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- La règle inconnue des compétitions privées d’escalade
Sous les projecteurs de la compétition, l’escalade abandonne un peu de sa liberté. Dans cet univers, chaque épreuve se plie aux exigences du Code du sport — un cadre réglementaire strict, équivalent sportif du Code du travail. Pourtant, un contraste flagrant apparaît : d’un côté, des organisateurs de compétitions privées souvent peu informés des règles qui les encadrent ; de l’autre, la FFME, qui semble peu encline à les faire appliquer . Selon la législation, toute compétition offrant des récompenses supérieures à 3000 euros doit obtenir l’approbation de la fédération — sous peine d’une amende pouvant atteindre 15 000 euros . Une règle inconnue, un contrôle absent : tout semble se passer comme si chacun fermait les yeux. Nous avons donc cherché à comprendre pourquoi. © Guillaume Dupré La réglementation au-delà des prises Interrogez les organisateurs de compétitions privées, et le vide d’information sur cette exigence saute aux yeux. Pour eux, la FFME n’est ni un repère ni un allié — mais au mieux un spectre éloigné. Alain Carrière, président de la fédération avec qui nous avons échangé à ce sujet, le reconnaît sans détour : « La très grande majorité des organisateurs de compétitions privées n’ont effectivement pas conscience de cette règle. Et à ce jour, nous ne sensibilisons pas particulièrement les acteurs sur ce sujet. » Une déclaration qui, en creux, révèle une fédération peu encline à imposer son carcan réglementaire sur des événements privés qui se voudraient plus audacieux dans leurs dotations, là où les compétitions officielles, elles, plafonnent les récompenses selon leurs capacités financières. Prenons le récent Championnat de France de Bloc 2024 : la première place y atteignait à peine 1250 euros, la seconde 800, et la troisième un maigre 350. Comparés aux événements internationaux privés où les "prize money" s'élèvent parfois jusqu’à cinq chiffres, ces montants peinent à offrir un niveau de vie décent aux athlètes les plus talentueux, contraints de se mettre en scène pour leurs sponsors, de manière parfois gênante . « La très grande majorité des organisateurs de compétitions privées n’ont effectivement pas conscience de cette règle. Et à ce jour, nous ne sensibilisons pas particulièrement les acteurs sur ce sujet. » Or, cette règle n’est pas née du cœur de la fédération d'escalade, mais du Code du sport, appliqué uniformément, que ce soit pour le football ou la pétanque. Un cadre légal rigide qui n’a, jusqu'ici, jamais mené à un seul rappel à l’ordre ou sanction de la part de la FFME . Alain Carrière confirme : « Nous ne sommes pas là pour freiner les initiatives privées. » À écouter le président, la FFME semble plus encline à coopérer qu’à contraindre, laissant même entrevoir un éventuel alignement des compétitions privées et fédérales dans les classements . En somme, une promesse de reconnaissance des athlètes sur l’ensemble des circuits, officiels et non officiels. Une "carotte" qui pourrait attirer plus de grimpeurs professionnels vers les compétitions privées, tout en permettant à la fédération de faire appliquer la loi sans avoir à lever la matraque. Un coup habile de la fédération, évitant ainsi la confrontation directe. « Nous ne sommes pas là pour freiner les initiatives privées. » L’échappatoire des compétitions internationales privées ? L’IFSC, à l’échelle mondiale, a elle aussi ses limites. Tant qu’un événement ne revendique pas de statut officiel, il peut théoriquement échapper au contrôle de la Fédération Internationale . En clair, seules les compétitions organisées sous l’égide de l’IFSC, comme les Championnats du Monde ou les qualifications olympiques, sont strictement réglementées. Mais pour quiconque verrait là un boulevard de liberté, la réalité est plus nuancée. Déclarer une compétition "internationale" n’est pas une carte blanche : une compétition privée sur le sol français reste soumise, quoi qu’on en dise, aux régulations du Code du sport . Et si chez nos voisins la souplesse est souvent plus marquée, cette flexibilité s’accompagne d’une influence fédérale toute relative, tant au niveau national qu’international. Une situation qui n’est donc pas forcément enviable. En fin de compte, la FFME pourrait faire de ce cadre rigide un levier d’influence. Pourtant, elle semble choisir une autre voie, laissant planer une réflexion qui, loin de la confrontation, pourrait amener une reconnaissance des performances sur tous les circuits, une manière subtile de faire respecter la loi sans braquer le secteur privé. Le message est clair : la fédération ne cherche pas à verrouiller, mais plutôt à harmoniser, et à créer un terrain fertile pour une compétition décomplexée, où la rigueur se mêle au pragmatisme.
- L’UIAA sonne la fin de la récré : en alpinisme, on ne joue pas avec l’éthique
Le sommet, tu l’as gravi ou t’es monté en ascenseur ? Dans l’escalade comme en alpinisme, la question du comment a toujours eu plus d’importance que le combien de mètres ou le combien de likes . Mais aujourd’hui, entre ascensions guidées où l’effort s’achète, images calibrées pour l’algorithme et récits où le storytelling grimpe plus vite que le grimpeur, l’éthique est en voie de précarisation . L’UIAA (Union Internationale des Associations d'Alpinisme) a donc dégainé une mise à jour de sa Déclaration du Tyrol , vieille de vingt ans, qui commençait à sentir le refuge trop chauffé. L’objectif ? Rappeler que l’alpinisme et l’escalade sont des jeux où les règles ne sont pas imposées d’en haut, mais dictées par la conscience et l’honnêteté . Parce qu’à force de jouer avec les lignes, certains ont fini par gommer la frontière entre performance et mise en scène . Trop de zones d’ombre, trop de légendes enjolivées, trop de sommets conquis à coup de raccourcis bien ficelés. L’UIAA ne moralise pas, mais elle recadre. L’alpinisme n’a jamais été une discipline où l’on triche – et si l’on commence à ne plus distinguer l’effort de la mise en scène, alors autant dire que l’on joue à un tout autre sport. UIAA, grand ordonnateur de l’alpinisme moderne L’ Union Internationale des Associations d'Alpinisme , c’est l’institution qui, depuis 1932 , veille à ce que la verticalité ne parte pas complètement en vrille. Elle fédère plus de 90 organisations nationales , de la FFME en France à l’ American Alpine Club , et s’occupe de tout ce qui structure la discipline : les normes du matériel, les règles de sécurité, les principes de l’escalade sur glace. Elle avait déjà tenté un premier cadrage avec la Déclaration du Tyrol en 2002 , un texte qui posait les bases d’un alpinisme responsable et respectueux des montagnes. Mais depuis, l’ère du like et des sommets sur commande a bouleversé le jeu. Les expéditions commerciales ont rendu l’Himalaya accessible à ceux qui peuvent payer leur effort au prix fort , les réseaux sociaux ont transformé les ascensions en vitrines, et la frontière entre la légende et l’enjolivement a fini par s’effriter. Il fallait donc remettre l’éthique au centre du jeu. Dire ce que l’on fait, faire ce que l’on dit Cette nouvelle déclaration repose sur une évidence trop souvent oubliée : en alpinisme, le style compte autant