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- CWA Summit : l’événement qui façonne l’avenir des salles d’escalade aux US
Aux États-Unis, l’escalade en salle est un business à part entière. Des franchises qui lèvent des millions, des startups qui se lancent dans la gestion digitale des salles, des constructeurs de murs qui rivalisent d’innovations. Ce marché structuré et en pleine expansion a son rendez-vous annuel : le CWA Summit . Du 16 au 18 avril 2025, le gratin de l’indoor se retrouvera à Salt Lake City pour ce qui est le plus grand rassemblement professionnel dédié aux salles d’escalade aux États-Unis . Un sommet qui, loin de se limiter à un simple salon BtoB, veut poser les bases du futur de la discipline en indoor. © CWA Summit Le CWA Summit, c’est quoi ? Lancé en 2007 avec une poignée de sponsors et quelques dizaines de gestionnaires de salles, le CWA Summit a bien grandi. Aujourd’hui, c’est trois jours de conférences, de networking et de salon pro , avec un programme plus structuré que jamais : Jeudi : La grosse journée de formation → Conférences sur la gestion des salles, la sécurité, le marketing, l’ouverture de voies… Tout ce qui fait tourner une salle d’escalade. Vendredi : Place aux exposants → Les marques du secteur présentent leurs innovations sur le salon. Nouveauté cette année : un billet à tarif réduit pour ceux qui ne veulent venir que pour le salon et le networking. Le CWA Summit, c’est avant tout un thermomètre du marché de l’escalade indoor. Ce qui se dit ici façonnera les tendances des prochaines années : quels nouveaux modèles économiques pour les salles ? Quel avenir pour l’ouverture de blocs ? Comment améliorer la sécurité et l’expérience client ? L’évolution du marché indoor passe par là Si l’événement garde son format, le fond évolue. Les organisateurs ont écouté les critiques et affinent leur approche. Un constat revient : le marché devient plus mature, plus exigeant. Des formations et certifications toujours plus poussées Côté formations, le niveau monte. Cette année, plusieurs certifications sont mises en avant : ✔️ Climbing Wall Instructor Provider → Certification pour former les encadrants en salle. ✔️ Work at Height (niveaux 1, 2 et Provider) → Sécurité et interventions en hauteur. ✔️ Professional Routesetting Direct Entry → Une nouvelle certification pour les ouvreurs qui veulent professionnaliser leur approche. Aux États-Unis, ces certifications permettent d’uniformiser les compétences et de structurer les parcours professionnels . Un salon professionnel à la mesure du marché US Le Trade Show du CWA Summit, c’est un aperçu du marché indoor américain en version accélérée. Les salles de grimpe là-bas, ce sont des business avec des levées de fonds à plusieurs millions, des stratégies marketing bien rodées et un combat pour l’expérience utilisateur. Les exposants couvrent toute la chaîne de valeur : 🏗️ Constructeurs de murs d’escalade → Walltopia, Entre-Prises, Rockwerx... 🧗 Fabricants de prises et volumes → Kilter, eGrips, So iLL… 🎒 Marques d’équipement → Petzl, Black Diamond, Mad Rock… 💻 Startups tech → Solutions de gestion de salles, digitalisation de l’expérience client… Nouveauté 2025 : le Trade Show Only Ticket, un billet à prix réduit pour ceux qui veulent juste parcourir le salon et réseauter. De quoi attirer les petits acteurs du marché qui n’ont pas le budget pour un pass complet. © CWA Summit Le CWA Summit, une idée à importer en Europe ? Le Salon de l’Escalade en France propose une approche plus généraliste, mixant BtoB et grand public. Le CWA Summit, lui, pousse la spécialisation à l’extrême. Deux visions du marché indoor. 📌 Aux États-Unis, le marché des salles est ultra-compétitif et dominé par des franchises privées. Les grimpeurs y sont des clients avant d’être des membres. D’où la nécessité d’un événement 100% business, où on parle rentabilité, fidélisation et levées de fonds. 📌 En France, l’escalade en salle reste en grande partie associative ou hybride. Mais les franchises comme Arkose, Climb Up ou Climbing District imposent progressivement une logique plus commerciale. Est-ce que la France aurait besoin d’un CWA Summit à sa sauce ? Une rencontre professionnelle à grande échelle, dédiée à la structuration du marché indoor et au partage des bonnes pratiques ? Pour l’instant, l’idée reste floue. Mais une chose est sûre : l’industrialisation de l’escalade en salle est en marche. Et ce genre d’événements montre la direction que le marché pourrait prendre. 📍 Infos pratiques 📅 Dates : 16-18 avril 2025 📍 Lieu : Salt Palace Convention Center, Salt Lake City💰 Prix moyen : entre 300 et 700 $ selon le pass choisi 🔗 Détails et inscriptions : CWA Summit 2025 🧗 En bref : Pourquoi ça compte ? Le CWA Summit, c’est le reflet de l’industrialisation de l’escalade indoor. Aux États-Unis, les salles fonctionnent comme des business et se structurent autour de certifications, de standards et d’innovations. Un modèle qui pourrait, tôt ou tard, influencer l’Europe. Pour l’instant, en France, on en est loin. Mais avec la montée en puissance des franchises et l’essor de nouvelles pratiques commerciales, la question n’est plus si, mais quand un événement similaire verra le jour. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.
