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  • Climbing District franchit les Alpes : Milan, premier pas vers l’Europe

    Climbing District, réseau de salles d’escalade urbaines en plein essor, élargit son terrain de jeu. Avec l’acquisition d’Urban Wall, un site emblématique à Milan, la marque amorce son développement à l’international et pose une première pierre sur la scène européenne. En janvier dernier, nous vous parlions de la levée de 10 millions d’euros par Climbing District pour soutenir une expansion ambitieuse. Cette stratégie prend forme avec l’acquisition d’Urban Wall, une salle de 2 500 m² située à Milan. Référence pour les grimpeuses et grimpeurs locaux, elle combine escalade de difficulté, bloc et vitesse, et reflète un choix stratégique : un pied-à-terre solide dans l’une des capitales économiques de l’Europe . © Baptiste Henry Milan, une entrée en scène étudiée Le choix de Milan n’est pas anodin. La ville, carrefour des tendances urbaines et sportives, offre un terrain idéal pour tester l’adaptabilité du modèle Climbing District en dehors de la France . Urban Wall, de son côté, n’est pas une salle ordinaire : c’est un lieu incontournable de la scène milanaise, autant par sa taille que par la diversité des disciplines proposées. Antoine Paulhac, co-fondateur et directeur général, insiste sur l’importance de ce premier pas : « L’acquisition d’une première salle à Milan est un marqueur très fort pour Climbing District. Elle illustre non seulement notre volonté d’internationaliser notre groupe en plein développement, mais aussi notre ambition d’être un acteur qui compte dans la dynamique de consolidation qui rebat les cartes au sein de notre secteur en France comme en Europe. » Ce développement marque également une nouvelle étape pour Climbing District, qui s’attaque à un marché plus fragmenté et compétitif à l’échelle européenne . Une stratégie d’expansion réfléchie Fondée en 2020, Climbing District s’est rapidement imposée comme un acteur majeur en France grâce à ses salles au design soigné et à une offre d’activités diversifiées. Avec sept salles en activité, dont six à Paris, l’entreprise revendique une formule hybride mêlant escalade, bien-être et sociabilité. Mais cette acquisition ne se limite pas à un simple agrandissement. L’entreprise projette de développer un réseau de pôles dans plusieurs grandes capitales européennes . L’objectif ? Répliquer son modèle tout en l’adaptant aux spécificités locales. À terme, Climbing District prévoit de s’implanter dans trois nouveaux pays d’ici fin 2025. Henri d’Anterroches, co-fondateur et président, ajoute : « Au-delà de l’agrandissement de notre réseau de salles, c’est une fierté de voir notre entreprise grandir et bénéficier d’une reconnaissance croissante sur le marché, non seulement pour la qualité de notre offre, mais aussi pour l’exemplarité de notre modèle entrepreneurial. L’obtention récente de la certification “B Corp” en est une belle illustration, qui vient récompenser le travail de nos 130 collaborateurs qui contribuent chaque jour à faire de Climbing District un groupe novateur et responsable qui séduit une clientèle toujours plus large et diverse. » Des engagements au cœur du projet Récemment certifiée B Corp, Climbing District affiche une ambition qui va au-delà de la seule performance économique. Cette certification internationale, qui distingue les entreprises aux pratiques sociales et environnementales responsables, devient un levier pour se différencier sur un marché en quête de sens . Dans un secteur de l’escalade urbaine en pleine évolution, marqué par la consolidation et l’arrivée de nouveaux acteurs, Climbing District s’efforce de prendre une longueur d’avance. La concurrence reste néanmoins forte, notamment en France, où plusieurs enseignes consolident leurs positions sur des segments similaires . La capacité de Climbing District à s’imposer au-delà des frontières nationales sera un défi majeur dans les prochaines années. Une étape, pas un sommet Avec cette première acquisition hors de France, Climbing District ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Reste à voir si le modèle qui a fonctionné à Paris, avec ses salles pensées comme des lieux de vie, saura séduire de l'autre côté des frontières. Ce premier pas à Milan n’est qu’un début : l’entreprise devra prouver sa capacité à concilier croissance rapide et fidélité à ses valeurs.

