Budget 2027 : la colère froide des maires des stations de montagne
Un nouveau mode de calcul des contributions financières des communes inquiète les stations de ski et de montagne, qui craignent de payer bien plus que les autres villes françaises — au moment même où elles doivent investir pour s'adapter au changement climatique.

Chaque année, l'État demande aux communes de participer à l'effort budgétaire national. Avec le projet de budget 2027, présenté le 1er octobre, un nouveau système de calcul doit remplacer l'ancien. Problème : ce nouveau mode de calcul se fonde presque uniquement sur les recettes et la richesse apparente des communes, sans tenir compte d'une réalité propre aux stations de montagne : elles doivent gérer, plusieurs mois par an, une population bien plus nombreuse que leurs habitant·e·s permanent·e·s.
Concrètement, une station comme Chamonix ou Megève doit financer le déneigement, la sécurité, les secours en montagne, l'eau ou l'entretien des routes pour des dizaines de milliers de touristes en plus de leur population habituelle. Mais sur le papier, ces communes apparaissent « riches », car elles encaissent beaucoup de recettes touristiques. Résultat : elles seraient parmi les plus taxées de France. Alors qu'elles ne représentent que 1,6 % des communes du pays, elles seraient proportionnellement cinq fois plus nombreuses que la moyenne à être soumises au taux le plus élevé, selon des chiffres relayés par ODS Radio. En Haute-Savoie, le député Xavier Roseren a fait les comptes : pour les 32 communes de sa circonscription, la facture pourrait atteindre 12 millions d'euros en 2027. Megève et Chamonix-Mont-Blanc devraient chacune payer environ 1,2 million d'euros.
Deuxième motif de colère : l'aide que l'État verse aux communes pour les aider à financer leurs travaux (routes, bâtiments, réseaux d'eau...) va elle aussi diminuer pour une partie des investissements, selon la Banque des Territoires. Cette baisse est estimée à 2,1 milliards d'euros à l'échelle nationale. Pour les stations, cela tombe mal : elles doivent justement investir massivement pour adapter leurs infrastructures au recul de la neige et diversifier leur économie touristique, au-delà du seul ski.
Le gouvernement, lui, défend sa réforme : elle répartirait l'effort sur davantage de communes, afin d'épargner les plus fragiles. Mais les élus de montagne répondent que leurs recettes ne reflètent pas leur capacité réelle à payer, une fois prises en compte leurs charges exceptionnelles. Le député Roseren propose un plafond pour éviter que certaines communes contribuent à hauteur de plus de 15 % de leur épargne, et la suppression du taux le plus élevé.
Le débat démarre à l'Assemblée nationale le 13 octobre, avec déjà près de 1 800 amendements déposés. Les stations de montagne comptent bien se faire entendre d'ici là.













