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- Euroholds s’offre le classement général des Coupes du monde 2025
Le geste est aussi stratégique que symbolique. Pour la saison 2025, Euroholds devient Presenting Partner du classement général des Coupes du monde IFSC. Autrement dit, la marque espagnole de prises inscrit son nom tout en haut de l’échiquier mondial, là où s’écrivent les récits d’une année entière de compétition. © Euroholds Bloc, difficulté, vitesse : quelle que soit la discipline, les classements porteront désormais la signature d’Euroholds. Un branding assumé, visible à chaque remise de prix, à chaque mise à jour du général. De quoi imprimer la marque dans les rétines et les esprits, à la faveur d’un circuit international en expansion constante. Ce partenariat n’est pas une première incursion pour Euroholds dans le giron fédéral. Déjà fournisseur agréé par l’IFSC, la marque s’est illustrée ces dernières années en équipant de nombreuses étapes avec des prises au design affûté. Mais en gravissant ce nouveau palier, elle transforme une relation de sous-traitance en un partenariat d’image, à la croisée du politique et du marketing. « Nous avons toujours été là, d’une manière ou d’une autre, à collaborer et soutenir l’IFSC. Ce sponsoring formalise cette relation de façon plus directe et professionnelle », explique Toni Llopis, fondateur et CEO d’Euroholds. « Notre engagement dépasse la fabrication de produits : nous voulons participer activement au développement de l’escalade à l’échelle mondiale. » Derrière cette déclaration d’intention, un enjeu plus large se dessine : celui de la consolidation du marché des fournisseurs, à l’heure où les compétitions deviennent une vitrine centrale de l’escalade moderne. Être partenaire du classement, c’est non seulement accompagner les athlètes, mais aussi façonner l’esthétique et les standards d’une discipline en pleine institutionnalisation. Marco Scolaris, président de l’IFSC, ne s’y trompe pas : « Remporter une Coupe du monde, c’est l’aboutissement d’une saison de travail et de persévérance. Euroholds en a conscience, et je suis heureux – et reconnaissant – de les voir à nos côtés pour accompagner les athlètes. » Les gagnants et gagnantes du général – dans chaque discipline – recevront un trophée signé Euroholds. Un objet de reconnaissance, mais aussi de design, qui viendra matérialiser la convergence entre performance et partenariat industriel. Le lancement de la saison est prévu du 18 au 20 avril à Keqiao, en Chine, avec une première étape de bloc. Elle sera suivie de près par Wujiang pour la difficulté et la vitesse. La bataille des points, des prises… et des marques est officiellement lancée.
- Grimpeuses en France : derrière les prises, une histoire de prises de position
Dans l’escalade, les statistiques ressemblent à ces prises qu’on pensait connaître par cœur jusqu’au jour où elles glissent sous nos doigts. Prenez ce chiffre : 37 %. Voilà la proportion actuelle des femmes parmi les grimpeurs français. Pas encore la parité, mais largement de quoi secouer les vieilles représentations d'un sport historiquement "entre barbus". Chez Vertige Media, on aime les prises fuyantes. On s’est donc penché sur ce chiffre, pour découvrir qui sont ces grimpeuses qui, à l’ombre des prises en résine, font doucement bouger les lignes. Une nouvelle vague féminine (et enthousiaste) Premier constat : les femmes sont en train de prendre la main sur la génération néo-grimpeurs. Parmi ceux qui découvrent l’escalade depuis moins de deux ans, elles représentent désormais 56 %. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour comprendre que l’image du grimpeur solitaire à barbe longue prend du plomb dans l’aile. Et ces nouvelles grimpeuses ne se contentent pas de venir en salle, elles adorent ça. Elles affichent une satisfaction de 4,84/5 lorsqu'elles débutent, soit plus élevée que leurs homologues masculins. C’est une lune de miel verticale. Mais jusqu’à quand ? Une génération charnière Cette vague féminine est jeune, mais pas seulement. Plus de 70 % des grimpeuses françaises ont moins de 35 ans, avec un vrai pic entre 25 et 34 ans. La grimpe attire donc une génération particulièrement dynamique, active et sociale, une génération pour qui le mur est autant un espace sportif qu’un lieu de rencontre et de sociabilité. Mais ne réduisons pas tout à la jeunesse : les femmes entre 35 et 44 ans représentent également une part significative des pratiquantes. Actives, installées, souvent engagées dans leur vie pro et familiale, elles font de l’escalade un point d’équilibre entre leurs multiples vies. Quant aux grimpeuses de plus de 45 ans, elles sont certes plus discrètes, mais elles sont bel et bien là, et surtout, elles sont très engagées. Un exemple éclairant ? Chez les 55-64 ans, la proportion de femmes pratiquant régulièrement en extérieur est proportionnellement plus élevée que chez les plus jeunes. Comme un pied de nez tranquille à tous les clichés sur l'âge et l'audace. Mais l'expérience creuse parfois l’écart Avec l'expérience, le paysage change un peu. Si les débutantes affichent un enthousiasme presque inconditionnel, celles qui cumulent quelques années de grimpe deviennent légèrement plus exigeantes. La satisfaction moyenne passe ainsi de 4,84/5 pour les débutantes à 4,73/5 pour celles qui pratiquent depuis plus de 5 ans. Rien d’alarmant, mais de quoi interroger ce qui, avec le temps, peut rendre une salle moins excitante : ouvertures trop répétitives, ambiance en berne, sentiment d’uniformité ? Parmi les autres éléments étudiés, l’accès à l'extérieur reste un nœud : 30 % des grimpeuses interrogées ne grimpent jamais dehors (contre 23 % chez les hommes). Et pour celles qui franchissent le pas régulièrement, l’écart s’agrandit : seulement 19 % des femmes contre 30 % des hommes. Question de réseau, de matériel, ou d'autonomie ? Le mystère demeure, mais la barrière existe bel et bien. La fidélité : une histoire de genre ? Les chiffres nous disent aussi que les femmes affichent une fidélité plus marquée à leur salle habituelle. Parmi les 25-34 ans, la tranche phare de la grimpe actuelle, seulement un tiers des grimpeuses se montrent très mobiles, contre presque la moitié chez les hommes. Fidèles ? Prudentes ? Ou simplement attachées à un lieu qui leur ressemble ? Toujours est-il qu’elles papillonnent beaucoup moins. Ce qu’on apprend en creusant encore Chez Vertige Media, on aime se compliquer la vie. Alors, on a creusé encore un peu plus loin. Moins fréquentes, mais plus heureuses ? Derrière une apparente contradiction, on découvre que les femmes fréquentent moins souvent les salles que les hommes, notamment celles qui y vont trois fois par semaine ou plus. Pourtant, leur satisfaction globale reste supérieure, surtout chez celles qui n’ont jamais grimpé dehors (4,82 contre 4,71 pour les hommes). Moins de séances, mais une expérience mieux vécue ? La qualité primerait-elle sur la quantité ? Fidèles en falaise, fidèles en salle Autre subtilité : les femmes qui pratiquent régulièrement dehors restent davantage attachées à leur salle habituelle que leurs homologues masculins. Parmi les pratiquantes assidues de l'extérieur, 43 % restent fidèles à une seule salle ou n’en fréquentent qu’une occasionnellement, contre 34 % des hommes. Être nomade dehors ne signifie pas forcément être nomade dedans. Au contraire, cela renforcerait même leur besoin d’un lieu fixe, d’un cocon où reprendre leurs marques. Téléchargez l’étude et creusez les chiffres Cet article n’est qu’un échantillon des enseignements que révèle notre étude sur les grimpeurs en France. Au-delà du portrait des femmes grimpeuses, elle explore qui sont -dans leur globalité - les grimpeurs en France, où et comment ils pratiquent, ce qui influence leur fidélité à une salle, et comment varie leur rapport à l’extérieur. Vous y trouverez aussi des analyses croisées entre les différents profils : Les différences de pratiques entre hommes et femmes Comment l’ancienneté influence la fréquence et la satisfaction Pourquoi certains restent fidèles à une salle et d’autres papillonnent Pour découvrir toutes ces tendances et leurs implications, il vous suffit de télécharger l’étude complète sur les grimpeurs en France. 📥 Télécharger l’étude complète sur les grimpeurs en France
- TFP MESA : nouveau diplôme ou nouveau modèle ?