  • Kilter Board : Block’Out comble le retard français

    En matière de digitalisation, l’escalade française reste en retrait par rapport à ses voisins européens. Alors que la technologie transforme peu à peu la pratique, les salles françaises tardent à intégrer des innovations comme la Kilter Board , ces murs connectés qui se multiplient en Allemagne, au Royaume-Uni ou en Scandinavie. Block’Out , en revanche, prend les devants et se positionne comme l’enseigne française la mieux équipée avec trois nouvelles Kilter Boards dans son réseau, et l’ambition d’aller encore plus loin. Nous sommes allés à leur rencontre à Évry, au pied de leur toute première Kilter Board fraîchement installée, pour en savoir plus. Pour l’occasion, Manu Cornu, grimpeur de l’équipe de France et athlète B'O, était de la partie pour nous aider à décrypter cette innovation et son utilité. © Vertige Media Une aventure née d’une passion pour l’innovation Depuis ses débuts en 2008, Block’Out s’est forgé une identité bien à lui, mêlant escalade, restauration et espace bien-être. Mais si le groupe s’est imposé comme un acteur incontournable, il ne se repose jamais sur ses lauriers. « L’innovation fait partie de notre ADN », explique Guillaume Colas, directeur régional pour l’Île-de-France. « Avec les Kilter Boards, on propose à nos adhérents quelque chose de vraiment nouveau, un outil qui complète notre offre et élargit les possibilités. » La Kilter Board, panneau d’escalade connecté, n'est pas encore très répandu en France . « Quand on a commencé à réfléchir au projet, il n’y en avait aucune en Île-de-France, et très peu ailleurs dans le pays. On a voulu combler ce vide et offrir une expérience inédite à nos grimpeurs », précise Guillaume. Pour lui, l’objectif est double : séduire les amateurs à la recherche de blocs accessibles et offrir aux grimpeurs chevronnés un outil de perfectionnement . « C’est une solution qui s’adapte à tous, peu importe le niveau. Que ce soit pour découvrir, s’amuser ou s’entraîner sérieusement, la Kilter Board a sa place dans nos salles. » Un pari stratégique pour le futur de Block’Out Avec l’arrivée des Kilter Boards, Block’Out ne fait pas qu’ajouter un outil à son catalogue : le groupe signe un véritable tournant . « On a toujours voulu proposer une escalade accessible, mais exigeante, et cette opération nous replace clairement au cœur du jeu », affirme Jérémy Lemau, directeur réseau escalade à l’initiative de l’opération. En misant sur ces panneaux connectés, le réseau ne rattrape pas seulement le retard français : il montre qu’il est prêt à en finir avec l’idée que l’innovation dans l’escalade serait réservée à nos voisins européens. Pour Block’Out, c’est aussi une question d’ambition. Ces installations marquent le début d’un projet plus large visant à redessiner le paysage de la grimpe indoor en France , une salle après l’autre. « On ne veut pas juste suivre la tendance. Avec ce genre d’initiatives, on veut montrer qu’on est capables de réinventer ce qu’une salle d’escalade peut offrir, pour tous les grimpeurs, à tous les niveaux », conclut Jérémy. Évry, première étape d’un projet ambitieux La première Kilter Board a fait son apparition en Île-de-France, dans la salle Block’Out d’Évry. À peine inaugurée, une seconde vient tout juste d’être installée à Tours, et une troisième est déjà en préparation, bien que son emplacement reste encore confidentiel au sein du réseau. Mais pourquoi commencer par Évry ? Guillaume éclaire ce choix : « C’est une salle qui attire déjà un public varié, avec des grimpeurs de tous horizons. C’était idéal pour tester l’accueil de cette nouveauté. Et, franchement, les retours sont excellents. » Manu Cornu était parmi les premiers à tester le mur : « La Kilter, c’est un outil incroyable. Ce qui est génial, c’est que tu peux ajuster l’inclinaison, choisir des blocs adaptés à ton niveau et explorer des milliers de problèmes via l’application. Pour