Tribune : « Boycotter World Climbing, exclure Israël de la compétition »
- Andrew Bisharat

- 14 avr.
- 13 min de lecture
Vertige Media publie une tribune d'Andrew Bisharat, journaliste et grimpeur américain. D'origine palestinienne, il a également réalisé le film Resistance Climbing, plusieurs fois récompensé depuis sa sortie en 2022. Dans ce texte initialement publié sur Evening Sends en anglais, il parle de génocide, de la lâcheté de World Climbing, et de ce que le monde de l'escalade peut faire pour exclure Israël des compétitions.

Il existe une forme particulière d'épuisement qui naît de regarder les gens trouver de nouvelles façons élaborées de ne rien faire.
Pendant trois ans, j'ai regardé les gens ignorer un génocide. Je les ai regardés faire défiler des vidéos d'enfants tirés des décombres. Je les ai regardés pratiquer une acrobatie morale sophistiquée au nom d'une neutralité de façade, pendant que des bombes de mille kilos rasaient des hôpitaux et des infrastructures civiles avec la méthode d'une société convaincue qu'elle n'aurait jamais à répondre de sa dépravation vengeresse et de sa soif de sang.
Tout aussi révoltant : la mauvaise foi avec laquelle toute critique d'Israël était assimilée à de l'antisémitisme, et l'injonction sociétale omniprésente à placer au centre du débat les sensibilités de certaines des personnes les plus privilégiées des États-Unis — les « vraies victimes », bien sûr. Des auditions au Congrès ont été consacrées à déterminer si le chant « du fleuve à la mer » (slogan scandé dans les manifestations de soutien à la Palestine, ndlr) rendait difficile la vie des étudiant·e·s sur les campus, pendant que la chair et le sang de vies palestiniennes innocentes étaient réduites en lambeaux, avec nos impôts et les bénédictions de Biden.
Mais nous voici dans une nouvelle phase — peut-être encore plus exaspérante. Après le retour des otages et la mise en scène d'un « cessez-le-feu », il semblerait qu'une grande partie de la population se soit donné la permission de tourner la page. Pourtant, les bombes continuent de pleuvoir, et des Palestinien·ne·s continuent d'être exécuté·e·s, opprimé·e·s et chassé·e·s de leurs terres natales.
« Ce qui a changé après le 7 octobre, ce n'est pas le comportement d'Israël. C'est la capacité du monde à détourner le regard. Nous avons regardé, en temps réel, en 4K, la destruction systématique de mon peuple »
Ce que nous voyons désormais traduit quelque chose de plus insidieux : la fabrication de l'inévitable. La poussée discrète mais déterminée pour restaurer le statu quo d'avant le 7 octobre (la date du déclenchement d’une nouvelle phase très violente du conflit israélo‑palestinien, ndlr) — celui dans lequel Israël est traité comme une démocratie normale, ce qu'il n'est pas et n'a jamais été. Celui dans lequel Israël est considéré comme un membre légitime de la communauté internationale, un pays qui peut faire des choses normales et légitimes, comme participer à des compétitions internationales d'escalade.
Je veux être clair sur un point : ce monde-là est révolu. Et il ne devrait jamais revenir. Le masque est tombé, et le remettre est impossible.
Ce qui a changé après le 7 octobre, ce n'est pas le comportement d'Israël. C'est la capacité du monde à détourner le regard. Nous avons regardé, en temps réel, en 4K, la destruction systématique de mon peuple. Le massacre de centaines de milliers de Palestinien·ne·s, dont la majorité sont des femmes et des enfants, et qui ont tous et toutes le droit de se défendre contre leurs oppresseurs. L'arasement de 92 % des habitations à Gaza. Le ciblage d'hôpitaux, d'écoles, de journalistes et de travailleur·se·s humanitaires. La famine délibérée d'une population civile entière, et les tentatives répugnantes de prétendre que rien de tout cela n'est vrai — c'est juste un complot antisémite de plus pour pousser les gens à détester Israël.
Le consensus parmi les plus grand·e·s spécialistes du génocide dans le monde, y compris les spécialistes de l'Holocauste, c'est qu'Israël commet un génocide. Point final. Pour les Palestinien·ne·s, l'insistance malhonnête de si nombreuses voix tentant de nier cette vérité est une douleur déshumanisante difficile à exprimer.