Sous ses airs techniques, le nouveau TFP Moniteur d’escalade sur structure artificielle (MESA), concocté par la FFME et l’UDSE, raconte bien plus qu’une simple histoire de formation. Il raconte un secteur en pleine poussée de croissance, un métier au bord de la crise de nerfs, et une fédération qui cherche (peut-être) à sauver sa place au bal des acteurs privés. Diplômes pro : pour vivre heureux, vivons codés ? À chaque époque ses dialectes. L’église parlait latin, l’administration parle sigles. CQP AESA, DEJEPS, BPJEPS, RNCP… Et voilà que le TFP MESA entre dans la danse. Un diplôme, certes, mais surtout un révélateur, celui d’une discipline qui semble découvrir qu’en devenant populaire, elle devenait aussi économique, politique, presque malgré elle. L'escalade est passée des marges sportives aux marges bénéficiaires. Forcément, ça bouscule les codes — linguistiques et sociaux. Pourquoi ce nouveau diplôme arrive maintenant ? Le 27 mars 2025, France Compétences officialise la création du TFP MESA. Son but officiel : répondre à un besoin précis des salles d’escalade privées, confrontées à un marché en pleine expansion. Avec des centaines de salles commerciales ouvertes en quelques années et une demande toujours plus forte, l'escalade indoor est devenue un secteur économique à part entière, porté par une croissance soutenue. Le gâteau grossit ; il fallait bien inventer une recette adaptée. Dans ce contexte, le CQP AESA (266 heures de formation) devenait aussi léger qu’un baudrier en papier crépon, et le DEJEPS (1200 heures), aussi lourd à porter financièrement qu’un crashpad lesté de plomb. Le TFP MESA arrive donc comme un juste milieu, avec ses 742 heures modulables entre alternance et apprentissage, calibré au millimètre pour répondre à la logique économique actuelle. Le pragmatisme, cette forme élégante d’un capitalisme qui ne dit pas son nom. Tableau comparatif : le diplôme idéal, au centre de gravité ? Diplôme Niveau RNCP Durée approx. Prérogatives Structures visées CQP AESA Niveau 3 ~266h Initiation SAE Clubs, petites salles TFP MESA Niveau 4 742h Initiation + perfectionnement SAE Salles privées, clubs professionnels DEJEPS Escalade Niveau 5 ~1200h SAE + sites naturels sportifs (une longueur) + entraînement Coaching, structures fédérales, SAE et falaises école DEJEPS Escalade en milieu naturel Niveau 5 ~1200h Tous sites naturels (grandes voies, terrain d’aventure…) + SAE Structures outdoor, grandes voies, professionnels polyvalents BPJEPS + CS Escalade Niveau 4 ~900h SAE + sites naturels sportifs d'une longueur Bases de plein air, éducateurs mixtes Brevet fédéral bénévole Non pro Variable Encadrement bénévole SAE / falaise Clubs affiliés Le TFP se cale confortablement dans une logique presque parfaite : assez formé pour rassurer le public, suffisamment rentable pour séduire le privé. Le risque, c’est qu’à force de trouver l’équilibre parfait, on finisse par oublier ce qu’on cherchait à équilibrer au départ : un métier. Pourquoi le TFP plaît (beaucoup) aux salles privées ? La réponse tient en un mot : apprentissage. Grâce aux aides directes de l’OPCO (Opérateur de compétences) et aux exonérations de charges associées, embaucher un apprenti TFP coûte sensiblement moins cher qu’un titulaire classique du DEJEPS. Résultat ? Un coût horaire global sensiblement inférieur à celui d’un titulaire expérimenté du DEJEPS. Si les montants précis varient selon les situations, les aides à l'apprentissage rendent clairement l’équation économique très favorable. Le calcul devient alors presque irrésistible, et on imagine aisément les tableaux Excel clignoter en vert : plus besoin de trancher entre pédagogie et rentabilité, le TFP promet de concilier les deux. Le risque ? Que ce qui devait être une solution temporaire devienne la nouvelle norme économique. Autrement dit, une précarisation déguisée en opportunité pédagogique. Les moniteurs actuels : précaires aujourd’hui, oubliés demain ? Dans ce ballet économique, les titulaires actuels du CQP AESA risquent de jouer les figurants silencieux. Une grande partie des titulaires du CQP AESA occupent aujourd’hui des postes précaires : contrats courts, fractionnés, souvent cumulés. Et demain ? Aucune passerelle directe n’est prévue vers le TFP, si ce n’est une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), démarche aussi engageante qu’une traversée du désert sans camelbak. Le paradoxe cruel : les moniteurs d’hier, précarisés aujourd’hui, seront-ils simplement invisibles demain ? FFME–UDSE : une alliance stratégique ou un mariage de raison ? Voir la FFME et l’UDSE collaborer pour créer ce diplôme interpelle d’autant plus quand on se souvient de la virulence avec laquelle ces deux acteurs s’affrontaient autour de Karma La Villette en 2023. À l’époque, l’UDSE dénonçait à grands cris une « concurrence déloyale financée sur fonds publics ». Deux ans plus tard, ils dansent bras dessus, bras dessous. Ce rapprochement stratégique, plus qu’un simple réalignement, révèle un changement de rôle profond de la fédération : régulatrice hier, coproductrice assumée aujourd’hui. Un glissement aussi silencieux que radical, dont les effets sont encore difficiles à anticiper clairement. Une annonce en pleine crise sociale ? Timing, timing… Le TFP arrive dans un contexte particulier : celui d'une crise sociale qui éclate au grand jour avec la grève à Climb Up Aubervilliers. Si ce nouveau diplôme n'a évidemment pas été créé en réponse directe à ce conflit — sa préparation remonte bien avant — il n'empêche qu'il semble désormais constituer une solution économique toute trouvée face à un malaise dont les racines sont plus profondes et anciennes. Un hasard malheureux du calendrier, en somme, où la réponse institutionnelle pensée initialement pour structurer un marché en croissance pourrait être perçue, à tort ou à raison, comme une rustine économique posée sur une crise sociale bien plus large. Perspectives : demain, tous apprentis ? À moyen terme, si le modèle TFP s’impose massivement, le DEJEPS pourrait bien devenir un luxe réservé à une minorité d'encadrants spécialisés dans la pratique en extérieur ou le coaching de haut niveau. Pendant ce temps, l’essentiel du marché indoor tournerait autour