l’entraînement, c’est top. » © Vertige Media L’appli, justement, est l’un des points forts de cet équipement. Elle permet de sélectionner des blocs créés par des grimpeurs du monde entier et d’en créer de nouveaux . « C’est une vraie révolution, autant pour les pros que pour les débutants », ajoute Manu. « Tu peux partager des blocs avec tes potes, ou même en inventer et les envoyer à d’autres grimpeurs. C’est à la fois pratique et hyper fun. » Un outil pensé pour progresser, mais pas sans précaution La Kilter Board n'est pas seulement ludique. Pour Manu, elles sont surtout des outils de perfectionnement d’une rare précision : « Le fait que ce soit normé, partout dans le monde, c’est un atout énorme. Tu peux reproduire exactement le même bloc, avec la même inclinaison, peu importe où tu es. C’est idéal pour travailler un mouvement spécifique ou mesurer ta progression. » Mais il met aussi en garde : « Attention, c’est intense. Les Kilter sollicitent beaucoup les doigts et les tendons. Il faut éviter d’en abuser. Une séance de deux heures, c’est déjà pas mal. Et comme toujours, un bon échauffement est indispensable. » © Vertige Media Guillaume partage cette prudence : « On veut que les grimpeurs utilisent ces murs intelligemment. C’est pour ça qu’on prépare des ateliers et des animations pour accompagner les adhérents. La Kilter, c’est un outil, pas une fin en soi. » Créer pour mieux grimper : une dimension oubliée retrouvée Au-delà de l’aspect technique, la Kilter Board réintroduit une dimension souvent perdue dans les salles modernes : la créativité . « Avec l’appli, chacun peut se glisser dans la peau d’un ouvreur. Tu choisis des prises, tu imagines un bloc et tu le testes. C’est presque une initiation à l’art de l’ouverture », explique Guillaume. Manu, lui, voit dans cette approche un retour aux fondamentaux : « Quand j’ai commencé à grimper, on créait nos blocs sur des panneaux simples. La Kilter redonne un peu cette liberté. Ça pousse les grimpeurs à réfléchir, à analyser les mouvements, et à progresser autrement. » Il insiste sur l’importance de cette démarche, notamment pour les jeunes générations : « Créer un bloc, c’est comprendre pourquoi un mouvement fonctionne ou non. Ça te fait voir l’escalade différemment, pas juste comme un défi physique, mais comme un jeu d’équilibre et de stratégie. » © Vertige Media Un outil pour tous, une expérience à partager La force de la Kilter Board réside aussi dans leur accessibilité. « Elles s’adressent à tous », affirme Guillaume. « Un débutant peut choisir des blocs très faciles et ajuster l’inclinaison pour gagner en confiance. Un grimpeur expérimenté, lui, peut relever des défis bien plus complexes. » Manu ajoute : « C’est un outil qui crée du lien. Tu peux grimper sur le même bloc que ton pote à l’autre bout du pays, ou même défier un grimpeur que tu as vu sur Instagram. Ça dépasse la salle, ça connecte les gens. » Mais pour lui, l’expérience ne se résume pas à la technologie : « Grimper sur une Kilter, c’est aussi retrouver une dimension ludique, presque enfantine. Tu peux te challenger, te dépasser, mais toujours dans le plaisir. » Et maintenant ? Place à l’action Le réseau ne compte pas s’arrêter là. Des contests, des ateliers et d’autres animations autour des Kilter Boards de Block'Out sont déjà en préparation . « On veut que ces murs deviennent des lieux de vie, pas juste des outils d’entraînement », explique Guillaume. Pour Manu, le message est clair : « Le mieux, c’est encore de venir essayer. C’est une expérience unique. Une fois que tu y as goûté, difficile de revenir en arrière. » Avec la Kilter Board, Block’Out redéfinit l’expérience grimpeur, en mêlant technique, créativité et convivialité. Déjà l’enseigne la mieux équipée de France avec trois Kilter Boards et des ambitions claires pour l’avenir, Block’Out s’impose comme un acteur incontournable de l’innovation dans les salles d’escalade. Alors, êtes-vous prêts à grimper autrement ?