que le sommet . Grimper, ce n’est pas juste empiler des mètres, c’est choisir une manière de les parcourir . Et si l’on commence à édulcorer les récits, à gommer les cordes fixes, à taire l’usage de l’oxygène ou l’intervention d’un guide, alors on falsifie autant l’histoire que la performance . L’UIAA ne cherche pas à imposer une échelle de valeurs, mais à remettre un peu d’ordre. L’autonomie, l’engagement, le renoncement font partie intégrante de la pratique. L’omission volontaire, elle, n’a jamais fait partie du jeu. Si une ascension s’est faite avec assistance, elle a autant de valeur qu’une autre – à condition que ce soit dit. Le problème, ce n’est pas de sauter une étape, c’est de faire croire qu’on est monté à la force des mollets. Mentir sur le style, c’est trahir le sport. L’ère du storytelling vertical Le grand changement de cette mise à jour, c’est l’apparition d’un nouvel acteur : les réseaux sociaux . Là où l’escalade se racontait jadis à coups de topos manuscrits et de récits de bivouacs glacés, elle s’expose aujourd’hui en images léchées, vidéos calibrées et légendes à suspense . Les alpinistes d’hier griffonnaient des carnets, ceux d’aujourd’hui optimisent leurs hashtags. L’UIAA ne joue pas les grincheux technophobes. Mais elle rappelle une évidence : une ascension, ce n’est pas qu’une photo de sommet bien cadrée. C’est aussi la fatigue, la peur, le doute, les erreurs de jugement, le vent qui claque trop fort et les retours bredouilles. Et tout cela ne rentre pas toujours dans le cadre carré d’un post Instagram. Là où la déclaration de 2002 ne voyait que l’exploit brut, celle de 2025 intègre le fait que l’image ne reflète pas toujours la réalité. Une ascension, ce n’est pas une mise en scène, et une montagne, ce n’est pas un décor. Expéditions commerciales : le sommet clé en main L’autre point sensible de cette déclaration, c’est le business du sommet garanti . L’alpinisme a toujours été un jeu de patience et d’incertitude, mais aujourd’hui, il tend à se transformer en circuit touristique encadré . Sur l’Everest, les embouteillages sont plus longs qu’un samedi noir sur l’A7. Au Mont-Blanc, les places en refuge s’arrachent plus cher qu’un concert de rock. En Patagonie, certaines voies mythiques sont devenues des attractions après un passage sur Netflix . L’UIAA ne prône pas un retour en arrière, mais pose une question simple : si l’on gomme toute la difficulté, si tout est prémâché, que reste-t-il de l’aventure ? L’éthique environnementale, ou la montagne sans empreintes Impossible, en 2025, de parler d’éthique sans évoquer l’impact écologique . L’UIAA rappelle quelques principes de base. Voyager plus lentement, privilégier le train à l’avion quand c’est possible. Consommer moins de matériel, éviter la surenchère marketing qui pousse à renouveler son matos chaque saison. Respecter les fermetures de sites pour la faune, utiliser moins de magnésie, ne pas multiplier les spits quand ce n’est pas nécessaire. L’alpinisme et l’escalade sont des disciplines qui se vivent dans des lieux qui ne sont pas éternels . À quoi bon grimper si c’est pour laisser derrière soi une montagne qui ne ressemble plus à ce qu’elle était ? Grimper, c’est choisir un rapport au monde Cette déclaration n’a pas vocation à imposer une éthique rigide ou à sanctionner ceux qui racontent leurs ascensions avec un peu trop de lyrisme. Mais elle fixe un cadre, une ligne de crête entre honnêteté et mise en scène, entre ascension et spectacle. L’escalade et l’alpinisme ne sont pas des sports où l’on triche, mais où l’on choisit son rapport au risque, à l’engagement, au renoncement . Là où certains voient un simple sport, d’autres y trouvent une forme de philosophie. Alors, si tout ce qui compte, c’est de dire qu’on a "fait" un sommet, autant s’y rendre en drone et récupérer un selfie généré par IA . L’effort, le doute, l’échec et la vérité sont ce qui donnent du sens à la pratique. Sans ça, autant rester chez soi.
- Soudain Seul : un bloc à la dure, une histoire à la longue
Adam Ondra a encore frappé. Nouvelle ligne mythique pliée, Fontainebleau apprivoisée, la planète grimpe s’incline. Soudain Seul rejoint la liste des blocs domptés par le Tchèque, et Internet s’emballe : "9A ?", "8C+ ?", "Adam a dit quoi ?", "C’est dur alors ?", "C’est où ?". Calmons-nous deux secondes. Parce que Soudain Seul c’est d'abord une histoire . Une ligne qui a traversé les époques, porté les espoirs et les doigts ensanglantés d’une génération de grimpeurs. Un morceau de grès qui a vu défiler des monstres de la compression et qui, pendant des années, a résisté. Tout le monde parle de la performance. Parlons du bloc . © Petr Chodura D’une île à une solitude soudaine Au départ, il y a The Island . 2008. Dave Graham, jeans troués, science du gainage et vision d’artiste. Il pose les bases : des plats, du physique, un équilibre précaire entre engagement et doigté. Deux ans plus tard, Vincent Pochon pousse le curseur plus bas . The Big Island naît en 2010, quelques prises en dessous, quelques mouvements en plus. Un monstre d’intensité, rapidement validé comme un des 8C les plus mythiques de Bleau. Et puis, il y a ceux qui regardent encore plus bas. Ceux qui imaginent un départ plus loin, un enchaînement encore plus absurde. Un projet fantôme, longtemps tenté, jamais enchaîné. La rumeur circule dans le microcosme des bloqueurs : The Big Island peut être allongé, et pas qu’un peu. Il peut devenir autre chose . L’autre chose en question finit par prendre forme en 2021. L’enchaînement impossible Simon Lorenzi. Belge, fort, discret. Février 2021, il fait ce que personne n’avait fait avant lui : il relie les points, part du plus bas, et sort au sommet . Un nom : Soudain Seul . Pourquoi ce nom ? Parce que le grimpeur n’est jamais aussi seul qu’à Fontainebleau, au milieu des chênes, du grès froid et du silence de la forêt. Mais surtout parce que Simon Lorenzi, en quête d’un calage parfait pour son genou, a glissé sous sa genouillère un livre emprunté à sa copine : Soudain, seuls, d’Isabelle Autissier . Un roman où un couple se retrouve abandonné sur une île au large de la Patagonie, face à eux-mêmes, face à la nature. Et puis aussi parce que ça sonnait bien, tout simplement. © Boolder Cotation annoncée : 9A bloc. Lourde, historique. Un des rares 9A mondiaux, le premier de Bleau. Mais les cotations, à Bleau, c’est comme les avis sur la magnésie liquide : ça discute. Un mois plus tard, Nico Pelorson enchaîne et propose 8C+ . Camille Coudert arrive en 2022 et revalide le 9A. Le débat reste ouvert. Une chose est sûre : Soudain Seul est de ces blocs qui marquent un tournant. Ce n’est pas juste un cran au-dessus, c’est une autre façon d’aborder la grimpe extrême . Adam Ondra, quatrième homme de la liste Février 2025. Adam Ondra débarque. Le mutant de Brno n’est pas là pour enfiler des perles. Il veut voir ce que ce caillou a dans le ventre. Cinq sessions. Quelques râles, une grimace d’extase, et l’affaire est pliée. Adam Ondra rejoint le club fermé des conquérants de Soudain Seul . La cotation ? Adam s’en fiche pas mal. Enfin, façon de parler. Il admet que c’est plus dur que Brutal Rider et Terranova , deux de ses 8C+. 