- Trois nouveaux fabricants de prises dans le pool FFME
C’est officiel, en 2025, les ouvreurs des compétitions FFME auront enfin du sang neuf sous les doigts. La fédé a décidé d’élargir son pool de fournisseurs de prises et volumes, intégrant Unleashed Climbing, AG Holds et Agripp aux côtés des historiques SUPR, Expression, Artline, Cheeta et Snap Holds. Une décision qui promet d’apporter un peu d’air frais sur les circuits nationaux, où l’ouverture tendait parfois à tourner en rond. © AG Holds Alors, simple élargissement du catalogue ou véritable révolution sur les murs de compèt’ ? Décryptage. Unleashed Climbing : l’Australie lâche les chevaux Si les ouvreurs français avaient envie de changement, ils vont être servis. Unleashed Climbing, c’est le genre de marque qui ne fait pas dans la demi-mesure. Fondée en Australie par Will Watkins, route-setter avec plus de 20 ans de bouteille, la boîte s’est spécialisée dans les macros en fibre de verre XXL, conçues pour transformer les murs en véritables labyrinthes gestuels. Des surfaces lisses, des formes massives, peu de prises évidentes : avec Unleashed, il va falloir apprendre à jouer avec le vide. Une signature qui pourrait bien bousculer les habitudes sur les circuits FFME, où les blocs misent souvent sur des mouvements spectaculaires. Ici, on parle d’intelligence de grimpe et de subtilité, pas juste de dynamisme façon spectacle Red Bull. AG Holds : sobriété britannique, exigence maximale Pendant que certaines marques font dans le tape-à-l'œil, AG Holds joue une autre partition. Minimaliste, ergonomique, efficace, voilà comment résumer leur approche. Loin des macros envahissants ou des textures ultra-travaillées, la marque britannique a construit sa réputation sur des formes pures, directes, qui ne trichent pas. Résultat : moins de grains, moins d’aspérités, mais des mouvements plus engageants, où la technique prime sur l’effet “wahou”. Une philosophie qui pourrait bien séduire les ouvreurs français fatigués des blocs ultra-spectaculaires mais déconnectés du réel. Agripp : l’art du volume, made in Belgique Agripp, c’est le nom le plus connu des trois, et pour cause : la marque belge est déjà bien implantée sur le marché français. Mais cette officialisation dans le pool FFME, c’est l’assurance qu’on verra encore plus de leurs volumes audacieux en compétition. Là où d’autres misent sur l’efficacité brute, Agripp a toujours cultivé une esthétique léchée et une approche expérimentale. On parle ici de volumes qui transforment les murs en véritables sculptures, de prises qui imposent une lecture subtile et des solutions de grimpe créatives. Fin de la routine pour les compétitions FFME ? Avec ces trois nouveaux fabricants, la FFME met un coup de pied dans la fourmilière. Jusqu’ici, SUPR, Expression, Artline, Cheeta et Snap Holds régnaient en maîtres sur les circuits officiels. Désormais, les ouvreurs auront huit marques à disposition, avec des styles bien distincts. Un simple élargissement du catalogue ? Peut-être. Mais en pratique, ça pourrait changer pas mal de choses sur les murs des championnats. Moins de monotonie, plus de diversité gestuelle, et surtout, un défi renouvelé pour les compétiteurs. Les premières réponses tomberont les 8 et 9 février 2025, lors des championnats de France de bloc à Anse. D’ici là, une question reste en suspens : ces nouvelles marques vont-elles réellement faire évoluer l’ouverture en France, ou resteront-elles dans l’ombre des historiques ? Réponse sur le tapis gris. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.
- Les Dolomites en famille : quand grimper rime avec transmission
Les Dolomites. Rien qu’à les évoquer, on sent l’appel des grands espaces, des parois à perte de vue et des défis à s’inventer. Mais cette fois, ce n’est pas l’histoire d’un grimpeur solitaire en quête de gloire verticale. Non, la vidéo publiée récemment sur la chaîne Wild Adventure Film raconte tout autre chose : l’aventure d’une famille qui redessine les contours de l’escalade . Dans Dolomites | The Realisation of a Climbing Dream , Kirsty et sa tribu nous embarquent dans un voyage où l’escalade se conjugue au pluriel, entre défis personnels, jeux d’enfants et moments partagés. Pas de drame amplifié ni de surenchère, mais une production léchée qui sait capter l’essence d’une aventure collective . Et surtout, un message clair : « Les enfants ne sont pas une excuse pour renoncer à ses rêves. Ils sont la raison de les poursuivre. » Grimper au rythme des petits pas C’est à Città dei Sassi, au pied du Sassolungo, que Kirsty et sa famille trouvent leur terrain de jeu. Les blocs s’enchaînent comme des chapitres d’une histoire : ici, une dalle douce pour les petits, là, une ligne technique pour les grands. Entre deux ascensions, le chaos s’organise. Un camp de base improvisé, des goûters oubliés quelque part, des éclats de rire qui résonnent. Pour Kirsty, grimper en famille n’est pas un compromis. C’est une redéfinition. « Il ne s’agit pas de sacrifier ses envies. Il s’agit de les adapter, de les partager, et de découvrir que cela les rend encore plus riches. » Les enfants testent leurs limites sur des blocs à leur échelle, les parents jonglent entre encouragements et défis personnels. C’est une chorégraphie où chacun trouve sa place. Une partition improvisée, mais toujours harmonieuse. L’escalade, une aventure à transmettre Ce que cette vidéo apporte de vraiment nouveau, c’est une relecture totale de l’imaginaire de l’escalade . Pendant trop longtemps - dans l'imaginaire collectif - la grimpe a été l’apanage des solitaires, des aventuriers en quête de dépassement individuel. Ici, Kirsty et sa famille cassent ce cadre. L’escalade devient une histoire de transmission, où les grands n’abandonnent rien, mais offrent tout. « Les enfants ne freinent pas l’aventure. Ils lui donnent une nouvelle direction. » Et cette direction n’a rien de moins ambitieux. La tension d’un 7c travaillé avec acharnement côtoie les premiers pas hésitants d’un enfant sur la roche. Les deux se nourrissent, se complètent, se magnifient. Cette manière de penser l’escalade enrichit la pratique. On n’y perd rien. On y gagne l’essentiel : la possibilité de rêver ensemble. La reconquête d’un sommet intérieur Pour Kirsty, ce voyage est aussi une affaire de renaissance. Après la naissance de ses deux enfants, elle avait mis la grimpe de côté. Mais les parois des Dolomites lui offrent une chance de se reconnecter. « J’avais l’impression de ne plus être moi, tout en devenant tellement plus. » Son défi personnel prend la forme d’un 7c, exigeant et redoutable. Les chutes se succèdent, le doute s’installe. Mais Kirsty persévère, avec cette détermination que seuls ceux qui jonglent avec la peur connaissent. Quand elle clippe enfin la chaîne, c’est bien plus qu’un sommet atteint. C’est un cri silencieux, un retour à elle-même. « Grimper m’a rappelé que chaque chute est une étape, pas une fin. » Et si la famille devenait l’avenir de l’escalade ? Cette vidéo raconte une aventure mais surtout elle propose une vision. Une escalade où la famille trouve sa place, non pas en dénaturant la pratique, mais en lui donnant une nouvelle dimension. Kirsty ne grimpe pas "malgré" ses enfants. Elle grimpe avec eux, pour eux. Et en retour, ils deviennent les miroirs de ses propres rêves. Loin de l’escalade héroïque des pionniers ou des vidéos où l’ego prend toute la place, Dolomites offre autre chose. Une grimpe à visage humain. Une grimpe qui inspire. Une grimpe qui montre que l’on peut s’élever ensemble, sans compromis, et avec beaucoup d’amour. Et si vous aimez ce genre de contenus, rendez-vous sur notre site où une section entière est dédiée aux vidéos de grimpe pour vous inspirer davantage. Parce qu’après tout, grimper, c’est avant tout une affaire de partage.
