adapter pour le marché français ou est-ce un marché standard pour vous ? Giulia Delladio : En France, notre marché est couvert par plusieurs agents régionaux. Nous n'avons pas de filiale en France, donc ces agents rapportent directement au siège. Le marché français se distingue par son orientation forte vers l'escalade et l'alpinisme, deux segments qui génèrent la majorité de notre chiffre d'affaires, en particulier avec des produits comme ceux de la gamme Nepal, très populaires dans la région de Chamonix. Nous constatons également une progression dans les segments de la course à pied et du ski de randonnée, bien que la présence de notre ligne de vêtements reste encore limitée, ce qui représente un domaine à développer. Historiquement, la France a été un marché clé pour l'escalade, notamment dans les années 90 avec les Coupes du Monde d'escalade, et cette activité continue de jouer un rôle central dans notre succès aujourd'hui. Vous observez une croissance sur ce marché ? Giulia Delladio : Oui, nous voyons de la croissance dans ces deux catégories, c'est sûr. Le problème que nous rencontrons depuis un certain temps est que nous n'avons pas assez de capacité de production pour couvrir la demande en chaussons d'escalade. Mais nous voulons vraiment maintenir la qualité, les standards, etc. Nous ne voulons pas surproduire et nous retrouver avec des produits de mauvaise qualité sur le marché, c'est crucial. Donc oui, le marché français est vraiment un de nos axes de croissance possibles pour les autres catégories dans les années à venir. Merci beaucoup à Giulia pour cet aperçu particulièrement intéressant de son rôle au sein de La Sportiva et de la manière dont elle navigue entre tradition familiale et défis modernes. Son parcours témoigne d'un profond attachement à l'héritage de son entreprise, tout en montrant une volonté d'apporter sa propre vision et de faire évoluer La Sportiva dans un marché en perpétuelle transformation .
- Les Prises de la Bastille : un partenariat créatif entre Arc'teryx et Climbing District
L’escalade urbaine prend une nouvelle dimension grâce à un partenariat innovant entre Arc'teryx et Climbing District. " Les Prises de la Bastille " est un projet qui propose une approche unique en matière de design, de communauté et de culture de l’escalade . © Camille Fumarola Un lieu pour se connecter et grandir ensemble Dès le début de leur collaboration, Arc'teryx et Climbing District ont partagé une vision commune : créer un espace où la communauté pourrait se rassembler, échanger et progresser ensemble . Tim, Manager Brand Experience chez Arc'teryx, explique : « Dès nos premières rencontres avec l’équipe de Climbing District, il était clair que nous partagions des synergies naturelles en termes de valeurs et de vision de l’escalade. Nous avons vu dans cette salle bien plus qu’un simple lieu d’activité physique ; il y avait l’opportunité de créer un troisième espace pour la communauté et la culture de l’escalade : expositions, soirées cinéma, événements communautaires. » Henri D'Anterroches, fondateur de Climbing District, ajoute : « Nous avons des valeurs très similaires, et l’idée était de repenser l’escalade avec ces valeurs partagées. » L’objectif était clair : faire de "Les Prises de la Bastille" un lieu où grimpeuses et grimpeurs de tous niveaux peuvent se rencontrer et apprendre les uns des autres. Un redesign centré sur les matériaux naturels L'espace a été conçu dans l'idée d'offrir une expérience qui ne peut exister qu'à l'intérieur d'une salle d'escalade, le projet "Les Prises de la Bastille" prend pour modèle l’architecture urbaine , tout en utilisant des matériaux naturels pour les blocs. « Nous avons repensé les blocs en nous inspirant des toits de Paris et des angles particuliers de la ville », précise Henri. Cette approche urbaine et créative se reflète dans les formes angulaires et variées des volumes, offrant ainsi une expérience de grimpe inédite. Les textures naturelles des blocs – granite, ardoise, bois – permettent de recréer une diversité de mouvements qui rendent l’escalade aussi stimulante que ludique. Ces ouvertures uniques invitent à explorer de nouveaux types de prises et à découvrir l’escalade sous un autre angle , tout en restant fidèle à l'authenticité des matériaux. Au cœur de cet espace de grimpe, le patio extérieur ajoute une dimension de repos et de ressourcement . Ce lieu en plein air, isolé des bruits de la ville, permet à chacun de se détendre après une session, tout en profitant d’une bibliothèque de topos. Véritable havre de paix, ce coin tranquille incarne l’esprit de "Les Prises de la Bastille" : un lieu où la nature, la rencontre et la récupération se rejoignent, au centre de Paris. © Camille Fumarola Transmission et éducation au cœur du projet Un des piliers de ce partenariat est la volonté de transmettre les connaissances et de rendre l’escalade accessible à tous . « On propose dans ce partenariat beaucoup de contenu éducatif avec des cours offerts aux débutants et aux moins débutants pour qu'ils puissent progresser », souligne Henri. La transmission est un élément central du projet, avec des ateliers et des événements animés par des athlètes de haut niveau qui viennent partager leur expertise. Ce volet éducatif s’inscrit dans la continuité d'initiatives comme l'Arc'teryx Academy à Chamonix, où l’objectif est d’offrir des opportunités d’apprentissage tout au long de l’année. Tim ajoute : « Nous voulons créer un environnement aussi accueillant que possible en invitant tous les grimpeurs à découvrir la salle. Nous proposons des sessions d’introduction pour ceux qui souhaitent découvrir l’escalade pour la première fois, ainsi que des sorties en bus le week-end à Fontainebleau, pour faciliter l’accès à l’escalade en extérieur. » Des événements pour fédérer la communauté En parallèle des sessions d'escalade, "Les Prises de la Bastille" propose régulièrement des événements communautaires, renforçant ainsi les liens entre ses membres. Que ce soit pour des expositions, des soirées cinéma ou des rencontres avec des athlètes, l’objectif est de transformer la salle en un lieu vivant et dynamique, dédié à la culture de l’escalade . « Nous voulons encourager les débutants à se lancer et permettre aux passionnés d’approfondir leur pratique », précise Henri. C’est cette vision communautaire qui anime chaque aspect du projet. Le programme dans son ensemble vise à favoriser les connexions et à nourrir la communauté. Toutes les informations et le programme complet à retrouver ici .