9A ? Peut-être. Ce qui est certain, c’est que Soudain Seul n’a pas dit son dernier mot. Un bloc devenu icône Des blocs durs, il y en a. Des blocs historiques, aussi. Mais rares sont ceux qui cristallisent à ce point l’évolution de l’escalade. The Big Island a été un tournant. Soudain Seul est une confirmation. Confirmation qu’à Fontainebleau , on ne se contente pas de répéter. On invente, on repousse, on élargit le champ des possibles. Confirmation que la difficulté pure ne se résume pas à des chiffres, mais à une histoire. Mais une histoire qui se joue dans un décor fragile. Le Coquibus , c'est d'abord une réserve biologique où la grimpe est tolérée, mais pas gravée dans le marbre . Trop de passages, trop de bruit, trop de magnésie, et ce bout de forêt pourrait bien refermer ses portes. Alors autant éviter les invasions en meute, les drones qui bourdonnent au-dessus des blocs, les pads éparpillés comme dans une chambre d'ado. Moins on se fait remarquer, plus le secteur a des chances de rester grimpable. © Boolder Alors oui, Adam Ondra a enchaîné Soudain Seul . Mais ce n’est qu’un chapitre de plus. Parce que la grimpe, ce n’est pas que des noms sur une liste. C’est des femmes et des hommes qui posent leurs doigts sur un bout de caillou, un matin d’hiver, et qui se disent : "Et si c’était possible ?" Et parfois, c’est possible. Et maintenant ? Qui sera le prochain à poser sa signature sur Soudain Seul ? Le bloc résistera-t-il encore longtemps au passage du temps et à l’inévitable glissement des cotations ? Bleau a toujours une longueur d’avance. Le caillou est là. Le reste, c’est une question de temps.
- Melloblocco 2025 : L’événement bloc qui met tout le monde d’accord
Si vous grimpez en extérieur et que vous aimez le bloc, il y a de fortes chances que vous ayez déjà entendu parler du Melloblocco. Si ce n’est pas le cas, il est temps de rectifier le tir. Parce qu’en termes de festival de bloc, on n’a pas fait plus grand. Imaginez une vallée italienne qui a tout du paradis du grimpeur : des blocs de granit à perte de vue, des rivières cristallines pour tremper les pieds entre deux essais, et une ambiance qui oscille entre fête de village et grand raout de la communauté grimpeuse internationale. © Giacomo Tonoli Le Melloblocco, c’est ça : un rassemblement massif de grimpeurs , pros comme amateurs, qui viennent s’en mettre plein les doigts dans les blocs du Val Masino , au cœur des Alpes lombardes. Et cette année, du 7 au 10 mai 2025 , la vallée va de nouveau être prise d’assaut. Melloblocco 2025 : ce qui vous attend Si vous êtes du genre à programmer vos trips grimpe longtemps à l’avance, bloquez votre agenda et préparez vos crash pads. Le Melloblocco 2025 revient avec son lot de grimpe et de bonne ambiance. Des blocs à n’en plus finir Le spot, c’est le Val di Mello, une vallée encaissée où des milliers de blocs de granit se dressent un peu partout . Certains sont devenus des classiques, avec des noms qui claquent comme " Il Sasso Remenato " ou " Il Ferro da Stiro ". D’autres, un peu moins connus, attendent que quelqu’un trouve la méthode ultime. L’idée du Melloblocco n’a jamais été d’avoir un circuit figé comme dans une compétition IFSC. Ici, les grimpeurs ont une carte des blocs , et chacun tente ce qui lui fait envie. On discute beta avec des grimpeurs venus de toute l’Europe, on pose son pad à côté d’inconnus qui deviendront peut-être des potes de grimpe, et on essaye, encore et encore, jusqu’à ce que la peau des doigts dise stop. Des grimpeurs pros, mais pas de prise de tête Le Melloblocco, c’est aussi l’un des rares événements où vous pouvez croiser des grimpeurs de Coupe du monde dans leur milieu naturel . Adam Ondra , Stefano Ghisolfi , Janja Garnbret … Beaucoup sont passés par ici, parce que c’est un peu un pèlerinage obligatoire pour qui aime le bloc en extérieur. Mais à la différence d’une compétition officielle, il n’y a pas de pression, pas de chrono, pas de format imposé . Ici, on grimpe parce qu’on en a envie, pas pour chasser des points. Et c’est aussi ce qui fait l’âme du Melloblocco : une ambiance où pros et amateurs partagent la même passion, sans barrière. © Giacomo Tonoli Une ambiance unique On ne va pas se mentir : le Melloblocco, c’est aussi une grosse fête . Après les journées passées à se cramer les bras sur du caillou, les soirées prennent le relais avec des concerts, des projections de films d’escalade, et une atmosphère où la bière coule à flot. Le site officiel décrit l’événement comme "une grande réunion de famille" . C’est un peu ça, sauf que la famille compte plusieurs milliers de grimpeurs, et que tout le monde s’invite sur le crash pad de l’autre pour refaire le monde en parlant talon, micro-beta et grains de peau. Comment participer ? L’inscription, une formalité pas obligatoire Si vous voulez être de la partie, les inscriptions sont ouvertes depuis le 7 février 2025 . Pour 20 €, vous repartez avec un pack de bienvenue contenant un T-shirt, quelques goodies et surtout la fameuse carte des blocs qui vous servira de boussole pour naviguer dans la vallée. Attention, seuls les 2 500 premiers inscrits recevront le pack complet . Pour les autres, il faudra se débrouiller et se fier aux locaux. Se loger : camping roots ou hôtel confort ? Si vous venez au Melloblocco, autant jouer le jeu à fond et camper sur place. L’ambiance sur le camping est souvent aussi mythique que l’événement lui-même, entre bivouacs improvisés, réchauds qui tournent à plein régime et discussions nocturnes sur la meilleure façon d’envoyer un talon magique. Mais si vous préférez un peu plus de confort (et une douche chaude après les longues journées de grimpe), des hôtels et auberges existent dans la vallée. Le seul conseil : réservez tôt, parce que ça part vite. © Giacomo Tonoli Un peu d’histoire : pourquoi le Melloblocco est culte ? Le Melloblocco ne date pas d’hier. Lancé en 2004 , l’événement a tout de suite trouvé son public, en attirant chaque année des milliers de grimpeurs. À son apogée, on a compté jusqu’à 3 000 inscrits officiels et plus de 10 000 grimpeurs présents dans la vallée. Ce qui fait son succès, c’est qu’il a su rester fidèle à son esprit d’origine : un rassemblement où l’esprit de communauté prime sur la performance, où on grimpe par plaisir et non par compétition. Même si certaines éditions ont été mises en pause ces dernières années, notamment en raison de la crise sanitaire et de soucis d’organisation, le Melloblocco reste un événement culte dans l’univers du bloc outdoor . Et en 2025, la tradition continue. Pourquoi y aller en 2025 ? Si vous aimez le bloc et que vous n’avez jamais mis les pieds au Melloblocco, cette édition 2025 est peut-être le moment parfait pour sauter le pas . Parce que c’est le plus grand événement de bloc au monde. Parce que l’ambiance y est unique. Parce que Val Masino, c’est du caillou de rêve. Parce que c’est l’occasion de grimper avec des grimpeurs de tous niveaux, y compris des pros. Parce que ce n’est pas tous les jours qu’on peut être dans une vallée remplie de crash pads et de chaussons d’escalade. Si ça ne vous donne pas envie de booker votre billet direction l’Italie, on ne sait pas ce qu’il vous faut. Rendez-vous du 7 au 10 mai 2025, pour une édition qui s’annonce déjà mythique. Toutes les infos sont à retrouver sur le site officiel .
