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Mont Blanc : le sommet a regagné près de deux mètres depuis 2023

il y a 7 heures
2 min de lecture

Le mont Blanc culmine désormais à 4 807,47 mètres, soit 1,88 mètre de plus qu'en 2023. Une remontée qui s'explique notamment par les variations de sa calotte de neige et de glace, et qui ne signifie pas pour autant que ses glaciers se portent mieux.


© Pascal Tournaire
© Pascal Tournaire

Le mont Blanc a repris de la hauteur. Ce mercredi 14 octobre, les géomètres-experts de Haute-Savoie ont dévoilé à Saint-Gervais-Mont-Blanc sa nouvelle altitude : 4 807,47 mètres. C'est 1,88 mètre de plus qu'en 2023, lorsque le sommet avait été mesuré à 4 805,59 mètres, son niveau le plus bas depuis le début des relevés modernes en 2001. Le géant des Alpes reste toutefois loin de son record de 2007, établi à 4 810,90 mètres. En près de vingt ans, plus de cinq mètres séparent donc les deux mesures extrêmes. La nouvelle altitude se rapproche en revanche des 4 807,20 mètres calculés dès 1894 par les cousins Vallot, dont les travaux avaient longtemps servi de référence officielle.


Mais comment une montagne peut-elle gagner ou perdre plusieurs mètres en quelques années ? La réponse se trouve moins dans la roche que dans la neige et la glace qui la recouvrent. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, les géomètres ne mesurent pas directement le sommet rocheux, mais le point culminant de sa calotte glaciaire. Or celle-ci évolue au gré des précipitations, des températures et surtout des vents, qui déplacent et redistribuent la neige. Une accumulation importante peut ainsi faire grimper l'altitude mesurée sans que le massif lui-même ait bougé. À l'inverse, une baisse ne signifie pas nécessairement que la glace a fondu dans les mêmes proportions.

Pour établir cette nouvelle mesure, une trentaine de géomètres-experts, scientifiques et guides de haute montagne ont réalisé l'ascension en septembre dernier, avec près de 30 kilos de matériel scientifique. Après dix heures de montée, les équipes ont passé deux heures au sommet pour multiplier les relevés. Aux instruments de positionnement par satellite se sont ajoutés des drones, dont les 1 300 photographies ont permis de reconstituer la surface de la calotte à partir de plus de 15 millions de points. Un géoradar a également été utilisé pour étudier la roche située sous la glace. Autre nouveauté : l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) a réalisé pour la première fois des mesures de la pesanteur au sommet, afin de mieux comprendre, à terme, les variations des masses de glace et du relief rocheux.


Reste la question climatique. Si la hausse de 1,88 mètre peut sembler encourageante, les scientifiques appellent à ne pas confondre les fluctuations ponctuelles de la calotte sommitale avec l'évolution des glaciers alpins. Une mesure isolée ne permet ni de confirmer ni d'infirmer les effets du réchauffement climatique. C'est justement l'intérêt de ces campagnes répétées depuis vingt-cinq ans : constituer une base de données suffisamment longue et précise pour permettre aux glaciologues et climatologues d'étudier les transformations du sommet. Le mont Blanc a donc regagné quelques mètres, mais il est encore trop tôt pour expliquer précisément pourquoi. Et encore davantage pour y voir une bonne nouvelle pour le climat.

 
 

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