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- Outside s’éteint, et c’est toute une idée du dehors qui disparaît
Le déclin d’Outside Magazine, disséqué par Rachel Monroe dans une enquête pour le New Yorker, dépasse largement le simple naufrage éditorial. Derrière la débâcle d’un magazine culte, c’est une certaine idée du récit outdoor qui disparaît sous les coups des entrepreneurs hors sol, des NFTs ratés, et d’une quête absurde de « scalabilité ». L’occasion de rappeler aussi que ce qu’on lit, on le fait vivre, et que le futur du dehors s’écrit encore aujourd’hui dans les médias indépendants. La chute d’un média, quand elle se produit, est rarement spectaculaire. Quelques licenciements pudiquement appelés « réorganisations », une dernière fête de départ vaguement sinistre, et voilà une rédaction qui disparaît discrètement dans le flux d’informations. Pourtant, certaines agonies racontent beaucoup plus qu’elles n’en disent. Celle d’Outside Magazine, racontée par Rachel Monroe dans un remarquable papier du New Yorker, est précisément de celles-là. Fondé en 1977 par Jann Wenner, également créateur de Rolling Stone, puis dirigé pendant près de quarante ans par Larry Burke, Outside était autre chose qu’un titre parmi d’autres. C’était un repère du journalisme littéraire outdoor, celui qui prenait le temps des détours, qui osait les récits longs, les enquêtes improbables et les histoires profondément humaines. Avec l’arrivée en 2021 de Robin Thurston, entrepreneur numérique adepte de « contenus scalables », l’histoire a pris une tournure absurde, entre promesses vides, management chaotique et une tentative ratée de « tokeniser l’aventure » à coups de NFTs. Mais derrière ce fiasco entrepreneurial, ce qui s’effondre lentement, c’est aussi toute une manière d’écrire et de penser le dehors, loin des logiques marketing, loin des métriques et des slogans creux. Une écriture dont la survie ne tient désormais qu’à un fil. Quand Outside incarnait l’opposé du « snack content » Dans les années fastes d’Outside Magazine, lorsque l’édition papier sentait encore l’encre et le grand reportage, le magazine cultivait volontairement une certaine lenteur. Il fallait bien ça pour laisser David Quammen s’interroger en longueur sur l’étrange existence des moustiques, ou Susan Orlean traîner dans les coulisses d’une corrida espagnole. La rédaction donnait carte blanche à Jon Krakauer pour livrer en 17 000 mots son récit tragique et magistral de l’Everest en 1996, publié sous le titre Into Thin Air. C’était audacieux, peut-être un peu fou, certainement moins rentable à court terme que des conseils « 5 façons d’optimiser votre sac à dos ». Mais justement : Outside n’avait que faire du court terme. Il était le magazine des récits sans filtre, où l’on osait dire l’inutile, le trivial, l’essentiel ou le douloureux avec le même talent littéraire. Un style assumé, à l’écart des injonctions commerciales. L’arrivée de Robin Thurston, ou l’irrésistible ascension du dehors numérique Cette époque révolue a trouvé son fossoyeur en la personne de Robin Thurston. Ancien CEO de MapMyFitness, cycliste semi-professionnel et surtout entrepreneur de génie lorsqu’il s’agit de séduire les fonds de capital-risque, Robin Thurston avait pour Outside une vision radicalement différente : en faire « l’Amazon Prime du lifestyle actif ». Rachel Monroe, dans son enquête, montre avec précision comment ce patron aussi énergique que déconnecté s’est progressivement coupé de l’âme même du magazine. Robin Thurston rêvait grand, très grand : un écosystème digital gigantesque, des podcasts à la pelle, des applications GPS, et surtout, cette fameuse idée du « Outerverse », une tentative de vendre des NFTs d’expériences outdoor. Évidemment, la montagne virtuelle n’a jamais trouvé preneur : quelques centaines de NFTs vendus sur dix mille attendus, et un échec aussi prévisible que retentissant. Face au fiasco, Robin Thurston n’a pas résisté à un grand classique des dirigeants en difficulté : l’excuse du timing, incontournable argument tout droit sorti du manuel du CEO moderne. Ce n’était donc « pas le bon moment ». Bien sûr. On pourrait presque en sourire, tant la pirouette est caricaturale, si elle ne révélait pas quelque chose de plus profond : un storytelling outdoor vidé de son sens au profit d’une expérience lisse, aseptisée, sans météo, sans sueur, sans réel. Et désormais, apparemment, sans responsabilité. Médias indépendants : comment écrire et être lu sans se trahir ? La chute d’Outside Magazine pourrait simplement prêter à sourire si elle ne venait pas rappeler douloureusement ce que vivent quotidiennement les médias indépendants. Au fond, le dilemme auquel Robin Thurston s’est confronté de manière caricaturale, tous les médias indépendants le connaissent : comment écrire ambitieux, fouillé, profond, sans disparaître aussitôt dans l’océan des contenus courts, viraux, instantanés ? Cette tension permanente entre exigence éditoriale et efficacité numérique est devenue un exercice délicat. Écrire bien demande du temps, de la réflexion, un luxe face aux algorithmes impitoyables des réseaux sociaux. Chez Vertige Media, on connaît parfaitement ce tiraillement : nous jonglons entre l’envie sincère de proposer des textes subtils, parfois complexes, et la nécessité de capter l’attention à coups de titres provocateurs ou de formats courts calibrés pour Instagram. Ce n’est jamais totalement confortable, mais c’est une réalité qu’on assume. Il serait toutefois injuste de juger trop sévèrement ces compromis. Après tout, une bonne accroche, même légèrement provocatrice, peut être une porte d’entrée vers un contenu riche. Le danger n’est pas dans l’accroche elle-même, mais dans le glissement vers une écriture entièrement calibrée pour l’algorithme. La responsabilité appartient aussi aux lectrices et lecteurs : à leur curiosité, leur patience, leur volonté de soutenir celles et ceux qui racontent encore autre chose que du prémâché. Car écrire et être lu sans se trahir relève d’une véritable co-responsabilité, où chacun doit accepter de jouer sa part, humblement mais sans hypocrisie. Ce qu’il reste à sauver : le dehors imparfait, le récit vivant Ce que le déclin d’Outside Magazine met aussi cruellement en évidence, c’est que l’écriture du dehors, celle que l’on aime lire et relire, est plus que jamais menacée par la standardisation digitale, par la start-upisation de l’outdoor, par la promesse de rendre tout « scalable », même l’aventure. Mais il reste encore des espaces où le récit peut respirer : ces médias indépendants, ces voix solitaires qui racontent les bivouacs ratés, les doutes et les moments ordinaires plutôt que les seules réussites photogéniques. Ils sont fragiles, parfois maladroits, jamais parfaits, mais toujours vivants. La responsabilité nous incombe désormais, lecteurs, grimpeurs, passionnés : ce qu’on lit, on le soutient. Et ce qu’on soutient, on le fait vivre. Il n’y aura jamais d’algorithme capable de saisir la peur sous un orage à 3 000 mètres, le frisson d’un sommet au petit matin, ou la beauté d’une phrase relue dix fois parce qu’elle touche juste. Il y aura seulement celles et ceux qui écrivent encore, et celles et ceux qui prennent le temps de lire. Ce contrat implicite est tout ce qui nous reste. Parce qu’à force de vouloir tout raconter en trois clics, on pourrait finir par oublier comment vivre ce qu’on prétend raconter.