- Momentum Velcro : Black Diamond affine son chausson grand public
Dans un marché du chausson d’escalade où les innovations se jouent souvent à coups de subtilités techniques, Black Diamond mise sur une approche pragmatique avec son Momentum Velcro . Confortable, accessible et polyvalent, ce modèle vise autant les grimpeurs débutants que les habitués des longues séances en salle et des grandes voies en falaise. © Black Diamond Avec une sortie prévue le 1er juin 2025 sur le site de la marque et une disponibilité en magasin dès le 1er juillet, le Momentum Velcro s'inscrit dans la continuité de la gamme BD en améliorant plusieurs aspects techniques. Un chausson pour grimper longtemps, sans souffrir Dès la fiche technique, l’intention est claire : le Momentum Velcro ne cherche pas à jouer dans la cour des chaussons ultra-performants au griffé agressif . Forme neutre et plate, languette en maille respirante, empeigne en micro-suède : tout ici est conçu pour permettre d’enchaîner les séances sans avoir envie d’arracher ses chaussons au bout de dix minutes. Avec deux bandes Velcro, l’enfilage est rapide, et l’ajustement facile. On est sur du confort bien dosé, pensé pour ceux qui passent plus de temps dans leurs chaussons que pieds nus entre deux runs de bloc . En salle comme en grande voie, c’est typiquement le genre de modèle qui évite le calvaire des chaussons trop rigides sans tomber dans l’excès inverse du chausson-pantoufle qui ne tient rien. Une gomme Black Label retravaillée Les chaussons accessibles pêchent souvent par une gomme qui manque soit d’adhérence, soit de durabilité (ou les deux). Black Diamond annonce une nouvelle version de sa gomme Black Label, censée offrir un meilleur compromis entre accroche et résistance à l’usure. À voir sur le terrain, mais c’est un point crucial pour un chausson qui vise autant le grimpeur occasionnel que le régulier. Autre détail intéressant : le talon a été revu pour garantir un ajustement plus homogène. Ceux qui ont déjà ressenti ce léger flottement désagréable sur certains modèles d’entrée de gamme comprendront pourquoi c’est un argument qui compte. Prix et positionnement À 95 €, le Momentum Velcro se positionne face à des références comme le Tarantula de La Sportiva ou le Kirigami de Five Ten, mais avec une approche différente. Là où certains modèles jouent la carte du chaussant ultra-tolérant ou de la robustesse avant tout, Black Diamond mise sur un équilibre entre maintien, respirabilité et adhérence, avec une gomme qui offre plus de sensibilité que la moyenne dans cette gamme de prix. Disponible le 1er juin 2025 sur le site de la marque, puis en magasins spécialisés le 1er juillet, reste à voir s'il saura convaincre les grimpeurs en quête d'un chausson qui allie confort et sensations, sans sacrifier la précision. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.
- Altissimo grimpe à Metz : une nouvelle salle et un marché en tension
Le groupe Altissimo ajoute une prise de plus à son réseau avec l’ouverture prochaine d’une salle à Moulins-lès-Metz, au sein du complexe Loisirama . 2 050 m² de surface, des murs jusqu’à 14 mètres, une offre pensée pour balayer large, du grimpeur du dimanche au compétiteur affûté. Une expansion qui suit une logique bien rodée : un développement hybride entre salles détenues en propre et franchises , dans un marché où l’escalade indoor devient un business à part entière. Altissimo Metz : une salle pensée pour séduire Le projet déroule une partition sans fausse note : plus de 80 relais et 240 voies pour la grimpe en tête et en moulinette, 400 m² de bloc , une training board connectée, un espace renforcement physique, sans oublier un shop et un espace bar. Une recette éprouvée qui mise autant sur la diversité de l’offre que sur l’accessibilité : un espace enfant vient compléter l’ensemble, captant une clientèle qui dépasse largement les grimpeurs aguerris. Altissimo, une marque qui a de la bouteille Fondée en 1995 à Toulouse Montaudran , Altissimo fait partie de ces pionniers qui ont professionnalisé l’exploitation des salles d’escalade en France. Aujourd’hui, l’enseigne aligne une dizaine de salles sur le territoire , et surtout, elle ne se contente pas d’être exploitante : elle conçoit et construit aussi des structures artificielles d’escalade (SAE). Avec plus de 300 réalisations à son actif, Altissimo installe des murs dans des établissements scolaires, des gymnases, des clubs alpins et des salles privées . Son expertise s’étend des ossatures acier et contreplaqué résiné aux murs en béton chevillé, une technologie adoptée pour certaines réalisations récentes, comme sa salle de Lisbonne, première implantation de la marque hors de France. Un réseau qui s’étend par tous les moyens Depuis 2004, Altissimo ne développe pas uniquement son réseau en propre : l’enseigne mise aussi sur la franchise . Un modèle qui permet d’accélérer l’expansion tout en limitant l’investissement financier. Le principe est clair : 28 000 € de droit d’entrée, un apport personnel recommandé de 80 000 €, un investissement total compris entre 400 000 € et 600 000 €, et une redevance de 5 % du chiffre d’affaires sur un contrat de 9 ans. Certaines salles restent sous gestion directe, d’autres passent sous franchise. C'est le cas notamment de Altissimo Albi, Altissimo Lisbonne, Altissimo Marseille et Altissimo Perpignan. Loisirama : une implantation qui s’inscrit dans un virage du secteur Pourquoi Metz ? Pourquoi Loisirama ? Le choix ne doit rien au hasard. Loisirama , c’est un hub de loisirs hybride qui mêle padel, foot à 5, trampoline, Laser Game, Prison Island, SENSAS et plusieurs espaces de restauration. Un modèle qui fait écho à une tendance forte : l’intégration des salles d’escalade dans des pôles multisports et de loisirs. L’intérêt ? Maximiser la fréquentation, capter une clientèle occasionnelle et s’implanter dans des zones où le passage est garanti. Mais la question de la fidélisation reste en suspens : ces centres attirent souvent un public de découverte, qui n’a pas forcément vocation à s’inscrire dans une pratique régulière. Un pari qui peut fonctionner… ou non, selon l’équilibre trouvé entre animations événementielles et ancrage dans le tissu local des grimpeurs. Un choix d’implantation qui peut surprendre au premier abord : la future salle Altissimo à Loisirama se situera à seulement 2,5 km d’Altissimo Metz Haut Gazon et à moins de 5 km de Block’Out Metz. Une telle proximité pourrait s’expliquer par une stratégie de segmentation plutôt que de duplication : avec seulement 400 m² de bloc, une surface relativement modeste, la nouvelle salle semble avant tout pensée pour renforcer l’offre de voie, laissant à Altissimo Metz Haut Gazon le rôle d’espace dédié au bloc. Si cette répartition se confirme, elle traduirait une volonté d’optimiser la complémentarité entre les sites plutôt que de se positionner en concurrence directe. Une expansion dans un marché sous tension L’arrivée d’Altissimo à Metz s’inscrit dans une dynamique où l’escalade indoor devient un business structuré, concurrentiel et en mutation . Entre la montée en puissance des chaînes , l’évolution des attentes des grimpeurs et la diversification des modèles économiques, chaque acteur affine sa stratégie. Altissimo, avec son modèle hybride entre gestion directe, construction de structures et développement en franchise, continue de sécuriser son assise. Metz est une étape de plus, mais la véritable question reste la suivante : dans un marché qui s’accélère, qui arrivera à tenir la prise sur le long terme ? Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.
