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  • Qui sont les athlètes présents aux Grips 2024 ?

    Les 14 et 15 décembre 2024, l’Axone de Montbéliard accueille Les Grips , une compétition de bloc au format inédit, où l’élite de l’escalade mondiale se retrouve pour un affrontement spectaculaire. Dans une ambiance survoltée, chaque athlète devra se mesurer aux blocs techniques imaginés par des ouvreurs de renom, avec les meilleurs DJ pour accompagner chaque instant décisif. Voici les grimpeuses et grimpeurs qui seront présents, avec pour chacun un aperçu de leur parcours exceptionnel : Naïlé Meignan (France) Championne d’Europe de bloc en 2024, Naïlé Meignan a fait sensation à Villars en dominant la compétition. À seulement 20 ans, elle incarne la nouvelle génération de grimpeuses françaises avec une énergie déterminée et un style précis​. Sam Avezou (France) En décrochant l’or aux championnats d’Europe 2024 en bloc, Sam a prouvé qu’il est l’un des grimpeurs les plus complets. Médaillé d’argent en 2022, il est monté en puissance pour conquérir le titre​. Manu Cornu (France) Avec plusieurs médailles mondiales, Manu Cornu est un compétiteur chevronné. Il apporte une expérience précieuse et un style explosif aux Grips. Erin McNeice (Royaume-Uni) Finaliste aux JO de Paris, Erin a marqué les esprits par sa détermination et son agilité. Elle s’est hissée parmi les meilleures en très peu de temps et reste une figure montante de l’escalade britannique. Hannah Meul (Allemagne) Vice-championne d’Europe, Hannah combine fluidité et puissance. Sa présence aux Grips ajoute une touche de technicité allemande reconnue sur la scène internationale. Yoshiyuki Ogata (Japon) Numéro 1 mondial en bloc pendant deux années consécutives, Yoshiyuki est un grimpeur redouté pour son équilibre entre technique et force pure. Brooke Raboutou (États-Unis) Médaillée d’argent aux JO 2024, Brooke représente la détermination américaine en escalade. Elle impressionne par son endurance et sa technique précise. Miho Nonaka (Japon) Vice-championne olympique à Tokyo, Miho est connue pour son élégance et son sang-froid. Sa présence apporte une expérience olympique rare aux Grips. Zélia Avezou (France) Issue d’une famille passionnée d’escalade, Zélia a représenté la France aux JO 2024 et continue de grimper les échelons dans les compétitions internationales. Toby Roberts (Royaume-Uni) Champion olympique de Paris 2024, Toby est une étoile montante, connu pour sa capacité à relever des défis impressionnants avec une approche méthodique. Meichi Narasaki (Japon) Champion d’Asie de bloc, Meichi incarne l’avenir de l’escalade japonaise, avec une technique qui reflète une précision digne des plus grands. Tomoa Narasaki (Japon) Double champion du monde, Tomoa est un pilier de l’escalade de bloc, avec un style audacieux et un palmarès exceptionnel. Levgeniia Kazbekova (Ukraine) Vice-championne d’Europe en combiné, Ievgeniia affiche un parcours éclectique. Elle allie la puissance à une agilité sans égale. Mejdi Schalck (France) Avec un titre de vice-champion du monde, Mejdi est l’un des grimpeurs français les plus prometteurs, en pleine ascension. Paul Jenft (France) Finaliste des JO de Paris, Paul est apprécié pour son audace et sa technique, qu’il mettra à l’épreuve lors des Grips. Camilla Moroni (Italie) Cinq fois championne d’Italie, Camilla est connue pour son mental d’acier et sa capacité à gérer les situations de forte pression. Mickael Mawem (France) Champion du monde de bloc, Mickael Mawem est un grimpeur explosif, toujours prêt à repousser les limites du possible sur les blocs les plus ardus. Pour tout savoir sur l’événement avant le jour J, consultez notre espace dédié sur Vertige Media ici : vous y trouverez les dernières infos, les détails pratiques, et des interviews exclusives. Et pour assister à cette rencontre unique en direct, profitez de 15 % de réduction avec le code VM12C .

  • Les Grips : comment se loger à Montbéliard pendant la compétition ?

    Assister aux Grips les 14 et 15 décembre 2024 à l’Axone de Montbéliard est l’occasion idéale pour plonger dans l’univers de l’escalade. Pour profiter au mieux de cet événement, voici une liste d’options d’hébergement, des hôtels confortables aux solutions plus économique s, situées près du site de la compétition et dans les environs. Hôtels proches de l’Axone Ibis Montbéliard Centre : Cet hôtel est situé à environ 10 minutes en voiture de l’Axone et offre des chambres modernes avec climatisation, Wi-Fi gratuit, parking et petit-déjeuner buffet. Situé au centre de Montbéliard, il permet un accès rapide aux restaurants et services de la ville​. Kyriad Montbéliard - Sochaux : À quelques kilomètres seulement de l’Axone, le Kyriad propose des chambres bien équipées, un restaurant sur place et un bon rapport qualité-prix pour ceux qui souhaitent être proches du site de compétition. Les visiteurs apprécient son confort et sa proximité avec les transports en commun​ Brit Hotel Bristol Montbéliard Centre : Situé au cœur de Montbéliard, cet hôtel chaleureux se distingue par une ambiance conviviale et propose des chambres confortables avec accès facile aux commerces et attractions locales. Il s’agit d’un bon choix pour ceux qui souhaitent allier confort et immersion dans la ville​. . Options économiques Première Classe Montbéliard – Sochaux : Pour les budgets serrés, cet hôtel à quelques minutes de Montbéliard propose des chambres fonctionnelles et accessibles. Les visiteurs bénéficient de l’essentiel pour un séjour court et simple, à une distance raisonnable de l’Axone. Auberge de Jeunesse de Belfort-Montbéliard : Située à proximité de Montbéliard, cette auberge est adaptée aux groupes et aux jeunes voyageurs. Elle offre des lits en dortoir et quelques chambres privées pour ceux qui recherchent un hébergement simple et abordable dans une ambiance conviviale. Hébergements chez l’habitant et Airbnb Pour une expérience plus personnelle, les options Airbnb dans et autour de Montbéliard proposent des choix variés : Appartements urbains : Vous trouverez des studios et appartements modernes au centre-ville, parfaits pour une immersion dans la vie locale. Maisons et chalets : Les options en périphérie incluent des maisons et chalets offrant calme et espace pour les familles ou petits groupes. Campings et hébergements alternatifs Si vous préférez une alternative immersive dans la nature, plusieurs campings sont situés à une courte distance de Montbéliard : Camping Les Grands Ansanges : Ce camping à environ 15 minutes de Montbéliard propose des mobil-homes et des emplacements pour tentes. Parfait pour ceux qui souhaitent allier séjour en plein air et accès facile à la compétition. Les Grips vont attirer de nombreux passionné(e)s, et tombe au même moment que le marché de Noël, il est donc conseillé de réserver le plus tôt possible . Pour plus de détails pratiques, d’interviews et d’infos avant l’événement, consultez notre espace dédié sur Vertige Media ici et bénéficiez de 15 % de réduction sur vos billets avec le code VM12C .