- 10 habitudes à perdre en salle de bloc
La salle de bloc, c’est un petit théâtre où se croisent les acharnés du run parfait, les contemplatifs de la conti, et les dilettantes du pan. Mais comme dans tout bon microcosme, il y a des petites manies qui mériteraient d’être déposées au vestiaire . Pas de dénonciation ici, juste un léger coup de brosse à magnésie sur ces travers qui font grimacer plus qu’ils ne font grimper. 1. Squatter un bloc comme si c’était ton canapé C’est cool d’analyser un bloc, de papoter avec les potes et de cogiter sur les méthodes… mais si ça fait cinq minutes que tu es assis sous la prise de départ, en mode réflexion intense, pendant que d’autres attendent leur tour, il est peut-être temps de bouger. Une petite pause, ok, mais monopoliser un bloc comme si c’était une extension de ton salon, ça coupe le flow de tout le monde. 2. Faire le pas de la valse avant d’y aller Tu veux grimper, mais visiblement ton cerveau et ton corps ne sont pas d’accord. Un pied en avant, un en arrière, une main qui se lève, se repose, une légère flexion des genoux… mais toujours pas d’élan. Si tu veux visualiser ton run, fais-le. Si tu veux grimper, grimpe. Mais cette danse hésitante devant le bloc, c’est ni une choré, ni une stratégie. C’est juste frustrant pour ceux qui attendent leur tour. 3. Se téléporter devant un grimpeur comme si t’étais seul dans la matrice T’es focus sur ton bloc, tu poses le pied sur la prise de départ et… soudain, un corps traverse juste devant toi, tel un NPC qui a mal chargé sa trajectoire. La salle de bloc, ce n’est pas Frogger, on ne slalome pas entre les grimpeurs. Un coup d’œil avant de traverser et tout le monde grimpe en paix, sans incident diplomatique. 4. Descendre en mode caillou jeté du haut d’une falaise Les tapis, c’est pas des airbags. Si tu te laisses tomber comme une brique, un jour tu vas prendre un genou dans le menton ou une cheville en vrac. Plier les jambes, amortir, gérer la réception : c’est le B.A.-BA. Parce que l’idée, c’est d’enchaîner les runs, pas les séances de kiné. 5. Tendre la main… dans la magnésie d’un autre Ah, la magnésie liquide ! Ce petit luxe qui rend la peau sèche comme le Sahara, mais qui évite de repeindre la salle d’un nuage blanc à chaque zip. Sauf que quand tu te sers dans le pot d’un autre sans demander, t’es plus près du pickpocket que du grimpeur. Un p’tit "je peux ?" avant de pomper la sauce, ça mange pas de pain. 6. Croire que la bière post-séance est un étirement On adore tous ce moment où, les doigts éclatés et l’ego en miettes, on trinque en terrasse. Mais si ton seul cool down consiste à boire une IPA, faut pas t’étonner si ton corps te présente la facture le lendemain. Un petit étirement avant d’attaquer la mousse, ça te fera pas de mal. À moins que tu tiennes absolument à grimper comme un Playmobil la prochaine fois. 7. Se transformer en Monsieur Propre avec les prises On l’a tous croisé : ce grimpeur qui passe plus de temps à brosser chaque prise du bloc qu’à grimper. Alors oui, un coup de brosse, c’est bien. Mais frotter une réglette comme si tu voulais révéler un trésor enfoui sous des siècles de magnésie, c’est peut-être un poil excessif. D’autant plus que la plupart du temps, après trois passages, tu finis quand même par pincer la prise pleine de magn’ du voisin. 8. Laisser son tube de magnésie en plein milieu du tapis Ok, c’est ta magnésie, tu y tiens, et elle a peut-être même un petit nom. Mais si elle trône en plein milieu de la zone de chute, elle risque surtout de finir explosée façon fontaine par un grimpeur qui n’avait pas prévu d'éclater son coude dessus. Garde-la à portée de main, pas en mode obstacle sur un circuit ninja. 9. Se croire sur Twitch en commentant tout ce qui bouge On aime l’ambiance salle, les encouragements, les petites blagues. Mais y a une différence entre "Allez, ça part !" et une analyse en direct digne d’un plateau foot. Pas besoin de débriefer chaque essai de ton pote avec une analyse biomécanique. À moins d’être Matt Groom et de commenter du 8C, mieux vaut laisser les gens grimper en paix. 10. Confondre la salle avec Tinder Ok, l’escalade, c’est social, et l’ambiance chill des salles donne parfois des vibes de bar sans les pintes (jusqu’à l’après-séance). Mais y a une différence entre discuter grimpe et tenter une approche en mode prédateur des tapis. Si quelqu’un est concentré sur son bloc, ce n’est pas une invitation à une analyse croisée de sa flexibilité. Pose-toi la question : est-ce que tu serais en train de parler de la cambrure d'une position si c’était ton pote Kevin qui essayait le même bloc ? Si la réponse est non, alors garde tes charmes pour un autre endroit.
- Escalade trans aux US : grimper oui, gagner non ?