- Chamarande : le trésor oublié du bloc francilien
Dans la famille des spots d’escalade franciliens, Chamarande, c’est un peu le vieil oncle érudit qu’on oublie trop souvent d’inviter aux réunions de famille . Moins mythique que Fontainebleau , moins médiatisé que les nouveaux spots indoor, Chamarande est un OVNI dans le paysage du bloc francilien. Pourtant, à une grosse demi-heure de Paris en RER, c’est sans doute le site de bloc naturel le plus accessible pour les grimpeurs sans voiture ou ceux qui préfèrent s’en passer . Son grès ? Irréprochable. Ses circuits ? Taillés pour le pur plaisir (et les bonnes roustes). Son cadre ? Une forêt préservée, coincée entre un château du XVIIe siècle et une végétation qui vous fait oublier qu’on est à une heure de Paris. Mais Chamarande a un atout de taille : c’est un spot ouvertement sous-coté. Un bout de forêt où on peut grimper sans slalomer entre les crash-pads et les grimpeurs à la recherche du meilleur angle pour leur story Insta. Un terrain d’expérimentation pour ceux qui aiment leur escalade pure, technique et rugueuse. Alors, pourquoi cet oubli collectif ? Plongée dans un spot qui mérite d’être remis sous le feu des projecteurs. Un site à l’histoire plus ancienne qu’on ne l’imagine L’histoire de l’escalade à Chamarande ne commence pas dans les années 90 . Elle ne commence même pas après-guerre. En réalité, si l’on gratte sous la mousse et les lichens, on tombe sur près d’un siècle d’histoire verticale. Dès les années 30 , Pierre Allain , pionnier de l’alpinisme et concepteur des célèbres chaussons d’escalade qui portent son nom , s’entraîne ici avec ses compagnons avant d’aller affronter les Drus. Certains pitons et points laissés au tamponnoir témoignent encore de cette époque où l’on sculptait ses avant-bras sur du grès avant de partir se frotter au granit chamoniard. Des flèches peintes au plomb et des vestiges de circuits oubliés apparaissent parfois sous la mousse, rappelant que les blocs d’aujourd’hui sont les mêmes que ceux d’hier, redécouverts encore et encore. Alors, qui a vraiment commencé ? Bonne question. Ce qui est sûr, c’est que Chamarande n’a jamais été un simple plan B pour les grimpeurs en manque de Bleau. Des circuits pour tout le monde, mais pas pour les feignants Si Chamarande a été progressivement oublié, ce n’est pas faute d’avoir des circuits bien tracés. Ici, on trouve de tout : des parcours enfant (blanc), un circuit orange accessible, jusqu’au mythique noir et blanc, classé ED+ (Extrêmement Difficile Supérieur), où le 7b est de rigueur. Dans les années 90 , Christian Roumégoux , une figure bien connue des circuits bellifontains, remet le site en lumière en balisant plusieurs circuits modernes : Un circuit rouge , technique et exigeant, qui préfère la finesse à la brutalité physique. Un circuit bleu , plus abordable, mais toujours technique. Un circuit orange , idéal pour découvrir le spot en douceur. Mais contrairement à Fontainebleau, où les circuits sont remaniés, adaptés, entretenus à coups de pinceaux et de brosses, Chamarande a gardé une patine plus sauvage. Ici, le balisage est parfois capricieux, et certains blocs ont vu leur accès se compliquer avec la pousse de la végétation. Résultat : il faut chercher, tâtonner, accepter de se perdre un peu. Mais au fond, c’est ce qui fait le charme de Chamarande : c’est un spot où l’on grimpe encore comme des découvreurs, et non comme des consommateurs de circuits tout prêts. Un terrain de jeu où le cerveau est aussi important que les biscottos Grimper à Chamarande, c’est accepter une chose : la force brute ne vous sauvera pas. Le grès ici est extrêmement adhérent , presque trop. Ça veut dire que vos chaussons collent bien, mais aussi que chaque erreur technique est immédiatement sanctionnée. Les plats sont fuyants, les réglettes microscopiques, les équilibres précaires. Chaque mouvement doit être réfléchi, anticipé, optimisé. Les grimpeurs qui aiment les belles dalles, les placements précis et les équilibres à la limite du raisonnable seront servis. " Les Pieds dans le Plat " est un bon exemple : un exercice de style où il faut tout miser sur la posture, le transfert de poids et une confiance aveugle dans ses semelles en gomme. Pour les amateurs de défis plus physiques, " Le Surplomb du Cri " impose un mix de puissance et de lecture fine, sous peine de redescendre plus vite que prévu. Et pour ceux qui veulent vraiment jouer dans la cour des grands ? Le circuit noir et blanc ED+ ne fait pas dans la dentelle. Flirtant avec le 7b bloc, il demande une lecture affûtée, une technique solide et une bonne dose d’abnégation. Un cadre préservé… pour l’instant L’un des charmes indéniables de Chamarande, c’est son ambiance. Ici, on grimpe au milieu d’une nature qui n’a pas encore été trop piétinée . Pas d’afflux massif de grimpeurs, pas d’usure prématurée des blocs, pas de surconsommation de magnésie à chaque passage. Et surtout, un spot où l’on peut encore entendre les oiseaux chanter sans avoir à filtrer la bande-son d’une enceinte Bluetooth oubliée sur un crash-pad. Mais ce calme a un prix : le site n’est pas à l’abri des fermetures arbitraires ou des restrictions. Son statut officiel reste flou, et même si l’accès est toléré, rien ne garantit qu’une interdiction soudaine ne viendra pas clouer les chaussons au sol du jour au lendemain. Une raison de plus pour que Chamarande reste un exemple de grimpe responsable : pas de brossage abusif, pas de tick marks XXL, et surtout, pas de traces de votre passage. Une redécouverte en vidéo : Chamarande sous un autre angle On pourrait croire que Chamarande est condamné à rester un spot de niche pour grimpeurs initiés. Et pourtant, récemment, une vidéo a redonné un coup de projecteur à ce site oublié. Avec un ton décalé et une approche rafraîchissante , les auteurs revisitent les blocs phares du circuit, alternant démonstrations, anecdotes et conseils avisés . Entre chutes, réussites éclatantes et explications techniques, le circuit de Chamarande reprend vie sous les yeux des spectateurs . Une piqûre de rappel pour ceux qui avaient rangé le site dans la catégorie "vieux circuits délaissés", et une invitation pour les autres à aller voir si le grès de l’Essonne est aussi exigeant que celui de Bleau. Chamarande : un site à re-grimper d’urgence Il y a deux types de grimpeurs : ceux qui cherchent des lignes déjà sur-magnésiées, où les pas sont visibles à trois kilomètres, et ceux qui aiment se perdre dans la lecture d’un rocher vierge. Chamarande, c’est pour les seconds. Un spot où l’escalade redevient une exploration. Où il faut chercher son chemin, apprendre à comprendre la roche et adapter son style. Un site qui ne vous donne rien gratuitement mais qui, en échange, vous offre une qualité de grimpe rare, un cadre préservé et un sentiment d’exclusivité qu’on croyait disparu de l’Île-de-France. Alors la prochaine fois que Fontainebleau vous semble trop bondé, faites un détour par Chamarande . Vous pourriez être surpris.
