Dans les Alpes italiennes, même la nuit ne protège plus les glaciers
En Lombardie, les premiers bilans glaciologiques de 2026 révèlent des pertes parmi les plus importantes jamais mesurées. À plus de 3 000 mètres, les températures sont restées positives pendant des semaines.

La nuit ne suffit plus à faire redescendre le thermomètre. Sur le glacier du Dosegù, dans les Alpes italiennes, un capteur installé vers 3 300 mètres d'altitude a enregistré des températures supérieures à zéro du 24 juillet au 21 août, puis du 23 août au 10 septembre. Selon les mesures publiées par l'agence régionale pour l'environnement de Lombardie (ARPA), ce glacier a perdu environ trois mètres d'épaisseur au cours de l'été 2026, contre 1,12 mètre un an plus tôt.
Le phénomène dépasse largement ce seul glacier. Les premiers résultats du Service glaciologique lombard pour l'année hydrologique 2025-2026 placent cette saison parmi les plus destructrices jamais enregistrées, derrière celle de 2021-2022. Sur le glacier del Lupo, dans les Alpes orobiques, une perte de 4,4 mètres d'eau équivalente a été relevée, égalant le précédent record négatif. Ces mesures, détaillées par le glaciologue Giovanni Baccolo dans L'AltraMontagna, sont encore ponctuelles et ne correspondent pas nécessairement à une perte uniforme sur toute la surface des glaciers. Sur l'Adamello, le plus grand glacier italien, le bilan de masse global est estimé à −2,9 mètres d'eau équivalente.
L'hiver avait déjà laissé les glaciers particulièrement vulnérables, avec des accumulations de neige largement inférieures aux normales. Sur le Pian di Neve, principal bassin d'accumulation de l'Adamello, la neige de l'hiver précédent avait entièrement disparu dès le début du mois d'août, exposant directement la glace aux rayonnements solaires.
La chaleur a achevé le travail. À la station météorologique du Piz Corvatsch, en Suisse, située à environ 3 300 mètres, les températures minimales sont restées positives pendant 85 des 122 journées observées entre juin et septembre. Sans le regel nocturne qui peut normalement ralentir la fonte, les glaciers perdent une partie de leur répit quotidien. Et sans neige pour protéger leur surface, ils absorbent davantage d'énergie solaire.
La saison 2026 offre ainsi une nouvelle illustration d'un déséquilibre qui ne se limite plus aux seuls épisodes de canicule : même en haute altitude, les périodes favorables à la conservation de la glace se raréfient.