d’apprentis peu coûteux, interchangeables et précaires. Une uniformisation rampante, avec pour conséquence possible une baisse progressive des standards sociaux et pédagogiques dans les salles d'escalade. Le risque ? Un marché indoor qui, à force de privilégier les solutions économiques à court terme, réalise trop tard qu'il a confondu apprentissage avec précarité. Transmettre, c’est plus qu’un diplôme Le TFP MESA ne ressemble ni tout à fait au CQP, ni complètement au DEJEPS. Il se pose comme une alternative pragmatique, efficace, économique — mais au prix d’un non-dit : la potentielle précarisation de toute une profession. Car transmettre l’escalade, ce n’est pas seulement enseigner une pratique sportive, c’est aussi construire un métier digne, reconnu et valorisé. La vraie richesse d’un moniteur ne s’inscrit ni sur un diplôme ni sur un tableau Excel. Elle se mesure en lien humain, en passion transmise, en respect professionnel. Attention, donc, à ne pas confondre simplification économique et appauvrissement social. Le TFP pourrait être le remède économique dont le secteur a besoin… à condition qu’il ne devienne pas, en chemin, son poison social. Édit (mise à jour du 2 avril 2025) : Suite à la publication de cet article, Alain Carrière, président de la FFME, a souhaité apporter des précisions importantes sur l'origine et les objectifs du TFP MESA : « Ce diplôme a d'abord été pensé pour répondre à une attente forte de nos clubs. Ils estimaient le CQP AESA trop limité en matière de progression technique, et faisaient face à un réel manque de titulaires du DEJEPS disponibles. Le TFP MESA vient précisément combler cette pénurie », explique-t-il. Concernant l'UDSE, Alain Carrière précise : « À l'époque de nos échanges au sujet de la création d'un nouveau diplôme, l'UDSE envisageait plutôt un modèle de type BAFA escalade, situé sous le CQP, pour gérer notamment les anniversaires ou les espaces de fun climbing. Cette proposition n'a finalement pas eu de suite de leur côté, et ne correspondait pas au besoin exprimé par nos clubs d'une formation plus poussée. » Il ajoute enfin : « Les retours des clubs sont hyper positifs. Même si certains regrettent que les titulaires du TFP ne puissent pas encadrer en extérieur. »
- Warner Bros Discovery et IFSC : l’escalade vendue à la télé ?
C’est désormais officiel : Warner Bros Discovery reconduit pour quatre ans son union exclusive avec l’IFSC, la Fédération Internationale d’Escalade Sportive. Une prolongation logique, presque banale, tant le sport vertical semble grimper irrésistiblement les échelons médiatiques. Mais derrière les poignées de mains radieuses et les chiffres triomphants, l’ombre d’une question plane : l’escalade, en gagnant le salon du grand public, ne risque-t-elle pas de perdre un peu de son âme au passage ? L’ascension tarifaire : gare aux prises glissantes Outre-Manche, on grimpe plus qu’on ne zappe. Depuis le 1er mars 2025, les spectateurs britanniques doivent aligner 30,99 livres par mois (environ 36 €) pour accéder aux retransmissions sur TNT Sports, contre 6,99 livres auparavant (environ 8 €). Soit une hausse sèche, sans bac ni parade — un envol de 343 %. Le prix, bien sûr, n’est pas indexé sur l’amour du crux mais sur un bouquet de disciplines pensées pour rentabiliser chaque pixel. Et tant pis pour ceux qui ne suivent que l’escalade : il leur faudra payer pour tout le reste. La logique est simple, commerciale, assumée : un sport grandit, ses droits s’envolent, l’accès devient un privilège. Ce qui grince, ce n’est pas tant l’inflation que le moment choisi pour la mettre en place. Car au Royaume-Uni, l’élan populaire autour de l’escalade n’a jamais été aussi fort : des médailles olympiques, une génération montante, un engouement palpable. Et pourtant, voilà que la discipline, au lieu de capitaliser sur sa dynamique, se retrouve cantonnée à un abonnement haut de gamme, partagé avec des sports sans lien ni corde. Pour l’instant, le phénomène reste insulaire. En France, Eurosport propose encore les compétitions autour de 9,99 € par mois, un tarif modéré, presque doux au toucher. Mais la tectonique des modèles économiques laisse peu de doute : si l’escalade continue de séduire les audiences, les tarifs suivront la pente. Et pas en dalle. Le risque n’est pas seulement économique : il est symbolique. À force d'empiler les surcoûts pour capter les regards, l’escalade pourrait finir par s’éloigner de ceux qui, jusqu’ici, la regardaient avec envie, sans avoir à (trop) compter. Jeux Olympiques : de Tokyo à L.A, l’escalade en quête d’elle-même Entrée aux JO de Tokyo dans un format « combiné » un peu bancal, l’escalade avait divisé autant qu’elle avait fasciné. À Paris 2024, les organisateurs ont heureusement affiné le trait, détachant la vitesse du bloc et de la difficulté, permettant ainsi une meilleure lisibilité de la discipline auprès du public. Une preuve que l’escalade olympique peut évoluer intelligemment, si elle accepte de remettre en question ses propres règles du jeu. Pour Los Angeles 2028, tout reste à inventer, ou presque. De nouvelles améliorations sont attendues, espérées même. Mais soyons lucides : plus l’escalade gagne en popularité, plus la tentation est forte de l’adapter aux contraintes médiatiques. Le bloc comme exercice cérébral, la difficulté comme métaphore existentielle pourraient vite se diluer dans un format calibré pour les pauses pub et le zapping compulsif. Standardisation ou démocratisation : le faux dilemme Oui, la montée en puissance médiatique de l’escalade fait craindre une forme de nivellement : une grimpe lissée, standardisée, calibrée pour plaire au plus grand nombre plutôt que pour honorer la complexité du geste. Un risque réel — mais peut-être aussi le prix à payer pour qu’un sport longtemps marginal puisse enfin s’adresser à tous. Car il faut bien distinguer deux accessibilités : celle des images, et celle des pratiques. L’escalade devient visible — c’est indéniable. On la découvre sur des écrans, dans des formats grand public, au cœur de bouquets télévisuels autrefois réservés aux poids lourds du sport. Et cette visibilité, quoi qu’on en dise, est une forme de démocratisation. Ce qu’on voit devient envisageable. Ce qu’on