- L’IFSC met le doigt dans l’engrenage du sport business
Le monde de l’escalade va-t-il basculer dans une nouvelle ère ? L’IFSC vient de sceller un partenariat stratégique avec IRIS Sport Media , une société britannique qui fait du développement commercial son terrain de jeu. Traduction : l’escalade de compétition veut arrêter de ne compter que sur les marques outdoor traditionnelles et entrer dans la cour des sports qui pèsent lourd sur le marché mondial. L’ambition est claire : plus de visibilité, plus de sponsors, plus d’argent . Mais entre professionnalisation et dérive marchande, où s’arrête la progression et où commence la perte d’identité ? © David Pillet La fin de l’artisanat économique ? On ne va pas se mentir, l’économie de l’escalade tient encore plus du bricolage que d’une industrie rodée. 👉 Les droits médiatiques ? En dehors des JO , c’est un produit de niche. 👉 Les sponsors ? Majoritairement issus du secteur outdoor, avec un engagement mesuré. 👉 Les prize money ? Un niveau de précarité qui va finir par faire fuir les sportifs de haut niveau. Et pourtant, l’escalade cartonne sur le terrain : salles pleines, pratique en explosion, images spectaculaires qui séduisent le grand public… mais derrière, les compétitions peinent à se monétiser . Avec IRIS Sport Media aux commandes du business , l’IFSC espère changer la donne. Qui est IRIS, et que veut-il faire de l’escalade ? Derrière ce nom qui sent la start-up à succès, IRIS Sport Media est en réalité un cabinet de stratégie fondé en 2023 par Ioris Francini , un ex-IMG. Son job ? 👉 Maximiser les revenus des disciplines sous-exploitées. 👉 Attirer des investisseurs au-delà du cercle traditionnel. 👉 Transformer le sport en produit vendable à l’international. L’entreprise s’est déjà illustrée en bossant avec LIV Golf (le circuit financé par le fonds saoudien PIF pour dynamiter la PGA), l’ATP Media (les droits du tennis pro) et la LFP française (ligue de football professionnel). Ce qu’ils vendent ? Une vision du sport plus commerciale, plus télégénique, plus “bankable” . Et maintenant, c’est l’escalade qui passe au scanner du business plan . Des opportunités… et un dilemme D’un côté, on ne peut que se réjouir . 👉 Des compétitions mieux dotées. 👉 Plus d’opportunités économiques pour les athlètes, les marques et les organisateurs. 👉 Une audience élargie, et avec elle, de nouveaux investisseurs . D’un autre, on connaît l’histoire. Dès qu’un sport tente de séduire les sponsors à grande échelle, il y a une contrepartie. Simplification des formats, mise en scène calibrée pour le live TV, montée en puissance des enjeux financiers au détriment de l’essence même de la discipline. L’ombre de LIV Golf plane sur cette transition. Ce circuit, né de milliards saoudiens, a tout repensé : 👉 Durée des parties raccourcie. 👉 Show ultra-spectaculaire. 👉 Redistribution des gains, mais au prix d’un remodelage total de l’esprit du sport. L’escalade veut-elle suivre cette route ? L’idée d’un circuit “premium” – où les enjeux médiatiques prennent le dessus sur l’authenticité de la discipline – pourrait créer un fossé entre l’élite et le reste de la communauté . L’escalade peut-elle grandir sans se dénaturer ? L’IFSC veut imposer un nouveau modèle économique à l’escalade de compétition . Plus structuré, plus ambitieux, et surtout plus rentable. Personne ne viendrait reprocher des prize money plus élevés ni sur une meilleure exposition du sport. Mais il faudra veiller à ce que cette mutation ne transforme pas l’escalade en un produit aseptisé, calibré pour séduire les annonceurs au détriment de son ADN . L’IFSC et IRIS ont les cartes en main. Reste à voir si cette montée en gamme profitera à toute la discipline ou si certains se retrouveront avec une jambe coincées dans la corde pendant que d’autres tirent sur les dégaines du business.
- Solution Guide : le baudrier qui veut tout encaisser
Dalles de granit, fissures interminables, stalactites de glace ou mixte engagé… Black Diamond signe ici un baudrier conçu pour les grimpeurs qui ne se limitent pas à une seule discipline. Avec son confort optimisé, sa capacité de portage impressionnante et son pontet sans coutures, le Solution Guide veut s’imposer comme le choix évident pour les grandes journées sur le caillou. © Black Diamond Un baudrier pour ceux qui passent leurs journées suspendus ? Sur le papier, l’argument est prometteur. Mais qu’en est-il vraiment ? Un baudrier pensé pour durer (et supporter une quincaillerie de mammouth) La première chose qui saute aux yeux, c’est la capacité de portage. Quatre porte-matériels bien larges capables de gober 15 dégaines chacun + une cinquième boucle à l’arrière = un baudrier qui ne fait pas dans la dentelle. Ajoutez à ça quatre passants pour porte-broches Ice Clipper , et vous avez un harnais prêt à affronter aussi bien une face nord verglacée que 30 longueurs sous le cagnard du Verdon. Pour l’endurance en paroi, Black Diamond mise sur des matériaux robustes et une conception durable. Résultat : un baudrier qui ne se tasse pas après quelques mois d’usage intensif , contrairement à certains modèles dont la mousse s’écrase après une saison bien chargée. Un confort calibré pour les longues sessions Les baudriers polyvalents, on le sait, c’est souvent un compromis entre maintien et liberté de mouvement. Ici, BD joue la carte de l’ergonomie ajustée avec : Des tours de cuisses Contour Edge → Pensés pour réduire les points de pression. Une ceinture optimisée → Maintien renforcé au centre, plus souple sur les bords pour éviter les points de compression sur le dos et les côtes. Sangles fessières élastiques et détachables → Un détail qui peut sauver quelques galères sur une grande voie bien gazeuse. Côté sécurité, le pontet Infinity sans coutures en Dyneema évite l’usure prématurée des coutures d’assurage – un détail qui peut faire la différence après des centaines de manips de corde. Version homme, version femme : de vraies différences ? Pas juste un baudrier standard légèrement retaillé, la version femme du Solution Guide propose : Un espacement ceinture-cuisses revu pour mieux s’adapter à la morphologie féminine. Une ceinture et des tours de cuisses ajustés pour éviter les points de compression sur des zones plus sensibles. Un vrai plus pour celles qui en ont marre des baudriers « unisexes » qui serrent là où il ne faut pas et flottent là où ça devrait épouser la morphologie. Affiché à 100 €, le Solution Guide joue dans la même cour que les références de la grande voie et du trad, comme l’ Adjama et le Luna de Petzl. Avec son pontet Infinity sans coutures, ses larges porte-matériels et son confort pensé pour les longues journées suspendues, Black Diamond vise les grimpeurs qui veulent un baudrier à tout faire, capable d’encaisser aussi bien des heures d’assurage en couenne que des courses alpines engagées. Sortie prévue le 1er septembre 2025 : est-ce le baudrier qu’on finit par adopter sans se poser de questions, ou un challenger qui peinera à détrôner les poids lourds du marché ? Verdict sur le terrain.