- The Climbing Hangar lève 23 millions d’euros et vise l’international
The Climbing Hangar, fondé en 2011 dans un entrepôt de Liverpool, a fait du chemin depuis ses débuts modestes. Avec une première salle dédiée à démocratiser l'escalade en créant un espace convivial et accessible , l’entreprise a rapidement conquis son public. Son modèle hybride, mêlant escalade, restauration et événements communautaires, est aujourd'hui devenu le standard dans l'industrie des salles d'escalade modernes. © The Climbing Hangar Sous l’impulsion de son fondateur et PDG, Ged MacDomhnaill, The Climbing Hangar a toujours misé sur l'innovation pour agrandir sa communauté de grimpeuses et grimpeurs. Cet engagement se renforce aujourd'hui avec une levée de fonds de 23 millions d’euros, apportée par Verlinvest , un acteur connu pour ses investissements dans des marques telles que Oatly et Vita Coco. Ce financement va permettre à l’entreprise d'amorcer son expansion internationale , avec des ambitions claires d'intégrer des technologies de pointe et l’analyse de données pour améliorer l’expérience de ses abonné(e)s. L’escalade indoor connaît une véritable explosion au Royaume-Uni. Selon l'Association of British Climbing Walls (ABC), près d'un million de personnes pratiquent l'escalade en salle chaque année dans le pays, et 75 % des pratiquants préfèrent les conditions prévisibles offertes par les salles indoor . Londres en est un exemple frappant : le nombre de salles est passé de 10 à plus de 50 en une décennie, soulignant la montée en puissance de l’escalade comme phénomène social. Et avec une moyenne annuelle de 151 à 152 jours de pluie, presque un jour sur deux sous des précipitations, on comprend pourquoi l'escalade en intérieur cartonne dans la capitale. © The Climbing Hangar Ce modèle d'expérience communautaire et de bien-être attire également des marques françaises. En janvier dernier, Climbing District, un acteur en plein essor, a levé 10 millions d’euros pour s'implanter non seulement à Londres , mais aussi à Milan, cherchant à capter une part de ce marché en pleine expansion. Le défi est donc double : The Climbing Hangar cherche à s'étendre à l’international tout en consolidant sa position au Royaume-Uni. Avec ses 23 millions d’euros et une stratégie incluant non seulement l'ouverture de nouvelles salles mais aussi des opportunités de fusions et acquisitions avec des partenaires partageant les mêmes valeurs , l'entreprise mise sur une expansion accélérée. Face à cela, Climbing District, en pleine ascension avec ses projets à Londres et Milan, se positionne comme un challenger ambitieux. Reste à voir si cette dynamique entre les deux acteurs prendra la forme d'une confrontation pour conquérir les parts de marché, ou si des rapprochements stratégiques pourraient émerger, notamment autour de collaborations ou de synergies internationales. Dans tous les cas, le paysage de l'escalade indoor est en pleine mutation, et ces stratégies pourraient bien redessiner les règles du jeu.
- Aurélia Mardon : Prendre de la hauteur – Quand l'escalade en salle forge le genre à l'adolescence
Derrière la simplicité apparente des murs d’escalade se cachent des dynamiques sociales bien plus complexes. De plus en plus d’observateurs s’y intéressent, et Aurélia Mardon, sociologue et ancienne grimpeuse, s’est plongée dans cette analyse avec son livre "Prendre de la hauteur, Escalade en salle et fabrique du genre à l'adolescence" . À la croisée de la sociologie, des études de genre et du sport, ce travail s’interroge sur la manière dont l'escalade, loin de sa neutralité supposée, façonne les jeunes grimpeuses et grimpeurs , renforçant parfois les stéréotypes de genre qu’elle semble pourtant vouloir dépasser. © Vertige Media Une sociologue passionnée devenue observatrice distanciée Aurélia Mardon ne cache pas que ses années de pratique ont façonné son regard sur l'escalade. « J'ai grimpé pendant 25 ans », confie-t-elle, « mais au moment de lancer cette enquête, j’ai progressivement arrêté, et cette prise de distance m’a offert un autre regard. » Ce retrait n’a pas affaibli son lien avec la discipline, mais lui a permis d’y revenir avec un œil critique. « Quand on est passionné·e, on ne voit pas toujours les mécanismes sociaux qui opèrent sous nos yeux, notamment ceux qui se jouent dans les interactions », ajoute-t-elle. Ce basculement entre le rôle de pratiquante et celui d'observatrice lui a permis de disséquer des aspects souvent idéalisés de la pratique, tels que la supposée neutralité de genre dans les salles d'escalade . « Ces codes sont là, profondément enracinés, et façonnent la manière dont chacun·e évolue dans l’escalade » Cette neutralité est loin d’être une évidence, en réalité. « L’escalade en salle est perçue comme un sport où les corps, qu'ils soient féminins ou masculins, devraient être traités de la même manière », explique Aurélia Mardon. Mais son enquête révèle l’inverse. « Les stéréotypes de genre sont là, parfois même renforcés par les structures et les pratiques de ce sport. » Que ce soit dans la répartition des rôles, les interactions entre les jeunes, ou encore les attentes autour des performances physiques et techniques, des normes genrées apparaissent, souvent inconsciemment reproduites . « Ces codes sont là, profondément enracinés, et façonnent la manière dont chacun·e évolue dans l’escalade », résume-t-elle. La salle d’escalade : un laboratoire social en pleine expansion Avec la multiplication rapide des salles d'escalade, notamment en milieu urbain, Aurélia Mardon a trouvé un terrain d’étude idéal pour ses recherches. Spécialiste de l’adolescence, elle s’est concentrée sur cette tranche d’âge charnière , où la construction identitaire bat son plein. « Ce qui m’a interpellée, c’est la manière dont l’escalade en salle, perçue comme une activité neutre et mixte, participe en fait à la fabrication du genre », explique-t-elle. Derrière l’apparente égalité, des comportements et des attentes genrés s’installent subtilement, façonnant des trajectoires différentes pour les garçons et les filles. L’un des exemples les plus frappants concerne l’ouverture des voies, une activité technique et prestigieuse. « Elle est largement dominée par les hommes », observe Mardon. Cette répartition inégalitaire s’installe dès l’adolescence. « Que ce soit dans les clubs ou les salles privées, il y a très peu de femmes qui accèdent à ces postes. » Cette réalité n’est pas un hasard : elle reflète une distribution genrée des rôles dès les premières expériences des jeunes grimpeuses et