  • Federica Mingolla : L’épreuve du vide et la renaissance par les cimes

    Federica Mingolla, 29 ans, est bien loin de l'image que l'on pourrait se faire d'une grimpeuse de haut niveau. Derrière son accent italien chantant et son énergie positive se cache une femme forgée par les parois abruptes, les blessures invisibles, et une volonté inébranlable . Lors de notre rencontre, son franc-parler saute aux yeux. Pas de fioritures, pas de discours édulcoré : Federica, c’est du brut, de l’authentique. « Je vis de l’escalade et de l’alpinisme depuis que j’ai 21 ans » nous confie-t-elle d’entrée de jeu. Mais très vite, on comprend que sa vie ne se résume pas à des performances sportives. Quand elle n’est pas sur les falaises, Federica travaille comme guide de montagne et mène en parallèle des études d’ostéopathie à Turin. « Quand je ne suis pas en montagne, je suis plongée dans mes études ou je pars grimper ailleurs dans le monde ». Sa vie est un équilibre subtil entre passion et pragmatisme , sans place pour les compromis inutiles. « Je grimpe pour moi, pour me confronter à la montagne » explique-t-elle. L’écriture comme catharsis En 2022, Federica fait un choix peu commun pour une athlète de son calibre : elle écrit un livre : "Fragile come la roccia". « Ce n’est pas un livre qui parle juste d’escalade ou de montagne. C’est une série de récits personnels, des événements qui ont changé ma vie » explique-t-elle. Son ouvrage explore les moments marquants de son parcours , et l’un des plus poignants est son combat contre l’anorexie. « En montagne, j’ai réalisé que mon corps avait besoin d’énergie pour affronter les conditions extrêmes. C’est là que j’ai recommencé à manger normalement. Pas par choix, mais parce que c’était une question de survie. » « J'étais compétitrice pour l’équipe nationale italienne, et à cette époque, je pesais environ 10 kilos de moins qu’aujourd'hui » se souvient-elle. « C’était une période très sombre. Je me battais contre mon propre corps ». À travers cette confession, Federica brise un tabou encore trop présent dans le monde du sport . « La compétition te pousse à vouloir être la meilleure, mais ça vient souvent avec un prix ». Ce qui l’a sauvée, c’est la montagne. « En montagne, j’ai réalisé que mon corps avait besoin d’énergie pour affronter les conditions extrêmes. C’est là que j’ai recommencé à manger normalement. Pas par choix, mais parce que c’était une question de survie ». Cette découverte a profondément façonné sa philosophie de vie. « La montagne m’a reconnectée avec la vie. Elle m’a appris à me connaître, à comprendre mes limites, et à voir à quel point je pouvais être forte ». Des parois à conquérir : la passion inextinguible Federica est également reconnue pour ses exploits sur les parois, et pas des moindres. Parmi ses réalisations les plus impressionnantes figure son ascension libre de " Tom et Je Ris " dans les Gorges du Verdon, une voie redoutable de 55 mètres cotée 8b+. « C’était brutal. Chaque mouvement te vide de ton énergie. Mais c’est pour ça qu’on y va, non ? » Ces mots résument bien l’approche de Federica : l’escalade n’est pas simplement une passion, c’est une confrontation continue avec ses propres limites . Elle a également marqué les esprits en gravissant " Digital Crack " côtée 8a+ dans le massif du Mont Blanc, une voie technique qui teste les capacités des plus grands grimpeurs. Cependant, l’une de ses réalisations majeures est sa répétition en 2016 de " Itaca nel Sole " dans la vallée de l'Orco, une voie de granit cotée jusqu’à 8b. « Le granit, c’est impitoyable. Chaque mouvement exige une concentration totale. J’ai passé des années à perfectionner ma technique sur cette roche ». « La montagne ne ment jamais. Si tu n’es pas prête, elle te jette. » Federica entretient une relation particulière avec ses ascensions. « La montagne ne ment jamais. Si tu n’es pas prête, elle te jette ». Cette sincérité brute de la nature la pousse à persévérer, sans tricher, sans détour. Réseaux sociaux : l’enfer du décor Forcément, lorsque l’on parle de tricherie, le sujet des réseaux sociaux ne met pas beaucoup de temps à arriver dans la conversation. Federica observe une forme de dualité de plus en plus marquée sur les réseaux sociaux . « Il y a deux marchés : les athlètes, qui travaillent avec les marques pour montrer la performance des produits, et les influenceurs, qui sont là pour vendre ces produits » explique-t-elle. Un constat qui l’amène à dénoncer un système où la performance et l’authenticité sont souvent éclipsées par la simple recherche de visibilité et de likes . « Moi, je ne montre pas mon corps, je ne veux pas que les gens me mettent des likes juste parce que je suis en mini short. » En tant qu’athlète femme, Federica est aussi bien consciente de la pression à laquelle elle fait face sur les réseaux . « Moi, je ne montre pas mon corps, je ne veux pas que les gens me mettent des likes juste parce que je suis en mini short ». Pour Federica, il est primordial de rester authentique. « Je ne suis pas là pour vendre mon image, je suis là pour montrer ce que je fais en montagne ». Elle préfère laisser ses actions parler d'elles-mêmes : « Je veux que les gens me suivent pour ce que je fais, ce que je dis, pour mes actes ». Federica Mingolla a tiré des leçons précieuses de ses années de compétition. Celles-ci lui ont permis de comprendre ce qu’elle veut vraiment, mais aussi ce qu’elle refuse catégoriquement . « Je préfère affronter les difficultés plutôt que de devoir trahir qui je suis vraiment. Et si ça doit un jour impliquer de repartir de zéro, je n'hésiterais pas ». Aujourd'hui, la grimpeuse italienne avance avec une vision claire de comment elle souhaite évoluer dans ce monde. Que ce soit face aux exigences de la montagne ou aux tentations de notre époque, Federica trace un chemin guidé par l’authenticité et le respect de soi .

  • L'escalade, un sport de gauche ?