- Para-escalade : la FFME ouvre officiellement la voie aux ouvreurs spécialisés
Si, dans le petit monde de l’escalade, les ouvreurs sont les héros invisibles de chaque compétition, en para-escalade, leur rôle devient plus pointu encore : ouvrir, c’est anticiper précisément les mouvements selon des critères techniques mais aussi physiologiques précis. Face à la multiplication rapide des compétitions para, il devenait donc urgent que la FFME formalise enfin les choses. Voilà qui est fait : la fédération lance officiellement sa première formation nationale spécialement dédiée aux ouvreurs de compétitions para-escalade, programmée du 2 au 4 septembre 2025 à la CIME, à Troyes, en collaboration avec le club Dévers Troyes. © Lena Drapella/IFSC Pourquoi une formation spécifique ? Ouvrir en para-escalade ne s’improvise pas : chaque handicap présente des spécificités que l’ouvreur doit connaître parfaitement, en tenant compte des classifications internationales. Jusqu’ici, malgré la bonne volonté évidente, l’ouverture en para-escalade relevait souvent d’une démarche intuitive, parfois approximative. La fédération souhaite désormais offrir une approche structurée et homogène pour mieux accompagner les clubs organisateurs sur tout le territoire. En clair, l’objectif est d’améliorer la qualité générale des compétitions, et de garantir une équité sportive réelle pour tous les athlètes. Un métier exigeant et technique Cette première formation nationale sera encadrée par Christophe Cazin et Yoris Delahaye, deux ouvreurs de référence au niveau international. Durant trois journées intensives, ils transmettront leur expérience en se concentrant sur l’aspect technique spécifique à l’ouverture en para-escalade : positionnement précis des prises, adaptation aux différentes capacités physiques des athlètes, maîtrise des contraintes liées aux divers handicaps, mais aussi réflexion sur le caractère engageant et stimulant des voies proposées. Une formation qui anticipe l’avenir Même si l’objectif premier reste territorial et national, difficile de ne pas voir plus loin. Alors que la para-escalade va intégrer officiellement le programme des Jeux Paralympiques de Los Angeles en 2028, former dès aujourd’hui des ouvreurs spécialisés est une étape logique pour anticiper une éventuelle professionnalisation à plus large échelle. Sans afficher ouvertement cet horizon paralympique, la FFME place tout de même ses pions de manière pragmatique, préparant ainsi le terrain pour une reconnaissance internationale future de l’expertise française dans ce domaine précis. Maintenant que la voie est ouverte, reste à voir qui voudra s’y engager. Infos pratiques et inscription La formation est ouverte à 12 candidats répondant aux critères suivants : Être âgé de 18 ans minimum, Détenir une licence FFME en cours de validité, Être titulaire du Brevet Officiel d’Ouvreur niveau 1, avec formation continue à jour. Les inscriptions se font ici et se clôturent le 11 juillet 2025.
- Vertige Media fait sa première teuf !
Après une bonne année de grimpe sociale, culturelle et joyeuse, il est temps pour notre jeune média de célébrer ses premiers pas. Sauvez la date et accrochez-vous, la rédaction de Vertige Media part enfin en live. Une dégaine. C'est déjà ça... Voilà plus d'un an que Vertige Media grimpe à vos côtés en publiant toujours plus d'articles, de vidéos, de guides et quelques autres choses sur une discipline qui nous passionne et que nous avons voulu traiter à travers un prisme social, culturel, parfois même politique. Une année riche, bien pleine, aventureuse. Une année au sommet de laquelle nous avons voulu nous arrêter un peu, histoire d’admirer la vue. Le plaisir d’arriver en haut, c’est aussi ça : le luxe de pouvoir contempler les alentours, de respirer un bon coup, de laisser retomber les émotions et de jeter un œil en bas pour se rendre compte du chemin parcouru. En traçant notre croix, relâchons donc les bras et comptons sur nos doigts. Aujourd’hui, Vertige Media, c'est : Près de 1000 articles publiés Une cinquantaine de vidéos postées Une communauté de plus de 20 000 personnes qui nous suit sur nos canaux (réseaux sociaux, newsletters) Mais au-delà des chiffres, c'est aussi une vision de l'escalade qui s'est diffusée un peu partout. Un peu sans maîtrise aussi, tant nous avons souvent été surpris que nos réflexions dépassent les cercles dans lesquels nous pensions les projeter. Alors, il y a eu cette chronique sur France Inter bien sûr (quelle histoire) mais surtout vos retours - toujours sympas, parfois constructifs - sur nos interventions au salon de l'escalade, notre humour discutable sur Instagram, les dessins de Piet ou les jeux de mots qui excèdent certain·e·s d'entre vous (et qu'on se fait un plaisir de sales gosses à poursuivre). Que voulez-vous, c'est la faute de l'emprise (vous l'avez ?). Une chose est sûre, les sentiments que provoquent ces retours nous confortent dans notre mission : présenter la grimpe sous un jour nouveau et la traiter comme un fait social. Dit autrement : promouvoir la diversité de l'escalade et la peindre de toutes les couleurs. De quoi vous faire un joli dessin composé de reportages exclusifs, de témoignages uniques, de portraits hors-normes et, allez, d'enquêtes exclusives ! En un peu plus d'un an, il aurait été difficile d'imaginer que Vertige puisse grimper aussi haut. Pardonnez donc l'emphase, ou plutôt l’enthousiasme avec lequel on écrit ces lignes. C'est sans doute celui que vous ressentez quand vous passez un degré dans la voie que vous vous êtes choisie. Eh bien, cette énergie, très cher·e·s tout·es, il est temps de la partager. Et cette fois-ci, sans jeu de mots douteux ni envolées lyriques (quoi que). Cette énergie, on veut que vous la ressentiez dans la vie, la vraie. Un Vertige collectif Vous ne savez pas combien nous sommes heureux à l'idée de vous retrouver lors du premier événement officiel de la rédaction le 12 juin prochain, au TLM, à Paris. Alors c’est la première, c’est à Paris. Excusez le jacobinisme, mais c’est aussi là qu’a commencé notre histoire. Et il faut bien l’écrire en respectant la vérité. Pour accueillir celles et ceux qui voudront continuer l'histoire en train de se faire, on a donc choisi Le TLM. Une ancienne gare de marchandises réhabilitée en tiers-lieu, sur les rails de la petite ceinture parisienne. Encore une histoire de voie, ça nous allait bien. Dedans, c’est une grande salle d’échos qui nous attend. Un espace grandiose, un bar d'envergure et une petite scène d’où se propageront sans doute quelques mots doux. Dehors, on se croirait sur un chemin forestier, un air de campagne dont on voulait profiter pour orienter nos pensées à nos lecteur·ices, loin de la ville. Et puis à un moment donné, parmi tout, il s’agira de vous donner du Vertige en live. Du petit spectacle avec les ingrédients que l'on sait mettre : des histoires, de l’esprit, du décalage. L'histoire du 12 juin s'écrira en trois temps : 👉 Une présentation de Vertige Media avec son histoire, ses projets en cours, son équipe et les résultats de l'enquête de lectorat. 👉 Une conférence inédite avec des grimpeur·ses d'exception et une méga-surprise. 👉 Un apéro-géant où il s'agira de se rencontrer, de partager et de rire ensemble. Bref, un vertige collectif dans lequel nous sommes ravis de vous faire tomber. Alors, on danse ? ✨ Infos pratiques ✨ 🗓️ Jeudi 12 juin 2025 ⏰ 19h-23h 📍 Le TLM - 105 rue Curial, 75019 Paris 🚇 Métro 5 Corentin Cariou | Métro 2 Crimée | RER E Rosa Parks 🎟️ Inscription : formulaire disponible ici 👕 Stand de goodies Vertige Media disponible sur place
- Coupes du monde d’escalade : à bout de souffle ?