comprend devient praticable. Mais l’accessibilité économique, elle, suit une autre logique. Quand la diffusion passe derrière un mur d’abonnement à 36 € par mois, ce ne sont pas les masses qu’on atteint, mais les mieux équipés. Et l’on peut alors s’interroger : faut-il vraiment passer par la case "premium" pour que l’escalade soit enfin considérée comme un vrai sport de masse ? Ce fossé-là — entre escalade d’intérieur et d’extérieur, entre grimpe authentique et spectacle algorithmé, entre large public et ticket d’entrée — n’est pas forcément une trahison. Il est, peut-être, une étape. Une mue. Un passage obligé pour permettre à la discipline de se réinventer sans se renier. L’enjeu n’est peut-être pas de devoir choisir entre pureté et popularité, mais de tenir la corde entre les deux. L’escalade en haut de l’affiche, mais pas au prix de son âme Alors oui, l’escalade a fait le choix de la médiatisation. Et ce choix est sans doute irréversible. Elle s’expose, se raconte, se vend parfois — mais elle s’ouvre aussi. Elle entre dans les foyers, dans les imaginaires, dans les scrolls d’algorithmes. Elle devient possible pour celles et ceux qui n’en connaissaient ni le nom, ni la voie. Mais ce mouvement vers l’écran, s’il veut tenir dans le temps, devra éviter de confisquer ce qu’il promet d’élargir. Car rendre visible une discipline, ce n’est pas la rendre accessible si l’accès devient un luxe. La médiatisation ne peut pas être une vitrine fermée. La réussite ne sera donc pas seulement de séduire le plus grand nombre, mais de le faire sans exclure ceux qui ont porté la discipline jusqu’ici. Celles et ceux qui grimpent sans podium, sans sponsor, sans abonnement premium. Celles et ceux pour qui grimper, c’est encore et toujours une manière de se relier au réel, à soi, au monde. L’escalade peut devenir universelle. Mais à condition de rester plurielle. Car au fond, grimper a toujours été une histoire de lignes : lignes de fuite, lignes de force, lignes d’horizon. Il serait dommage qu’en devenant une ligne de programme, elle perde de vue l’essentiel.
- Montagne en Scène 2025 : Toujours plus haut, toujours plus fort ?
Tous les six mois, Montagne en Scène refait surface comme une marmotte sous stéroïdes : grosse tournée, grosses images, grosses émotions, et un public toujours plus nombreux. Un rendez-vous incontournable pour les mordus de montagne, mais aussi une machine bien huilée qui tourne à plein régime. La 23e édition Summer débarque du 7 avril au 23 mai 2025, avec son lot de films qui donnent envie de tout plaquer pour une vie de bivouac suspendu. Comme à chaque édition, les organisateurs dégainent du lourd : de la grimpe en apnée, du kayak suicidaire, de l’alpinisme borderline et des tranches de vie où l’homme se confronte à des éléments qui se fichent bien de son ego. La montagne comme laboratoire du dépassement de soi, avec un soupçon de contemplation esthétique pour la route. Mais soyons honnêtes : si l’événement en lui-même tient toujours la corde, le concept a peu évolué depuis ses débuts. Les projections XXL, les images spectaculaires, les rencontres avec les athlètes... Tout est là, bien rodé. Peut-être un peu trop bien rodé ? Pas sûr que cette édition 2025 révolutionne la formule, mais tant que l’adrénaline coule à flot, on ne va pas bouder notre plaisir. Un décollage au Grand Rex avant une tournée marathon Comme à son habitude, Montagne en Scène démarre les festivités au Grand Rex à Paris, ce cinéma-cathédrale où l’on vient communier devant des avalanches de pixels ultra-HD. Le 7 avril, les fans se presseront pour une première soirée qui s’annonce aussi chargée qu’un bivouac mal optimisé. Ensuite, place à la grande boucle : 23 pays, 250 villes, des salles pleines à craquer et une tournée qui trace plus vite qu’une cordée lancée dans les Drus avant l’orage. La recette est éprouvée, efficace, et ça marche. Les films : la vraie raison de s’asseoir dans une salle obscure Parce que soyons clairs : ce qui fait le sel du festival, c’est avant tout la sélection de films. Et cette année encore, il y a du gros calibre. 🎥 LA RUBIA – Les nerfs à vif dans la grotte andalouse 📌 Durée : 30 minutes 🎬 Réalisation : Bronwyn Hodgins & Julia Cassou ⭐ Avec : Bronwyn Hodgins Bronwyn Hodgins n’est pas du genre à se laisser dicter la gravité. Adepte des big walls, elle a traîné ses chaussons de la Baffin aux parois les plus folles du Groenland. Sauf que cette fois, c’est son mental qui a lâché avant ses doigts. Épuisée par une année d’expéditions enchaînées, elle atterrit en Andalousie avec un seul but : se remettre en selle sur un projet qui l’effraie. Son défi ? "La Rubia" (8C+), une ligne démente de 55 mètres qui monte aussi raide qu’un plan de relance économique. Une lutte où chaque mouv’ est une bataille entre la fatigue, le doute et cette obsession un peu dingue qui fait que certains ne savent pas lâcher prise. 🎥 BIG WATER THEORY – Pagayer au bord du précipice 📌 Durée : 60 minutes 🎬 Réalisation : Emile Dominé ⭐ Avec : Nouria Newman, Jules Dominé, Maël Nguyen On sait que le kayak de gros volume est une discipline de cinglés. Mais là, on passe carrément dans une autre dimension. Nouria Newman, qu’on ne présente plus dans le milieu (multi-médaillée, pionnière du kayak extrême féminin, et capable de survivre à un rapide sans gilet de sauvetage...), embarque avec ses potes Jules Dominé et Maël Nguyen pour la descente de la Gorge Rondu de l’Indus au Pakistan. Un labyrinthe liquide où une erreur de lecture peut coûter plus cher qu’un aller-retour en première classe pour Islamabad. Un film sur l’instinct, l’amitié et cette étrange pulsion qui pousse certains à sauter dans des torrents qui ne leur ont rien demandé. 🎥 BURDEN OF DREAMS – Quand l’obsession devient un art martial 📌 Durée : 30 minutes 🎬 Réalisation : Gilles Charlier, Léopold Renié et Cyril Salomon ⭐ Avec : Simon Lorenzi Certains cherchent les sommets, d’autres traquent les cailloux parfaits. En 2021, Simon Lorenzi entre dans la légende en libérant "Soudain Seul", un 9A bloc à Fontainebleau. Un niveau de difficulté à la limite de l’absurde, où chaque prise semble avoir été dessinée pour briser des rêves. Son prochain défi ? "Burden of Dreams", le tout premier 9A bloc de l’histoire, en Finlande. Un mur de pure agonie, cinq mouvements impossibles, et des mois de combat pour un enchaînement qui dure moins de dix secondes. Un film qui déconstruit le mythe du grimpeur "cool" pour montrer l’envers du décor : obsession, frustration et acharnement pur. Parce qu’à ce niveau, la victoire ne tient pas à la force des bras, mais à un état d’esprit quasi monastique. 