    Les récentes élections européennes ont mis en lumière la montée de l'extrême droite en France, suscitant de nombreuses réflexions sur l'état actuel de notre société et de ses valeurs. Cette situation nous pousse à explorer comment les dynamiques sociales influencent des domaines inattendus, comme l'escalade . Ce sport, en plein essor, porte en lui des symboles et des valeurs qui méritent d'être examinés à la lumière des évolutions politiques et sociétales. Il y a quelque chose de profondément symbolique dans l'acte de grimper. Se hisser vers le haut, surmonter les obstacles, et chercher constamment un point d'appui sont autant de métaphores de la vie. Alors que l'escalade gagne en popularité comme sport mondial, une question curieuse se pose souvent parmi les grimpeuses et grimpeurs : "Est-ce que l'escalade est un sport de gauche ?". Des racines rebelles et une rébellion silencieuse L'alpinisme, ancêtre de l'escalade, était initialement réservé à une élite, évoquant une "colonisation des sommets". L'escalade, en revanche, a brisé ces chaînes en offrant une expérience plus accessible et moins dangereuse. Après la Seconde Guerre mondiale, les mouvements de gauche, notamment communistes via la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail), ont promu l'escalade comme un sport du peuple . En 1955, le premier mur d'escalade artificiel fut inauguré lors de la fête de l'Humanité, ouvrant la voie à l'installation de murs dans diverses institutions et écoles. Dans les années 70 et 80, grimper prenait une dimension de rébellion. Jeanne, rencontrée lors de notre dernier micro-trottoir dans une salle d'escalade parisienne, se souvient de cette époque : "C'était considéré comme un sport de baba cool, on grimpait en grande partie pour vivre en marge de la société." Démocratisation, urbanisation et élitisation L'essor des salles d'escalade urbaines a redéfini ce sport. Il est passé d'un mode de vie en harmonie avec la nature à une activité prisée par les citadins pour maintenir leur forme. Dans les vestiaires, les discussions tournent autour de la récente levée de fonds de telle startup en vogue, d'un collègue récemment promu manager, etc. Les gérants de ces salles, de plus en plus souvent des diplômés de grandes écoles de commerce, symbolisent cette transformation. La médiatisation croissante des compétitions a aussi introduit une quête de performance : il ne suffit plus de grimper, il faut exceller . Les vidéos d'athlètes d'élite réussissant à passer telle ou telle cotation abondent sur YouTube. Parfois même au prix de la santé, on se rappelle notamment de l'été dernier où Janja Garnbret, la compétitrice d'escalade qui a gagné le plus de titres mondiaux, a brisé le silence sur les troubles alimentaires dans l'escalade. Cette évolution rappelle les débuts de l'alpinisme : une recherche de l'excellence doublée d'un repli élitiste . L'urbanisation de l'escalade, avec la multiplication des salles dans des zones gentrifiées, mène à une privatisation et une élitisation du sport, reflet d'une certaine libéralisation. Un sport de plus en plus élitisé ? Lors de notre dernier micro-trottoir, de nombreux pratiquants ont souligné que, malgré ses racines et les valeurs qu'elle véhicule, l'escalade est perçue par certains comme de plus en plus alignée avec des valeurs de droite . En effet, l'accès à ce sport peut être coûteux, entre les abonnements aux salles, l'équipement spécialisé et les stages de formation. La médiatisation et l'intérêt croissant des sociétés pour ce marché en expansion ajoutent à cette perception. Les compétitions, et l'intégration de l'escalade aux Jeux Olympiques, ont contribué à cette transformation, éloignant l'escalade de ses valeurs originelles pour certains. Retour aux valeurs fondamentales L'escalade a-t-elle abandonné ses valeurs de gauche ? Pas nécessairement. Bien que son image ait évolué, il est possible qu'elle traverse en ce moment une phase de maturation. Les valeurs fondamentales - respect de la nature, solidarité, égalité des sexes - restent profondément ancrées . Des professionnel(le)s de la santé utilisent l'escalade comme outil thérapeutique , des grimpeuses militent pour l'égalité des genres , et des associations prônent une pratique plus durable . Une réflexion de la société L'escalade, comme toute activité humaine, reflète la société. Elle peut être un acte de rébellion, une forme d'expression ou un simple loisir. Mais une chose est sûre : à mesure que ce sport évolue, il continuera de refléter les tensions, aspirations et idéaux de notre époque . Finalement, la véritable question n'est peut-être pas de savoir si l'escalade est "de gauche" ou "de droite", mais de reconnaître et de célébrer sa capacité à susciter des discussions pertinentes sur notre identité collective.

  • "Ceci est un torse" : Manifeste pour l'égalité et la liberté en escalade

    Dans le petit monde de l’escalade, une question vestimentaire soulève une tempête de réflexions : celle du port du t-shirt . Plus qu'une simple norme de tenue, elle incarne une lutte pour l'égalité des genres, une question de liberté individuelle et un défi au respect des normes établies . Déjà évoqué dans nos colonnes précédemment , le sujet a pris un virage audacieux et novateur lors du récent Master of Fire à Bruxelles, organisé par la salle Le Camp de Base. Souvenons-nous de cet été, au festival Camp4 Vercors, où une question flottait déjà dans l'air, affichée au mur de bloc : « Torse nu, pourquoi nous et pas elles ? » . Une invitation à la réflexion, à la remise en question des normes établies. Au Master of Fire, le dialogue a franchi une nouvelle étape, avec des grimpeuses qui ont gravi les parois, le dos nu proclamant « Ceci est un torse » . Un geste symbolique, mais puissant, qui interroge les normes de genre dans l'escalade par un moyen d'expression encore peu répandu dans cet univers. "Il existe déjà des initiatives comme celles de Climbing Bitches ou de Girls in Bleau, qui permettent de créer un terrain safe. Notre objectif, c'est de prendre l'axe activiste et militant pour pointer du doigt les sujets négatifs et créer la discussion. Cette approche a déjà prouvé son efficacité dans d'autres domaines." Nous explique Sophie Berthe, à l'origine de cette action. Sophie approfondit le message dans un manifeste percutant rédigé en vue de cette première opération. Elle y aborde l'hypersexualisation du corps féminin et souligne la nécessité d'une éducation axée sur les questions de genre et la lutte contre les oppressions sexistes . Par son plaidoyer, elle incite les salles d'escalade à adopter des chartes contre les violences sexistes et sexuelles , pour un environnement sportif plus sûr et inclusif. Elle appelle également à une prise de conscience individuelle dans la lutte contre ces violences, soulignant l'importance des actes de chacun. Face à cette situation, les salles d'escalade sont à la croisée des chemins. Entre la conservation d'une politique stricte et l'adoption d'une approche plus inclusive et équitable, le choix est crucial . Le défi est de trouver la bonne équation, respectueuse des besoins et des droits de chacun, tout en promouvant l'inclusivité et l'égalité des genres. Il semble compliqué pour celles ayant fait le choix de ne pas se positionner de continuer à faire comme si le sujet n’existait pas. Un débat et des images qui nous rappellent la publicité Patagonia publiée en 1987 , où l'on pouvait voir une grimpeuse en falaise torse nu, mettant en lumière que cette réflexion sur l'égalité des genres en escalade n'est pas nouvelle. Cette image emblématique, à l'époque, avait déjà soulevé des questions sur la liberté corporelle dans l’escalade. Ces débats transcendent bien évidemment l'escalade et touchent l'ensemble du monde sportif. Comme mentionné précédemment , d'autres disciplines sont également confrontées à ces discussions sur l'égalité des tenues sportives entre hommes et femmes, révélant une tension entre tradition, performance et équité des genres . Il est pourtant essentiel que notre société s'oriente vers une pratique sportive où chacun, indépendamment de son genre, peut se sentir à l'aise, respecté et libre de s'exprimer pleinement.

