2026 : 10 prédictions absurdes sur le monde de l'escalade
- Matthieu Amaré

- il y a 3 jours
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Puisque tout le monde semble y aller de ses prédictions sur une année qui a démarré en roue libre, Vertige Media a décidé de vous régaler en vous offrant 10 prophéties absurdes sur notre petit monde de la grimpe. Quoique. Cela peut aussi être lu comme autant de promesses — pas si zinzins – d'une micro-société qui a également décidé de nous donner des vertiges insoupçonnés.

1. Ouverture de la première salle privée pour cadres surchargé·es
Une nouvelle chaîne de salles d'escalade débarque à Paris. Le concept ? Fusionner grimpe et productivité absolue. Venir avec votre animal de compagnie hypoallergénique, réserver un·e coach mental·e qui vous encourage en anglais motivationnel, bénéficier d'un espace de méditation sonore entre deux blocs, tout y est. L'escalade n'est plus une activité. Elle devient un décor pour des vies qui refusent de s'interrompre. L'adhésion coûte 890 euros par mois. Les prises sentent la fleur d'oranger.
2. Janja Garnbret se met au trail et écrase les hommes
Après avoir vidé l'escalade de tout suspense, Janja Garnbret s'attaque au trail. Certains y voient une provocation. D'autres, une révolution dans l'histoire des rapports homme-femme. La championne slovène, elle, laisse parler. Et fonce. Dès la première course, Janja Garnbret reprend les participants de l'UTMB un par un et finit par s'imposer en s'autorisant, tout sourire, un petit selfie pour son sponsor sur la ligne d'arrivée. Prochaine étape : le saut à la perche. Et en fin d'année, le bras de fer.
3. Mickael Mawem défie un robot militaire
Face à l'escalade militaire mondiale et aux tensions croissantes à ses frontières, la France dévoile son nouveau dispositif de défense : un robot militaire doté d'une force surhumaine. La démonstration médiatique est orchestrée avec soin. Le robot soulève des charges, brise des obstacles, inspire la confiance stratégique. Le live de présentation animé par Hugo Décrypte rassemble plus de 4 millions de Français·es sur YouTube. Parmi eux, Micka Mawem, qui, depuis le chat, propose un défi au ministère des Armées en posant sa question préférée : « Duel de tractions. Votre robot contre moi. Qui gagne ? ». Pull-up.
4. Red Bull envoie une grimpeuse escalader un satellite en orbite
Galvanisé par le succès de ses vidéos d'ascensions insolites, Red Bull franchit une nouvelle étape : envoyer une grimpeuse dans l'espace pour escalader un satellite. La grimpeuse sélectionnée, dont l'identité restera secrète, s'entraîne en apesanteur depuis six mois. Les prises sont magnétiques. Le vide, absolu. La chute, théoriquement impossible. La marque à la taurine prend alors le concept par les cornes en proposant une véritable mise en abîme de l'escalade. Le tout, avec un projet chiffré à 180 millions d'euros. Résultat : 12 millions de vues en trois heures. L'escalade terrestre avait un plafond. Red Bull vient de le traverser.
5. Le premier deepfake de l'histoire de l'escalade sportive
L'histoire commence dans une grotte reculée du Groenland. En mars, un grimpeur inconnu poste une vidéo et annonce une dinguerie : une ligne cotée 11b. Adam Ondra profite d'une manoeuvre militaire tchèque pour venir vérifier sur place. Le GOAT fait vingt-quatre jours de siège à -37 degrés. Il hurle. Il s'ouvre les doigts. Tombe et retombe avant de capituler. Deux semaines plus tard, une enquête bien ficelée de Kayoo TV révèle l'impensable : la vidéo est le premier deepfake d'envergure de l'escalade sportive. Le grimpeur n'existe pas. La ligne n'a jamais été tentée. La grotte, elle, résonne encore.