Pour la plupart des gens honnêtes, cependant, il est parfaitement clair qu'Israël est un État génocidaire d'apartheid engagé dans une guerre messianique sur plusieurs fronts. Il est clair qu'il terrorise ses voisins, annexe illégalement des terres, et use de son emprise machiavélique sur le gouvernement américain pour agir en toute impunité — menant désormais une guerre d'agression totalement immorale et inutile contre l'Iran et commettant des actes de terrorisme au Liban.
L'épuration ethnique du peuple palestinien par Israël recueille une pluralité de soutiens parmi les Israélien·ne·s, comme le montrent sondage après sondage. Alors que les médias occidentaux font tout pour occulter les crimes et la dépravation d'Israël, en Israël, tout se passe au grand jour. Des familles organisent des pique-niques aux abords de Gaza pour regarder tomber les bombes. Elles amènent leurs enfants devant des camions d'aide bloqués à l'entrée de Gaza et les laissent déchirer des sacs de farine. Les sionistes commettent un crime d'épuration ethnique, sous diverses formes et à différentes intensités, depuis plus d'un siècle. Ils ne montrent aucun signe d'arrêt — au contraire, ils ne font qu'escalader leur agression, trouvant de nouvelles façons dépravées de favoriser les pogroms en Cisjordanie au nom de la construction de leur colonie raciste et suprémaciste, édifiée sur une histoire falsifiée, par-dessus une population existante et enracinée.
Ce n'est ni légal, ni moral, et nos institutions internationales sont censées exercer leur propre influence pour déclarer sans ambiguïté que le meurtre de masse est un crime. Aucune organisation qui aspire à une légitimité mondiale ne devrait accueillir l'emblème d'Israël, jouer son hymne national, et prétendre que tout va bien.
Pourtant, World Climbing est parmi les nombreuses institutions qui espèrent désespérément tirer parti de l'inertie et de la prétendue inéluctabilité du projet politique sioniste. L'espoir est que nous puissions tous revenir au statu quo, qu'aucun membre d'aucun conseil d'administration n'ait à prendre de décisions difficiles qui risqueraient de froisser des susceptibilités — et encore moins de ternir l'estimée réputation de la « seule démocratie du Moyen-Orient ».
Mais comme je l'ai dit : ce monde-là est révolu. Il est temps de se réveiller. Et il est temps que le monde de l'escalade signifie clairement à World Climbing que ce qu'ils espèrent voir disparaître ne disparaîtra pas.
Je demande au monde de l'escalade de se joindre à moi, ainsi qu'à mes ami·e·s à travers le réseau mondial Climbers for Palestine, pour exiger que World Climbing interdise définitivement Israël des compétitions d'escalade.
« Le fait est que l'on ne peut pas prétendre soutenir de manière significative la Palestinian Climbing Association en tant que fédération membre de World Climbing, tout en accueillant simultanément le pays qui opprime activement les grimpeur·se·s palestinien·ne·s »
La marche du mouvement
L'année dernière, j'ai écrit sur les raisons pour lesquelles World Climbing (anciennement l'IFSC, nda) devait bannir Israël des compétitions internationales d'escalade. L'argumentaire était construit en plusieurs couches. L'argument le plus simple était que la même organisation qui avait interdit, en quelques semaines, les athlètes russes et biélorusses après l'invasion de l'Ukraine et n'avait rien fait en réponse au génocide commis par Israël. Mais j'ai tenté d'aller au-delà de la comparaison avec la Russie, car l'exemple des sanctions sportives qui ont contribué à mettre fin à l'apartheid en Afrique du Sud me semble bien plus analogue et approprié à la situation présente.
Le fait est que l'on ne peut pas prétendre soutenir de manière significative la Palestinian Climbing Association en tant que fédération membre de World Climbing, tout en accueillant simultanément le pays qui opprime activement les grimpeur·se·s palestinien·ne·s. Il faudrait ignorer que chaque couche de la société et du gouvernement israélien est absolument déterminée à rendre impossible le développement des athlètes palestinien·ne·s — alors que leurs falaises sont volées, qu'iels sont emprisonné·e·s sans procès équitable, et qu'iels vivent chaque jour sous l'un des systèmes d'oppression et d'apartheid les plus draconiens du monde.