  • Femmes en Montagne 2024 : Découvrez le programme des ateliers

    Du 14 au 17 novembre 2024, Annecy accueillera la 5e édition du Festival Femmes en Montagne , une célébration incontournable de la place des femmes dans les sports de montagne . Cet événement, unique en son genre, met en lumière la contribution féminine à l’alpinisme, à l’escalade, au ski et à bien d’autres disciplines. À travers des projections de films, des ateliers variés et des discussions, le festival offre un espace d’expression et de partage, où les parcours d’exception inspirent et interrogent. Alors que seulement 3 % des guides de haute montagne en France sont des femmes, et que la médiatisation du sport féminin ne représente que 20 % du temps d’antenne, le festival se positionne comme un acteur clé pour renforcer la visibilité et promouvoir la mixité dans les pratiques de montagne . Il vise à briser les stéréotypes et à ouvrir des espaces de dialogue autour des défis que rencontrent les femmes dans ces environnements souvent perçus comme masculins. Des ateliers pour tous les goûts L’édition 2024 propose une quinzaine d’ateliers où chacun·e peut s’immerger dans l'univers montagnard tout en développant des compétences pratiques, artistiques, et sportives. Voici un aperçu des activités proposées : Groupe de Parole - Mountain Sisters (Jeudi 14 novembre, de 9h à 11h) Dans un espace d'écoute et de confiance, les Mountain Sisters vous invitent à partager vos expériences et réflexions sur ce que signifie être une professionnelle en montagne. Un moment d’échange enrichissant autour des défis rencontrés par les femmes dans ce milieu. Atelier aquarelle avec Lauriane Miara (Jeudi 14 novembre, de 9h à 12h et de 14h à 17h) Deux sessions pour explorer votre fibre artistique en capturant l'essence des montagnes à travers l'aquarelle. Guidé·e par l’artiste Lauriane Miara, vous aurez l’occasion de repartir avec votre propre création. Faire vivre son film à l'étranger et intégrer le développement durable (Jeudi 14 novembre, de 11h15 à 13h) Découvrez comment produire et diffuser des films à l'international tout en minimisant leur impact environnemental. Cet atelier dévoilera les coulisses de la production de films et festivals outdoor, en mettant l’accent sur l’écoresponsabilité. Connaître et utiliser les plantes sauvages de montagne (Vendredi 15 novembre, de 14h à 16h) Coincé·e en pleine nature sans rien à manger ? Dans cet atelier, Atalante vous apprend à identifier les plantes sauvages qui peuplent les montagnes, qu’elles soient utiles pour la survie ou simplement fascinantes à découvrir. Atelier grimpe (Vendredi 15 novembre, de 9h à 11h) Venez grimper à la salle Atome lors d’une session encadrée par des professionnelles, et profitez de conseils personnalisés. Cet atelier offre une belle opportunité pour partager un moment convivial tout en progressant techniquement. Randonnée mobilité douce (Samedi 16 novembre, de 9h à 15h) En partenariat avec POW France et Yambi, cette randonnée d’une demi-journée se concentre sur les enjeux de la mobilité douce et du changement climatique. Le pique-nique végétarien et la conférence sur le cycle de l’eau viendront compléter cette expérience nature. Être une femme réalisatrice : défis & enjeux (Samedi 16 novembre, de 10h à 12h30) Après la diffusion de trois films hors compétition, rejoignez un panel d’intervenantes pour une table ronde sur les défis auxquels les femmes réalisatrices font face dans l'industrie cinématographique. Un moment inspirant et plein d'enseignements. Harldoop et POW : Réparation ou customisation (Samedi 16 novembre, de 13h45 à 16h15) Donnez une seconde vie à votre matériel outdoor lors de cet atelier pratique, avec au choix deux options : une réparation simple ou une customisation créative. Run avec Salomon (Dimanche 17 novembre, de 9h à 11h) Participez à une sortie course à pied unique avec des athlètes, suivie d'une discussion sur la réduction de l'empreinte carbone dans le sport. Cet atelier allie performance physique et réflexion environnementale. De la conception à la concrétisation d’un projet documentaire (Dimanche 17 novembre, de 10h à 12h) Transformer une idée en un projet documentaire concret est un vrai défi. Cet atelier vous guidera à travers toutes les étapes, de la conception à la réalisation, pour donner vie à vos films de manière captivante. Un festival accessible en ligne En plus de ces ateliers, l’un des points forts du festival reste sa version digitale, accessible jusqu’au 6 janvier 2025. Cette option permet à toutes celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre à Annecy de suivre l'événement à distance , depuis chez eux. Les projections et certains contenus seront ainsi disponibles en ligne, assurant que personne ne manque cette célébration des femmes en montagne. Pour plus d'informations ou pour réserver vos places, rendez-vous sur le site officiel du festival . Ne manquez pas cette édition engagée et tournée vers un avenir plus inclusif en montagne.

  • Le dernier combat du grimpeur Ukrainien Maksym Petrenko

    Maksym Petrenko, c’est l’histoire d’un champion d'escalade pas comme les autres. Né à Luhansk, en Ukraine, il a fait parler de lui dès les années 90, en dominant les compétitions internationales juniors et en montant sur le podium des Championnats du monde seniors de Birmingham en 1999. Une médaille de bronze qui reste à ce jour la seule de l’Ukraine dans cette discipline . Mais là où d’autres auraient capitalisé sur ce succès, Maksym, lui, est resté discret, grimpant en falaise des voies jusqu’à l’extrême 8c+, en Ukraine et ailleurs. En 2024, quand son pays a été plongé dans la guerre, il n’a pas hésité à troquer ses chaussons d'escalade pour l’uniforme militaire. Il y a quelques jours, au plus fort de la bataille pour Toretsk, une ville clé du Donetsk attaquée sans relâche depuis juin, il est tué lors des affrontements . Son ami et partenaire de grimpe Yevhen Krivosheytsev a déclaré : « Dans la bataille contre les envahisseurs russes pour la ville de Toretsk, en défendant l’Ukraine contre les hordes de Poutine, mon vieil ami et partenaire d’escalade de longue date est mort ». Comme Maksym, d’autres athlètes ukrainiens se sont retrouvés face à ce même dilemme. Le documentaire " Climbing Never Die ", présenté lors de la dernière édition de Reel Rock , le montre bien : certains continuent à grimper malgré les bombes, tandis que d'autres, comme Maksym, prennent la décision de défendre leur pays sur le front. Ce film, en suivant des grimpeurs comme Danyil Boldyrev, met en lumière cette dualité entre passion et guerre, qui pousse ces athlètes à jongler entre l’espoir de continuer à grimper et la nécessité de protéger leur terre . Maksym Petrenko, c’était à la fois un champion et un soldat. Plus qu’un simple athlète, il incarne une génération d’Ukrainiens qui ont dû faire des choix difficiles, et pour qui le mot ‘engagement’ a malheureusement pris un tout autre sens.