🎥 CRYSTAL SHIP – Premier de cordée à l’autre bout du monde 📌 Durée : 40 minutes 🎬 Réalisation : Oliviero Gobbi ⭐ Avec : Jérôme Sullivan, Christophe Ogier et Victor Saucède Loin des foules et des classiques, Jérôme Sullivan, Christophe Ogier et Victor Saucède sont de ceux qui cherchent les lignes que personne n’a encore osé toucher. Cette fois, direction le Pakistan, sur le glacier Hispar, pour une première sur le Pumari Chhish Est (6 850m). Les mecs partent avec un objectif simple : ne pas mourir et si possible arriver en haut. Résultat : une ligne de malade, une première qui décroche un Piolet d’Or et un film qui sent la sueur, la glace et les nuits sous zéro. De l’alpinisme comme on l’aime : brut, engagé, et sans paillettes. Montagne en Scène : une institution bien huilée Difficile de critiquer un festival qui, depuis 2013, fait un boulot monstrueux pour populariser l’aventure sur grand écran. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 📍 12 ans d’existence 📍 23 pays couverts 📍 250 villes sur la tournée 📍 230 000 spectateurs chaque année Reste que la mécanique est bien huilée, peut-être un peu trop. Montagne en Scène déroule son format avec l’efficacité d’un relais mille fois répété : un enchaînement de films bien calibrés, des images léchées, un public conquis d’avance. Mais à force de rester dans les rails, on se demande si le festival ne mériterait pas un petit coup de vent de face, une prise de risque, une secousse qui viendrait bousculer le cadre. Moins de prévisible, plus d’instinctif. Moins de polissage, plus de chaos. En attendant, soyons honnêtes : si vous aimez les frissons, les grands espaces et les histoires où la montagne ne fait pas de cadeaux, vous trouverez votre compte. 📆 Rendez-vous en avril 2025 Que vous soyez grimpeur, alpiniste, kayakiste ou simple voyeur de l’extrême, Montagne en Scène 2025 est dans les starting-blocks. À vous de voir si vous embarquez.
- Arkose Pop Corn : de la grimpe, du ciné et une bonne dose d’adrénaline
Les chaussons bien ajustés, le popcorn en embuscade : bienvenue à Arkose Pop Corn. Le 15 mars, Arkose inaugure son tout premier festival mêlant escalade et cinéma à Issy-les-Moulineaux. Une soirée où les prises s’enchaînent aussi bien sur le mur que sur grand écran. Au programme : des grimpeurs de haut vol à rencontrer sur les tapis, des films qui filent des frissons, et une ambiance qui risque de vous happer plus sûrement que l'algorithme de TikTok à 2h du mat’. Du beau monde sur les tapis Dès 16h, Arkose Issy se transforme en aire de jeu pour une session de grimpe en présence de figures incontournables de la communauté. Des grimpeurs qu’on ne présente plus… mais qu’on va quand même présenter. Mejdi Schalck : vice-champion du monde de bloc 2023, jeune prodige qui ne cesse de grimper – au propre comme au figuré. Solenne Piret : quadruple championne du monde de para-escalade, dont chaque mouvement respire la fluidité et l’engagement. Caroline Sinno : grimpeuse engagée de haut niveau, que l’on croise à Fontainebleau toute l’année, qu’il fasse 30° ou que les crash-pads gèlent sur place. Caroline Ciavaldini : ex-membre de l’équipe de France et spécialiste du trad, elle trace sa propre voie dans l’escalade, loin des sentiers battus. Autant dire que ça vaut le coup de venir chaussons aux pieds. D’autant plus que nous avons eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises avec Caroline Sinno et Caroline Ciavaldini, et on vous le dit sans détour : prenez le temps de les rencontrer, ça pourrait bien changer votre manière de grimper et d’appréhender l’escalade. Des films qui envoient du gros Quand la magnésie retombe, place aux projections. À 19h, la salle de projection du Palais des Sports située à 50 mètres devient le camp de base d’un cinéma 100 % grimpe. Loin des blockbusters hollywoodiens, ici c’est du brut, du vrai, du vertical. "Highball" – Caroline Sinno : quand dompter sa peur devient un art en soi. Un film qui sent bon le grès et l’engagement, avec Fontainebleau en toile de fond. "Kindness" – Caroline Ciavaldini : comment jongler entre maternité et escalade sans faire de compromis. "Es Pontas" – Mejdi Schalck : l’ascension d’un mythe en psicobloc, avec l’eau comme seul filet de sécurité. "Resistance Climbing" : l’escalade en Palestine, plus qu’un sport, un acte de résistance. Chaque film sera suivi d’un échange avec les grimpeurs, histoire d’entrer dans les coulisses de ces histoires qui donnent des fourmis dans les doigts et des envies de grès bien abrasif. Et après ? On grimpe ou on danse ? Pas question de plier crash-pad après la dernière projection. À 21h, la fête continue avec My Sweat Fab aux platines. DJ et producteur, il envoie des sets électrisants où house, bass music et beats percussifs se mêlent pour prolonger la soirée en musique. Et bonne nouvelle : on pourra continuer à grimper tout en profitant du son. Pour ne pas perdre trop d’énergie entre deux blocs ou deux pas de danse, le billet inclut un pack popcorn et une boisson. Parce que même les meilleurs grimpeurs ont besoin d’un ravito. Infos pratiques 📍 Lieu : Arkose Issy-les-Moulineaux (Issy Bloc + Palais des Sports) 📅 Date : 15 mars à partir de 16h 🎟 Billetterie : Arkose Pop Corn Avec le soutien d'Arkose
- Occitechnik 2025 : le Caroux comme salle de classe (très) grandeur nature