- 🧗 L’emoji escalade : un petit symbole, une grande histoire
Aujourd’hui, il est partout. Dans vos messages, dans vos stories, sous les posts de vos potes qui enchaînent un 7a après travail et font semblant d’être surpris. Mais avant 2017, l’emoji escalade n’existait pas . Un vide aussi angoissant qu’un dernier point clippé cinq mètres plus bas. Jusqu’à ce que Sasha DiGiulian , grimpeuse au palmarès aussi solide que son grip, décide de s’en mêler. Sasha DiGiulian, la grimpeuse qui tweetait plus vite que son ombre L’escalade avait beau être en croissance, avec des salles qui commençaient à pousser plus vite que des pads sous un highball, un détail clochait : pas d’emoji pour représenter la grimpe . Un comble, quand on sait qu’on pouvait déjà envoyer un 🏄♀️, un 🏌️ ou même un 🤹♂️ (hommage aux finales IFSC). Sasha, première femme nord-américaine à cocher un 9a, ne l’a pas laissé passer. En 2015, elle balance un tweet à @GetEmoji – sorte de standardiste de la hotline des emojis – pour signaler l’anomalie. Une pique bien sentie, qui tombe sous les yeux de Jeremy Burge, le boss d’Emojipedia et surtout membre du redoutable sous-comité Unicode Emoji , autrement dit l’équipe qui décide quel petit pictogramme aura le droit de rejoindre nos claviers. Le Consortium Unicode : là où naissent (et meurent) les emojis Parce que oui, on ne crée pas un emoji comme on dessine un smiley sur un mur de grimpe. Chaque proposition doit passer par un véritable parcours du combattant, façon dalle à grattons pleine de mousse. Le Consortium Unicode, un club très sélect chargé de la normalisation des caractères numériques, impose des règles strictes. Un emoji doit être immédiatement compréhensible, universel, et avoir une utilité avérée (autant dire qu’on attend toujours l’emoji magnésie). Chaque année, seuls quelques élus passent la porte, tandis que d’autres finissent oubliés dans les tréfonds des brouillons numériques. Par exemple, l’emoji escalade a eu plus de chance que certaines suggestions comme : L’emoji limace (recalé en 2021, paix à son âme). L’emoji shaker de whey (apparemment pas assez universel). L’emoji calvitie en progression (celui-là, on ne sait pas si c’est un mal ou un bien). Bref, l’escalade a eu son moment de gloire, alors qu’elle aurait pu rester sur la touche, entre une boîte de sardines et un pigeon pixelisé. Un design à la loupe : casque ou pas casque ? Grâce au lobbying (d)étonnant de Sasha et à l’appui de Jeremy, l’emoji escalade entre en phase de design. Et là, c’est le moment des grandes questions existentielles : Chaussettes ou pas ? (on sait que le débat est aussi tranché que celui sur du port du tshirt). Mur artificiel ou rocher ? (spoiler : le rocher l’a emporté). Quel style de chaussons ? (personne n’a proposé des ballerines usées à la gomme trouée, dommage pour l’authenticité). Finalement, le design retenu représentait un grimpeur sur du rocher, sans casque . Un choix qui n’a pas fait l’unanimité , surtout auprès des falaisistes et des grimpeurs trad, qui voyaient déjà débarquer une armée de novices convaincus que l’assurage dynamique est une question de foi. Unicode corrigera le tir en 2021, en ajoutant une nouvelle version de l’emoji avec casque. Mieux vaut tard que jamais, même si on se demande encore pourquoi il a fallu quatre ans pour ajouter un bout de plastique sur une tête. Un emoji, une victoire pour la grimpe Depuis, 🧗 est devenu un symbole universel. Il s’incruste dans les posts Instagram de grimpeurs, accompagne les récits de croix et sert parfois de prétexte pour justifier une session en pleine semaine ("Vendredi ? Ha non désolé je vais télétravailler à Fontainebleau 🧗"). Mais ce petit emoji fossilise un instant précis de l’histoire de la grimpe . En 2017, l’escalade était encore perçue comme un sport outdoor. Pourtant, aujourd’hui : La majorité des grimpeurs découvrent l’escalade en salle. Les compétitions sont devenues un show à part entière, avec des mouvements spectaculaires sur des volumes XXL. La grimpe en falaise reste un idéal, mais n’est plus la norme pour les nouveaux pratiquants. Alors, l’emoji escalade est-il déjà un vestige numérique ? On parie que dans 10 ans, un nouvel emoji verra peut-être le jour : une silhouette bondissant sur un volume violet, sous un spot de lumière artificielle. Dernière prise avant le relais Il a fallu que Sasha DiGiulian prenne la parole, que le comité Unicode écoute, et que le monde grimpe sur cette vague numérique. Et ça a marché. Alors, la prochaine fois que vous glissez un 🧗 dans un message, rappelez-vous qu’il n’est pas arrivé là par hasard. Derrière ce petit pictogramme, il y a un tweet bien placé, un processus bureaucratique absurde et un brin de détermination. Sauf que là, Sasha a trouvé la ligne, Jeremy a assuré la corde, et Unicode a enchaîné le projet après quelques essais. Résultat : on a tous un emoji pour illustrer nos exploits… ou nos échecs en dalle.