En novembre dernier, la Palestinian Climbing Association, avec la Jordan Climbing Federation, a soumis une demande au Conseil exécutif de World Climbing. Leur lettre exposait les faits :
Les grimpeur·se·s palestinien·ne·s sont bloqué·e·s dans l'accès à leurs propres falaises par des checkpoints israéliens, l'expansion des colonies et les désignations de zones militaires.
Des athlètes palestinien·ne·s ont été détenu·e·s plusieurs jours au pont Allenby (un pont frontalier clé sur le Jourdain, ndlr) en tentant de se rendre à des compétitions.
Des grimpeur·se·s palestinien·ne·s — dont le réalisateur Abdullah Motan, que j'ai rencontré personnellement lors de mon voyage en Palestine — ont été emprisonné·e·s au titre de la politique israélienne de « détention administrative » : sans inculpation, sans procès, sans garanties judiciaires, renouvelable indéfiniment.
La lettre cite des statuts spécifiques de World Climbing et des principes de la Charte olympique que la conduite d'Israël viole, et appelle à la suspension immédiate de l'Israel Climbing Association de toutes les compétitions, événements et activités.
La majeure partie de ces arguments, et bien d'autres encore, est disponible sur BanIsraelFromIFSC.com.
« Trois grimpeur·se·s palestinien·ne·s sont actuellement détenu·e·s en otage dans ces prisons, connues pour être des bastions de famine, de torture et de viol »
La réponse de World Climbing a été d'une lâcheté absolue. Ils ont reconnu le « sérieux » des préoccupations soulevées. Ils ont noté les enjeux « humanitaires et éthiques plus larges ». Puis ils ont expliqué pourquoi ils ne pouvaient rien faire à ce sujet.
L'évaluation du Conseil exécutif soutient que la suspension d'une fédération nationale exige une violation significative imputable à cette fédération elle-même, et non à l'État. Puisque les violations décrites sont des actions de l'État israélien et non de l'Israel Climbing Association, il n'existerait pas de fondement juridique suffisant pour une suspension. Ils ont également averti qu'agir sans ce fondement statutaire exposerait World Climbing à un « risque juridique et financier substantiel », notamment à un recours susceptible d'aboutir devant le Tribunal Arbitral du sport (TAS).
Autrement dit : oui, Israël commet un génocide, pratique l'apartheid, et opprime une autre fédération membre… mais comme c'est l'État israélien — et non la fédération d'escalade israélienne — qui en est responsable, les mains de World Climbing sont liées.
Le chas de l'aiguille par lequel tente de passer World Climbing est si étroit qu'il n'existe presque pas, et ils le savent. Vous n'avez pas besoin d'appuyer sur la gâchette pour être complice d'un crime. Et bien sûr, aucune de ces considérations ne les a empêchés de bannir la Russie — c'est précisément la raison pour laquelle cet argument sonne creux.
Comme banisraelfromifsc.com le détaille abondamment, l'ILCA, la fédération israélienne d'escalade, est complice des crimes d'Israël. Elle encourage activement l'escalade sur les terres occupées, appose son logo sur des topos de sites volés, et soutient des grimpeur·se·s qui vivent dans des colonies illégales, lesquelles sont utilisées comme outil de l'État pour diviser et déposséder les Palestinien·ne·s, mais aussi, très concrètement, pour restreindre la liberté de mouvement et d'escalade des grimpeur·se·s palestinien·ne·s sur leurs propres terres.
Une grimpeuse israélienne en Coupe du monde, Ayala Kerem, est soutenue par une entreprise complice d'épuration ethnique et d'oppression. Son compte Instagram liste le groupe Shikun & Binui parmi ses sponsors — une entreprise qui a littéralement construit l'enceinte autour de Gaza, construit les colonies qui volent les terres palestiniennes, et qui bâtit aujourd'hui l'infrastructure de recrutement militaire qui gère les soldats chargés de l'occupation.
Certain·e·s grimpeur·se·s sont sponsorisé·e·s par des marques de vêtements qui font des efforts, même si elles n'atteignent pas tout à fait leurs objectifs de développement durable dans la fabrication de vestes imperméables. D'autres sont sponsorisé·e·s par des entreprises qui construisent l'infrastructure physique d'un projet d'épuration ethnique. Ce n'est pas la même chose.