La semaine dernière, la première coupe du monde d’escalade de la saison s'achevait à Keqiao en Chine. Et avec elle, le premier test de nouvelles réglementations implantées par la fédération internationale, l’IFSC, pour la discipline du bloc laissant les spectateurs face à un constat mitigé. Décryptage. © Nakajima Kazushige / IFSC Il y a encore une dizaine d'années, l'escalade compétitive voyageait sur un long fleuve tranquille. Un enchaînement de coupes et championnats du monde dans un rythme cyclique, tranquille. Jusqu’à ce que la randonnée prenne des airs d’ultra-trail avec l’entrée de la discipline aux Jeux Olympiques. Entre exigences télévisuelles et besoin de capter l'attention des plus néophytes, l'escalade se cherche et chaque année apporte son lot de changements. Keqiao, késako ? À Keqiao, ils étaient au nombre de 3 : 👉 une augmentation du nombre de grimpeurs en finale passant de 6 à 8 👉 l'évolution du système de scoring 👉 et surtout, le changement de mode de passage des athlètes en finale, avec désormais deux grimpeurs en simultané sur les tapis. Un dernier changement avec un but assumé : réduire les temps morts et maximiser le temps d'action sur le mur pour le spectateur. À première vue, cette décision peut faire sens. Quiconque aura déjà vécu une finale avec très peu de tops le confessera : l'ennui s'immisce facilement. Or, dans un sport comme l'escalade où tout repose sur l'ouverture, la probabilité d'occurrence est élevée et plus les enjeux sont grands, moins l'aléatoire est toléré. Alors, on l'éradique. Quitte à dénaturer l'essence même du sport. À Keqiao, le système de ronde présentant deux athlètes simultanés en finale aura mis en lumière ses qualités autant que ses défauts. D’abord, gageons que l’objectif principal est atteint : il se passe quasiment toujours un truc à l’écran. Et dans des finales difficiles - notamment celle des femmes avec seulement 5 tops sur 32 possibles dont 4 sur le bloc 3 -ce nouveau format aura largement réduit l’impression d’un scénario qui piétine… Ensuite, posons que l'exécution est un peu ratée. Si doubler le temps d’action à l’image peut s’apprécier, la réalisation de l'événement a opté pour un plan large. Bien trop large pour suivre avec confort les deux athlètes sur les tapis. Cadrage approximatif, alternance de plan discutable, manque de niveau de détails… autant de sources de frustrations pour le téléspectateur incapable de suivre la totalité de la finale et parfois même empêché de pouvoir suivre son grimpeur préféré. Plan large pendant la finale féminine Pourtant, une solution peut facilement s’imposer : l’écran scindé. Une technologie éprouvée dans les réalisations de l’IFSC en compétition mais toujours avec une parcimonie assez mystérieuse. Nul doute que si ce système de grimpe en simultanée persiste, celui-ci devra devenir une obligation. Chargé à bloc Alors voilà, Keqiao a montré les défauts du système, quelques lacunes de réalisation à corriger pour enfin en arriver au format parfait ? Et bien pas tout à fait, car derrière ces balbutiements techniques finalement faciles à régler, se cache un autre constat : à vouloir éradiquer les temps morts, on sacrifie inévitablement le reste, à savoir, là où l’action est jugée la moins « intéressante ». Sauf que dans ce terme subjectif, on place irrémédiablement deux choses : les finalistes moins performants et les blocs les plus difficiles. Arriver en finale de coupe du monde, c’est pourtant quelque chose et chaque membre de ce plateau prestigieux devrait avoir le droit qu’on patiente pour lui. Combler sa présence par une autre, c’est avouer ouvertement que notre divertissement passe avant sa performance. Sans dire que ne pas suivre un grimpeur, c’est rater une partie de l'histoire, éclipser l’un des personnages principaux du récit et un grimpeur dans l’échec peut en dire bien plus sur l’état d’une finale qu’un flasheur fou. Pour s’en rendre compte, il suffit, par exemple, de regarder les réactions d’un Mejdi Schalck ou d’une Vita Lukan. Quant aux blocs « trop difficiles », grands sacrifiés de ce nouveau format à l’image du bloc 2 de la finale femme dont le temps d’antenne aura été largement moindre que ses homologues mieux réussis, n'est-ce pas ceux-là même qui donnent toute la saveur d'un top ? Et si cela ne faisait pas partie de la mythologie d’un sport qui a besoin de montrer des tentatives, des échecs, des épopées bravaches pour que les athlètes et celles et ceux qui les suivent puissent mieux exulter quand ils les franchissent ? Hachioji 2023, Mejdi Schalck, encore lui, entérine sa victoire avec un goût d'amertume, le dernier bloc lui résiste, comme à tous les autres finalistes avant lui. 25 minutes sans avancée notable dans la compétition, pourtant les grimpeurs, eux, ont progressé silencieusement. Championnats du monde de Berne, 5 mois plus tard, problème différent mais mouvement similaire. Depuis, Mejdi a travaillé et réussi le bloc, prenant une place de vice champion du monde. Un instant plus particulier pour ceux qui auront regardé jusqu'au bout cette finale d'Hachioji dont le goût d'inachevé s'était simplement reporté jusqu'ici. Disons-le franchement : le risque de s’habituer à l’absence de frustrations, c’est aussi risquer d’oublier à quel point une belle finale l’est vraiment. Le succès, c'est (se) tromper En escalade, la respiration est vitale, elle oxygène les muscles, et vous permet de continuer à grimper sans exploser. En télé, la supprimer, c’est donner la désagréable sensation d'une réalisation sous apnée. Et à trop vouloir éviter l’ennui, c’est tout un sport qu’on prive d’oxygène. Ces temps de repos, c’est l’essence d’une finale. Le public averti le sait, un grimpeur n'est jamais vraiment au repos. Il analyse, il lit, il observe, il gère son effort. Autant de gestes à décrypter pour le spectateur assis devant son écran. Lui non plus n’attend pas, il se remémore, il s’extasie sur le dernier mouvement qu’il vient de voir, il élabore les plus extraordinaires théories sur la suite de l’histoire, bref il vit sa propre finale. Retirer tous ces moments, c’est aussi retirer le plaisir de la réalisation, ce coup de tonnerre qui vient briser notre attente incertaine. Et les laisser se faire envahir par du contenu, c’est se fondre dans la mouvance actuelle, briser notre capacité d’attention, dire oui à l’accoutumance. C’est le risque d’oublier tout cela et celui de s'enfoncer dans cette philosophie autodestructrice du « toujours plus » quitte à ne plus rien ressentir. Une raison d’espérer cependant : par ses changements, l’IFSC montre que, pour elle, l'escalade n'est pas un sport immuable. La fédération cherche, itère, quitte à se rater et la récente annonce de la séparation des trois disciplines aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028 affiche sa volonté de protéger l’identité de l’escalade coûte que coûte. Ces changements de règlements sont à prendre comme autant d'essais à transformer le bloc en format télégénique exaltant. Car ne soyons pas naïf : la discipline souffrirait moins d’une réalisation erratique que d’une exclusion de la plus prestigieuse des compétitions. Ces choix de réalisation agissent comme une bouée de sauvetage. Reste à assurer qu’elle n’empêche pas à l’escalade de respirer.