Aux États-Unis, USA Climbing a pris la décision de suspendre sa politique de participation des athlètes transgenres, la fameuse TAP Policy, pour la réviser. L’objectif affiché ? Repenser les règles après un an de consultations, sondages, et dialogues avec les communautés concernées . Sur le papier, l’effort semble louable, mais dans les faits, cette refonte ressemble plus à un exercice d’équilibriste qu’à une réelle avancée vers l’inclusion. Le compromis : une prise, mais pas un sommet Suspendue en décembre 2023, la TAP Policy devait marquer une nouvelle étape. Écouter, analyser, reformuler : USA Climbing promettait un pas en avant. La version révisée, attendue pour 2025-2026, propose des ouvertures timides, mais dessine aussi des lignes rouges bien visibles. Toutes les grimpeuses transgenres peuvent désormais participer aux compétitions locales et intermédiaires , des séries plus accessibles où inclusion et performance cohabitent sans trop de heurts. Mais dès qu’on s’approche des podiums nationaux ou des sélections pour l’élite, les règles se raidissent. Les grimpeuses trans qui ne respectent pas les normes biologiques imposées par l’IFSC (comprenez : un taux de testostérone sous les 10 nmol/L pendant 12 mois minimum) sont exclues des compétitions majeures, qu’il s’agisse des Championnats nationaux élites ou des essais pour intégrer l’équipe des États-Unis. Et ces normes ne tombent pas du ciel. Elles impliquent un suivi médical strict, avec contrôles réguliers. Plus qu’une simple exigence, ces démarches intrusives font souvent l’effet d’un parcours semé d’aiguilles. Beaucoup d’athlètes trans s’y sentent plus observées que soutenues. Inclusion ou illusion ? Même dans les catégories jeunesse, où la participation est généralement plus souple, USA Climbing instaure des mécanismes qui passent mal en deuxième lecture. Exemple : chez les U17 et plus (les 15-16 ans), si une athlète trans performe au point de se qualifier pour les étapes suivantes, des places supplémentaires sont ajoutées pour permettre aux grimpeuses "éligibles", selon les normes de l’IFSC, de progresser elles aussi. En clair, tu peux grimper, mais ton classement ne comptera jamais autant que celui des autres. L’étau est un peu plus lâche dans les compétitions locales, mais dès qu’il s’agit d’aller plus haut, l’étiquette trans devient un mur. Promesses en l’air ? USA Climbing ne ferme pas complètement la porte : l’organisation affirme qu’elle reste attentive aux avancées scientifiques et sociales, prête à ajuster les règles si besoin. Mais on sait comment ces promesses finissent : entre l’intention et l’action, il y a souvent une prise qui manque. Un pas en avant, deux en arrière Alors oui, la révision de la TAP Policy ouvre des portes. Mais elles mènent rarement aux sommets. Les grimpeuses trans peuvent participer, mais pas prétendre aux podiums. Elles peuvent performer, mais sous conditions. Une inclusion partielle, qui ressemble davantage à un compromis pour calmer les esprits qu’à un véritable engagement en faveur de l’équité. Pourquoi tendre une main si c’est pour verrouiller l’accès au sommet ? Cette question, USA Climbing devra y répondre, comme tout le monde sportif. L’inclusion, ce n’est pas un pas sur la voie, c’est un engagement jusqu’au sommet.
- L’IFSC plie bagage : cap sur un nouveau siège à Turin
L’IFSC (Fédération Internationale d’Escalade Sportive) déménage, mais pas trop loin. L’instance dirigeante du circuit mondial de l’escalade compétitive a officialisé l’installation de son nouveau siège dans le quartier historique de San Donato-Campidoglio, à Turin . Un choix qui sonne comme une continuité assumée : l’IFSC reste fidèle à la ville qui l’héberge depuis 2007, tout en s’offrant un écrin plus moderne pour accompagner la montée en puissance de la discipline. © David Pillet L'escalade prend de la place – et l’IFSC aussi À l’image du sport qu’elle encadre, la fédération grandit et avait besoin de plus d’espace . Son personnel a augmenté au fil des années, au rythme de la professionnalisation des compétitions et de l’entrée de l’escalade aux Jeux Olympiques. Avec plus de 100 fédérations membres à travers le monde, l’IFSC ne pouvait plus se contenter de son ancienne structure. « Comme notre sport s’est développé, le personnel de l’IFSC a également augmenté. Pour notre personnel et nos membres, étant à Turin depuis le début, nous voulions rester dans la ville olympique. » – Piero Rebaudengo, directeur général de l’IFSC. L’annonce est tombée après l’approbation du projet par le conseil municipal de Turin, qui a validé la rénovation et la modernisation du bâtiment destiné à accueillir la fédération. Un projet ambitieux, mais qui colle avec l’image d’une discipline en pleine mutation. Turin, Lausanne et Berne : une fédé éclatée Si Turin reste le cœur opérationnel de l’IFSC, la fédération garde un pied en Suisse, avec un bureau partagé à Lausanne et son siège légal à Berne . Une implantation qui peut interroger sur sa logique administrative, mais qui suit la dynamique de nombreuses instances sportives internationales, souvent éclatées entre plusieurs villes stratégiques. L’IFSC cherche-t-elle à asseoir son poids sur l’échiquier du sport mondial en s’installant davantage en Suisse, le sanctuaire des fédérations sportives ? Ou s’agit-il simplement d’un compromis pratique pour allier proximité avec les institutions et ancrage historique à Turin ? Un siège pour accompagner une nouvelle ère Derrière ce déménagement, c’est toute une évolution du sport qui se joue. Depuis son entrée aux Jeux Olympiques, l’escalade sportive a gagné en visibilité et en structuration. De plus en plus professionnalisée, la discipline attire de nouveaux sponsors, de nouveaux pratiquants et voit émerger des enjeux inédits : médiatisation, standardisation des compétitions, mais aussi questions éthiques et environnementales. Un siège flambant neuf suffira-t-il à répondre à ces défis ? L’IFSC, parfois critiquée pour son manque de transparence ou ses décisions controversées, aura besoin de plus qu’un bâtiment modernisé pour asseoir sa légitimité et accompagner intelligemment la croissance du sport. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.