Ces dernières semaines, de nouvelles atrocités se sont produites. Le gouvernement israélien a très largement adopté une nouvelle loi instaurant la peine de mort après 30 jours pour les otages palestinien·ne·s accusé·e·s de meurtre par l'État. Rappelons encore une fois que dans ces prisons militaires israéliennes, les Palestinien·ne·s sont détenu·e·s en « détention administrative » : on ne leur permet pas de connaître les charges retenues contre eux et elles, et iels sont jugé·e·s par des tribunaux militaires, où iels sont condamné·e·s dans plus de 95 % des cas. À titre de comparaison : aucun citoyen israélien n'a été poursuivi pour avoir tué un civil palestinien en Cisjordanie occupée depuis 2020.
Trois grimpeur·se·s palestinien·ne·s sont actuellement retenu·e·s en otage dans ces prisons, connues pour être des bastions de famine, de torture et de viol — par les armes et par les chiens —, ce que les Israélien·ne·s trouvent visiblement très drôle. Iels manifestent en masse pour défendre le droit de leurs soldats à violer des Palestinien·ne·s. Ces soldats — qui dissimulent leur visage parce qu'ils sont des lâches — sont célébrés dans les médias israéliens et reçus sur les plateaux de télévision.
« En tant que communauté d'escalade, serait-ce trop demander à toutes celles et tous ceux qui lisent ces lignes que de rappeler que les cordes servent à grimper, pas à pendre ? Serait-ce trop demander à World Climbing que d'interdire qu'on hisse la bannière de ce culte génocidaire de la mort, qui utilise le symbole de notre sport — la corde — comme outil de meurtre de masse ? »
Cette nouvelle loi sur la peine de mort par pendaison a vu des politiciens israéliens arborer des broches en forme de nœuds coulants dorés à leur boutonnière. « La corde est réservée aux Arabes », disent-ils. En tant que communauté d'escalade, serait-ce trop demander à toutes celles et tous ceux qui lisent ces lignes que de rappeler que les cordes servent à grimper, pas à pendre ? Serait-ce trop demander à World Climbing que d'interdire qu'on hisser la bannière de ce culte génocidaire de la mort, qui utilise le symbole de notre sport — la corde — comme outil de meurtre de masse ?
Le Comité international olympique (CIO) a eu recours à des manœuvres lâches en refusant d'interdire Israël lors des deux derniers Jeux olympiques. World Climbing, qui s'est systématiquement abrité derrière le CIO sur cette question, fait de même.
Comme je l'écrivais l'année dernière, il vaut la peine de rappeler que le CIO a utilisé ce raisonnement bien rodé pour retarder l'action contre l'apartheid en Afrique du Sud pendant des années. Puis, de nombreuses nations ont suffisamment fait pression en boycottant activement les événements sportifs. Ces boycotts ont joué un rôle déterminant pour mettre fin à l'apartheid. Ce précédent devrait donner aux grimpeur·se·s le courage et la conviction d'en faire autant.
L'assemblée qui n'a pas eu lieu
Nous étions prêts à porter ce combat directement à l'Assemblée générale de World Climbing, prévue ce mois-ci à Riyad, en Arabie saoudite. Les fédérations nationales ont le pouvoir de soumettre des motions formelles au vote, et nous avions prévu de déposer la nôtre par l'intermédiaire de la fédération espagnole et d'autres.
Puis Israël et les États-Unis ont lancé une offensive militaire majeure contre l'Iran, frappant son élite dirigeante ainsi que sa population civile — avec notamment la mort de plus de 160 lycéennes dans une double frappe.
Dans le chaos qui a suivi, World Climbing a annoncé l'annulation de l'Assemblée générale en présentiel à Riyad et son déplacement vers un sommet en ligne le 23 avril — où, a-t-il été précisé, seuls les points statutaires seraient traités. La session permettant un vote a été reportée à décembre 2026.
Prenons un instant pour apprécier l'ironie. Le pays que nous cherchons à bannir des compétitions internationales d'escalade vient de déclencher une guerre régionale, ce qui a directement entraîné l'annulation de la réunion où notre motion aurait pu être soumise au vote.
Et pendant que tout cela se déroulait, World Climbing a levé l'interdiction frappant les athlètes russes et biélorusses — l'interdiction même qui avait mis en évidence l'hypocrisie de l'organisation vis-à-vis d'Israël.
La situation en Russie et en Ukraine n'est fonctionnellement pas différente de ce qu'elle était en mars 2022, au moment où l'interdiction avait été imposée. Mais avec une Assemblée générale à l'horizon où la comparaison avec la Russie allait devenir inconfortable, il était bien commode de neutraliser cette ligne d'attaque particulière.