  • Luo Dengping, la Spiderwoman chinoise gardienne des traditions des Miao

    Lorsque l’on parle de grimpeurs légendaires qui escaladent sans aucun équipe de sécurité, le nom d’ Alain Robert, surnommé le "Spiderman français" , vient immédiatement à l’esprit. Connu pour ses ascensions spectaculaires des gratte-ciels du monde entier à mains nues, Alain Robert fascine par sa témérité et son habileté. Mais de l’autre côté du globe, dans une province reculée de Chine, une autre figure de l’escalade, moins médiatisée en France mais tout aussi impressionnante, défie également la gravité sans filet. À 43 ans, Luo Dengping, la "Spiderwoman chinoise", escalade des falaises de plus de 100 mètres de hauteur , armée seulement de son courage et de la tradition millénaire des Miao. L’héritage d’un apprentissage clandestin L’histoire de Luo Dengping est d’abord celle d’un interdit bravé. Petite, elle grandit dans une région où l'escalade fait partie de la vie quotidienne des hommes, mais demeure hors de portée des femmes. Fascinée par les prouesses de son père, Luo passait des heures à le regarder gravir les falaises abruptes du Guizhou pour récolter des herbes médicinales et des déjections d’hirondelles utilisées comme engrais . Le spectacle de cet homme, suspendu dans les airs, défiant la gravité avec une aisance incroyable, la captivait. Pourtant, à chaque demande d’apprentissage, son père refusait catégoriquement. « C’est trop dangereux pour toi », lui disait-il, conscient des risques inhérents à cette pratique ancestrale. Mais Luo n’était pas du genre à se laisser décourager. Adolescente, elle commence à s’entraîner en secret, reproduisant les gestes qu’elle avait longuement observés chez son père. Un jour, alors qu’elle le suit en cachette sur une paroi, son père la surprend. Plutôt que de la réprimander, il reconnaît en elle une détermination et une habileté indéniables. C’est ce jour-là que commence véritablement l’aventure de Luo, la première femme à être initiée à cet art ancestral réservé aux hommes. Grimper avec sagesse Pour Luo Dengping, l’escalade est avant tout une affaire de patience, d’écoute et de respect de la montagne. « Grimpe en fonction de tes capacités tout en étant audacieux et prudent », lui répétait souvent son père. Ces mots résonnent encore à chaque fois qu’elle s’accroche à la paroi. Loin des approches modernes de l'escalade, où les athlètes s'appuient sur des équipements de pointe, Luo incarne une forme d'humilité face à la nature. Pour elle, grimper, c’est se plier aux règles imposées par la montagne , tout en restant audacieuse. « Le plus important, c'est de ne jamais sous-estimer la montagne » Cette philosophie de l’escalade ne repose pas seulement sur la technique ou la force, mais sur une compréhension intuitive de l’environnement . Avant chaque ascension, Luo évalue minutieusement les conditions, la texture de la roche, son état physique et mental. Chaque geste est calculé, précis, sans précipitation. Ses mains, renforcées par des années d'expérience, ont développé une sensibilité particulière, lui permettant de sentir immédiatement si une prise est fiable ou non. « Le plus important, c'est de ne jamais sous-estimer la montagne », dit-elle. Une tradition millénaire en héritage L’art de l’escalade que Luo pratique aujourd’hui est profondément enraciné dans les traditions funéraires des Miao, un peuple qui a habité ces montagnes depuis des siècles. Pour eux, ces falaises escarpées servaient de lieu de repos éternel pour les défunts . Les membres de la communauté gravissaient ces parois vertigineuses pour y placer les cercueils dans des cavités naturelles, afin que ces hauteurs permettent aux âmes des défunts de veiller sur leurs descendants. Cette pratique n’était pas seulement une question de foi, mais aussi un acte de bravoure et d’habileté, qui exigeait une maîtrise parfaite de l’escalade. Le père de Luo, comme ses ancêtres avant lui, perpétuait cette tradition. Même si aujourd'hui l’escalade de Luo n’a plus de lien direct avec les rituels funéraires, elle demeure un témoignage vivant de cet héritage. Grimper ces montagnes, c’est pour Luo honorer les siens, se reconnecter à une histoire longue de plusieurs siècles. De l’escalade de survie au spectacle touristique Avec le développement du tourisme dans la région, l'escalade traditionnelle de Luo a pris une nouvelle tournure. Ce qui était autrefois une nécessité pour survivre s’est transformé en spectacle pour les visiteurs . Les touristes viennent désormais des quatre coins du monde pour observer Luo et ses collègues "spider-men" grimper les falaises de Guizhou sans la moindre protection. Chaque démonstration est minutieusement orchestrée : depuis un radeau en bambou, ils rament jusqu'à l'entrée d'une grotte, où ils entament leur ascension, atteignant des hauteurs vertigineuses en moins de 20 minutes. « Je suis heureuse quand je vois les gens émerveillés par ce que nous faisons » Luo, malgré son revenu modeste – environ 420 dollars par mois –, ne voit pas son travail comme une simple attraction. Pour elle, chaque montée est l'occasion de faire perdurer un savoir-faire ancestral, tout en éveillant la curiosité et l’admiration des visiteurs . « Je suis heureuse quand je vois les gens émerveillés par ce que nous faisons », confie-t-elle. Si elle espère que cette pratique ne disparaisse pas avec la modernisation du pays, elle tout de même consciente que l’intérêt pour cette tradition millénaire pourrait s’étioler avec le temps . Surtout à une époque où l’urbanisation transforme rapidement les paysages et les modes de vie. Luo Dengping incarne une facette peu connue de l'escalade traditionnelle. À l’instar d’Alain Robert et d’autres, elle défie les lois de la gravité, mais avec une approche bien différente. Là où le Spiderman français conquiert les structures modernes, Luo reste ancrée dans les falaises naturelles de sa région natale, perpétuant un art qui remonte à plusieurs siècles. Elle est la témoin vivante d’un héritage millénaire, une gardienne des traditions des Miao. Dans un monde en perpétuelle évolution, où la modernité efface souvent les traces du passé, Luo Dengping continue d'escalader ces falaises abruptes avec la même passion et le même respect qu'à ses débuts. À chaque ascension, elle raconte une histoire : celle d’un peuple et d’une culture.

