« Les Grips » : vers une édition parisienne ?
- Pierre-Gaël Pasquiou

- 13 oct.
- 3 min de lecture
Des stories publiées ce week-end sur le compte officiel des « Grips » ont ravivé l’hypothèse d’une édition parisienne. Contactée parVertige Media, l'organisatrice de l'évènement Morgane Morel indique ne pas vouloir faire de communication pour l’instant. Mais tout laisse penser que l'évènement hors-normes organisé à Montbéliard en 2024 revienne pour une seconde édition dans la capitale. Avec ses stars, ses ambitions scéniques, ses enjeux de remplissage... et un prize money qui reste inconnu.

Post-JO, la grimpe a changé d’échelle : projecteurs, écriture scénique, bande-son... La compétition d'escalade cesse désormais d’être un simple protocole sportif pour devenir un récit qui parle au-delà du cercle des initié·e·s. Les « Grips » s’inscrivent dans ce déplacement : faire du bloc un spectacle, non pas en l’édulcorant, mais en le mettant en scène dans des arénas capables d’absorber l’énergie (et la sono). À Montbéliard, l’Axone avec sa capacité de 6400 places a servi de laboratoire. Paris serait la suite logique. Pour l’heure, le signal vient d’Instagram. Côté organisation, silence méthodique.
Les stories du week-end disent une chose simple : le projet bouge. Nous avons donc contacté l'organisatrice de l'évènement, Morgane Morel. Réponse sobre, de convenance : rien à communiquer pour l’instant. Pas de date, pas de salle, pas de format officialisé — ce qui n’empêche pas d’examiner ce que l’édition 2024 a mis sur la table, et ce qu’elle a laissé en suspens.
Montbéliard 2024, laboratoire à ciel ouvert
Les 14–15 décembre 2024, l’Axone — grande aréna modulable — s’est muée en arène de grimpe pour 40 athlètes internationaux. Le parti pris était clair : casser les codes de la compèt’ classique, étirer l’attention par la lumière et le son, composer des finales lisibles pour un public large sans abaisser l’exigence technique. Le line-up, lui, affichait du lourd : Tomoa Narasaki, Naïlé Meignan, Miho Nonaka, Yoshiyuki Ogata, Hannah Meul, Erin McNeice, Toby Roberts, Mejdi Schalck, Paul Jenft, Sam & Zélia Avezou, Camilla Moroni, Meichi Narasaki, Sohta Amagasa, Ievgeniia Kazbekova, etc. — autrement dit, la crème des grimpeur·ses pro.
Même gratin chez les ouvreurs puisque « Les Grips » a également rassemblé l'équipe olympique : Pierre Broyer (lead), Rémi Samyn, Gen Hirashima, Manuel Hassler signent 16 blocs pensés pour bousculer le très haut niveau, pendant que Vandal X, Ugo et AASH tenaient la trame sonore.
À Montbéliard, l’Axone — une aréna modulable à 6 400 places en configuration concert et 4 500 en sport — magnifie l’ambition… tout en mettant à nu la réalité du difficile remplissage.
De l'argent et des questions
Sur le papier, l’équation semblait gagnante. Dans les faits, les signaux de remplissage sont plus compliqués : à J-15, la salle rouvre 500 invitations pour le samedi et 500 pour le dimanche en parallèle de la billetterie, histoire de remettre la jauge dans le vert. Sur place, plusieurs personnes présentes relatent une annonce au micro invitant le public à faire venir des ami·e·s gratuitement — de quoi dérouter celles et ceux qui avaient payé leur place.
Côté finances, aucun chiffre officiel n’a été communiqué sur le prize money (somme d'argent pour les participant·e·s à la compétition, ndlr) — une exception, plus qu’une habitude, dans le petit monde de l'escalade sportive, où les dotations sont généralement annoncées. Dans la communauté, en off, des montants élevés ont circulé. S’ils se confirmaient, cela aiderait à comprendre la densité et la qualité du plateau d'athlètes en lice. Faute de données vérifiables, on en reste à cet indice contextuel — utile pour éclairer l’attraction, insuffisant pour parler de transparence.

Si Paris se confirme, « Les Grips » emprunteraient une trajectoire déjà éprouvée par le Salon de l’Escalade : après des étapes à Grenoble puis Lyon, le passage à Paris a validé l’évidence du bassin de public, de l’exposition et du maillage partenaires. À l’échelle d’une aréna, c’est un levier décisif : la densité de pratiquant·e·s en Île-de-France, la concentration de salles et de clubs, le flux étudiant et cadres — autant de facteurs qui peuvent résoudre la variable du remplissage.
Reste à tenir l’équation spectacle : récit lisible, niveau sportif assumé, et conversion de l’attention en public payant. Montbéliard a donné la grammaire, Paris pourrait en fournir la démonstration.