- Guide complet du Deep Water Soloing : grimper au-dessus de l’eau en toute sécurité
Le Deep Water Soloing (DWS), ou psicobloc, est l’une des pratiques les plus exaltantes de l’escalade. Imaginez : pas de corde, pas de crash pad, juste le rocher et une chute libre dans l’eau. Popularisé par des légendes comme Chris Sharma et son ascension mythique d’Es Pontas à Majorque , le DWS est aujourd’hui pratiqué aux quatre coins du monde, des falaises britanniques aux rivières du Canada en passant par les côtes turques. Mais avant de vous jeter à l’eau (littéralement), mieux vaut connaître quelques bases. Voici tout ce qu’il faut savoir pour se lancer sereinement dans cette discipline à la frontière du solo intégral et du psychobloc. Sommaire : 1️⃣ Qu'est-ce que le Deep Water Soloing ? 2️⃣ Choisir le bon spot : accessibilité et profondeur obligatoires 3️⃣ Lire l’environnement : marées, courants et vie marine 4️⃣ Matériel minimaliste, mais indispensable 5️⃣ Toujours partir accompagné(e) 6️⃣ Chuter avec style (et surtout sans se blesser) 7️⃣ Deep Water Soloing : un cocktail d’adrénaline et de précaution 1. Bien choisir son spot : accessibilité et profondeur obligatoires Le premier critère pour se lancer en Deep Water Soloing, c’est l’accessibilité du site. Certaines falaises tombent à pic dans des eaux profondes et limpides, d’autres nécessitent une approche plus technique. En Europe, Majorque reste la Mecque du DWS, mais d’autres spots comme les falaises du Dorset en Angleterre, Olympos en Turquie ou encore les parois immergées de Lake Powell aux États-Unis offrent des alternatives de choix. Pour éviter les mauvaises surprises, vérifiez toujours : La profondeur sous votre voie (au moins 3 à 4 mètres, selon la hauteur de chute). L’absence d’obstacles sous-marins (rochers, coraux, troncs d’arbres). L’accès à l’eau et surtout la sortie : il est primordial de pouvoir remonter facilement. 2. Lire l’environnement : marées, courants et vie marine Grimper au-dessus de l’eau, c’est aussi prendre en compte un environnement en perpétuel mouvement. En mer, les marées peuvent modifier la profondeur et dévoiler des récifs cachés. Le vent, quant à lui, influence non seulement la stabilité sur le rocher, mais aussi la sécurité de la chute. Autre facteur à ne pas négliger : les habitants du coin. Si voir un banc de poissons sous ses pieds peut être grisant, tomber nez à nez avec une méduse ou, pire, un requin, l’est beaucoup moins. Sur certaines côtes, comme à Hawaï ou en Australie, mieux vaut toujours avoir un plan de repli. 3. Matériel minimaliste, mais indispensable L’un des grands plaisirs du DWS, c’est de s’affranchir du matériel d’escalade classique. Adieu baudrier, corde et mousquetons, ici tout ce qu’il vous faut, c’est : Une paire de chaussons adaptée (certains grimpeurs préfèrent une demi-taille au-dessus pour éviter l’inconfort en milieu humide). Un sac étanche pour transporter vos affaires (eau, snacks, chaussons secs). Une protection solaire (casquette, crème solaire biodégradable). Un kayak ou paddle si l’approche nécessite de naviguer. Certain(e)s embarquent aussi une caméra étanche pour immortaliser les envols spectaculaires… et les plats moins glorieux. 4. Toujours partir accompagné(e) Grimper seul, c’est prendre des risques inutiles. En DWS , la présence d’un binôme est cruciale pour : Aider à repérer d’éventuels obstacles sous l’eau. Prévenir les secours en cas d’accident. Se motiver à tenter des mouvements plus engagés. Un bon partenaire joue aussi un rôle de vigie face aux aléas maritimes, qu’il s’agisse d’une houle soudaine ou d’un bateau imprévu dans la zone de chute. 5. Chuter avec style (et surtout sans se blesser) Contrairement au bloc où un crash pad amortit la réception, le Deep Water Soloing demande d’apprendre à tomber intelligemment : Évitez le dos ou le ventre , sous peine de finir avec des bleus mémorables. Préférez une chute verticale , en entrant dans l’eau pieds joints et légèrement gainé. Testez la zone de chute avant de grimper en réalisant quelques plongeons préliminaires. Si vous doutez, visualisez les célèbres fails de cliff jumping : un bon splash-down peut faire toute la différence entre un enchaînement réussi et une session écourtée. Un cocktail d’adrénaline et de précaution Le Deep Water Soloing est une discipline aussi spectaculaire qu’exigeante. Entre la pureté du mouvement et le frisson de la chute, il offre des sensations uniques que peu d’autres pratiques peuvent égaler. Mais comme toute activité outdoor, il demande une bonne préparation et un minimum de prudence. Alors, prêt(e) à troquer votre baudrier contre un grand plongeon ?
- Un doublé historique pour les frères Ladevant à Saas-Fee
Il y a des podiums qui claquent comme une gifle, des victoires qui résonnent comme un manifeste. Louna et Tristan Ladevant, frangins inséparables sur la corde et désormais sur le podium, viennent d’écrire une page mémorable de l’escalade sur glace. À Saas-Fee, en Suisse, lors de la deuxième étape de la Coupe du Monde d'escalade sur glace, ils n’ont pas seulement excellé, ils ont raflé tout ce qui pouvait l'être. Premier pour Louna, deuxième pour Tristan : un doublé qui claque comme un glaçon dans un verre . Et ce n’est pas juste pour se donner du style – ce sont des faits, bruts et implacables. © Simon Gerard Louna et Tristan, au sommet d’une discipline verticale Louna Ladevant, à tout juste 24 ans, a une habitude bien à lui : celle de laisser les autres dans l’ombre de sa performance. Champion du monde 2022, double vainqueur du classement général de la Coupe du Monde (2020 et 2023), il s’est imposé à Saas-Fee avec une maîtrise chirurgicale, complétant la voie en demi-finale comme en finale. Pendant ce temps, son frère Tristan, pas du genre à rester sur la touche, s’est glissé sur la deuxième marche. « La compet' s’est passée de A à Z parfaitement. On avait déjà fait un et trois sur des Coupes du Monde, mais jamais un et deux, donc là, voilà, c’est fait ! » partage avec enthousiasme Louna. Une affaire de famille ? Plus qu’un ADN commun, c’est une obsession partagée : repousser les limites, quitte à se frotter à des parois glacées et imprévisibles. Avec ce doublé, les frères Ladevant marquent un tournant. Ce n’est pas juste une victoire française, c’est une victoire des idées, de l’audace et d’un travail d’orfèvre. Ils incarnent une génération qui redéfinit l’escalade sur glace : spectaculaire, technique, mais jamais désinvolte . © Robert Hendrikson Une discipline givrée mais bouillante L’escalade sur glace, c’est un peu comme la haute couture de l’alpinisme : un art fragile, dangereux, et fascinant. Née dans les années 70, ce sport mélange technique, endurance et audace , le tout suspendu à des cascades glacées qui semblent défier les lois de la physique. Une discipline encore confidentielle, certes, mais en plein essor depuis sa reconnaissance officielle par le ministère des Sports en 2022. Et en France, ce sont les Ladevant qui mènent la charge. Louna, déjà légende en devenir, et Tristan, tout aussi affûté, portent les espoirs d’un pays qui redécouvre l’ivresse des sommets glacés. À leurs côtés, des figures comme Stéphanie Maureau rappellent que l’escalade sur glace tricolore a de beaux jours devant elle. Prochain round : la Savoie sous tension Après leur triomphe suisse, les deux frères Ladevant s’apprêtent à jouer à domicile. Direction Champagny-en-Vanoise, du 30 janvier au 1er février, pour la troisième étape de la Coupe du Monde . Un rendez-vous que les fans attendent comme un feu d’artifice, un moment où les deux stars savoyardes pourraient une nouvelle fois affirmer leur excellence. Mais au-delà des résultats, c’est l’image qu’ils renvoient qui compte : celle d’une fratrie unie par le froid, mais qui fait fondre les cœurs. Leur histoire, c’est celle d’un sport qui ne cesse de grandir, portée par des athlètes qui grimpent, littéralement, au sommet. Alors, que ce soit à Saas-Fee ou en Savoie, une chose est sûre : avec les frères Ladevant, la glace n’a jamais été aussi brûlante.