  • L’alpinisme comme quête identitaire : Nima Rinji Sherpa et Shehroze Kashif, des racines aux sommets

    L’alpinisme, autrefois réservé à une élite étrangère, connaît aujourd’hui un profond bouleversement. Nima Rinji Sherpa, du Népal, et Shehroze Kashif, du Pakistan, incarnent cette nouvelle génération de grimpeurs qui repensent les cimes comme une quête identitaire autant que sportive. Pour eux, l’ascension des plus hauts sommets représente un retour aux sources, une affirmation culturelle. À chaque sommet, ils redéfinissent ce que signifie gravir une montagne quand on est issu des peuples qui y ont grandi. Nima Rinji Sherpa : Du guide à l’icône de l’alpinisme népalais À seulement 18 ans, Nima Rinji Sherpa a gravé son nom dans l’histoire de l’alpinisme mondial. Il devient le plus jeune à avoir conquis les 14 sommets de plus de 8 000 mètres . Cependant, ce qui distingue son parcours des autres, c’est la dimension collective de sa réussite. Nima ne grimpe pas pour lui seul, il incarne une révolte silencieuse contre des siècles d’invisibilité pour sa communauté. Les Sherpas, longtemps cantonnés à des rôles de soutien, se révèlent aujourd’hui sous un nouveau jour grâce à lui. Le projet #SherpaPower qu’il porte met en avant cette dynamique de transformation. Il ne s’agit plus seulement d’être les guides d’expéditions étrangères, mais de prouver que les Sherpas sont à l’avant-garde de l’alpinisme moderne . Nima ne se contente pas de gravir des montagnes, il ouvre la voie à une génération qui aspire à être vue et reconnue pour ses propres exploits. La réécriture d’un rôle : Les Sherpas sortent de l’ombre Depuis les premières expéditions vers l’Everest, les Sherpas ont toujours été les piliers invisibles de l’alpinisme . Portant les charges, traçant les routes et assurant la sécurité des alpinistes étrangers, leur rôle a été essentiel, mais rarement valorisé. Nima renverse cette tradition. Chaque sommet qu’il atteint est une victoire collective, une démonstration que les Sherpas ne sont plus de simples aides, mais des protagonistes de leur propre histoire. À travers Nima, c’est une nouvelle perception des Sherpas qui émerge, loin des stéréotypes. Leur endurance et leur expertise en haute montagne, reconnues mondialement, trouvent enfin une pleine visibilité, non plus dans les récits d’explorations étrangères, mais dans leur propre légende . Shehroze Kashif : Le Pakistan à la conquête des sommets À des milliers de kilomètres, Shehroze Kashif, 22 ans, suit un parcours similaire pour son pays, le Pakistan. Lui aussi est devenu l’un des plus jeunes à gravir les 14 plus hauts sommets du monde , et à travers ses exploits, il redéfinit la place de son pays dans l’alpinisme international. Le Pakistan, terre de montagnes parmi les plus redoutables du globe, a souvent été éclipsé par des crises internes et une couverture médiatique focalisée sur des conflits politiques. Shehroze, par ses ascensions, veut offrir un nouveau visage à son pays. Chacune de ses victoires est une manière de rappeler que le Pakistan n’est pas seulement une terre de tensions , mais aussi un pays riche en défis naturels et en talents. Il aspire à voir d’autres jeunes grimpeurs suivre ses traces, transformant ainsi l’image de son pays à travers l’alpinisme. Un paysage alpin à révéler : Le potentiel inexploité du Pakistan Avec des montagnes légendaires telles que le K2 ou le Nanga Parbat, le Pakistan possède un terrain de jeu inégalé pour l’alpinisme. Pourtant, ce potentiel est encore largement sous-exploité sur la scène internationale . Contrairement au Népal, dont les sommets sont devenus des destinations mythiques, le Pakistan reste à la marge de ce récit mondial. Shehroze Kashif s’efforce de briser cette marginalité. Chaque sommet qu’il atteint est une déclaration de fierté nationale, une invitation à regarder le Pakistan sous un autre prisme . Il ouvre la voie à une nouvelle génération, non seulement au Pakistan, mais dans toute l’Asie du Sud, prouvant que les montagnes de son pays méritent autant d’attention que celles du Népal ou du Tibet. Nima et Shehroze : Une réinvention de l’alpinisme Malgré leurs origines et parcours différents, Nima et Shehroze partagent un objectif commun : celui de redonner à leurs communautés la place qu’elles méritent dans le monde de l’alpinisme . Ces deux jeunes grimpeurs réécrivent les récits jusque-là dominés par les figures occidentales, et imposent leurs propres voix dans une discipline qui les avait longtemps ignorés. Chacun de leurs exploits est une nouvelle page dans l’histoire de l’alpinisme mondial, mais surtout une manière de réaffirmer leur identité culturelle . Ils ne sont plus des figurants dans une histoire écrite par d’autres, ils en deviennent les auteurs. Leurs ascensions, des symboles d’émancipation collective En gravissant les plus hauts sommets, Nima et Shehroze brisent les stéréotypes attachés à leurs communautés. Là où les Sherpas étaient perçus comme de simples accompagnateurs et où les grimpeurs pakistanais étaient absents des récits mondiaux, ils font voler en éclats ces images. Ils ne gravissent pas les montagnes pour des titres personnels, ils redéfinissent les codes du succès alpin et inscrivent leur culture au cœur de ce nouveau récit . Leurs performances marquent un tournant dans l’histoire de l’alpinisme mondial, ils sont les porte-drapeaux d’un alpinisme plus inclusif , où les identités, les racines et les communautés prennent une place centrale.

  • Les Trophées de la Verticalité au Salon de l'Escalade à Paris

    Le Salon de l'Escalade s'apprête à écrire une nouvelle page de son histoire en s'installant pour la première fois à Paris, les 11 et 12 janvier prochains, au parc des expositions de la Porte de Versailles. Cette édition spéciale sera marquée par l'introduction des Trophées de la Verticalité, une initiative inédite visant à célébrer et récompenser les contributions remarquables dans le monde de la verticalité . Cinq catégories pour cinq récompenses Les Trophées de la Verticalité ont pour objectif de mettre en lumière et récompenser les projets et personnes qui œuvrent activement pour faire avancer les pratiques de l'escalade à travers cinq catégories distinctes : Écologie, Contenu, Inclusion, Sécurité et Innovation. Trophée de l’initiative écologique Ce trophée récompensera une initiative ou un projet ayant eu un impact significatif sur la protection de l'environnement dans le domaine de l'escalade. Cela peut inclure l’utilisation de matériaux recyclés pour les équipements, des campagnes de nettoyage des sites, ou encore des actions de sensibilisation écologique. Jurée : Laury-Anne Cholez (Journaliste, Reporterre). Trophée de la création de contenu Destiné aux créateurs et créatrices de contenu, ce trophée sera décerné à un acteur ou une actrice qui a su captiver, éduquer ou inspirer la communauté de l'escalade à travers des vidéos, blogs, podcasts, photos, etc. Juré : Pierre-Gaël Pasquiou (Fondateur et Rédacteur en Chef, Vertige Media). Trophée de l'inclusion Ce trophée récompensera une initiative visant à rendre l'escalade plus accessible à un public diversifié. Cela inclut les programmes pour les personnes en situation de handicap, les actions pour la parité hommes-femmes ou encore l'inclusion des minorités. Jurée : Florine Leplatre (Militante de l’escalade FSGT). Trophée de la sécurité Ce trophée valorisera une initiative qui contribue à améliorer la sécurité dans la pratique de l'escalade. Cela peut concerner des systèmes d'assurage innovants, des campagnes de sensibilisation, ou des recherches sur les techniques de sécurité. Juré : Jeff Mercier (Alpiniste, spécialiste de l'escalade sur glace, et gendarme du peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix). Trophée de l'innovation Ce trophée récompense un projet novateur dans le domaine de l'escalade, qu'il s'agisse de nouvelles techniques d'entraînement, de matériel innovant, ou de technologies dédiées aux grimpeuses et grimpeurs. Jurée : Noémie Le Govic (Country Leader France, Belgique, Pays-Bas, Suunto). Le règlement des Trophées de la Verticalité Les projets en lice pour les Trophées de la Verticalité doivent avoir eu un impact sur l'année 2024. Pour participer, il suffit d'envoyer son dossier de candidature avant le 18 novembre 2024 à minuit à l'adresse : trophee@salon-escalade.com. Chaque dossier doit inclure : Une explication du projet sur une page Une présentation des personnes impliquées sur une page Les coordonnées d’une personne référente (numéro de téléphone et email) Au moins une ressource multimédia (photo, vidéo, audio, etc.) Une première à Paris Cette édition parisienne du Salon de l'Escalade, qui se tiendra pour la première fois dans la capitale, promet d'être un événement exceptionnel. Habituellement organisé dans des villes éloignées de Paris, le salon attirera cette fois-ci une audience plus vaste, composée de passionné(e)s de verticalité venus de tous horizons. Rendez-vous les 11 et 12 janvier 2024, au parc des expositions de la Porte de Versailles , pour une édition riche en innovations et marquée par les Trophées de la Verticalité, qui seront sans aucun doute l'un des moments forts de cet événement incontournable. Toutes les informations sur le Salon de l'Escalade sont à retrouver sur leur site .