  • FFME : Une nouvelle équipe aux commandes pour 2025-2028

    Le 30 novembre 2024, la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME) a élu son Conseil d’administration pour l’olympiade 2025-2028 . Une élection sans grande surprise, avec une seule liste en lice, mais qui marque un moment charnière. Ce nouveau Conseil, composé de 28 membres, doit naviguer entre continuité et renouveau, dans un paysage où l’escalade gagne en popularité mais voit aussi ses défis se multiplier. © FFME Un Conseil à l’heure des réformes Cette élection s’inscrit dans un contexte de mutations profondes pour la gouvernance fédérale : Une élection plus démocratique . Pour la première fois, chaque club affilié disposait d’un droit de vote proportionnel au nombre de licenciés, remplaçant l’ancien système des grands électeurs départementaux. Une avancée significative qui donne davantage de poids aux clubs locaux dans les décisions fédérales. La parité inscrite dans les statuts . Si le Conseil d’administration précédent respectait déjà une stricte égalité hommes-femmes, cette exigence est désormais gravée dans les statuts , conformément au code du sport. Cela garantit une parité pérenne, indépendante des sensibilités des futurs présidents. L’arrivée des représentants des athlètes . Une des grandes nouveautés du code du sport est l’intégration obligatoire de deux représentants des athlètes : un homme et une femme. À ce jour, seul Pablo Giner a été désigné, et la FFME cherche activement une grimpeuse pour occuper le poste féminin. Une équipe renouvelée, mais dans la continuité Avec 12 nouveaux membres, ce Conseil d’administration reflète un équilibre subtil entre anciens piliers et nouveaux visages. Alain Carrière, réélu président, est accompagné de figures emblématiques comme Caroline Ciavaldini , grimpeuse de renommée internationale, et François Petit, acteur clé du précédent mandat. François Petit, fondateur du réseau Climb Up, représente les établissements affiliés , parmi lesquels figurent désormais une soixantaine de salles privées. Sa présence, loin d’être anecdotique, témoigne de l’évolution des fédérations, qui doivent intégrer davantage les dynamiques économiques et privées dans leurs discussions. Un Conseil en quête de cap : les défis à venir Le départ de Pierre-Henri Paillasson, directeur technique national (DTN) depuis plusieurs années, marque une étape clé dans la réorganisation de la FFME. Comme l’indique l’appel à candidature publié le 9 octobre dernier, la fédération cherche activement à pourvoir ce poste stratégique, confirmant ainsi son départ imminent. Cette transition complique pour l’instant la définition des priorités fédérales , le nouveau Conseil d’administration n’ayant pas encore communiqué de feuille de route officielle. Cependant, certains axes paraissent évidents au vu des défis actuels : Élargir la pratique tout en préservant les sites naturels . La démocratisation de l’escalade augmente la fréquentation des falaises, posant la question d’un équilibre entre accessibilité et conservation. Renforcer la sécurité . Les chiffres récents sur l’accidentologie montrent l’importance d’agir sur ce sujet, en particulier pour la pratique de l'escalade. Préparer les JO de Los Angeles 2028 . Maintenir la France compétitive sur la scène internationale nécessitera une stratégie claire pour accompagner les athlètes. Réorganiser la direction technique . Le recrutement d’un nouveau DTN sera essentiel pour piloter les choix stratégiques de la fédération. Compléter les postes vacants . Trouver une grimpeuse pour la co-présidence des athlètes et désigner un représentant des entraîneurs restent des chantiers majeurs. La composition du Conseil d’administration 2025-2028 Présidence et fonctions clés : Alain Carrière – Président Sandra Berger – Secrétaire Pierre Betil – Trésorier Collège général : Isabelle Wack Éric Bauvin Juliette Payet Josselin Cazaux Pascale Pilnière Jean-Luc Rigaux Pascale Lanfranchi François Petit – Représentant des établissements affiliés Sophie Boëdec – Médecin Thierry Serin Véronique Maggi Jean-Claude Grand Caroline Ciavaldini Pierre Dupont Bénédicte Casado Arnaud Gigon Charlotte Lemaire Jean-Philippe Borges Karine Hernando Patrick Rivera Maryline Proal François Peraldi (Suppléant) Sabine Steenstrup (Suppléante) Éric Simon (Suppléant) Nathalie Lozano (Suppléante) Commission des athlètes de haut niveau : Pablo Giner – Co-président Poste féminin à pourvoir Représentants spécifiques : Céline Gérard – Représentante des arbitres Poste de représentant des entraîneurs à pourvoir Si ce Conseil d’administration incarne un équilibre entre nouveauté et continuité , les attentes restent immenses. La FFME, au cœur d’un sport en pleine transformation, devra démontrer sa capacité à répondre aux besoins de la base tout en accompagnant l’élite. Pour les grimpeurs et grimpeuses de France, la route est encore escarpée, mais les prochaines décisions fédérales diront si ce Conseil est capable de poser des prises solides ou s’il restera suspendu entre ambition et inertie.