grimpeurs . Les garçons sont davantage poussés à se dépasser physiquement, tandis que les filles sont encouragées à se concentrer sur la technique ou la prudence. Des distinctions qui semblent mineures au premier abord, mais qui finissent par influencer durablement les trajectoires de chacun·e. Les loisirs, un espace où se forment (et se remettent en question) les normes de genre Les loisirs, et plus particulièrement les sports, jouent un rôle clé dans la socialisation de genre , rappelle Aurélia Mardon. « L’escalade en salle valorise la force physique, une qualité traditionnellement associée aux garçons, tandis que les filles sont souvent orientées vers des compétences comme la technique ou la prudence », observe-t-elle. Mais, nuance importante, ces dynamiques varient selon les contextes sociaux. « Dans certains groupes, notamment parmi les jeunes issus de milieux populaires, on observe moins de reproduction des stéréotypes genrés », précise-t-elle. À l’inverse, les adolescents des milieux favorisés, notamment ceux engagés dans la compétition, tendent à reproduire ces stéréotypes de manière plus marquée. « Dans certains groupes, notamment parmi les jeunes issus de milieux populaires, on observe moins de reproduction des stéréotypes genrés » Aurélia Mardon note également que certaines salles et clubs adoptent des pédagogies plus inclusives, visant à briser ces dynamiques . Ces environnements encouragent une répartition plus équitable des compétences et des responsabilités. Mais malgré ces efforts, ils peinent souvent à déconstruire un système où les attentes restent largement différenciées selon le genre, et où les modèles traditionnels persistent. Une écriture accessible et inclusive : une cohérence entre fond et forme Si "Prendre de la hauteur" se distingue, c’est en grande partie grâce à l’accessibilité de son écriture. « Dès le départ, je voulais que ce livre soit lisible par un public large, pas seulement des universitaires », explique Aurélia Mardon. En simplifiant les concepts sans en réduire la profondeur, elle parvient à rendre la sociologie du genre et du sport compréhensible et engageante pour toutes et tous . Un autre aspect marquant de son ouvrage est son choix d’une écriture inclusive, un choix qui, loin de compliquer la lecture, renforce la cohérence de son propos. « L’écriture inclusive était presque incontournable », confie-t-elle. Ce choix stylistique s’aligne avec les sujets abordés, contribuant à rendre l’ouvrage à la fois pertinent et accessible à tous et toutes. Un prisme nouveau sur l’escalade Avec "Prendre de la hauteur", Aurélia Mardon propose un regard neuf sur une pratique souvent perçue comme égalitaire . En explorant les dynamiques sociales et genrées qui se jouent derrière les murs d’escalade, elle invite les grimpeuses et grimpeurs à interroger des aspects souvent invisibles de leur discipline. Accessible, rigoureusement documenté et percutant, cet ouvrage est une lecture incontournable pour quiconque souhaite comprendre l’escalade au-delà des aspects techniques, et saisir les implications sociales qui l'accompagnent. "Prendre de la hauteur. Escalade en salle et fabrique du genre à l'adolescence" est disponible sur le site de la FNAC en cliquant ici .
- 8 millions d’euros pour le 270 Climbing Park : la grimpe britannique s’envole
L’annonce a fait l’effet d’un petit séisme dans le monde de l’escalade britannique : après 30 ans de bons et loyaux services, The Warehouse Climbing Centre, situé à Gloucester, fermera définitivement ses portes fin novembre 2024 . La ville de Gloucester, ancienne cité portuaire au sud-ouest de l’Angleterre, est surtout connue pour son patrimoine médiéval et son imposante cathédrale gothique qui a vu défiler des siècles d’histoire. Peu encline à faire la une des actualités sportives, elle va pourtant marquer l’histoire de la grimpe avec la fermeture de ce centre emblématique. Dans le même souffle, la deuxième phase d’un ambitieux projet de 8 millions d'euros pour le centre 270 Climbing Park , à Bentham près de Cheltenham, ouvrira ses portes début décembre. © The Warehouse Climbing Centre Une fermeture marquante pour un centre précurseur The Warehouse, en activité depuis trois décennies est un lieu où des générations de grimpeurs, petits et grands, ont fait leurs armes. Ouvert à une époque où l’escalade en salle n’était qu’un concept émergeant au Royaume-Uni , le centre était alors le cinquième du pays, bien avant que l’ascension olympique de ce sport ne pousse les murs de grimpe à fleurir partout. Gloucester, même si elle n’est pas aussi connue que Londres ou Manchester, a offert un lieu d’aventure pour les grimpeurs de tout niveau et attiré des passionnés de tout le pays. © The Warehouse Climbing Centre La popularité de l’escalade a explosé ces dernières années, et The Warehouse est resté dans la course, résistant tant bien que mal face aux nouvelles tendances de la grimpe en salle. Mais avec des infrastructures qui n’ont pas évolué et des limites d’espace infranchissables, l'équipe a dû se rendre à l’évidence. « Le moment est venu de passer à autre chose », explique Robert Stevens, l'un des directeurs de The Warehouse et de 270 Climbing Park. Fier de ce qu'ils ont accompli, il parle avec nostalgie mais aussi avec excitation de l'avenir . Un avenir gigantesque avec le 270 Climbing Park L’enthousiasme de Stevens est plus que justifié. Le 270 Climbing Park s’imposant comme un complexe ambitieux en constante expansion. La première phase du projet a vu le jour en 2023 avec l’ouverture d’un gigantesque parcours de cordes hautes, parmi les plus grands d’Europe, proposant ponts suspendus, tyroliennes et autres défis aériens. Ce parcours, inspiré de l’accrobranche mais sur une structure artificielle, attire déjà des aventuriers de tout le pays. © 270 Climbing Situé à Bentham, près de Cheltenham, le parc affiche une superficie cinq fois supérieure à celle de The Warehouse et comprend des murs de bloc culminant à 4,5 mètres. En décembre 2024, le complexe passera à la vitesse supérieure avec la deuxième phase de son développement : l’ouverture d’un espace dédié à l'escalade de bloc de 7 millions de livres (environ 8 millions d’euros) , marquant une étape majeure pour l’escalade au Royaume-Uni. Cette nouvelle section comprendra également un espace "Fun Walls", pensé pour initier les enfants et les débutants aux joies de la grimpe, ainsi qu’un grand café-bar avec vue sur les zones d’escalade. Le projet finalisera sa transformation au printemps 2025 avec la troisième phase, ajoutant un mur de cordes de 