  • Rencontre avec Klaas Willems : Grimper pour survivre à la mucoviscidose et au cancer

    Sous un soleil éclatant, sur la terrasse d'une salle d'escalade située en banlieue parisienne, nous avons rencontré Klaas Willems, un grimpeur belge dont l’histoire défie tous les pronostics médicaux . Diagnostiqué à la naissance avec la mucoviscidose, une maladie génétique qui affecte gravement ses poumons et son système digestif, Klaas a également survécu à deux cancers. Loin de se laisser abattre, il a fait de l’escalade une arme pour sa survie, une passion vitale qui le pousse à transcender chaque jour ses limites physiques et mentales. À travers un échange sincère et plein de sagesse, Klaas nous a livré une leçon de résilience. Un diagnostic lourd dès l’enfance Dès sa naissance, Klaas a été confronté à une réalité que peu d’enfants - et d'adultes - peuvent imaginer. La mucoviscidose, une maladie génétique qui obstrue les voies respiratoires et perturbe la digestion, s’est imposée à lui comme une condamnation. « Quand je suis né, le docteur a dit à mes parents que c'était possible que je n'arrive jamais à l'âge de 12 ans », nous raconte-t-il. Ce diagnostic pesant aurait pu briser tout espoir, mais pour Klaas, ce fut au contraire une incitation à se battre pour chaque jour de sa vie . « Quand je suis né, le docteur a dit à mes parents que c'était possible que je n'arrive jamais à l'âge de 12 ans » Ses parents, loin de l’enfermer dans une bulle, ont pris une décision radicale pour l’époque : ils ont encouragé Klaas à pratiquer du sport. « Ils ont dit que les médicaments étaient importants, mais que je devais aussi faire beaucoup de sport parce que ça pourrait beaucoup m'aider », nous confie-t-il. Cette approche proactive, intégrant les traitements et l’activité physique, lui a permis de construire un corps capable de lutter contre la maladie. « Quand tu as des problèmes de poumons, tu dois faire plus d’efforts pour le sport, mais tu peux y arriver », ajoute-t-il. Le sport est ainsi devenu une forme de thérapie pour Klaas , une manière de fortifier ses poumons et de se prouver que, malgré les pronostics, il pouvait dépasser les limites imposées par sa condition. Une entrée tardive dans l’univers de l’escalade Malgré son engagement précoce dans le sport, ce n’est qu’à l’âge de 18 ans que Klaas découvre réellement l’escalade. « Mon père grimpait, mais moi je ne voulais pas faire comme lui. J’ai joué au foot quand j’étais jeune », nous raconte-t-il avec une pointe d’amusement. Pendant longtemps, il avait cherché à suivre sa propre voie, loin des passions paternelles. Ce n’est que lorsqu’un ami l’invite à essayer l’escalade, près de chez lui, que la magie opère. « C’était le bon moment pour commencer à grimper, car mes poumons n’étaient vraiment pas bien, mais j’étais très motivé », nous explique-t-il. Cette motivation, née dans un contexte où son état de santé ne cessait de se détériorer, l’a poussé à s’investir corps et âme dans cette nouvelle discipline. Dès ses premières sessions d’escalade, Klaas trouve dans ce sport quelque chose de profond, qui va au-delà du simple exercice physique . « L’escalade, c’est de l’air frais, c’est beaucoup de temps dans la nature. Ça aide énormément pour les poumons ». Une lutte constante, physique et mentale Au-delà des aspects physiques, l’escalade permet à Klaas de puiser dans des ressources mentales insoupçonnées . Chaque séance est un combat, non seulement contre la gravité, mais aussi contre les limitations que la maladie impose à son corps. « Quand les docteurs disent que tu ne peux pas faire quelque chose, tu as deux choix : soit tu les écoutes, soit tu essayes de te battre. Moi, j’ai choisi de me battre. » « Ça donne de la motivation. Ça m’aide à suivre mes traitements avec plus d’enthousiasme, et à trouver un sens à tout ça. » Cette détermination à ne pas céder face aux limitations médicales est devenue le moteur de sa vie. Klaas a compris très tôt que pour aller au-delà des attentes, il devait se fixer ses propres objectifs, toujours plus ambitieux . « Je savais que mes poumons étaient endommagés, mais je voulais prouver que je pouvais aller plus loin », nous explique-t-il, tout en soulignant l’importance de ne jamais se laisser enfermer par des pronostics. Grimper, pour lui, c’est aussi une forme de thérapie mentale. « Ça donne de la motivation. Ça m’aide à suivre mes traitements avec plus d’enthousiasme, et à trouver un sens à tout ça ». L’escalade est devenue sa manière de se battre contre le quotidien oppressant des traitements, des thérapies respiratoires, et des nombreux passages à l’hôpital. Gravir les plus grands sommets, malgré la maladie L’un des accomplissements les plus marquants de Klaas a été de gravir Half Dome et El Capitan à Yosemite. Ces parois légendaires, parmi les plus difficiles et prestigieuses au monde, représentent un exploit extraordinaire pour tout grimpeur, et encore plus pour quelqu’un dont la capacité respiratoire est sévèrement réduite. « Je n’aurais jamais pensé que je pourrais grimper El Capitan. Mais une fois que c’était fait, je me suis dit : et maintenant ? » Cette ascension symbolise une victoire contre la maladie pour Klaas, un pied de nez à ceux qui avaient prédit qu’il ne survivrait pas au-delà de son adolescence . « Grimper, c’est respirer. Et respirer, c’est vivre ». Chaque sommet représente une nouvelle victoire, un rappel que la maladie ne dicte pas sa vie. Pour lui, l’escalade est devenue une manière de vivre pleinement, de repousser constamment ses propres limites. « Still Alive » : un projet de vie gravé dans la pierre En Sardaigne, où il vit aujourd’hui, Klaas a équipé une voie en 8c, qu’il a nommée « Still Alive ». Cette voie, qui l’a occupé pendant trois ans, porte un message fort : celui de la persévérance et de la survie. « Quand j'ai fini d'équiper cette voie, je savais que je devais l’appeler 'Still Alive' parce que je suis toujours là, malgré tout ». L’acharnement qu’il a mis pour réussir cette voie est à l’image de son combat contre la maladie. « Chaque chute me rappelait les moments où j’aurais pu abandonner, mais ça me donnait encore plus envie de revenir ». « Still Alive, ce n’est pas seulement une voie d’escalade. C’est une manière de dire que je me bats toujours, et que je ne suis pas prêt à arrêter ». Pour Klaas, cette voie est aussi une manière de redonner à la communauté des grimpeurs, un espace où il a trouvé du soutien, et où il peut inspirer d’autres à dépasser leurs propres limites. Un film pour inspirer Le parcours de Klaas a été partagé dans un film documentaire, intitulé « Still Alive », produit par Petzl et La Sportiva, et sorti le 6 octobre sur YouTube. Ce film retrace son parcours, de ses premières batailles contre la maladie jusqu’à ses réalisations en escalade , et vise à inspirer ceux qui, comme lui, se battent contre des défis colossaux. « Je voulais faire ce film pour inspirer les autres, pour montrer qu’on peut toujours se battre, même quand tout semble impossible ». « C’est un film honnête. Ce n’est pas facile de parler de tout ça, mais si mon histoire peut aider quelqu’un à trouver la motivation de se battre, alors ça en vaut la peine ». Klaas termine notre entretien avec un message clair pour ceux qui hésitent à se lancer dans une aventure, qu’elle soit sportive ou personnelle : « Ne cherchez pas des excuses. Beaucoup de gens regardent les autres et pensent qu’ils ne peuvent pas parce qu’ils ne sont pas assez en forme. Mais il faut essayer ». Pour lui, l’échec fait partie du chemin vers le succès. « Échouer, c’est normal. Chaque échec te rapproche de ta réussite ». Klaas n’a jamais laissé ses faiblesses le définir, et il incite chacun à voir dans les obstacles des opportunités de se dépasser. Un futur à écrire, en Sardaigne Aujourd’hui, Klaas continue d’équiper des voies en Sardaigne, et son avenir semble plus prometteur que jamais. « J’ai encore beaucoup de projets à réaliser, et je ne compte pas m’arrêter là ». Installé sur cette île où l’air pur et la nature le maintiennent en bonne santé, il trouve dans chaque nouvelle voie un souffle nouveau. « C’est la première fois de ma vie que je peux vraiment me projeter dans l’avenir ». Avec sa force de caractère et son optimisme inébranlable, Klaas continue de grimper, de vivre, et d’inspirer.