- L’Everest s’envole : l’ascension coûte (beaucoup) plus cher
L’Everest, c’est le rêve ultime des alpinistes, mais à partir de septembre 2025, il faudra aussi rêver d’un compte en banque bien garni. Le Népal a annoncé une hausse de 36 % des tarifs pour les permis d’ascension . Traduction : gravir le sommet coûtera 13 800 € pendant la saison de printemps – le moment idéal pour poser the photo au sommet. Même les saisons moins courues, comme l’automne et l’hiver, voient leurs prix grimper à respectivement 6 900 € et 3 400 €. Le Népal justifie cette inflation vertigineuse par trois arguments : moins de touristes, plus de sécurité, et des montagnes plus propres . Bref, un prix premium pour un Everest qu’on promet enfin VIP. Mais derrière les chiffres et les grandes promesses, le "toit du monde" révèle une réalité bien plus glissante : surfréquentation, tourisme de luxe et gestion écologique sous perfusion. Le sommet des bouchons Sur l’Everest, on pensait que la zone de la mort était réservée aux alpinistes solitaires et intrépides. Erreur. Depuis 2019, l’image d’une file d’attente interminable, capturée par le grimpeur Nirmal Purja (Nims Dai) , a fait le tour du monde. On y voit des grimpeurs coincés à 8 848 mètres, serrés comme des sardines, à attendre leur tour pour poser un pied au sommet. On aurait presque envie de leur dire : "Respirez un coup !"… sauf que l’oxygène est une denrée précieuse à ces altitudes. À l’époque d’Edmund Hillary et Tenzing Norgay, en 1953, seules deux expéditions étaient autorisées chaque année. Aujourd’hui, c’est un autre délire : plus de 450 permis délivrés chaque printemps , auxquels il faut ajouter guides et sherpas, pour accompagner généralement des touristes à peine plus préparés qu’un randonneur du dimanche. Le résultat ? Une montagne bondée, où le danger ne vient plus seulement des avalanches ou des crevasses, mais des embouteillages à haute altitude. Un Everest version autoroute un week-end de chassé-croisé. Une montagne transformée en décharge Outre les bouchons, l’Everest est confronté à un autre problème majeur : les déchets. Tentes abandonnées, bouteilles d’oxygène vides, emballages plastiques… la montagne ressemble parfois davantage à une décharge publique qu’à un sanctuaire . En 2019, le gouvernement népalais a lancé des campagnes annuelles de nettoyage, récoltant depuis 119 tonnes de déchets, et, plus macabre, 14 corps humains figés dans la glace. Mais malgré ces efforts, les pentes du géant restent jonchées de détritus. Pour tenter de freiner cette dégradation, le Népal impose désormais des sacs biodégradables aux grimpeurs, notamment au-dessus des 8 000 mètres. L’idée ? Que chaque alpiniste redescende avec ses déchets. Un pas dans la bonne direction, mais face aux tonnes de déchets déjà accumulées, difficile de croire à une révolution écologique. Un rêve pour les plus riches Avec ces hausses de prix, l’Everest s’affiche encore un peu plus comme un produit de luxe. Pour les grimpeurs étrangers, déjà habitués à des expéditions coûtant entre 50 000 et 70 000 €, ce n’est qu’un chiffre de plus à avaler. Mais pour les alpinistes népalais, la facture fait mal. Leur permis, qui coûtait environ 800 €, passe à 1 600 €. Un doublement qui, pour beaucoup, ressemble davantage à une barrière d’entrée qu’à un geste pour leur patrimoine . Et chez les voisins ? L’Everest est peut-être le toit du monde, mais il n’est pas le seul à monnayer ses pentes. Le K2, au Pakistan, reste largement plus abordable : environ 300 € pour un permis. Mais son ascension, réputée bien plus dangereuse, en fait un défi réservé aux vrais puristes. Du côté de la Chine, la face nord de l’Everest joue dans une autre catégorie : jusqu’à 40 000 € pour tenter l’aventure, avec des réglementations si strictes qu’on se demande si le plus dur de l'ascension ne se passe pas dans les bureaux administratifs de Pékin. Un rêve pour l'élite ? Gravir l’Everest, c’est plus qu’un exploit : c’est un rêve, un Graal. Mais à force d’en faire un produit de luxe, le risque est grand de transformer ce sommet légendaire en un privilège réservé à une élite. Le Népal promet que ces nouveaux fonds serviront à préserver l’Everest, à sécuriser les ascensions et à lutter contre les déchets. Mais sans une régulation stricte du nombre de permis, ces bonnes intentions risquent de rester en bas de la montagne. Et pendant ce temps, l’Everest continue de grimper : ses prix, ses déchets, et les questions qu’il pose sur l’avenir du tourisme de haute altitude. Ces articles peuvent aussi vous intéresser : Himalaya à vendre : l’alpinisme à l’ère du selfie Symon Welfringer : L’alpinisme comme un retour aux sources de l’aventure Everest : la montagne aux mille prix, entre rêve et désillusion Une histoire de l'alpinisme au féminin : justice pour celles qu’on a oubliées
- Débuter l’escalade en salle : 5 conseils bons pour le moral
À l’heure où tout le monde grimpe et que la discipline semble devenir le « nouveau yoga », que signifie vraiment « débuter » l’escalade ? Entre quelques mythes à déconstruire et de vrais bons conseils, assurons-nous de poser quelques fondamentaux à propos d’un sport qui vous veut du bien. Sommaire: L’illusion du débutant Le paradoxe de l’escalade La reprogrammation de la peur La lecture de la voie La collectivisation du savoir L'illusion du débutant : on naît grimpeurs (on le devient aussi, hein) « Il est trop fort, il a ça dans le sang . » Combien de fois a-t-on entendu cette phrase au bas des voies des salles d'escalade en France ? Si elle confirme le mythe tenace du don naturel, elle empêche surtout celui ou celle qui veut débuter la grimpe de se sortir de propriétés socialement construites. Pire, elle pourrait bien même l’éloigner d’une pratique qui trouve son origine dans des qualités bien universelles : tout le monde peut grimper parce qu’en réalité, tout le monde a ça dans le sang. En effet, nos ancêtres ont d’abord pratiqué l'escalade par nécessité. Comme le fait de courir, escalader permettait à l’Homo sapiens de survivre aux prédateurs. Bien plus tard, à partir du XIème après JC, c’est au Mali , sur les falaises de Bandiagara , que les peuples se hissaient haut pour échapper aux razzias. Bref, qui que vous soyez, un grimpeur