  • NEOM IFSC Masters : la fin d’une escalade controversée

    La nouvelle est tombée dans un souffle presque imperceptible : les NEOM IFSC Masters ne reviendront pas en 2025 . Pas de troisième édition pour cet événement qui avait réussi l’exploit d’attirer les projecteurs... et les foudres. Une disparition discrète, à l’image de la stratégie adoptée par l’IFSC face à la polémique : le silence. Mais derrière cette annonce laconique, que s’est-il réellement passé ? Décryptage d’une décision qui soulève bien plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. © Neom NEOM : la ville qui voulait grimper vers l’avenir En 2022, l’escalade de haut niveau découvrait NEOM, une mégapole futuriste rêvée par l’Arabie Saoudite. Imaginée comme un symbole d'innovation et d’écologie, cette ville utopique devait marier performance technologique et harmonie environnementale. En pratique ? Des bulldozers dans le désert, une expropriation massive des populations locales, et des critiques unanimes sur le greenwashing massif qui entoure le projet . C’est dans ce décor controversé que les NEOM Beach Games ont vu le jour, avec une ambition claire : promouvoir l’image d’un royaume en pleine réinvention. Au menu, des épreuves de basket 3x3, de triathlon, de beach soccer, et bien sûr, d’escalade. Mais dès la première édition, l’initiative a laissé un goût amer : les grimpeurs invités se retrouvaient face à un dilemme moral, et les critiques fusaient de toutes parts . Un retour sous tension en 2024 L’année suivante, malgré les appels au boycott et une lettre ouverte signée par des grimpeurs renommés comme Hugo Parmentier et Nolwen Berthier, l’IFSC décidait de rempiler . Une décision incompréhensible pour beaucoup. « Comment peut-on prêter l’image de notre sport à un projet qui incarne l’opposé de ses valeurs ? » s’indignait le collectif ACTS dans une tribune relayée par les médias internationaux. Mais sur le terrain, la compétition de 2024 avait déjà perdu de sa superbe. La liste des participants, d’ordinaire affichée fièrement par l’IFSC, était cette fois restée invisible jusqu’à la dernière minute. Une opacité qui traduisait sans doute une gêne : seuls deux Français étaient présents, et la majorité des grands noms du circuit avaient décliné . En leur lieu et place ? Une poignée de grimpeuses et grimpeurs moins connus, attirés par des primes alléchantes. Pour beaucoup, on imagine que c’était moins un choix de cœur qu’un choix de raison. L’IFSC : un silence assourdissant Lorsqu’on interroge l’IFSC sur la fin des NEOM IFSC Masters, la réponse se veut factuelle : « Les organisateurs de NEOM ont choisi de ne pas planifier une troisième édition. » Une justification lapidaire qui détourne habilement le regard des critiques éthiques et environnementales . Ce silence est devenu une signature pour la fédération. Déjà en 2023, elle avait ignoré les interpellations publiques d’ACTS, préférant, selon le collectif, « faire pression sur les signataires plutôt que de répondre aux critiques ». Pour une organisation qui se targue de « créer un monde meilleur grâce à l’escalade », cette posture divise. Pourquoi NEOM lâche l’affaire ? L'abandon des NEOM IFSC Masters en 2025 soulève de nombreuses questions. Officiellement, cette décision émane des organisateurs. Cependant, plusieurs facteurs pourraient l'expliquer. D'un point de vue financier, organiser un tel événement dans le désert, avec des investissements massifs, s'avérait peu rentable , surtout face à une couverture médiatique largement négative. En 2024, même les médias saoudiens peinaient à dissimuler l'échec de l'événement, marqué par une faible affluence et un désintérêt croissant des sponsors. Les critiques internationales ont également pesé lourd. Des reportages du Wall Street Journal et de la BBC , ainsi que des condamnations par Human Rights Watch , ont mis en lumière les violations des droits humains et les accusations de greenwashing associées au projet NEOM. Dans ce contexte, associer une compétition sportive à une telle initiative devenait une stratégie risquée , même pour une fédération internationale. De plus, le projet NEOM lui-même fait face à des défis majeurs. Initialement prévu pour être achevé d'ici 2030, des responsables saoudiens ont admis que "The Line", une composante clé de NEOM, ne serait pas terminé avant 50 ans . Cette prolongation, combinée à des problèmes financiers et des violations des droits humains, a conduit à des retards et à une réduction de l'ampleur du projet . Ainsi, la non reconduction des