- Réenchanter l’incertitude : l’aventure comme antidote à une société du contrôle
Alors que l’époque s’évertue à contrôler l’incertitude jusqu’à la rendre suspecte, l’ouvrage collectif "L’aventure : réenchanter l’incertitude "(UGA Éditions, 2025), coordonné par Florence Roche, fait entendre une voix discordante. Grimpeurs, navigateurs, philosophes et sociologues se rassemblent pour défendre l’aventure non pas comme un simple loisir héroïque, mais comme une réponse philosophique et politique à l’obsession sécuritaire contemporaine. En cherchant sans cesse à neutraliser l’imprévu, nos sociétés ont oublié qu’habiter le monde, c’est précisément accepter d’y être vulnérable. Plutôt que de fuir cette vérité dérangeante, Florence Roche et ses contributeurs proposent d’en faire une force : réhabiliter l’aventure, c’est remettre l’incertitude au cœur de nos existences. Le GMHM : une rationalité du risque au service du collectif Dans l’imaginaire populaire, le Groupe Militaire de Haute Montagne (GMHM) incarne facilement l’archétype de l’héroïsme alpin : exploits vertigineux, conditions extrêmes, bravoure physique. Pourtant, lorsqu’on écoute réellement ces personnes, lorsqu’on pénètre dans leur méthodologie intime, le cliché se dissipe rapidement. Leur aventure n’est pas une recherche gratuite de sensations fortes, ni une quête narcissique de sommets prestigieux. Elle se fonde au contraire sur une rationalité minutieuse, presque scientifique, du risque. Chaque décision est pesée, analysée, discutée en collectif. La formule emblématique « La mort fait partie des options » n’est ni une provocation ni une figure de style. C’est une acceptation profonde et sobre de la vulnérabilité humaine, condition sine qua non d’un engagement lucide dans l’incertitude radicale que constitue la haute montagne. Cette éthique du réel brut renvoie directement à une conception humble de l’aventure : elle n’est pas héroïque parce qu’elle défie le danger, mais précisément parce qu’elle l’anticipe et le domestique par le biais d’un savoir collectif et d’une vigilance constante. L’héroïsme du GMHM, c’est l’anti-spectaculaire, l’anti-performance médiatique : c’est le courage discret de décider ensemble, dans l’ombre, sans gloire immédiate, en tenant compte des failles humaines et matérielles. Ainsi, leur aventure devient un puissant révélateur de ce que pourrait être une société adulte face au risque : ni une négation naïve du danger, ni une dramatisation anxieuse, mais une intégration rationnelle et solidaire de l’imprévisible. Anne Quéméré : l’océan, expérience de l’extrême solitude À l’autre extrême de l’aventure collective et méthodique du GMHM se trouve Anne Quéméré. Son aventure solitaire en haute mer est l’expression radicale d’un autre rapport à l’incertitude : celui d’une solitude absolue face à l’immensité. Quand son téléphone satellite cesse brusquement de fonctionner en plein Pacifique, la privant de tout lien extérieur pendant 68 jours, elle expérimente une forme extrême de dépouillement existentiel. Là encore, nul romantisme de la solitude héroïque. Juste un face-à-face sans concession avec soi-même, avec ses doutes, avec la peur et avec l’inconnu. Son témoignage, extrêmement précis et sans emphase, est particulièrement dérangeant pour une époque obsédée par le maintien permanent du contact et du contrôle. « On enlève une panoplie dans laquelle on est un peu à l’étroit », dit-elle simplement, révélant ainsi que l’incertitude absolue a ceci de libérateur qu’elle nous dépouille des artifices et des protections dont nous avons tendance à nous encombrer. Anne Quéméré nous montre que l’aventure solitaire est aussi une épreuve philosophique : elle contraint à vivre le présent dans son immédiateté absolue, sans fuite possible dans le virtuel, sans échappatoire technologique, imposant une confrontation nue avec le réel et soi-même. Crise du héros moderne : pour une redéfinition de la bravoure Mais au-delà des témoignages concrets, l’ouvrage de Florence Roche livre une critique féroce et salutaire de la dérive spectaculaire du héros contemporain. Dans une société où chaque exploit doit être immédiatement partagé, liké, célébré, le sens véritable de l’aventure risque constamment d’être détourné. Face aux figures héroïques fabriquées par les marques et les médias, figures aseptisées et surpuissantes issues de Marvel ou Red Bull, l’ouvrage propose une vision radicalement différente de la bravoure. Celle-ci n’est plus performance spectaculaire, mais éthique intime du risque quotidien, bravoure modeste du doute et de la vulnérabilité assumée. Jankélévitch, cité dans l’ouvrage, rappelle avec acuité : « Pour qu’il y ait aventure, il faut être mortel ». Ce rappel essentiel ramène l’héroïsme à sa dimension authentiquement humaine : l’aventure véritable ne se mesure pas à l’exploit, mais à l’intensité existentielle, au courage discret d’habiter lucidement un monde complexe et incertain, sans chercher constamment à le dominer ou à en effacer les aspérités. C’est une critique subtile mais radicale du culte contemporain de l’hyper-performance, une invitation à renouer avec un héroïsme du quotidien fait d’incertitude acceptée et d’humilité devant la fragilité humaine. L’aventure comme ressource organisationnelle et politique Enfin, l’ouvrage porte un message plus politique encore : l’aventure et son rapport lucide à l’incertitude constituent une ressource précieuse pour les organisations modernes. Alors que l’imprévisible paralyse aujourd’hui les entreprises, administrations et institutions au moindre grain de sable, il y aurait beaucoup à apprendre de ces aventuriers du quotidien. En s’inspirant du mode de décision collectif des alpinistes ou de la résilience solitaire des navigateurs, les organisations pourraient réhabiliter une véritable éthique de l’incertitude. Celle-ci consisterait notamment à accepter l’échec comme possibilité permanente, à valoriser l’expérience vécue plus que les plans théoriques, à construire des systèmes collectifs fondés sur la confiance authentique et non sur des contrôles toujours plus sophistiqués. L’ouvrage devient alors presque un manifeste philosophique pour un renouveau organisationnel : il propose de transformer notre rapport à l’incertitude, non pas en la niant ou en la fuyant, mais en l’intégrant comme une ressource essentielle, voire comme un levier de créativité et de renouvellement politique et social. Ainsi réhabilitée, l’aventure pourrait redevenir non seulement une école existentielle, mais aussi un modèle fécond pour penser autrement nos sociétés saturées de contrôle et pourtant si fragiles face à l’imprévisible. Une révolution douce mais urgente, dont l’enjeu n’est rien moins que la réinvention de notre rapport au monde. Disponible en librairie et en ligne, pour le commander sur le site de la FNAC suivez ce lien.
- Everest express : le gaz xénon, nouveau raccourci vers le toit du monde ou impasse toxique ?