- Reel Rock 19 : une année noire entre polémiques et chaos logistique
Chaque année, Reel Rock est censé être une célébration. Une grand-messe de la grimpe, où l’on vient vibrer devant des ascensions improbables, partager la sueur et les victoires des grimpeurs, et repartir avec l’envie de tout plaquer pour aller vivre sous un crashpad. Mais cette année, ce n’est pas l’appel de la falaise qui domine. Reel Rock 19 s’embourbe. Entre scandales, controverses et distribution en chute libre, l’édition 2025 pourrait bien être la plus clivante de son histoire . Une diffusion en salle compromise Miguel de Kayoo, dans sa dernière vidéo , a mis le doigt sur un problème que beaucoup avaient laissé passer : on ne sait même pas si Reel Rock sera projeté en salle en France cette année . La maison mère reste mutique, le distributeur habituel a claqué la porte, et à l’heure actuelle, impossible de dire si l’édition 2025 aura droit à son rituel de projections collectives ou si elle finira reléguée au streaming. Si ça se confirme, c’est une onde de choc pour un festival qui s’est toujours nourri de cette dynamique communautaire : des salles pleines, des applaudissements, des cris quand une prise lâche à deux mètres du relais. Le voir réduit à une bête vidéo à la demande, c’est une amputation. Mais ce n’est pas seulement sur la forme que Reel Rock vacille cette année. C’est aussi sur le fond. " The Cobra & The Heart " : quand la corde coupe des deux côtés Parmi les films à l’affiche, " The Cobra & The Heart " retrace l’histoire de Didier Berthod, ce grimpeur suisse qui, après des années d’obsession pour la mythique Cobra Crack, a fini par lâcher la grimpe pour se consacrer à la religion. Pas juste une foi discrète en mode quête de sens, mais une immersion totale dans une secte chrétienne ultra-traditionaliste, où il est même devenu prêtre. Le genre de virage qui ne laisse pas indifférent. Mais là où ça devient franchement épineux, c’est du côté de Thomasina Pidgeon, l’autre protagoniste du film. Car Pidgeon n’est pas seulement grimpeuse. Elle est aussi celle qui a signé une lettre de soutien à Charles Barrett, condamné à perpétuité pour viol . Oui, vous avez bien lu, Reel Rock a choisi de mettre en avant quelqu’un qui, noir sur blanc, a pris la défense d’un agresseur sexuel. Face au tollé, Reel Rock a tenté de jouer la carte du dialogue avec un communiqué de presse . Ils reconnaissent la douleur causée aux victimes, admettent que la communauté de la grimpe a un sérieux problème avec la gestion des violences sexuelles et expliquent avoir longuement échangé avec Pidgeon. D’après eux, elle se serait rendu compte trop tard qu’elle avait été “trompée” et “manipulée” par Barrett, et aurait pris conscience de l’ampleur de ses erreurs après coup . Mais au-delà des belles paroles, aucune décision concrète. " The Cobra & The Heart " reste dans la programmation. Reel Rock maintient qu’ils “respectent ceux qui choisiront de ne pas voir le film”, mais ils le diffuseront quand même. Une réponse qui ne convainc pas tout le monde. Pour certains, ce n’est rien d’autre qu’une déclaration d’intention vidée de toute action réelle. Un “nous sommes désolés si vous êtes blessés” sans conséquence. Et surtout, sans remise en question du choix d’inclure Thomasina Pidgeon dans un film censé inspirer. "Death of Villains" : qui choisit ses héros ? L’autre bombe médiatique de cette édition, c’est " Death of Villains ", un film centré sur Kai Lightner, ancien enfant prodige de l’escalade, dans sa quête d’un 9b. Jusque-là, rien à signaler. Sauf que son binôme de cordée dans le film, c’est Joe Kinder. Oui, Joe Kinder, ce grimpeur qui a harcelé Sasha DiGiulian en ligne pendant des années , qui lui a pourri la vie avec un faux compte Instagram et qui a fini par se faire lâcher par tous ses sponsors après que l’affaire ait éclaté. Là encore, Reel Rock joue avec le feu. Un festival censé incarner l’aspiration, la performance et l’éthique choisit de mettre en avant un grimpeur qui traîne une affaire de harcèlement derrière lui. Le pardon a ses limites, et visiblement, elles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Entre polémiques et distribution à l’aveugle : un festival à la croisée des chemins Un festival qui ne sait même pas si son public pourra le voir en salle. Un festival qui met à l’affiche un film porté par une défenseuse de violeur et un autre avec un harceleur avéré. Un festival qui, plutôt que de prendre position, aligne des communiqués enrobés d’empathie, mais vidés de toute conséquence. Autrefois, Reel Rock était une ode à l’aventure verticale, à la beauté brute du geste. Cette année, il donne surtout l’image d’un événement qui s’accroche aux prises sans trop savoir où poser les pieds . Boycott, malaise, distribution en lambeaux : cette 19e édition ne restera sans doute pas dans les mémoires pour ses ascensions. Mais pour son crash en plein vol, en revanche…
- TRUBLUE et USA Climbing : un ticket gagnant jusqu’en 2028
C’est reparti pour un tour. USA Climbing et TRUBLUE prolongent leur partenariat jusqu’aux Jeux Olympiques de Los Angeles. Un mariage sans vagues : depuis 2020 , l’auto-enrouleur de Head Rush Technologies s’est imposé comme un standard sur les compétitions officielles de la fédération américaine. Il faut dire qu’en escalade de vitesse, mieux vaut que la descente soit aussi bien rodée que la montée. © Trublue TRUBLUE, champion toutes catégories de la descente maîtrisée Sur le mur de vitesse, le chronomètre ne tolère pas l’approximation. On parle de records flirtant avec les 4,74 secondes sur 15 mètres . Dans ce contexte, TRUBLUE Speed fait figure d’allié incontournable. Son freinage magnétique breveté, qui régule la descente sans à-coups, permet aux grimpeurs d’enchaîner les runs sans se poser de questions. Emma Hunt et Sam Watson, respectivement recordwoman et recordman américain de la discipline, s’entraînent avec. Un choix pragmatique : on ne change pas une équipe qui grimpe. Marc Norman, président de USA Climbing, le résume sans détour : « Nos athlètes comptent sur TRUBLUE depuis des années, quand chaque fraction de seconde pèse dans la balance. » Un marché verrouillé ? Si TRUBLUE rafle la mise aux États-Unis, la marque n’est pas seule sur le créneau . En face, Perfect Descent, principal concurrent, équipe aussi certaines compétitions internationales avec son modèle Direct Drive™, qui a l’avantage d’être plus léger et compact. On trouve aussi TwinPoint, un système distribué par Pyramide, qui mise sur un double mécanisme de sécurité pour séduire salles et compétitions. Et puis il y a Walltopia, qui joue une autre carte : l’intégration de ses systèmes SmartGate, qui empêchent un grimpeur de s’engager sans être attaché. Une manière de s’aligner sur l’éternel débat de la sécurité des auto-enrouleurs. Un partenariat en béton pour Los Angeles 2028 Avec ce renouvellement, USA Climbing verrouille son matériel pour les prochaines échéances, et surtout pour les Jeux Olympiques de Los Angeles. Une continuité stratégique qui garantit aux athlètes un matériel uniforme entre entraînement et compétition . Le débat sur la suprématie de TRUBLUE reste ouvert, mais une chose est sûre : sur le marché des auto-enrouleurs, mieux vaut ne pas descendre trop vite. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.