« World Climbing a encore le temps de faire ce qui est juste. S'ils le font, je serai le premier à les applaudir. Ce ne sera pas facile. Cela leur demandera de se démarquer du CIO, d'absorber des pressions politiques, et d'accepter que le sport ne peut pas être une zone sans conséquences pour les États génocidaires. Mais c'est exactement ce à quoi ressemble un leadership moral »
Pourquoi boycotter World Climbing
World Climbing n'a aucun appétit pour ce combat. Cela est évident depuis des années. Ils ne prendront aucune mesure de leur propre chef. Ils vont continuer à se cacher derrière le CIO, derrière des objections procédurales, derrière des engagements vagues envers la « neutralité » — qui n'est pas une neutralité du tout, mais un choix de normaliser un génocide.
World Climbing a encore le temps de faire ce qui est juste. S'ils le font, je serai le premier à les applaudir. Ce ne sera pas facile. Cela leur demandera de se démarquer du CIO, d'absorber des pressions politiques, et d'accepter que le sport ne peut pas être une zone sans conséquences pour les États génocidaires. Mais c'est exactement ce à quoi ressemble un leadership moral. Toute institution qui s'est retrouvée du bon côté de l'Histoire a dû faire ce choix avant qu'il ne soit confortable — pas après.
World Climbing possède une réelle opportunité de se distinguer de tous les autres organismes internationaux sans colonne vertébrale qui se sont cachés derrière la procédure et la neutralité pendant qu'un génocide se déroulait. Soyez l'organisation qui a dit : pas sur notre terrain. Pas sous notre bannière. Pas dans notre sport.
Cela voudrait dire quelque chose, et je serais le premier à le dire.
Voici ce que chacun·e peut faire dès maintenant :
Manifestez pacifiquement. S'il y a une compétition World Climbing près de chez vous, allez-y. Apportez un drapeau palestinien, portez un keffieh, tenez une pancarte. Si Israël participe, l'événement n'est pas une compétition sportive neutre. C'est une tribune pour un État génocidaire d'apartheid qui tente de normaliser sa réputation et d'effacer ses crimes. Toute personne participant à cet événement contribue à effacer le crime de génocide. Montrez-vous pour les grimpeur·se·s palestinien·ne·s qui ne peuvent pas être là, et faites entendre votre présence et vos revendications.
Ne regardez pas les événements World Climbing. Ne les partagez pas, ne leur donnez pas de clics et de vues. Les magazines et les sites web peuvent refuser de couvrir les résultats. Utilisez ces événements comme une occasion de vous exprimer en faveur de la Palestine.
Ne participez pas. Athlètes : demandez-vous si vous souhaitez concourir aux côtés d'Israël. Je sais que c'est beaucoup demander. Les carrières sont courtes, et la pression pour rester silencieux·se est réelle. Les Jeux olympiques approchent. La licence athlète de World Climbing interdit littéralement toute prise de position politique, et l'administration Trump a clairement indiqué que la solidarité avec les Palestinien·ne·s pouvait valoir une interdiction d'entrée aux États-Unis. Les enjeux ne sont pas minces. Mais les sanctions sportives fonctionnent précisément parce qu'elles sont inconfortables. L'inconfort est le but. Pensez à Muhammad Ali, qui a sacrifié son titre et trois ans de sa carrière plutôt que de participer à une guerre injuste.
Certain·e·s athlètes de premier plan prêtent leur voix à cette question. Suivez-les, soutenez-les, amplifiez leur parole.
Contactez votre fédération nationale. USA Climbing. Le BMC (British Mountaineering Council, la fédération nationale anglaise, ndlr). Quelle que soit la fédération qui vous représente. Dites-leur que vous souhaitez qu'une motion soit déposée pour interdire Israël des événements World Climbing. C'est possible. Le mécanisme existe. Ce qui manque, c'est la pression de grimpeur·se·s comme vous.
Le statu quo n'est pas inévitable. Le statu quo ne reviendra pas. Les grimpeur·se·s palestinien·ne·s méritent mieux qu'un sport qui détourne le regard pendant que leurs falaises sont volées et que leurs coéquipier·e·s sont jeté·e·s en cage. Le courage existe dans cette communauté — je l'ai vu sur le rocher. Il est temps de le montrer là où ça compte vraiment.