Si l’on dit souvent que la montagne est la meilleure école de la vie, il semblerait que du côté du Caroux, dans l’Hérault, on ait décidé de prendre l’expression un peu trop au pied de la paroi. Du 30 mai au 1er juin, Occitechnik revient transformer ce massif en amphi grandeur nature, et propose trois jours pour apprendre l’escalade, l’alpinisme, le canyonisme et le montagnisme (si si ça se dit), le tout encadré par des profs qui n’ont jamais de problèmes de discipline. Organisé conjointement par la Ligue FFME Occitanie et le Comité Territorial FFME de l’Hérault, Occitechnik se présente comme une université éphémère des sports de montagne, ouverte à tous dès 16 ans, licenciés ou non. Oui, même à toi qui oublies systématiquement comment faire ton nœud de huit et à ton ami qui pense toujours que la magnésie est composée de Maïzena. Le programme tient en quelques mots : deux journées intensives d’ateliers techniques pour acquérir ou approfondir les fondamentaux des disciplines verticales, et un dimanche dédié à une mise en pratique grandeur nature. Grande voie, canyoning, randonnée en montagne : si tu veux enfin faire mentir ceux qui prétendent que tu ne sais grimper qu’en salle, c’est clairement ton moment. Mais ne réduisons pas l’événement à une simple compilation d’activités outdoor, aussi stylées soient-elles. Cette édition 2025 introduit également deux ateliers biodiversité, histoire de comprendre enfin ce qui se cache derrière ces fameux panneaux « falaise interdite pour cause de nidification », qui provoquent parfois plus d’incompréhension chez les grimpeurs qu’une prise fuyante sur un 7a engagé. Oiseaux rares, chauves-souris, flore locale : la faune et la flore du Caroux n’auront bientôt plus de secret pour toi. Cette sensibilisation à la biodiversité tombe d’ailleurs à pic, dans un contexte où le partage de l’espace naturel entre espèces protégées et grimpeurs peut faire débat (voire carrément polémique, si tu passes de temps en temps sur les réseaux sociaux). Alors autant en profiter pour devenir un grimpeur un peu plus conscient de son environnement, histoire de clouer le bec à ceux qui pensent encore que tous les grimpeurs sont de vulgaires vandales en doudoune Patagonia. Au-delà des enjeux pédagogiques, Occitechnik est surtout une fête conviviale où l’on mange local, rit collectif et parle verticalité jusqu’à tard dans la soirée. C’est aussi ça, le Caroux : des repas partagés, des soirées animées, et cette impression permanente de colo pour adultes légèrement addicts à l’adrénaline. Bref, pour une immersion complète dans un décor digne d’un western méditerranéen, le Caroux t’attend fin mai. Les places sont limitées par atelier, donc si tu veux être sûr d’avoir ta place sur le rocher plutôt qu’en liste d’attente, n’hésite pas trop longtemps. Infos pratiques : 📍 Mons-la-Trivalle (34), Massif du Caroux 📅 Du 30 mai au 1er juin 2025 🔗 Infos et inscriptions ici
- Là-haut, y’a du gaz (et des refuges)
Un refuge, c’est un peu comme un camp de base pour alpinistes fatigués, randonneurs transpirants et grimpeurs un brin masochistes. Ça sent la chaussette, la soupe lyophilisée et le grésillement du talkie du gardien qui annonce qu’il n’y a plus de bière (panique). Mais c’est aussi le point de départ idéal pour aller poser ses chaussons sur du caillou bien frais. Et ça, la FFCAM (Fédération française des clubs alpins et de montagne) l’a bien compris en bichonnant quelques spots d’escalade autour de ses refuges. Coup de projecteur sur deux de ces camps de base perchés, où l’on grimpe entre ciel et pierres. © Grangeon Sarah Refuge de Maljasset : bienvenue chez les ermites des Alpes L’Ubaye, c’est le genre d’endroit où tu peux passer une semaine sans croiser autre chose qu’un bouquetin et un randonneur en collants. Le refuge de Maljasset, posé à 1 905 mètres, ne fait pas exception. C’est sauvage, minéral, avec un silence à faire pâlir un moine trappiste. Et pour ceux qui aiment la verticalité, le coin a de quoi satisfaire leur penchant pour les hauteurs. Depuis 2021, le site de la Tête du Sanglier a été entièrement rééquipé dans le cadre des stages Héritage Ouvreurs. Fleur de rocaille (5c) et Les Jardins d’Amandine (6a et 5c) offrent une belle entrée en matière pour qui veut s’essayer à la grande voie sans trop transpirer du baudrier. Nouveaux points plus visibles, relais tout frais, et cerise sur le sommet, une sortie par le haut qui évite le rappel de l’angoisse. 📍 Accès refuge : parking du hameau de Maljasset, 100m de marche (faut pas déconner non plus) ⏳ Approche site : 30 minutes à pied (ou 5 minutes en voiture + marche) © Jan Novak - FFCAM Refuge du Maupas : pour ceux qui aiment les Pyrénées... et le cardio Un refuge perché à 2 450 mètres, 4h30 d’ascension, 1 300 mètres de dénivelé, et aucun distributeur de Snickers à l’arrivée. Bienvenue au refuge du Maupas, perché au-dessus de Luchon, avec une vue à tomber (littéralement, si tu ne fais pas gaffe). L’accès se mérite, mais une fois là-haut, c’est une autre histoire : les Crabioules, Superbagnères, le pic du Maupas... une carte postale grandeur nature. Et côté grimpe ? Le CAF a équipé un site en granit, exposé sud-ouest, avec 12 voies du 5c au 7b+ et deux grandes voies de deux longueurs. Rocher solide, adhérence au top, et une approche qui se fait en 15 minutes depuis le refuge (sauf si t’as des cuisses en béton, là ça peut être dix). 📍 Accès refuge : 4h30 depuis le parking de l'Ô Berges du Lys (1300m D+) ⏳ Approche site : 15 minutes de marche © Guillaume Vallot Stages Héritage Ouvreurs : pour éviter les spits rouillés de 1984 L’escalade, c’est bien. L’escalade sur des points en bon état, c’est mieux. Parce que même si l’engagement, c’est noble, personne n’a envie de tester la résistance d’un spit rouillé en direct live. La FFCAM, en bonne gardienne des falaises alpines, a donc lancé les stages Héritage Ouvreurs. L’idée ? Former une nouvelle génération d’équipeurs, pour entretenir les itinéraires et remplacer les points trop vintage pour être honnêtes. On ne parle pas que de perçage et de scellements, mais aussi de choix de ligne, de logique d’ouverture et de transmission des savoirs. Bref, un taf de l’ombre qui permet aux grimpeurs d’aujourd’hui de ne pas finir en statue de crash test grandeur nature. Grimper, oui. Mais avec style. Un refuge, c’est plus qu’un dortoir avec une file d’attente pour la soupe. C’est une base arrière, un endroit où l’on se pose avant d’aller chercher des sensations ailleurs. Maljasset et Maupas offrent ce mix parfait entre solitude, engagement et rocher bien né. Alors si t’as envie de changer des salles et du pan Güllich, va te perdre un peu là-haut. Y’a de l’air frais, du gaz sous les chaussons, et surtout, des voies qui valent le coup d’être grimpées.