est inscrit dans votre code génétique . Et que vous le vouliez ou non, il conditionne naturellement votre progression. En envoyant balader, au passage, pas mal de biais cognitifs.. Le paradoxe de l’escalade : du bon côté de la Force Justement, en parlant de cognitif, les premiers pas sur le mur ne relèvent pas tant de la force brute que d'une véritable révolution proprioceptive . Dit autrement, il ne vous servira à rien de vous reposer sur vos biceps, ni de les gonfler, pour débuter l’escalade . Il suffit de regarder l’apparence physique des grimpeurs de haut-niveau - moins proche d’un sapeur-pompier que d’un start-upper dans la fintech -, pour s’en convaincre. En bref : le débutant ne doit pas se concentrer sur la force physique pure mais plutôt réapprendre à lire son corps , comprendre les points d’équilibre et ressentir ses appuis. On appelle ça l’intelligence kinesthésique qui précède et allons-y, surpasse, le développement musculaire. On en sait quelque chose. À vouloir s’attaquer aux murs comme des plaquistes, vous risquez bien de vous esquinter les biscotos. C’est là, le grand paradoxe de l’escalade : les débutants qui cherchent à compenser leur manque de technique par la force sont généralement ceux qui progressent le plus lentement . L'escalade nous impose une forme d'humilité corporelle : il faut accepter de penser avant d'agir. Et, vous verrez, avec le temps, elle se résume souvent par le cri de votre mentor que vous n’êtes pas prêt d’oublier : « Monte tes pieds, bordel ! » La reprogrammation de la peur : vice-versa Vous allez avoir la trouille. Si, si. Et oui, même en bloc. Quand on a jamais grimpé plus haut que sur un escabeau, se retrouver pendu à 5 mètres de hauteur peut provoquer des sueurs froides. Après tout, n’avez-vous jamais eu peur de vous poser sur la dernière marche de ce fameux escabeau ? Là aussi, revenons à nos conditions. La verticalité provoque chez l'humain une réaction primitive, ancrée dans notre cerveau reptilien . Mais, parce qu’on est en 2025 et qu’on a fait des progrès, les neurosciences nous apprennent aujourd'hui à apprivoiser le reptile qui est en nous pour combattre cette peur. L’émotion que vous ressentirez en haut des voies est aussi un mécanisme de protection extrêmement sophistiqué ( sauf chez Alex Honnold, ndlr ) qu’il vaut mieux tenter de domestiquer plutôt que de vouloir supprimer . L’escalade, va alors vous permettre de mieux faire connaissance avec votre peur et : De l’accepter comme signal d’alerte utile De la développer comme un outil de concentration De construire une confiance raisonnée avec vos potes de grimpe Vous ne direz pas « je n’ai plus peur » mais « j’ai fait de ma peur, une alliée ». C’est tout un programme de reprogrammation mentale que vous propose votre nouvelle discipline préférée. Un plan de reconversion aussi, car avec ce genre de découverte, c’est un peu comme si vous aviez participé au scénario de Vice-Versa. La lecture de la voie : lire, c’est grandir Quand vous entrez pour la première fois dans une salle d’escalade, on vous demande de lire. Les consignes de sécurité et les conditions générales de ventes mais aussi les prises. En réalité, avant de s’élancer dans une voie, voilà le premier conseil qu’on devrait vous donner : prendre cinq minutes pour regarder « la route », soit la façon dont la voie a été ouverte . Vous ferez plaisir aux ouvreurs et à votre cerveau qui assimilera beaucoup mieux les gestes à réaliser pour arriver en haut. Si on voulait se la jouer comme Morpheus dans Matrix , on dira que le mur d’escalade peut être vu comme un texte tridimensionnel où il faut apprendre : D’abord l’alphabet : les prises Puis la grammaire : les mouvements Puis les phrases : les enchaînements En apprenant ce nouveau langage, comme Néo, vous deviendrez l'élu. Vous entrerez dans le cercle fermé des grimpeurs lettrés : celles et ceux qui réfléchissent avant d’agir. Et qui s’évitent pas mal de tendinites, du coup. La collectivisation du savoir : ensemble, c’est tout Encore heureux, l'apprentissage de l'escalade ne se limite pas à la dimension technique. Débuter ce sport, comme beaucoup d’autres, c’est aussi se retrouver entre potes pour légitimer la bière d’après séance . Seulement, depuis quelque temps, l es salles d’escalade privées sont devenues de vrais temples sociaux où l’on monte des murs autant que l’on descend des IPA . Que l’on soit fan ou pas, une chose est sûre : la grimpe est toujours une immersion dans un écosystème codifié… et sympa. Les salles sont autant de micro-sociétés avec leurs propres rituels d'initiation. Et vous apprendrez pour sûr à beaucoup partager : vos craintes, votre magnésie, votre corde, vos conseils et votre planche de fromage. Si l’on pose en plus que le rôle du partenaire en escalade dépasse largement le cadre sécuritaire, l’escalade est alors une invitation à requestionner nos apprentissages traditionnels face à nos écrans en collectivisant le savoir et en luttant contre l’individualisme . La grimpe consciente Vous l’aurez compris, débuter l’escalade ne se résume donc pas à l'acquisition de techniques de grimpe . C'est un processus complexe qui engage le corps et l'esprit dans une redécouverte de nos capacités d'adaptation. En résumé, calmos les amis, le débutant moderne n’est pas celui qui progressera vite mais celui qui parviendra à se tailler un mental solide loin d’un monde qui valorise la performance. Promis, chez Vertige, on veillera à vous donner toute la profondeur nécessaire pour que vous développiez une grimpe de pleine conscience. Le coupon-leçons pour briller dans les vestiaires : : : L'illusion du débutant : On né grimpeur, on a ça dans le sang depuis le paléolithique Le paradoxe de l’escalade : Les débutants qui cherchent à compenser leur manque de technique par la force sont généralement ceux qui progressent le plus lentement. La reprogrammation de la peur : C’est comme le stress, elle peut être bonne et même vous aider à vous tirer vers le haut La lecture de la voie : Se donner 30 secondes pour regarder la route avant de se lancer, c’est doubler ses chances de succès à l’arrivée La collectivisation du savoir : L’escalade est d’abord une histoire de partage, c’est le collectif qui fera votre force.