17 mètres de haut et consolidant la position du 270 Climbing Park parmi les plus grands centres d’escalade d’Europe . Avec son ampleur et ses installations variées, ce complexe vise à placer le Royaume-Uni sur la carte mondiale de la grimpe indoor, offrant un véritable lieu de rencontre pour grimpeurs amateurs et athlètes professionnels. Le marché britannique en pleine expansion Les chiffres parlent d’eux-mêmes : The Warehouse faisait partie des pionniers à sa création, et aujourd’hui, le pays compte plus de 100 centres d’escalade. Cette expansion est largement encouragée par l’engouement pour l'escalade et la performance de l'équipe britannique aux Jeux olympiques de Paris . Cet attrait pour la grimpe se traduit par des investissements conséquents dans de nouveaux centres modernes et multi-attractions . Gloucester, même si elle semble isolée des grandes métropoles anglaises, illustre parfaitement cette dynamique. Elle rejoint les autres villes du Royaume-Uni qui voient des centres d’escalade transformer leur paysage urbain et répondre à une demande de plus en plus forte. En témoigne également la récente levée de fonds de 23 millions d’euros par The Climbing Hangar — un autre acteur majeur du secteur — qui ambitionne de se déployer à l'international et de renforcer son réseau de salles. Ces deux actualités révèlent un marché en pleine effervescence, bien décidé à étendre ses frontières. Le Royaume-Uni, autrefois en retrait sur la scène mondiale, montre aujourd’hui une volonté claire de s’imposer en tant que bastion de la grimpe indoor en Europe . L’ouverture du 270 Climbing Park à Bentham marque donc un tournant pour la région de Gloucester-Cheltenham et pourrait bien attirer une nouvelle génération de grimpeurs, des débutants curieux aux athlètes confirmés. Avec ce projet audacieux, Stevens et son équipe misent sur une croissance soutenue et l’envie de créer une destination unique, symbolisant l’ambition britannique d’être à la pointe de l’escalade indoor en Europe. Pour les passionnés français, c’est un aperçu d’un marché qui se structure et se développe à vitesse grand V, donnant une perspective intéressante sur l’évolution de l’escalade au-delà de nos frontières.
- Climbing District franchit les Alpes : Milan, premier pas vers l’Europe
Climbing District, réseau de salles d’escalade urbaines en plein essor, élargit son terrain de jeu. Avec l’acquisition d’Urban Wall, un site emblématique à Milan, la marque amorce son développement à l’international et pose une première pierre sur la scène européenne. En janvier dernier, nous vous parlions de la levée de 10 millions d’euros par Climbing District pour soutenir une expansion ambitieuse. Cette stratégie prend forme avec l’acquisition d’Urban Wall, une salle de 2 500 m² située à Milan. Référence pour les grimpeuses et grimpeurs locaux, elle combine escalade de difficulté, bloc et vitesse, et reflète un choix stratégique : un pied-à-terre solide dans l’une des capitales économiques de l’Europe . © Baptiste Henry Milan, une entrée en scène étudiée Le choix de Milan n’est pas anodin. La ville, carrefour des tendances urbaines et sportives, offre un terrain idéal pour tester l’adaptabilité du modèle Climbing District en dehors de la France . Urban Wall, de son côté, n’est pas une salle ordinaire : c’est un lieu incontournable de la scène milanaise, autant par sa taille que par la diversité des disciplines proposées. Antoine Paulhac, co-fondateur et directeur général, insiste sur l’importance de ce premier pas : « L’acquisition d’une première salle à Milan est un marqueur très fort pour Climbing District. Elle illustre non seulement notre volonté d’internationaliser notre groupe en plein développement, mais aussi notre ambition d’être un acteur qui compte dans la dynamique de consolidation qui rebat les cartes au sein de notre secteur en France comme en Europe. » Ce développement marque également une nouvelle étape pour Climbing District, qui s’attaque à un marché plus fragmenté et compétitif à l’échelle européenne . Une stratégie d’expansion réfléchie Fondée en 2020, Climbing District s’est rapidement imposée comme un acteur majeur en France grâce à ses salles au design soigné et à une offre d’activités diversifiées. Avec sept salles en activité, dont six à Paris, l’entreprise revendique une formule hybride mêlant escalade, bien-être et sociabilité. Mais cette acquisition ne se limite pas à un simple agrandissement. L’entreprise projette de développer un réseau de pôles dans plusieurs grandes capitales européennes . L’objectif ? Répliquer son modèle tout en l’adaptant aux spécificités locales. À terme, Climbing District prévoit de s’implanter dans trois nouveaux pays d’ici fin 2025. Henri d’Anterroches, co-fondateur et président, ajoute : « Au-delà de l’agrandissement de notre réseau de salles, c’est une fierté de voir notre entreprise grandir et bénéficier d’une reconnaissance croissante sur le marché, non seulement pour la qualité de notre offre, mais aussi pour l’exemplarité de notre modèle entrepreneurial. L’obtention récente de la certification “B Corp” en est une belle illustration, qui vient récompenser le travail de nos 130 collaborateurs qui contribuent chaque jour à faire de Climbing District un groupe novateur et responsable qui séduit une clientèle toujours plus large et diverse. » Des engagements au cœur du projet Récemment certifiée B Corp, Climbing District affiche une ambition qui va au-delà de la seule performance économique. Cette certification internationale, qui distingue les entreprises aux pratiques sociales et environnementales responsables, devient un levier pour se différencier sur un marché en quête de sens . Dans un secteur de l’escalade urbaine en pleine évolution, marqué par la consolidation et l’arrivée de nouveaux acteurs, Climbing District s’efforce de prendre une longueur d’avance. La concurrence reste néanmoins forte, notamment en France, où plusieurs enseignes consolident leurs positions sur des segments similaires . La capacité de Climbing District à s’imposer au-delà des frontières nationales sera un défi majeur dans les prochaines années. Une étape, pas un sommet Avec cette première acquisition hors de France, Climbing District ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Reste à voir si le modèle qui a fonctionné à Paris, avec ses salles pensées comme des lieux de vie, saura séduire de l'autre côté des frontières. Ce premier pas à Milan n’est qu’un début : l’entreprise devra prouver sa capacité à concilier croissance rapide et fidélité à ses valeurs.