- The Ascent : un vertige nommé Oriane Bertone
C’est le genre de film qu’on pensait calibré pour l’exploit. Et puis l’exploit n’a pas eu lieu. Projeté au Grand Rex en mai 2024, juste avant les Jeux olympiques, The Ascent se voulait le prélude d’un accomplissement. Le portrait d’une grimpeuse prodige à l’aube d’un sacre. Aujourd’hui, le film est disponible en accès libre sur YouTube, avec en arrière-plan une performance olympique passée sous silence. Et si sa résonance a changé, c’est peut-être pour le mieux. Car il ne raconte pas un triomphe. Il raconte un vertige. Un film tourné dans l’élan Au moment de sa sortie, The Ascent pouvait sembler taillé pour l’hagiographie : format 52 minutes, voix off absente, silences éloquents, témoignages calibrés. Le tout monté juste avant que les grimpeuses et grimpeurs ne s’envolent pour Paris. Oriane Bertone apparaissait comme une évidence. Sa trajectoire, un fil tendu vers la médaille. Le récit était prêt. Mais les Jeux n’ont pas confirmé la prophétie. Oriane n’a pas décroché l’or, ni même le podium. Les projecteurs ont bifurqué. Et le film est resté en plan, suspendu dans un entre-deux. Ce n’est qu’aujourd’hui, avec la distance, qu’il prend une nouvelle force. Non pas celle d’un démenti, mais celle d’un regard plus nu. Un documentaire sans maquillage Car The Ascent, en réalité, ne promet rien. Il ne met pas en scène une héroïne, mais une jeune fille en construction, filmée dans les creux, les nœuds, les frottements. Il y a Oriane à huit ans, minuscule sur un 7B/V8 nommé Pole Dance pour Vieux, puis Oriane qui pleure à Rocklands, qui s’acharne sur Golden Shadow, qui regarde son père avec cette expression que seuls les enfants d’athlètes savent maintenir : entre la demande de validation et l’ombre d’un doute. C’est un film qui ne cherche pas à convaincre, mais à comprendre. Il montre la grimpe comme une langue intime, chargée de conflits. Un espace de dépassement, oui, mais aussi de dépendance. Car tout au long du documentaire, la figure du père, Stefano, traverse le cadre. Il accompagne, encourage, gère, organise. Jusqu’à cette phrase qui claque comme une confession : « J’ai perdu ma fille, en tant que grimpeuse. » Une relation, une tension Il serait trop simple de réduire le film à un récit d’émancipation tardive. Ce que capte The Ascent, c’est la complexité d’un lien. Une complicité réelle, mais tissée trop serré. Une transmission réussie, mais peut-être prématurée. Un amour inconditionnel, mais devenu condition pour grimper. Le documentaire ne tranche pas. Il observe. Et il laisse affleurer ce que beaucoup préfèrent taire : dans le haut niveau, il n’y a pas que le sport qui s’abîme. Il y a parfois le lien. Alors quand Oriane déclare, posément : « Ce n’était pas mon projet. C’était le leur. », on comprend que ce n’est pas une rupture. C’est un déplacement. Le moment où l’on arrête de grimper pour faire plaisir. Et où l’on commence à grimper pour ne pas tomber. Une trajectoire encore mouvante Depuis les JO, Oriane a disparu des radars médiatiques. Mais pas des esprits. Pas des salles. Pas des circuits. En février dernier, elle remporte à nouveau le championnat de France de bloc. Un retour sans flonflons, mais avec du poids. Car ceux qui suivent la scène savent que tout reste possible. Que l’histoire est encore en train de s’écrire. Et c’est là que The Ascent devient fascinant : il est le document d’un avant. Un film réalisé juste avant que tout bascule, mais qui contient déjà, en creux, les éléments de la suite. Ce n’est pas un bilan. C’est un instantané. Une radiographie à ciel ouvert d’une jeune athlète saisie au moment où son projet cesse d’être porté pour devenir assumé. Regarder autrement Le film est désormais libre d’accès. Et il mérite d’être vu, ou revu, avec ce léger recul que permettent les mois écoulés. Non pas pour mesurer l’écart entre les promesses et les résultats, mais pour entendre, dans les interstices, ce que le sport dit de plus vaste : le lien, la peur, la résistance, l’abandon, le retour. Chez Vertige Media, on ne cherche pas les récits parfaits. On préfère ceux qui laissent une cicatrice. Qui disent ce qu’on ne dit pas, surtout quand le silence est poli. Ce film n’est pas un manifeste. C’est un murmure lucide, parfois cruel. Et c’est pour ça qu’il compte.
- Programme Médianes : Vertige Media s'offre une nouvelle voie d'ascension !
Amis grimpeurs, partenaires de cordée et lecteurs fidèles, accrochez-vous : Vertige Media vient d'être sélectionné pour le Programme Médianes 2025 ! Un accompagnement prestigieux, parmi la crème des médias français, qui va permettre à Vertige de passer à la vitesse supérieure. Explications. On a tapé dans l'œil des grands Notre média n’en finit plus de grimper. Après avoir enchaîné les projets depuis notre création, nous venons de valider un mouvement décisif en intégrant la troisième promotion du programme Médianes. Mais de quoi s’agit-il exactement ? D’un accompagnement prestigieux dédié aux fondateur·ices de média émergents, indépendants et engagés. Cette formation collective est dirigée par Médianes, une structure qui défend un projet de renforcement du journalisme indépendant, de l’engagement citoyen et du pluralisme médiatique. Médianes a par ailleurs accompagné des médias bien connus comme Le Monde, Politico, Mediapart, Contexte, Les Jours, Vert, ou encore Reporters Sans Frontières. Pour être admis dans ce programme, il a fallu passer quelques tests. C’est pourquoi après un ou deux run, nous sommes très fiers d’avoir été sélectionné par un jury composé de pointures du monde du journalisme et de l’édition : Lou Grasser (Le Monde), Julien Cadot (Numerama), Iman Ahmed (Le 1), Perrine Daubas (Kometa), Gilles Tanguy (L'Informé), Karen Bastien (WeDoData). Neuf mois pour muscler notre média Concrètement, qu'est-ce qu'on va faire pendant ces neuf mois ? Dès avril 2025, on attaque trois mois de formation collective, suivis de six mois de suivi individuel. Au programme : masterclass, ateliers, et échanges avec des experts pour faire passer Vertige Media à la vitesse supérieure. Marketing, gestion financière, management, monétisation, communication... autant de sujets qui vont aussi nous permettre de vous régaler davantage tout en structurant l’approche éditoriale que vous appréciez déjà. Autre gage de qualité, autre motif de fierté : des formateur·ices qui déchirent. Venus de médias influents, parfois eux-mêmes issus des promotions précédentes, ce sont de véritables spécialistes que le programme Médianes a décidé de mettre à contribution. Que ce soit avec les équipes de Vert, Disclose, Les Jours, Kometa, The Audiencers... nous serons entre de bonnes mains. Ce qui nous excite particulièrement, c'est l'aspect collectif de l'aventure. On va intégrer une promo de dix projets de médias indépendants, tous animés par la même volonté de produire une information de qualité et d'avoir un impact positif sur la société. Alors on compte bien profiter de cette émulation collective pour partager expériences, conseils et ressources. Et qui sait, peut-être créer des synergies inattendues ? C’est l’occasion aussi de féliciter de vous présenter nos camarades de promo que sont : Arrêt sur Images Disclose MOB Pioche! Magazine La Lettre de Cancan Les Surligneurs Prison Insider Quoi de Mum Soif, la revue de l'eau La suite de l'ascension Vous l'aurez compris, cette sélection est bien plus qu'une simple reconnaissance : c'est un véritable tremplin pour l'avenir de Vertige Media. Notre ambition ? Devenir un média incontournable sur l'escalade, avec une vision responsable et engagée de notre métier. Alors merci à vous, fidèles lecteurs et partenaires, de nous suivre dans cette ascension. Sans vous, on serait encore à tâtonner au pied de la falaise. Cette nouvelle étape, c'est aussi la vôtre. L'équipe de Vertige Media