Fini les semaines interminables passées à monter, redescendre, remonter, grelotter dans sa tente et apprivoiser lentement le manque d’oxygène. Oubliez l’image romantique d’un alpinisme lent et humble, acceptant la loi naturelle des altitudes hostiles. Aujourd’hui, certains guides et leurs clients fortunés rêvent d’ascensions « express », raccourcies à l’extrême par un allié inattendu : le gaz xénon. Prochain exemple en date ? Al Carns, ministre britannique et ancien militaire des forces spéciales, accompagné de trois anciens camarades du même pedigree. Leur projet : gravir l’Everest en à peine quatre jours sur place. Arrivée prévue un lundi, sommet le jeudi, et retour à Londres dès dimanche pour le thé. Ambitieux ? Non. Déraisonnable ? Probablement. Xenon : ce gaz qui défie la montagne (et la science) Mais d’abord, c’est quoi exactement ce fameux gaz xénon ? Élément chimique classé parmi les « gaz nobles », inerte et sans odeur, il a fait carrière en médecine depuis les années 1950 comme anesthésique efficace mais très coûteux, utilisé seulement dans une poignée d’hôpitaux. Plus récemment, il s’est illustré comme dopant « indétectable » en Russie, activant artificiellement l’érythropoïétine (EPO), cette molécule magique qui pousse le corps à produire des globules rouges, indispensables au transport d’oxygène en altitude. Ce qui nous amène à l’idée lumineuse (et lucrative) d’appliquer ce principe à l’alpinisme : une inhalation préalable de xénon boosterait l’EPO, permettant aux grimpeurs d’arriver presque immédiatement acclimatés à haute altitude. Problème : aucune étude sérieuse ne valide vraiment l’efficacité du procédé sur le terrain, et les rares publications disponibles parlent d’un effet éphémère, quelques heures tout au plus. Pas suffisant pour tenir les longues journées d’effort au-delà de 8 000 mètres. En prime, ce « shoot » de gaz anesthésique, même à faible dose, induit souvent une certaine somnolence, potentiellement dangereuse en plein effort extrême. Pourtant, l’organisateur de l’expédition, Lukas Furtenbach, qui a déjà expérimenté la méthode sur l’Aconcagua, assure que ce risque est maîtrisé. Les fédérations d’alpinisme, elles, sont nettement moins enthousiastes, l’UIAA (Union Internationale des Associations d’Alpinisme) qualifiant carrément cette pratique de « dangereuse et non recommandée ». Petite histoire des méthodes pour tromper l’altitude L’envie de raccourcir l’épreuve de l’altitude ne date pas d’hier. Depuis que l’Himalaya s’est ouvert au tourisme montagnard, les guides rivalisent d’ingéniosité pour accélérer l’acclimatation et réduire les risques. Parmi les méthodes éprouvées : L’acclimatation progressive classique : la méthode traditionnelle, lente et laborieuse mais sûre. Des semaines d’aller-retour, « monter haut, dormir bas », pour habituer le corps. Efficace mais contraignante. La tente hypoxique : une pré-acclimatation artificielle, qui reproduit chez soi les effets de l’altitude grâce à un air raréfié en oxygène. On gagne du temps sur place, mais on dort mal à la maison. L’hypoxie intermittente : des sessions régulières et courtes d’exposition à un air pauvre en oxygène pour habituer progressivement l’organisme, souvent couplées à l’exercice physique. Efficace, mais exige discipline et logistique. L’oxygène en bouteille : la méthode reine, répandue sur l’Everest depuis les premières ascensions. Fiable, éprouvée, mais logistique lourde et dépendance risquée. Face à ces approches, le xénon apparaît aujourd’hui comme un outsider séduisant sur le papier, mais très fragile face aux réalités scientifiques et éthiques. Le gaz xénon : zone grise éthique et réglementaire La montée en puissance du gaz xénon pose aussi des questions éthiques essentielles : l’alpinisme, même non compétitif, doit-il tolérer une substance officiellement classée comme dopante par l’Agence mondiale antidopage (AMA) depuis 2014 ? La communauté montagnarde, divisée sur l’usage même de l’oxygène, se fracture encore plus face au xénon : D’un côté, les puristes dénoncent un « alpinisme assisté », voire une triche pure et simple, contraire aux valeurs d’autonomie, d’effort et d’humilité devant la montagne. Pour eux, le gaz xénon représente un pas de plus vers la marchandisation outrancière des sommets. De l’autre, les pragmatiques, comme Lukas Furtenbach, insistent sur la sécurité : « Plus vite on monte et on descend, moins on s’expose aux dangers objectifs », affirme-t-il. Argument valable, sauf que rien ne prouve que le xénon augmente réellement cette sécurité. Quant aux autorités, l’UIAA est catégorique : elle déconseille formellement l’usage hors d’un cadre médical strictement contrôlé. Pourtant, aucune réglementation officielle n’existe pour interdire le xénon en montagne – terrain de jeu encore largement dérégulé, livré aux seules consciences individuelles. Le business de la haute altitude : jusqu’où ira-t-on ? Derrière cette controverse pointe l’ombre grandissante de l’alpinisme commercial extrême. À 155 000 dollars le billet pour cette ascension express à coup de gaz rare, il s’agit clairement d’un produit d’exception réservé à une élite fortunée, prête à s’offrir l’Everest en fast-food de luxe. Al Carns ne s’en cache d’ailleurs pas : l’aventure express, spectaculaire et médiatique, vise à récolter plus d’un million de dollars pour diverses œuvres caritatives. Louable intention certes, mais qui interroge sur la frontière éthique du tourisme extrême : peut-on encore parler d’alpinisme quand l’effort physique et mental est court-circuité à ce point par une inhalation magique ? La montagne aura toujours le dernier mot Face à la promesse séduisante mais bancale du gaz xénon, la prudence reste de mise. Aucun raccourci technologique ne peut véritablement remplacer les adaptations naturelles du corps à l’altitude extrême. Les vétérans de l’Everest le rappellent : au-delà de 8 000 mètres, la nature a toujours le dernier mot. Et l’altitude, impitoyable, ne pardonne aucun excès de confiance. En choisissant ce chemin rapide mais incertain, les futurs clients des ascensions au xénon doivent savoir qu’ils prennent le risque de devenir les cobayes d’une expérimentation grandeur nature, menée dans une zone impitoyable. Le sommet de l’Everest s’atteindra toujours à pied, mais peut-être pas à coups d’inhalations miracles. Aux apprentis sorciers de la montagne, une question reste ouverte : si l’éthique s’évapore, que reste-t-il encore de l’alpinisme ?
- À Keqiao, une victoire en trompe-l’œil pour Annie Sanders
La Coupe du monde féminine de bloc 2025 s’est ouverte à Keqiao avec le succès incontestable d’Annie Sanders. Pourtant, cette victoire en apparence limpide laisse flotter une drôle d’impression : l’Américaine l’a emporté, certes, mais sans avoir à croiser le fer avec ses principales adversaires. Oriane Bertone, quant à elle, n’a pas su saisir l’occasion en or qui se présentait. Décryptage d’un week-end chinois où les absentes ont toujours raison et où les grandes attentes françaises restent en suspens. © IFSC Annie Sanders, reine en solitaire Victoire nette, sans bavure, mais victoire solitaire. À seulement 17 ans, Annie Sanders signe à Keqiao un doublé après Séoul en fin d’année dernière. Sa grimpe, millimétrée, efficace, n’a laissé aucun doute quant à son talent précoce. Pourtant, difficile d’ignorer que ce triomphe prend place dans un décor étrangement vide. Privée de confrontation directe avec Janja Garnbret et Natalia Grossman, les deux figures tutélaires du circuit, Sanders a triomphé sans adversité directe. Depuis Hachioji 2018, jamais une étape mondiale n’avait vu l’absence simultanée de ces deux géantes. L’Américaine se retrouve donc reine d’un jour mais devra vite prouver qu’elle sait aussi régner quand toutes les prétendantes au trône seront présentes. Oriane Bertone : une occasion ratée de décrocher l'or ? Après la désillusion olympique à Paris 2024, elle avait signé un retour flamboyant en décrochant le titre national à Anse. Keqiao s’annonçait donc comme la suite logique d’une renaissance sportive annoncée. Cette deuxième place chinoise n’a rien de honteux : Bertone connaît bien l’argent, habituée à cette médaille depuis Meiringen et Salt Lake City 2021, puis Séoul et Salt Lake City 2023, avant de décrocher enfin l’or à Prague la même année. Mais ce podium-là laisse tout de même un arrière-goût amer : sans Garnbret ni Grossman, la voie semblait dégagée. Elle avait tout pour elle sauf, peut-être, la tranquillité