- Kilter Board : Block’Out comble le retard français
En matière de digitalisation, l’escalade française reste en retrait par rapport à ses voisins européens. Alors que la technologie transforme peu à peu la pratique, les salles françaises tardent à intégrer des innovations comme la Kilter Board , ces murs connectés qui se multiplient en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Scandinavie. Block’Out , en revanche, prend les devants et se positionne comme l’enseigne française la mieux équipée avec trois nouvelles Kilter Boards dans son réseau, et l’ambition d’aller encore plus loin. Nous sommes allés à leur rencontre à Évry, au pied de leur toute première Kilter Board fraîchement installée, pour en savoir plus. Pour l’occasion, Manu Cornu, grimpeur de l’équipe de France et athlète B'O, était de la partie pour nous aider à décrypter cette innovation et son utilité. © Vertige Media Une aventure née d’une passion pour l’innovation Depuis ses débuts en 2008, Block’Out s’est forgé une identité bien à lui, mêlant escalade, restauration et espace bien-être. Mais si le groupe s’est imposé comme un acteur incontournable, il ne se repose jamais sur ses lauriers. « L’innovation fait partie de notre ADN », explique Guillaume Colas, directeur régional pour l’Île-de-France. « Avec les Kilter Boards, on propose à nos adhérents quelque chose de vraiment nouveau, un outil qui complète notre offre et élargit les possibilités. » La Kilter Board, panneau d’escalade connecté, n'est pas encore très répandu en France . « Quand on a commencé à réfléchir au projet, il n’y en avait aucune en Île-de-France, et très peu ailleurs dans le pays. On a voulu combler ce vide et offrir une expérience inédite à nos grimpeurs », précise Guillaume. Pour lui, l’objectif est double : séduire les amateurs à la recherche de blocs accessibles et offrir aux grimpeurs chevronnés un outil de perfectionnement . « C’est une solution qui s’adapte à tous, peu importe le niveau. Que ce soit pour découvrir, s’amuser ou s’entraîner sérieusement, la Kilter Board a sa place dans nos salles. » Un pari stratégique pour le futur de Block’Out Avec l’arrivée des Kilter Boards, Block’Out ne fait pas qu’ajouter un outil à son catalogue : le groupe signe un véritable tournant . « On a toujours voulu proposer une escalade accessible, mais exigeante, et cette opération nous replace clairement au cœur du jeu », affirme Jérémy Lemau, directeur réseau escalade à l’initiative de l’opération. En misant sur ces panneaux connectés, le réseau ne rattrape pas seulement le retard français : il montre qu’il est prêt à en finir avec l’idée que l’innovation dans l’escalade serait réservée à nos voisins européens. Pour Block’Out, c’est aussi une question d’ambition. Ces installations marquent le début d’un projet plus large visant à redessiner le paysage de la grimpe indoor en France , une salle après l’autre. « On ne veut pas juste suivre la tendance. Avec ce genre d’initiatives, on veut montrer qu’on est capables de réinventer ce qu’une salle d’escalade peut offrir, pour tous les grimpeurs, à tous les niveaux », conclut Jérémy. Évry, première étape d’un projet ambitieux La première Kilter Board a fait son apparition en Île-de-France, dans la salle Block’Out d’Évry. À peine inaugurée, une seconde vient tout juste d’être installée à Tours, et une troisième est déjà en préparation, bien que son emplacement reste encore confidentiel au sein du réseau. Mais pourquoi commencer par Évry ? Guillaume éclaire ce choix : « C’est une salle qui attire déjà un public varié, avec des grimpeurs de tous horizons. C’était idéal pour tester l’accueil de cette nouveauté. Et, franchement, les retours sont excellents. » Manu Cornu était parmi les premiers à tester le mur : « La Kilter, c’est un outil incroyable. Ce qui est génial, c’est que tu peux ajuster l’inclinaison, choisir des blocs adaptés à ton niveau et explorer des milliers de problèmes via l’application. Pour l’entraînement, c’est top. » © Vertige Media L’appli, justement, est l’un des points forts de cet équipement. Elle permet de sélectionner des blocs créés par des grimpeurs du monde entier et d’en créer de nouveaux . « C’est une vraie révolution, autant pour les pros que pour les débutants », ajoute Manu. « Tu peux partager des blocs avec tes potes, ou même en inventer et les envoyer à d’autres grimpeurs. C’est à la fois pratique et hyper fun. » Un outil pensé pour progresser, mais pas sans précaution La Kilter Board n'est pas seulement ludique. Pour Manu, elles sont surtout des outils de perfectionnement d’une rare précision : « Le fait que ce soit normé, partout dans le monde, c’est un atout énorme. Tu peux reproduire exactement le même bloc, avec la même inclinaison, peu importe où tu es. C’est idéal pour travailler un mouvement spécifique ou mesurer ta progression. » Mais il met aussi en garde : « Attention, c’est intense. Les Kilter sollicitent beaucoup les doigts et les tendons. Il faut éviter d’en abuser. Une séance de deux heures, c’est déjà pas mal. Et comme toujours, un bon échauffement est indispensable. » © Vertige Media Guillaume partage cette prudence : « On veut que les grimpeurs utilisent ces murs intelligemment. C’est pour ça qu’on prépare des ateliers et des animations pour accompagner les adhérents. La Kilter, c’est un outil, pas une fin en soi. » Créer pour mieux grimper : une dimension oubliée retrouvée Au-delà de l’aspect technique, la Kilter Board réintroduit une dimension souvent perdue dans les salles modernes : la créativité . « Avec l’appli, chacun peut se glisser dans la peau d’un ouvreur. Tu choisis des prises, tu imagines un bloc et tu le testes. C’est presque une initiation à l’art de l’ouverture », explique Guillaume. Manu, lui, voit dans cette approche un retour aux fondamentaux : « Quand j’ai commencé à grimper, on créait nos blocs sur des panneaux simples. La Kilter redonne un peu cette liberté. Ça pousse les grimpeurs à réfléchir, à analyser les mouvements, et à progresser autrement. » Il insiste sur l’importance de cette démarche, notamment pour les jeunes générations : « Créer un bloc, c’est comprendre pourquoi un mouvement fonctionne ou non. Ça te fait voir l’escalade différemment, pas juste comme un défi physique, mais comme un jeu d’équilibre et de stratégie. » © Vertige Media Un outil pour tous, une expérience à partager La force de la Kilter Board réside aussi dans leur accessibilité. « Elles s’adressent à tous », affirme Guillaume. « Un