- Le New York Times publie une enquête accablante contre Nims Dai
Le très prestigieux New York Times a récemment dévoilé une enquête explosive qui ébranle le monde de l’alpinisme. Intitulée « Pour les alpinistes femmes, les dangers ne sont pas seulement les avalanches et les tempêtes », l’enquête met en lumière des risques souvent passés sous silence : ceux posés par certains alpinistes masculins . Deux grimpeuses y témoignent contre Nirmal Purja, alias Nims Dai, un alpiniste célèbre pour ses exploits sur les plus hauts sommets du monde. Accusé d’agressions sexuelles, Nims Dai se trouve au cœur d’une tempête médiatique et judiciaire. © Nirmal Purja Lotta Hintsa, ancienne Miss Finlande devenue alpiniste professionnelle, accuse Nims Dai d’agression sexuelle lors d’une réunion à Katmandou en 2023. Parallèlement, April Leonardo, médecin américaine, dénonce des comportements de harcèlement sexuel lors d’une expédition en 2022. Face à ces accusations, Nims Dai a publié un communiqué niant catégoriquement ces allégations et envisage des actions juridiques pour défendre son honneur. Nims Dai, naturalisé britannique, est mondialement connu pour avoir gravi les 14 sommets de plus de 8 000 mètres en un temps record. Ses exploits ont été immortalisés dans le documentaire Netflix « 14 x 8000 : Aux sommets de l'impossible » . Aujourd'hui, sa réputation est en péril. Les accusations portées par Hintsa et Leonardo décrivent un homme bien différent de l’icône charismatique que le public connaissait . April Leonardo se rappelle de son calvaire sur le K2, le deuxième plus haut sommet du monde, où elle dit avoir subi des avances non désirées et des abus sexuels. Lotta Hintsa, de son côté, décrit une rencontre à Katmandou qui a tourné au cauchemar lorsqu’elle a été forcée de se déshabiller malgré ses refus répétés. Ces témoignages révèlent des cicatrices psychologiques profondes et soulignent que les dangers en montagne ne se limitent pas aux forces de la nature . Ces révélations jettent une lumière crue sur des aspects troublants de l’alpinisme professionnel . Nims Dai, autrefois célébré pour ses exploits inédits, fait désormais face à des accusations qui pourraient marquer la fin de sa carrière. Son avocat a rejeté les accusations comme étant « fausses et diffamatoires », mais le débat public est lancé. La communauté montagnarde est évidemment touchée par ces révélations. C'est l’image des guides et des expéditions qui est remise en question au travers de cette affaire . Soulignant la nécessité d'assurer des environnements sûrs pour tous les participant(e)s, indépendamment de leur genre. Cette affaire pourrait bien être un catalyseur pour des changements profonds dans la manière dont les expéditions sont gérées et dont les comportements abusifs sont traités. L'occasion de rappeler que malheureusement ces comportements existent partout. Il y a quelques moi c'était Sophie Berthe qui lançait un appel à témoignages sous le hashtag "#balancetongrimpeur" qui visait à briser le silence sur ce phénomène dans l'escalade. Depuis ce sont des centaines de témoignages qu'elle partage sur son compte Instagram . L’enquête du New York Times arrive quelques semaines seulement après la publication de "Himalaya Business : Qu'avons-nous fait des 8 000 ?" où François Carrel décrit l'époque actuelle comme celle d'une "décolonisation des 8 000" portée par Nirmal Purja . Les voix des victimes rappellent que le courage ne se limite pas à gravir des montagnes, mais aussi à dénoncer les abus.
- JO Paris 2024 : Le programme et comment suivre les épreuves d'escalade ?
L'enthousiasme est à son comble à l'approche des Jeux Olympiques de Paris 2024 . Parmi les nombreuses disciplines à suivre de près, l'escalade se distingue par son potentiel à offrir des moments spectaculaires, mettant en lumière des athlètes de renommée mondiale défiant les lois de la gravité. Et la meilleure nouvelle ? Vous pourrez suivre les compétitions d'escalade en direct et gratuitement ! Les épreuves d'escalade, qui se dérouleront du 5 au 10 août , réuniront les 68 meilleurs grimpeuses et grimpeurs du monde dans des compétitions intenses de combinée (bloc + difficulté) et de vitesse. Avec des remises de médailles prévues les 7, 8, 9 et 10 août, chaque journée apportera son lot d'émotions et de moments historiques. Mattea Poetzi / © David Pillet Voici comment ne rien manquer de ce spectacle vertigineux et suivre en direct les performances des sept athlètes tricolore . Découvrez ci-dessous le programme complet de l'escalade olympique ainsi que les informations pour accéder aux diffusions en live.. Programme pour les JO Paris 2024 d'escalade Lundi 5 août 10h00 : Demi-finale masculine de bloc 13h35 : Qualifications féminines de vitesse Mardi 6 août 10h00 : Demi-finale féminine de bloc 13h35 : Qualifications masculines de vitesse Mercredi 7 août 10h00 : Demi-finale masculine de difficulté 12h35 : Phases finales féminines de vitesse (quarts de finale, demi-finales et finale) et remise des médailles Jeudi 8 août 10h00 : Demi-finale féminine de difficulté 12h35 : Phases finales masculines de vitesse (quarts de finale, demi-finales et finale) et remise des médailles Vendredi 9 août 10h15 : Finale masculine de bloc 12h35 : Finale masculine de difficulté et remise des médailles Samedi 10 août 10h15 : Finale féminine de bloc 12h35 : Finale féminine de difficulté et remise des médailles Comment suivre le live gratuitement ? Si la plateforme de streaming Max ainsi que Eurosport prévoient bien de diffuser les JO d'escalade cet été, notez que ce sera également possible de suivre ces épreuves gratuitement et en direct sur France Télévisions . En effet, pour la première fois dans l'histoire des Jeux, le groupe France Télévisions propose une couverture exhaustive et en clair des compétitions. Avec pas moins de 50 heures de direct par jour sur ses différentes chaînes, vous ne manquerez donc aucun des moments forts de cet événement sportif majeur. France Télévisions a lancé une chaîne numérique spécialement dédiée aux sports urbains, baptisée « france.tv Paris 2024 » . Accessible depuis le 8 mai, cette plateforme permettra de suivre en direct et gratuitement des disciplines comme le BMX, le break dance, le skateboard, le surf, et bien sûr, l'escalade. Confortablement installé chez vous, vous vivrez l'adrénaline des grimpeuses et grimpeurs s'attaquant aux murs d'escalade les plus difficiles, avec les commentaires de Matthieu Dutray. La chaîne numérique france.tv Paris 2024 est disponible gratuitement sur votre ordinateur, tablette ou smartphone . Aucun abonnement nécessaire – juste une passion pour le sport et un accès facile à l'une des compétitions les plus excitantes des Jeux Olympiques. Le lien pour regarder gratuitement les JO 2024 d'escalade sur France Télévisions