  • Grimper autour de Paris : Saint-Maximin, l’équilibre parfait entre initiation et variété

    Nichée au cœur de l’Oise, à quelques kilomètres seulement de la capitale, l’ancienne carrière de Saint-Maximin s'est transformée en un véritable terrain de jeu pour les grimpeuses et grimpeurs de tous niveaux. Avec ses parois situées dans le quartier du Larris, ce site géré par la mairie de Saint-Maximin offre un cadre privilégié pour s’initier ou se perfectionner à l’escalade . Un site chargé d’histoire L’histoire de Saint-Maximin est profondément liée à l’exploitation de la pierre calcaire. Dès l’époque gallo-romaine, cette carrière fournissait déjà des blocs pour des constructions locales comme les Arènes de Senlis. Au XVIIe siècle, sous l’impulsion de Louis XIV, la pierre extraite de cette carrière devient un matériau clé dans la construction des monuments parisiens tels que le Louvre, Versailles ou encore l’Hôtel des Invalides ​. La pierre de Saint-Maximin, réputée pour sa solidité et sa durabilité, fut transportée par bateau via l'Oise et la Seine pour répondre aux besoins de ces grands chantiers . Au XIXe siècle, avec les transformations menées par le baron Haussmann, elle devint essentielle à l'édification des immeubles haussmanniens emblématiques de la capitale. Bien que l'extraction à grande échelle soit aujourd'hui terminée, une partie des carrières est encore en activité pour la restauration de monuments historiques tels que Notre-Dame de Paris et le Panthéon. Depuis les années 1990, le site a été reconverti en espace d’escalade, perpétuant ainsi le lien entre Saint-Maximin et la pierre , mais désormais au service des grimpeuses et grimpeurs​. Une diversité de voies pour tous les niveaux Le site compte 163 voies, adaptées aussi bien aux débutant(e)s qu’aux plus aguerri(e)s . En tête, en moulinette, traversées ou descentes en rappel, chacun peut y trouver son compte. Le confort est également au rendez-vous grâce à l’aménagement du pied des voies, offrant un espace agréable pour se préparer, déjeuner ou pour accompagner des enfants. Saint-Maximin est aussi particulièrement apprécié pour la proximité de son parking, situé à seulement deux minutes à pied des voies , un atout non négligeable pour les familles ou ceux qui recherchent une sortie sans prise de tête. Un site qui sèche vite et qui offre des orientations variées Saint-Maximin est un spot qui permet de grimper toute l’année. Le calcaire présent sur le site sèche rapidement après la pluie, rendant les voies accessibles même en hiver. Grâce à ses trois orientations – Ouest, Sud et Est – il est facile de trouver un secteur adapté aux conditions climatiques et à la luminosité : Le côté Est reste à l’ombre à partir de 14h00, parfait pour les après-midis ensoleillés. Le côté Sud est ombragé jusqu’à 10h30, idéal pour les matinées fraîches. Le côté Ouest reste à l’ombre jusqu’à 14h30, offrant une belle option pour une grimpe à la mi-journée. Un cadre accessible et une organisation optimisée Les voies numérotées facilitent l’organisation de votre séance et l'identification rapide des itinéraires. Cette numérotation, combinée avec la proximité de Saint-Vaast-lès-Mello, un autre spot majeur dans la région , permet de diversifier facilement les sessions de grimpe. Ceux qui veulent explorer davantage n’auront qu’à faire quelques minutes en voiture pour découvrir Les Glachoirs, un autre site incontournable . Un topo pour mieux s’orienter Pour bien organiser votre sortie et repérer les meilleures voies, le topo « Saint-Maximin » est disponible sur l’application OneTopo . Cette application mobile répertorie toutes les voies et leurs cotations , ainsi que des informations pratiques comme le lieu exact du parking. Enfin, pour celles et ceux qui souhaitent explorer d’autres spots autour de Paris, ne manquez pas de télécharger gratuitement notre guide "Paname Couenne" , qui recense l’ensemble des sites de voie autour de la capitale. Ce guide vous aidera à planifier vos prochaines sorties et à découvrir de nouveaux terrains de jeu !

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