6. La lutte des travailleurs de l'escalade débouche sur le ticket-resto à 5 euros
Au printemps, des rassemblements éclatent devant toutes les franchises des grandes chaînes de salles d'escalade françaises. Les ouvreur·euses réclament une reconnaissance de leurs conditions de travail. Les manifestations se multiplient : Paris, Lyon, Toulouse, Bordeaux. Six mois de négociations tendent le secteur comme jamais, jusqu'à la fumée blanche. Et une mesure, une vraie. Les ouvreur·euses obtiennent des tickets restaurant d'une valeur de 5 euros, valables uniquement pour l'ouverture exceptionnelle des contests privés organisés entre 18h et 2h du matin. L'Union des salles d'escalade (UDSE) publie un communiqué en se félicitant d'une « avancée sociale majeure ».
7. Seb Berthe échoue à terminer toutes les violettes des salles de bloc d'Europe à vélo
Fidèle à ses convictions écologiques, Seb Berthe décide de réaliser toutes les violettes – les plus dures en salle de blocs – d'Europe en les rejoignant à vélo. 11 232 salles, 0 kérosène, 0 compromis. À la 380e salle, ses doigts se transforment en knackis trop cuites. À la 420e, le grimpeur belge commence à voir des prises qui n'existent pas. Après la 450e, 11 000 km de vélo et 33 000 D+, « Seb » entre en transe. À Berlin, devant une nouvelle salle flambant neuve, il tente d'écrire « Free Palestine » avec de la magnésie sur le fronton vitré (ça fera « Free Pal » du coup, ndlr). En legging rose, il est interpellé trois heures plus tard par la police allemande, endormi contre un plot à vélo.
8. Lucien Martinez lance son compte OnlyFans
Après un livre, une expo et trois émissions sur Twitch, Lucien Martinez lance un compte OnlyFans où il grimpe nu sur les blocs mythiques de Fontainebleau. Instantanément, les abonnements explosent. Les commentaires oscillent entre admiration technique et confusion totale. Martinez enchaîne Big Boss, L'Abattoir, Carnage. Nu. Efficace. Les puristes crient au scandale. Les gens pragmatiques s'abonnent. Séduit·e·s, les équipes d'OnlyFans créent une catégorie « Sports extrêmes ». Au bout de trois semaines, Lucien Martinez publie un rappel : tous ces blocs, c'était au-dessus de 7a. Dans une story Instagram, il précise : « C'est sérieux, l'escalade ».
9. Alpinisme : Symon Welfringer pousse l'éloge de l'échec absolu
Hanté par deux échecs successifs au Pakistan, Symon Welfringer théorise son concept d'éloge de l'échec jusqu'à son climax. Dans une interview retentissante, il annonce ne plus partir en expédition et rester au lit. Son argumentaire : l'alpinisme est devenu trop élitiste, inaccessible, déconnecté. Les gens ont besoin de s'identifier à des projets qu'ils peuvent réaliser. Rester chez soi, c'est donc refuser l'injonction permanente à la performance. Le jeune alpiniste lance un appel aux sponsors pour financer cette non-expédition. The North Face refuse. Patagonia hésite encore. Symon Welfringer ne grimpe plus mais lance une ligne de vêtements : « Stay Horizontal ». Le slogan fait un carton.
10. Licencié·es : La FFME dévoile enfin les vrais chiffres
Fraîchement nommée à la présidence de la FFME, Sandra Berger détaille son programme en rupture totale avec la direction précédente. En conférence de presse, elle sanctuarise la vérité des faits, « rien que les faits ». En projetant un tableau Excel, elle dévoile alors « les vrais chiffres » des licencié·e·s de la fédération : 300 personnes. La consternation est immédiate. L'exercice de transparence est total.
BONUS : Alain Robert annonce grimper le mur des Lamentations en free solo
Après avoir commenté le live d'Alex Honnold sur Netflix, Alain Robert annonce son prochain exploit : escalader le mur des Lamentations à Jérusalem sans corde. En quête de reconnaissance, le French Spider-man présente le projet comme « une passerelle verticale entre les peuples ». Depuis Bali, lors d'un live sur Instagram, Alain Robert affirme vouloir « éteindre les flammes du mal des colons israéliens avec du champagne ». Aucune chaîne de télévision ne mord à l'hameçon tandis que l'évènement crée une escalade diplomatique sans précédent entre la France et Israël.