- Trois photographies d’escalade récompensées aux World Sports Photography Awards 2025
Aux World Sports Photography Awards 2025 , l’escalade a brillé sous différents angles, révélant sa diversité et sa richesse à travers des images puissantes. L’un des clichés les plus remarqués, “ Icarus ”, de Marton Monus, a décroché l’or dans la catégorie “ Urban & Extreme ” . Cette photo, qui capture une grimpeuse défiant la gravité sur un mur de 15 mètres, incarne la puissance visuelle et l’intensité de l’escalade de vitesse, une discipline olympique qui, si elle fait sensation lors des compétitions, reste relativement discrète dans le milieu de l’escalade au quotidien. © Marton Monus - Icarus Mais cette reconnaissance ne se limite pas à l’aspect spectaculaire de la vitesse. Deux autres photographies en extérieur ont également été saluées , mettant en lumière des moments d’escalade plus proches de l’essence même du sport : “ Arrebola ” de Marcelo Rua et “ Climbing under the Lights ” de Cody Shimizu offrent une vision plus intime et authentique de l’escalade, loin de l’urbanisation croissante de notre pratique. Ces images, intenses et saisissantes, rappellent ce qu’est réellement l’escalade : une connexion profonde avec la roche, un défi face à l’élément naturel. © Cody Shimizu - Climbing under the Lights © Marcelo Rua - Arrebola Est-ce que ce sont les plus belles photos d’escalade que nous avons vues cette année ? En toute honnêteté, non. Mais cela ne les empêche pas de capturer un moment particulier, une vision choisie par le jury . Ces récompenses, aussi prestigieuses soient-elles, soulevent la question du regard porté sur notre discipline. En France, et partout dans le monde, des photographes talentueux savent capter la poésie et la complexité de l’escalade d'une manière qui nous fait vibrer différemment. Ces photos des World Sports Photography Awards sont certes impressionnantes, mais elles ne sont pas forcément celles qui provoquent le plus de frissons. Cela dit, le goût reste subjectif, et le jury a choisi d’honorer ces clichés en particulier. Mais, au fond, l’escalade ne se résume pas à un genre ou à un style unique. On se félicite de voir cette année neuf photos d’escalade parmi les finalistes dans cette catégorie , contre seulement deux l'année dernière. Une belle évolution qui témoigne de l’intérêt croissant pour notre discipline et de la place qu’elle commence à prendre dans le monde de la photographie sportive. En célébrant ces trois œuvres, les World Sports Photography Awards nous rappellent l’importance de l’escalade dans le monde sportif tout en honorant sa diversité . Car cette diversité est ce qui fait la richesse du sport, une richesse qui reste, malgré tout, trop souvent invisible. Et ces images, même si elles ne représentent pas tout ce que l’escalade peut offrir, trouvent leur place dans un univers en pleine évolution, à la hauteur des enjeux et des gestes intenses qui font vibrer les grimpeurs à travers le monde.
- Le Festival du film d’aventure : quand l’extraordinaire rencontre l’authentique
Du 24 au 26 janvier 2025, le CENTQUATRE à Paris devient le camp de base de toutes les aventures. Le Festival du film d’aventure, organisé par Terres d’Aventure, revient pour une nouvelle édition où les récits humains prennent de la hauteur, au sens propre comme au figuré. Au menu : 30 films, 9 conférences, et un espace bivouac pour ceux qui aiment autant discuter d’alpinisme autour d’un café que gravir des montagnes . Un tour du monde en 30 récits Le festival, c’est bien plus que des images spectaculaires : c’est une plongée dans l’humain à nu. Des falaises de Palestine aux sommets glacés du Groenland, des profondeurs du Vercors aux paysages intimes de ceux qui les traversent, ces films racontent une quête universelle : celle d’aller plus loin, plus haut, ou simplement ailleurs . Ici, grimpeurs, navigateurs, explorateurs et rêveurs côtoient des gens ordinaires pris dans des contextes extraordinaires. L’aventure, ce n’est pas qu’un décor : c’est une histoire, une urgence, une nécessité. Les moments forts pour les grimpeurs (et les autres) Difficile de trancher parmi cette avalanche de récits marquants, mais voici quelques films à ne pas manquer si la verticalité fait partie de votre ADN : Resistance Climbing : En Palestine, l’escalade devient un acte de résistance. Plus qu’un sport, c’est une manière de s’ancrer sur une terre disputée, un symbole de liberté. Still Alive : Klaas Willems, grimpeur atteint de mucoviscidose, a passé sa vie à gravir des falaises en Sardaigne pour échapper à sa maladie. Aujourd’hui, un diagnostic de cancer change son combat : une ascension intérieure aussi brutale qu’inspirante. Matapera : Yelda del Carmen, danseuse cubaine, tente de devenir la première de son pays à conquérir trois ascensions mythiques. Une aventure où la détermination s’affronte au poids du passé. Andrea : Quand la grimpe rencontre l’imprévu. Nina Caprez, légende suisse de l’escalade, embarque sa famille pour un road trip au Maroc. Falaises, paysages à couper le souffle, rencontres marquantes… jusqu’à ce qu’un tremblement de terre vienne tout chambouler. Cap sur El Cap : Traverser l’Atlantique à la voile pour grimper l’iconique paroi d’El Capitan ? Pourquoi pas. Entre défis marins et verticaux, cette aventure collective donne envie de s’y jeter. Et ce n’est pas tout. D’autres récits vous mèneront bien au-delà des sommets : déserts, océans, montagnes ou simplement la quête de soi-même. Le bivouac : lieu de rencontres et de partages C’est dans l’espace bivouac, un 600 m² dédié aux passionnés, que l’expérience prend tout son sens. Une librairie de l’aventure pour vous plonger dans les récits les plus marquants, des animations et des conférences pour aller plus loin, et surtout, des rencontres. Parce que l’aventure ne se vit jamais complètement seule. Pourquoi venir ? Parce que ce festival, c’est le miroir de ce que l’on cherche en haut d’une paroi ou au bout d’un sentier : des histoires vraies, brutes, des moments qui marquent. Que vous soyez grimpeur, voyageur ou simple curieux, vous repartirez avec une nouvelle idée de l’aventure – et peut-être l’envie de vivre la vôtre. Rendez-vous du 24 au 26 janvier 2025 au CENTQUATRE à Paris. Pour plonger dans la programmation complète, et réserver vos places, c'est sur leur site .