d’esprit. © IFSC Car à seulement 20 ans, Oriane Bertone doit composer avec une pression immense, celle d’un public français avide de voir enfin l’étoile montante devenir étoile tout court. Sa place dans l’élite mondiale n’est plus à prouver, mais le dernier cap psychologique reste encore à franchir. Pour Oriane, il s’agirait désormais d’éviter que les attentes se transforment en un poids trop lourd à porter. La France entière espère que la Réunionnaise finira bientôt par prendre définitivement la couronne qu’elle mérite. Les absentes : maîtresses du jeu sans même grimper Dans cette étrange partie d’échecs verticale, Janja Garnbret semble avoir trouvé la meilleure parade : ne pas jouer. Cette saison, la Slovène a choisi avec soin ses batailles, limitant drastiquement ses apparitions à Innsbruck, Koper et surtout aux Mondiaux de Séoul. Une stratégie où l’absence se fait présence, où ne pas grimper devient une manière subtile d’imposer sa supériorité, refusant aux autres le privilège de l’affronter. Janja démontre ainsi que dominer un sport, c’est aussi savoir quand ne pas y participer. Format à huit : une finale en suspens (et pas que sur les prises) Cette étape chinoise testait une petite révolution : huit finalistes au lieu de six habituellement. L’idée pouvait séduire, mais la pratique divise fortement. « Chaque erreur devient fatale, le stress est palpable même à travers l’écran », lâchait un internaute lors du live YouTube. Un autre répliquait aussitôt : « Découvrir de nouvelles têtes, pourquoi pas, mais ça disperse un peu trop l’attention. » Le format devra donc être affiné avant d’être adopté durablement, mais l’expérimentation montre déjà la volonté d’un sport de se renouveler, quitte à parfois brouiller les repères des spectateurs… et des athlètes. © IFSC Diffusion restreinte : un blocage malvenu Autre (gros) caillou dans la chaussure de l’IFSC : la diffusion européenne limitée à Discovery+ et Eurosport. Les fans nord-américains profitent gratuitement de YouTube, alors qu’en Europe, les amateurs d'escalade doivent payer pour suivre les compétitions. Cette stratégie commerciale agace profondément au moment précis où l’escalade, encore toute fraîchement olympique, devrait au contraire s’ouvrir davantage au grand public. Si l’escalade veut vraiment prendre son envol populaire, il faudrait peut-être arrêter de couper le cordon avec les spectateurs potentiels. Wujiang : changement de décor, mêmes doutes La prochaine étape se jouera la semaine prochaine à Wujiang sur un autre terrain, celui de la difficulté et de la vitesse. Annie Sanders comme Oriane Bertone devront montrer leur polyvalence pour rester dans la course au général. Mais avec l’absence persistante de Janja Garnbret et Natalia Grossman, l’incertitude planera toujours sur une saison devenue fragmentée. Difficile dès lors d’y voir clair, comme si le calendrier sportif devenait lui-même un bloc à déchiffrer. © IFSC Ce que Keqiao raconte vraiment En fin de compte, Keqiao révèle un premier classement mais cette étape chinoise met surtout en lumière un sport en pleine transformation, où grimper bien ne suffit plus. Annie Sanders devra confirmer en présence des absentes, Oriane Bertone devra vaincre ses démons intérieurs, et l’IFSC devra vite résoudre ses paradoxes médiatiques. Cette saison 2025, passionnante et complexe, sera donc riche d’enseignements. Chaque compétition comptera double, chaque absence sera pesée, chaque présence décisive. Et rien, absolument rien, ne sera joué d’avance - pas même, visiblement, les règles du jeu elles-mêmes. Les résultats détaillés et classement de cette étape sont disponibles ici. Et pour retrouver le calendrier complet de cette coupe du monde IFSC 2025 c'est par là.
- L'avenir de Vertige Media s'écrit avec vous
Si Vertige Media vous raconte chaque jour les coulisses de l’escalade, vous dévoile les enjeux sociétaux qui façonnent la discipline ou décrypte les tensions et mutations du secteur, c’est grâce à une conviction simple : une communauté informée est une communauté forte. Mais aujourd'hui, c’est nous qui avons besoin de vous entendre. En collaboration avec ThinkOut, agence experte en analyses qualitatives, qui accompagne habituellement des médias de premier plan comme L’Équipe, Arte, Radio France, M6 ou France TV, nous lançons une enquête auprès de vous, lectrices et lecteurs de Vertige Media. L’objectif ? Creuser au-delà des évidences, saisir ce qui vous interpelle vraiment chez nous, ce qui distingue profondément nos contenus des autres médias spécialisés, et surtout identifier ce que vous attendez de nous pour les prochaines années. Pourquoi maintenant ? Parce qu’après un an passé à questionner, explorer, provoquer et tenter de comprendre toutes les nuances du monde vertical, il nous semble indispensable de tendre l’oreille dans votre direction. Qu’il s’agisse de nos articles, de nos posts sur Instagram, de notre newsletter ou encore des formats éditoriaux que vous découvrez au détour de vos scrolls, nous voulons savoir précisément ce qui vous parle, ce qui vous marque, ou encore ce qui vous manque. Ce questionnaire constitue une première approche : brève mais fondamentale, elle nous permettra de saisir avec finesse la diversité de celles et ceux qui composent notre lectorat. Dans un deuxième temps, avec l’accompagnement méthodique de ThinkOut, nous organiserons des échanges plus approfondis en visioconférence. Nous y convierons des groupes restreints de lecteurs et lectrices sélectionnés sur la base de vos retours. Ce sera l’occasion d’approfondir ensemble les raisons profondes de votre attachement à Vertige Media et d’esquisser collectivement les grandes lignes de notre avenir éditorial. Alors, prêt·e à nous aider à porter Vertige Media toujours plus haut ? Le questionnaire vous attend dès maintenant juste ici. Merci sincèrement à toutes et à tous : si Vertige Media existe, c’est avant tout grâce à vous. L’équipe Vertige Media
- Arc’teryx Serratus : le pantalon pour ceux qui vivent en diagonale
On connaît tous ce dilemme. Tu pars grimper ou marcher le matin, mais ta journée ne s'arrête pas là. Après la falaise, il y aura peut-être une terrasse ensoleillée, un rendez-vous, une virée à vélo en ville. Le choix est alors cruel : s’habiller technique et subir le regard intrigué du serveur, ou s’habiller urbain et subir l’inconfort toute la journée. Le pantalon Serratus d’Arc’teryx promet de régler cette équation délicate. Hybride et polyvalent, il navigue avec agilité entre la verticalité et l’horizontalité du quotidien. On l’a testé sans lui faire de cadeaux. Technique mais pas technocrate Sur le papier, le pantalon Serratus est une bête hybride de performance. Deux matières techniques savamment orchestrées : Fortius DW 2.0 là où ça gratte, frotte, fatigue, et Aequora AirPerm aux endroits stratégiques pour refroidir la mécanique humaine quand ça chauffe. Coupe préformée, détails minimalistes et fonctionnels : le pantalon crie (en chuchotant) qu'il est taillé pour grimper. Mais son génie discret, c’est justement de ne pas crier trop fort. Là où d'autres pantalons affichent avec ostentation leur ADN montagnard, le Serratus joue la carte de l'élégance technique sobre. Une silhouette affûtée, sobre, presque urbaine. Le genre à passer sous les radars du citadin pressé ou de l’alpiniste esthète. En clair : c’est un pantalon conçu pour grimper, mais pensé pour vivre. Test grandeur nature : du bloc à la vie quotidienne On l'a trimballé partout. À Fontainebleau, il se fait oublier immédiatement. Pas de résistance au niveau des articulations, pas de tissu rebelle qui remonte quand on étend la jambe sur un pied foireux. Le Serratus épouse le mouvement avec une aisance insolente. Résultat, on grimpe plus fluide, plus concentré sur l’essentiel : la prochaine prise. En rando active, là où les tissus trop techniques tournent parfois au sauna portatif, la ventilation est bluffante. On sent le vent passer pile là où il faut—derrière les genoux, bas du dos. Le Serratus sèche vite, résiste bien aux petits frottements du sac à dos, et reste discret même quand la fatigue s’installe. À vélo ou au café, on oublie qu’on porte du matériel technique. Aucun bruit de sac plastique qu'on retrouve chez les pantalons trop techniques, pas de logo démesuré hurlant à la planète entière que vous êtes un montagnard fraîchement redescendu. Le Serratus conserve un profil bas : fluide, urbain, efficace. Ce qu’on aurait aimé voir en plus (le diable est dans les