débutant peut choisir des blocs très faciles et ajuster l’inclinaison pour gagner en confiance. Un grimpeur expérimenté, lui, peut relever des défis bien plus complexes. » Manu ajoute : « C’est un outil qui crée du lien. Tu peux grimper sur le même bloc que ton pote à l’autre bout du pays, ou même défier un grimpeur que tu as vu sur Instagram. Ça dépasse la salle, ça connecte les gens. » Mais pour lui, l’expérience ne se résume pas à la technologie : « Grimper sur une Kilter, c’est aussi retrouver une dimension ludique, presque enfantine. Tu peux te challenger, te dépasser, mais toujours dans le plaisir. » Et maintenant ? Place à l’action Le réseau ne compte pas s’arrêter là. Des contests, des ateliers et d’autres animations autour des Kilter Boards de Block'Out sont déjà en préparation . « On veut que ces murs deviennent des lieux de vie, pas juste des outils d’entraînement », explique Guillaume. Pour Manu, le message est clair : « Le mieux, c’est encore de venir essayer. C’est une expérience unique. Une fois que tu y as goûté, difficile de revenir en arrière. » Avec la Kilter Board, Block’Out redéfinit l’expérience grimpeur, en mêlant technique, créativité et convivialité. Déjà l’enseigne la mieux équipée de France avec trois Kilter Boards et des ambitions claires pour l’avenir, Block’Out s’impose comme un acteur incontournable de l’innovation dans les salles d’escalade. Alors, êtes-vous prêts à grimper autrement ?
- FFME : Une nouvelle équipe aux commandes pour 2025-2028
Le 30 novembre 2024, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) a élu son Conseil d’administration pour l’olympiade 2025-2028 . Une élection sans grande surprise, avec une seule liste en lice, mais qui marque un moment charnière. Ce nouveau Conseil, composé de 28 membres, doit naviguer entre continuité et renouveau, dans un paysage où l’escalade gagne en popularité mais voit aussi ses défis se multiplier. © FFME Un Conseil à l’heure des réformes Cette élection s’inscrit dans un contexte de mutations profondes pour la gouvernance fédérale : Une élection plus démocratique . Pour la première fois, chaque club affilié disposait d’un droit de vote proportionnel au nombre de licenciés, remplaçant l’ancien système des grands électeurs départementaux. Une avancée significative qui donne davantage de poids aux clubs locaux dans les décisions fédérales. La parité inscrite dans les statuts . Si le Conseil d’administration précédent respectait déjà une stricte égalité hommes-femmes, cette exigence est désormais gravée dans les statuts , conformément au code du sport. Cela garantit une parité pérenne, indépendante des sensibilités des futurs présidents. L’arrivée des représentants des athlètes . Une des grandes nouveautés du code du sport est l’intégration obligatoire de deux représentants des athlètes : un homme et une femme. À ce jour, seul Pablo Giner a été désigné, et la FFME cherche activement une grimpeuse pour occuper le poste féminin. Une équipe renouvelée, mais dans la continuité Avec 12 nouveaux membres, ce Conseil d’administration reflète un équilibre subtil entre anciens piliers et nouveaux visages. Alain Carrière, réélu président, est accompagné de figures emblématiques comme Caroline Ciavaldini , grimpeuse de renommée internationale, et François Petit, acteur clé du précédent mandat. François Petit, fondateur du réseau Climb Up, représente les établissements affiliés , parmi lesquels figurent désormais une soixantaine de salles privées. Sa présence, loin d’être anecdotique, témoigne de l’évolution des fédérations, qui doivent intégrer davantage les dynamiques économiques et privées dans leurs discussions. Un Conseil en quête de cap : les défis à venir Le départ de Pierre-Henri Paillasson, directeur technique national (DTN) depuis plusieurs années, marque une étape clé dans la réorganisation de la FFME. Comme l’indique l’appel à candidature publié le 9 octobre dernier, la fédération cherche activement à pourvoir ce poste stratégique, confirmant ainsi son départ imminent. Cette transition complique pour l’instant la définition des priorités fédérales , le nouveau Conseil d’administration n’ayant pas encore communiqué de feuille de route officielle. Cependant, certains axes paraissent évidents au vu des défis actuels : Élargir la pratique tout en préservant les sites naturels . La démocratisation de l’escalade augmente la fréquentation des falaises, posant la question d’un équilibre entre accessibilité et conservation. Renforcer la sécurité . Les chiffres récents sur l’accidentologie montrent l’importance d’agir sur ce sujet, en particulier pour la pratique de l'escalade. Préparer les JO de Los Angeles 2028 . Maintenir la France compétitive sur la scène internationale nécessitera une stratégie claire pour accompagner les athlètes. Réorganiser la direction technique . Le recrutement d’un nouveau DTN sera essentiel pour piloter les choix stratégiques de la fédération. Compléter les postes vacants . Trouver une grimpeuse pour la co-présidence des athlètes et désigner un représentant des entraîneurs restent des chantiers majeurs. La composition du Conseil d’administration 2025-2028 Présidence et fonctions clés : Alain Carrière – Président Sandra Berger – Secrétaire Pierre Betil – Trésorier Collège général : Isabelle Wack Éric Bauvin Juliette Payet Josselin Cazaux Pascale Pilnière Jean-Luc Rigaux Pascale Lanfranchi François Petit – Représentant des établissements affiliés Sophie Boëdec – Médecin Thierry Serin Véronique Maggi Jean-Claude Grand Caroline Ciavaldini Pierre Dupont Bénédicte Casado Arnaud Gigon Charlotte Lemaire Jean-Philippe Borges Karine Hernando Patrick Rivera Maryline Proal François Peraldi (Suppléant) Sabine Steenstrup (Suppléante) Éric Simon (Suppléant) Nathalie Lozano (Suppléante) Commission des athlètes de haut niveau : Pablo Giner – Co-président Poste féminin à pourvoir Représentants spécifiques : Céline Gérard – Représentante des arbitres Poste de représentant des entraîneurs à pourvoir Si ce Conseil d’administration incarne un équilibre entre nouveauté et continuité , les attentes restent immenses. La FFME, au cœur d’un sport en pleine transformation, devra démontrer sa capacité à répondre aux besoins de la base tout en accompagnant l’élite. Pour les grimpeurs et grimpeuses de France, la route est encore escarpée, mais les prochaines décisions fédérales diront si ce Conseil est capable de poser des prises solides ou s’il restera suspendu entre ambition et inertie.