détails) Évidemment, aucun pantalon n'est parfait. Arc’teryx aurait pu pousser la logique jusqu’au bout avec quelques détails qui auraient sublimé le tout : Un zip bas de jambe pour enfiler ou retirer ses grosses sans danser la Macarena en équilibre. Une poche cargo discrète pour une barre, une clé, ou ce truc qu’on oublie toujours au fond du sac. Un cordon de serrage aux chevilles plus affirmé. L’actuel fait le job, mais semble un peu timide face aux bourrasques alpines. Une déclinaison légèrement plus chaude pour les bivouacs glacés, sur le modèle du Gamma. Mais qui, reconnaissons-le, compromettrait sans doute un peu cette fameuse polyvalence urbaine. Mais soyons justes : ces petits manques sont les défauts des amoureux exigeants. Verdict : Le pantalon qu’on oublie d’enlever Le pantalon Serratus d’Arc’teryx est un hybride comme on les aime. À mi-chemin entre le matériel technique sans concession et la fringue urbaine minimaliste. Il est parfait pour les sessions d'escalade longues comme une journée de boulot, ou les journées de boulot qui ressemblent un peu trop à une session d'escalade. Si le confort consiste vraiment à ne plus penser à ce qu’on porte, alors ce pantalon a tout compris. On l’enfile pour sortir, et on oublie qu’on devait l’enlever en rentrant. C'est peut-être ça, vivre en diagonale : faire du terrain technique son quotidien, et du quotidien un terrain technique. Disclaimer Disons-le quand même : Arc’teryx ne nous a pas payés pour écrire ces lignes. Ils nous ont simplement envoyé un Serratus pour qu'on le teste dans la vraie vie, loin des discours aseptisés des catalogues techniques. Alors on a grimpé, marché, pédalé, sué, pris des cafés en terrasse, parfois tout ça dans la même journée. Et franchement, on recommencerait volontiers. Fiche technique Type : Pantalon softshell hybride Poids : 345g (taille 32) Matières : Fortius DW 2.0 (88% nylon recyclé / 12% élasthanne) Aequora AirPerm™ (86% nylon / 14% élasthanne) Traitement : Déperlant DWR sans PFAS (FC0) Poches : 2 poches zippées compatibles harnais, 1 poche cuisse zippée Ceinture : Ajustable avec boucle décentrée Tailles : 28 à 38 Utilisation idéale : Alpinisme, grande voie, rando technique, vélo urbain Prix : 240 € sur le site de la marque
- Keqiao 2025 : Anraku plane, les Français restent à quai
Ce week-end à Keqiao, Sorato Anraku a fait exactement ce qu’on attendait de lui : dominer les débats avec une facilité presque agaçante. Derrière lui, le trio français Schalck-Avezou-Jenft confirme que le talent ne manque pas côté hexagonal, mais que transformer ce talent en podium reste une affaire de détails – et de nerfs solides. Retour en profondeur sur une étape où les absents ont eu le bon goût de ne pas trop monopoliser les discussions. © IFSC Anraku-Lee : un duel au sommet, au sens propre comme figuré Sorato Anraku a décidé d’ouvrir la saison en rappelant à tout le monde que sa médaille olympique n’était pas une anomalie statistique. En finale, il empoche 99,7 points, laissant Dohyun Lee à 0,4 point seulement. Le Japonais affiche un calme olympien (c’est le cas de le dire), tandis que Dohyun Lee peut s’en vouloir d’avoir raté quelques essais de trop. Meichi Narasaki complète un podium asiatique sans grande originalité, mais qui rappelle tout de même cette statistique implacable : depuis presque une décennie, le circuit de bloc est dominé par l’Asie. Japonais et Sud-Coréens se passent le relais avec une régularité presque méthodique. On se croirait face à une mécanique parfaitement huilée : quand un champion baisse en régime, un autre surgit aussitôt, tout aussi affûté. Il y a là quelque chose de fascinant autant qu’irritant pour le reste du monde. La recette japonaise : plus qu’une méthode, une obsession Le Japon n’a pas attendu Sorato Anraku pour écrire sa légende : Tomoa Narasaki, Yoshiyuki Ogata, et même Meichi Narasaki (le petit frère qui sort de l'ombre de son aîné en lui soufflant la médaille) sont là pour rappeler que le talent n’est rien sans travail. Le secret japonais ? Des salles d'entraînement au plafond bas mais aux exigences très hautes, où se façonnent des grimpeurs techniques, créatifs et imperturbables. Le moindre millimètre de prise y est scruté, disséqué, maitrisé. Une vraie leçon de minimalisme nippon : faire mieux avec moins – moins d’espace, moins de prises, moins d’erreurs. La Corée du Sud n’est pas en reste, portée par un Dohyun Lee impeccable à Keqiao, qui paie ici au prix fort quelques hésitations coûteuses. Lee avait pourtant dominé toutes les phases précédentes de la compétition. On serait tenté de le plaindre, mais on se doute que sa revanche se déguste déjà froide pour les prochaines étapes. © IFSC Le trio français : proches du podium, loin de l’abattement Côté français, on repart de cette première étape chinoise sans médaille mais avec de solides motifs d’espoir. Sam Avezou et Paul Jenft étaient aux Jeux Olympiques de Paris 2024 : autant dire qu'ils ne découvrent pas la pression internationale. Cette fois, c’est Mejdi Schalck qui mène le peloton bleu, à égalité parfaite de points avec Sam Avezou en finale. Pas mal, mais « pas mal », ça ne fait pas une Marseillaise. Paul Jenft ferme la marche de ce trio avec un courage remarqué, même s’il manque encore de cette pointe de réussite qui transforme les beaux gestes en grandes victoires. En regardant ces Français grimper ensemble, on sent quelque chose se construire : une émulation collective qui pourrait, à terme, renverser l’ordre établi. À condition bien sûr de régler quelques détails techniques, mais surtout de réussir à conjuguer au présent ce futur qu’on leur promet depuis déjà l'an dernier. Nouveau format, nouveaux visages : huit, ça suffit ou ça disperse ? La finale à huit grimpeurs (contre six auparavant) faisait sa grande première à Keqiao. Verdict ? Les athlètes valident la démarche, les spectateurs hésitent encore un peu. Deux finalistes supplémentaires, c’est davantage de suspense et de spectacle, mais c’est aussi un peu plus de confusion dans les classements intermédiaires. Mention spéciale toutefois à l’Israélien Oren Prihed, invité surprise de cette finale élargie, venu découvrir la pression mondiale avec une étonnante décontraction. On attend les prochaines étapes pour trancher définitivement sur l’intérêt sportif de cette formule élargie, mais le pari d'ouvrir les finales à de nouveaux visages semble déjà réussi. Toby Roberts, ou comment tomber de son piédestal en beauté On s’en voudrait de ne pas mentionner l’étrange contre-performance de Toby Roberts, récent champion olympique 2024, éliminé dès les qualifications. Après avoir longuement discuté des absences féminines dans l’épreuve des femmes, reconnaissons humblement qu'être présent sur la ligne de départ ne garantit pas d'être là à l’arrivée. Toby Roberts en a fait l’amère expérience à Keqiao : être titré aux Jeux ne protège pas d’un faux pas, surtout quand la concurrence mord les prises avec autant d’envie. Même constat pour Colin Duffy, passé à côté de sa compétition, rappelant que la frontière entre exploit et échec reste particulièrement mince en escalade de compétition. Concernant Adam Ondra et Jakob Schubert, leur absence à Keqiao semble s'inscrire dans une stratégie visant plutôt les compétitions de difficulté. Le conditionnel reste de mise en attendant de connaître leur calendrier définitif, mais leur choix n'aurait rien d’étonnant, tant ces grimpeurs mythiques maîtrisent l’art subtil du dosage des efforts. Wujiang en perspective : changer de prise, changer de rythme Prochain arrêt : Wujiang, du 25 au 27 avril. Changement radical de discipline, puisque les grimpeurs s’attaqueront désormais à la difficulté et à la vitesse. Sorato Anraku devra prouver qu’il sait grimper haut aussi bien que court, Lee Dohyun aura une revanche à prendre, et les Français une médaille à chercher. Keqiao aura donc posé clairement les bases de cette saison 2025 : domination asiatique persistante, talent français frustrant mais prometteur, et un nouveau format encore en rodage. Les absents, les présents, les favoris, les outsiders : tout ce beau monde sait désormais que rien n’est jamais acquis. Un petit détail peut suffire à vous expédier hors course ou au sommet du podium. En escalade, comme souvent dans la vie, c’est sur le fil que tout se joue. À bon entendeur. Les résultats détaillés et classement de cette étape sont disponibles ici. Et pour retrouver le calendrier complet de cette coupe du monde IFSC 2025 c'est par là.