- NEOM IFSC Masters : la fin d’une escalade controversée
La nouvelle est tombée dans un souffle presque imperceptible : les NEOM IFSC Masters ne reviendront pas en 2025 . Pas de troisième édition pour cet événement qui avait réussi l’exploit d’attirer les projecteurs... et les foudres. Une disparition discrète, à l’image de la stratégie adoptée par l’IFSC face à la polémique : le silence. Mais derrière cette annonce laconique, que s’est-il réellement passé ? Décryptage d’une décision qui soulève bien plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. © Neom NEOM : la ville qui voulait grimper vers l’avenir En 2022, l’escalade de haut niveau découvrait NEOM, une mégapole futuriste rêvée par l’Arabie Saoudite. Imaginée comme un symbole d'innovation et d’écologie, cette ville utopique devait marier performance technologique et harmonie environnementale. En pratique ? Des bulldozers dans le désert, une expropriation massive des populations locales, et des critiques unanimes sur le greenwashing massif qui entoure le projet . C’est dans ce décor controversé que les NEOM Beach Games ont vu le jour, avec une ambition claire : promouvoir l’image d’un royaume en pleine réinvention. Au menu, des épreuves de basket 3x3, de triathlon, de beach soccer, et bien sûr, d’escalade. Mais dès la première édition, l’initiative a laissé un goût amer : les grimpeurs invités se retrouvaient face à un dilemme moral, et les critiques fusaient de toutes parts . Un retour sous tension en 2024 L’année suivante, malgré les appels au boycott et une lettre ouverte signée par des grimpeurs renommés comme Hugo Parmentier et Nolwen Berthier, l’IFSC décidait de rempiler . Une décision incompréhensible pour beaucoup. « Comment peut-on prêter l’image de notre sport à un projet qui incarne l’opposé de ses valeurs ? » s’indignait le collectif ACTS dans une tribune relayée par les médias internationaux. Mais sur le terrain, la compétition de 2024 avait déjà perdu de sa superbe. La liste des participants, d’ordinaire affichée fièrement par l’IFSC, était cette fois restée invisible jusqu’à la dernière minute. Une opacité qui traduisait sans doute une gêne : seuls deux Français étaient présents, et la majorité des grands noms du circuit avaient décliné . En leur lieu et place ? Une poignée de grimpeuses et grimpeurs moins connus, attirés par des primes alléchantes. Pour beaucoup, on imagine que c’était moins un choix de cœur qu’un choix de raison. L’IFSC : un silence assourdissant Lorsqu’on interroge l’IFSC sur la fin des NEOM IFSC Masters, la réponse se veut factuelle : « Les organisateurs de NEOM ont choisi de ne pas planifier une troisième édition. » Une justification lapidaire qui détourne habilement le regard des critiques éthiques et environnementales . Ce silence est devenu une signature pour la fédération. Déjà en 2023, elle avait ignoré les interpellations publiques d’ACTS, préférant, selon le collectif, « faire pression sur les signataires plutôt que de répondre aux critiques ». Pour une organisation qui se targue de « créer un monde meilleur grâce à l’escalade », cette posture divise. Pourquoi NEOM lâche l’affaire ? L'abandon des NEOM IFSC Masters en 2025 soulève de nombreuses questions. Officiellement, cette décision émane des organisateurs. Cependant, plusieurs facteurs pourraient l'expliquer. D'un point de vue financier, organiser un tel événement dans le désert, avec des investissements massifs, s'avérait peu rentable , surtout face à une couverture médiatique largement négative. En 2024, même les médias saoudiens peinaient à dissimuler l'échec de l'événement, marqué par une faible affluence et un désintérêt croissant des sponsors. Les critiques internationales ont également pesé lourd. Des reportages du Wall Street Journal et de la BBC , ainsi que des condamnations par Human Rights Watch , ont mis en lumière les violations des droits humains et les accusations de greenwashing associées au projet NEOM. Dans ce contexte, associer une compétition sportive à une telle initiative devenait une stratégie risquée , même pour une fédération internationale. De plus, le projet NEOM lui-même fait face à des défis majeurs. Initialement prévu pour être achevé d'ici 2030, des responsables saoudiens ont admis que "The Line", une composante clé de NEOM, ne serait pas terminé avant 50 ans . Cette prolongation, combinée à des problèmes financiers et des violations des droits humains, a conduit à des retards et à une réduction de l'ampleur du projet . Ainsi, la non reconduction des NEOM IFSC Masters en 2025 pourrait être le reflet de ces défis, rendant la poursuite de l'événement insoutenable. Un dilemme pour l’escalade de haut niveau Au-delà de NEOM, cette histoire met en lumière un dilemme plus large pour l’escalade de haut niveau : peut-on développer un sport tout en restant fidèle à ses valeurs ? Si les primes des NEOM IFSC Masters étaient parmi les plus élevées du circuit, elles n’ont pas suffi à masquer l’impact symbolique de la participation . « Qu’on le veuille ou non, le sport est politique », martèle Hugo Parmentier. Et de rappeler que l’escalade, sport historiquement ancré dans une relation intime avec la nature, a tout à perdre en se mêlant à des projets comme NEOM. Vers un futur plus éthique ? Avec la fin des NEOM IFSC Masters, une page se tourne. Mais pour l’IFSC, le défi reste entier : comment concilier ambitions de croissance et éthique environnementale ? Certains, comme Mickael Mawem, veulent croire en un rebond. « C’est un sport jeune. Il faut du temps pour construire un calendrier stable et éthique. » D’autres, comme ACTS, continuent d’appeler à une réforme en profondeur, pour que l’escalade retrouve les valeurs qui ont fait son essence . Une chose est certaine : NEOM restera dans l’histoire comme un exemple de ce qu’il faut éviter. Et si la fédération ne prend pas les leçons de cet épisode, elle risque de voir les grimpeurs – et les fans – tourner définitivement le dos à ses initiatives les plus controversées. Ces articles peuvent aussi vous intéresser : Neom Beach Games : l’escalade dans les sables mouvants Qui sont les grimpeurs qui participeront aux Neom Beach Games ? ACTS vs. IFSC : une offensive épistolaire