- Coupe du monde d’escalade IFSC 2025 à Wujiang : programme, horaires et streaming en direct
Après Keqiao, du 25 au 27 avril, Wujiang (Chine) accueille la deuxième étape de la Coupe du monde d’escalade IFSC 2025, avec les épreuves de difficulté et de vitesse. Voici comment suivre les compétitions en direct depuis la France, avec tous les liens et horaires utiles. © Nakajima Kazushige/IFSC Où regarder Wujiang 2025 en direct ? YouTube IFSC : gratuit mais restreint en France L’IFSC diffuse habituellement les demi-finales et finales en streaming gratuit sur sa chaîne YouTube officielle. Cependant, en France et en Europe, les finales seront bloquées pour des raisons de droits TV exclusifs détenus par Warner Bros Discovery. Discovery+ et Eurosport : diffusion officielle en France Discovery+ et Eurosport possèdent les droits de diffusion exclusifs jusqu’en 2028 pour la France et toute l’Europe. Toutes les phases clés, demi-finales et finales, seront diffusées en direct sur ces plateformes. Un abonnement payant est nécessaire. Replays gratuits sur Olympic Channel Les replays des finales seront accessibles gratuitement sur Olympic Channel dès le lendemain des épreuves. Une alternative pratique, sans abonnement ni restriction géographique. Résultats en direct sur le site IFSC Les qualifications, qui ne sont pas diffusées en vidéo, seront à suivre en temps réel sur le site officiel de l’IFSC. Scores, classements actualisés, tops et zones seront disponibles instantanément. Programme complet (heure française UTC+2) (Wujiang est à UTC+8, soit +6h par rapport à Paris) Vendredi 25 avril – Qualifications 03h00 : qualifications difficulté hommes & femmes (pas de streaming vidéo) 13h00 : qualifications vitesse hommes & femmes (pas de streaming vidéo) Résultats live sur IFSC. Samedi 26 avril – Demi-finales difficulté & Finales vitesse 09h00 : demi-finales difficulté hommes & femmes (en direct sur Discovery+, YouTube hors restrictions) 13h30 : finales vitesse hommes & femmes (en direct sur Discovery+, YouTube hors restrictions) Les cérémonies de podium auront lieu immédiatement après les finales de vitesse. Dimanche 27 avril – Finales difficulté 13h00 : finale difficulté femmes (en direct sur Discovery+, YouTube hors restrictions) 14h00 (environ) : finale difficulté hommes (en direct sur Discovery+, YouTube hors restrictions) Les cérémonies de podium suivront immédiatement après. Suivre Wujiang 2025 sur les réseaux sociaux L’IFSC partage également en direct les coulisses, photos, résultats et clips vidéo via ses réseaux sociaux officiels : Instagram IFSC Twitter/X IFSC Facebook IFSC En résumé : tout ce qu’il faut savoir pour suivre Wujiang 2025 Dates : du 25 au 27 avril 2025, à Wujiang (Chine), avec les disciplines difficulté et vitesse. Streaming officiel en France sur Discovery+ et Eurosport (abonnement nécessaire). Finales bloquées sur YouTube en France en raison des droits exclusifs détenus par Discovery+. Replays gratuits disponibles sur Olympic Channel dès le lendemain des finales. Résultats en temps réel sur ifsc-climbing.org. Le week-end du 25 avril, la Coupe du monde IFSC prend de la hauteur avec les premiers affrontements de la saison en difficulté et en vitesse. Depuis Wujiang, suivez l'élite mondiale se lancer à la conquête des podiums. Retrouvez le calendrier complet IFSC 2025 ici.
- Résultats Coupe du Monde de bloc hommes – Keqiao 2025
Les 18 et 20 avril 2025, la Coupe du Monde masculine de bloc faisait escale à Keqiao, en Chine. Après la victoire nette d'Annie Sanders côté femmes, dont la finale s'était jouée hier, ce sont aujourd’hui les hommes qui ont clôturé le spectacle. Sorato Anraku s’impose avec une facilité déconcertante, laissant Dohyun Lee à quelques poussières de magnésie du titre, tandis que les Français Mejdi Schalck et Sam Avezou ratent le podium d’un souffle. © IFSC Finale Hommes – Bloc (Keqiao 2025) Sorato Anraku (JPN) – 99,7 points Dohyun Lee (KOR) – 99,3 points Meichi Narasaki (JPN) – 83,9 points Tomoa Narasaki (JPN) – 69,6 points Mejdi Schalck (FRA) – 69,5 points Sam Avezou (FRA) – 69,5 points Paul Jenft (FRA) – 44,6 points Oren Prihed (ISR) – 29,7 points Cette finale masculine aura livré un duel au sommet entre Sorato Anraku et Dohyun Lee, qui se sont rendus coup pour coup jusqu’au dernier bloc. Le Japonais s’offre pourtant la victoire sur le fil grâce à un nombre d'essais plus réduit, confirmant ainsi une précision chirurgicale qui ne cesse d'impressionner sur le circuit international. À noter, Meichi Narasaki complète un podium totalement asiatique, une constante devenue presque habituelle sur ces dernières saisons. Côté français, c'est à la fois solide et frustrant : Mejdi Schalck et Sam Avezou terminent à égalité de points, à seulement un dixième de Tomoa Narasaki et du podium. Paul Jenft, quant à lui, reste un cran derrière sans avoir vraiment pu rivaliser sur cette finale très relevée. Demi-finales Hommes – Bloc (Keqiao 2025) Dohyun Lee (KOR) – 99,3 points Sorato Anraku (JPN) – 84,4 points Mejdi Schalck (FRA) – 69,3 points Oren Prihed (ISR) – 69,1 points Sam Avezou (FRA) – 68,8 points Meichi Narasaki (JPN) – 68,3 points Tomoa Narasaki (JPN) – 59,4 points Paul Jenft (FRA) – 59,4 points Les demi-finales avaient pourtant placé Dohyun Lee comme le grand favori, l'unique grimpeur à réussir quatre tops sur quatre blocs avec une aisance stupéfiante. Sorato Anraku, légèrement moins performant en demi, avait alors semblé à portée. Mais le Japonais a finalement pris sa revanche au meilleur moment, affichant une sérénité troublante sur l'ensemble de la finale. Pour les Français, l'issue est teintée d'amertume malgré de solides performances en demi-finale : Mejdi Schalck, Sam Avezou et Paul Jenft étaient pourtant bien placés pour jouer les trouble-fête, mais aucun n'a réussi à convertir pleinement son potentiel en finale. © IFSC Un scénario qui donne le ton pour la suite de la saison Cette ouverture de saison à Keqiao montre déjà les tendances lourdes de l’année à venir : une domination asiatique toujours forte, une équipe de France placée mais encore en quête d'un supplément d’âme, et un circuit mondial de bloc où chaque détail comptera plus que jamais. Prochain rendez-vous à Wujiang : changement de style, changement de dynamique ? La prochaine étape aura lieu à Wujiang, en Chine, du 25 au 27 avril 2025, et proposera cette fois un format difficulté et vitesse. Autant dire que les cartes seront redistribuées, offrant une nouvelle chance aux grimpeurs français de trouver enfin la faille dans la suprématie actuelle. Pour une analyse complète des enjeux sportifs de cette étape à Keqiao, retrouvez notre article approfondi ici. Consultez le calendrier complet de la Coupe du Monde IFSC 2025.