- Championnats du Monde d’escalade à Berne : le gouffre financier
À l'été 2023, les Championnats du Monde d’escalade ont transformé la capitale suisse en une scène sportive internationale. Une fête pour les amoureux de la grimpe, mais une sacrée gueule de bois pour ses organisateurs. La radio suisse alémanique SRF a été la première à lever le voile sur cet épineux déficit, bientôt relayé par d'autres médias. Derrière les cris d’encouragement et les applaudissements, un gouffre financier qui fait tâche dans l’album photo de l’escalade suisse s’est immiscée : un trou financier de 1,8 million d’euros . Que s’est-il passé pour que le Club Alpin Suisse (CAS), pilier vénérable de la montagne, se retrouve à jongler avec un déficit aussi vertigineux ? © Lena Drapella / IFSC Une organisation ébranlée par ses ambitions Le CAS, organisateur en chef, n’avait pas vu venir l’ampleur de la tâche. Selon un rapport interne resté confidentiel, ce n’est pas une faute unique qui explique le fiasco, mais un chapelet d’erreurs . Selon les analyses relayées par SRF, le déficit serait dû à « une combinaison de mauvaises décisions et d’un manque de préparation à un événement de cette ampleur », une synthèse que certains attribuent à l’équipe dirigeante du CAS. Si les détails restent flous, quelques pistes émergent : une planification défaillante, des dépenses mal calibrées, et une gestion trop optimiste. L’aspect financièrement toxique de l’événement a contraint le CAS à puiser dans ses réserves pour éponger la dette . Une manière de sauver les apparences sans demander à ses membres de passer à la caisse. Malgré tout, cet effort financier reste un coup dur pour une association qui joue traditionnellement les premiers de cordée. Une leçon à tirer pour le CAS Face à ce naufrage financier, le CAS n’a pas tardé à réagir. Une commission spéciale, mélange de sagesse alpine et de rigueur comptable, a été mise en place. Cette structure a épluché chaque ligne du bilan et proposé un plan d’action ambitieux : éviter à tout prix que l’histoire ne se répète. Les premiers enseignements ont déjà été partagés avec les sections locales. Parmi les mesures envisagées, une meilleure répartition des responsabilités et une supervision renforcée de la gestion des événements. Mais cela suffira-t-il ? Selon les analyses relayées par la commission spéciale du CAS, il ne s’agit pas seulement de corriger les erreurs, mais aussi de redéfinir une approche pour mieux encadrer de tels événements . Une montée en compétence nécessaire Cet épisode montre à quel point l’organisation d’événements de haut niveau ne s’improvise pas . Même pour une institution aussi respectée que le CAS, le gouffre entre le rêve et la réalité peut s’avérer abyssal. Les compétences requises ne sont pas celles qu’on mobilise pour gérer un refuge ou baliser un sentier. Pour certains observateurs, ce déficit révèle une forme de décalage culturel. Certains pointent que si le CAS excelle dans l’art de la montagne, il n’a pas encore intégré la dimension marketing et logistique nécessaire pour ces événements, un enjeu central pour l’avenir. La suite passera sans doute par des partenariats avec des acteurs spécialisés, capables de transformer une compétition en succès public et financier. Berne 2025 : une revanche prudente Malgré ce revers, le CAS ne se désengage pas totalement des compétitions internationales. En juin 2025, Berne accueillera une étape de la Coupe du Monde de bloc . Mais cette fois, le CAS jouera les conseillers dans l’ombre, laissant la lourde charge organisationnelle à des partenaires externes . Une stratégie qui ressemble à un repli tactique pour préserver son image et ses finances. Pour Bernhard Aregger, directeur général du CAS, cet événement représente une occasion de redorer le blason de l’escalade suisse. Lors d’une déclaration relayée par SRF, il a souligné : « Nous voulons montrer que l’escalade peut continuer à grandir, sans pour autant sacrifier nos principes ». Ce qui, dans le langage feutré des institutions, ressemble à une manière polie de dire : plus jamais ça . Une corde trop tendue L’affaire de Berne 2023 est un électrochoc rappelant que la grandeur a un prix . Vouloir rivaliser avec les plus grands événements sportifs impose des compétences et des ressources que le CAS, avec ses bonnes intentions mais ses moyens limités, ne pouvait mobiliser. Mais tout n’est pas perdu. Si cette déconvenue ébranle la confiance, elle ouvre également une opportunité : celle de construire une approche plus professionnelle, plus collégiale, et surtout, plus alignée sur les réalités du sport moderne. Pour le CAS, l’avenir s’écrira peut-être avec un peu moins de panache, mais avec beaucoup plus de pragmatisme.