NEOM IFSC Masters en 2025 pourrait être le reflet de ces défis, rendant la poursuite de l'événement insoutenable. Un dilemme pour l’escalade de haut niveau Au-delà de NEOM, cette histoire met en lumière un dilemme plus large pour l’escalade de haut niveau : peut-on développer un sport tout en restant fidèle à ses valeurs ? Si les primes des NEOM IFSC Masters étaient parmi les plus élevées du circuit, elles n’ont pas suffi à masquer l’impact symbolique de la participation . « Qu’on le veuille ou non, le sport est politique », martèle Hugo Parmentier. Et de rappeler que l’escalade, sport historiquement ancré dans une relation intime avec la nature, a tout à perdre en se mêlant à des projets comme NEOM. Vers un futur plus éthique ? Avec la fin des NEOM IFSC Masters, une page se tourne. Mais pour l’IFSC, le défi reste entier : comment concilier ambitions de croissance et éthique environnementale ? Certains, comme Mickael Mawem, veulent croire en un rebond. « C’est un sport jeune. Il faut du temps pour construire un calendrier stable et éthique. » D’autres, comme ACTS, continuent d’appeler à une réforme en profondeur, pour que l’escalade retrouve les valeurs qui ont fait son essence . Une chose est certaine : NEOM restera dans l’histoire comme un exemple de ce qu’il faut éviter. Et si la fédération ne prend pas les leçons de cet épisode, elle risque de voir les grimpeurs – et les fans – tourner définitivement le dos à ses initiatives les plus controversées. Ces articles peuvent aussi vous intéresser : Neom Beach Games : l’escalade dans les sables mouvants Qui sont les grimpeurs qui participeront aux Neom Beach Games ? ACTS vs. IFSC : une offensive épistolaire

  • Championnats du Monde d’escalade à Berne : le gouffre financier

    À l'été 2023, les Championnats du Monde d’escalade ont transformé la capitale suisse en une scène sportive internationale. Une fête pour les amoureux de la grimpe, mais une sacrée gueule de bois pour ses organisateurs. La radio suisse alémanique SRF a été la première à lever le voile sur cet épineux déficit, bientôt relayé par d'autres médias. Derrière les cris d’encouragement et les applaudissements, un gouffre financier qui fait tâche dans l’album photo de l’escalade suisse s’est immiscée : un trou financier de 1,8 million d’euros . Que s’est-il passé pour que le Club Alpin Suisse (CAS), pilier vénérable de la montagne, se retrouve à jongler avec un déficit aussi vertigineux ? © Lena Drapella / IFSC Une organisation ébranlée par ses ambitions Le CAS, organisateur en chef, n’avait pas vu venir l’ampleur de la tâche. Selon un rapport interne resté confidentiel, ce n’est pas une faute unique qui explique le fiasco, mais un chapelet d’erreurs . Selon les analyses relayées par SRF, le déficit serait dû à « une combinaison de mauvaises décisions et d’un manque de préparation à un événement de cette ampleur », une synthèse que certains attribuent à l’équipe dirigeante du CAS. Si les détails restent flous, quelques pistes émergent : une planification défaillante, des dépenses mal calibrées, et une gestion trop optimiste. L’aspect financièrement toxique de l’événement a contraint le CAS à puiser dans ses réserves pour éponger la dette . Une manière de sauver les apparences sans demander à ses membres de passer à la caisse. Malgré tout, cet effort financier reste un coup dur pour une association qui joue traditionnellement les premiers de cordée. Une leçon à tirer pour le CAS Face à ce naufrage financier, le CAS n’a pas tardé à réagir. Une commission spéciale, mélange de sagesse alpine et de rigueur comptable, a été mise en place. Cette structure a épluché chaque ligne du bilan et proposé un plan d’action ambitieux : éviter à tout prix que l’histoire ne se répète. Les premiers enseignements ont déjà été partagés avec les sections locales. Parmi les mesures envisagées, une meilleure répartition des responsabilités et une supervision renforcée de la gestion des événements. Mais cela suffira-t-il ? Selon les analyses relayées par la commission spéciale du CAS, il ne s’agit pas seulement de corriger les erreurs, mais aussi de redéfinir une approche pour mieux encadrer de tels événements . Une montée en compétence nécessaire Cet épisode montre à quel point l’organisation d’événements de haut niveau ne s’improvise pas . Même pour une institution aussi respectée que le CAS, le gouffre entre le rêve et la réalité peut s’avérer abyssal. Les compétences requises ne sont pas celles qu’on mobilise pour gérer un refuge ou baliser un sentier. Pour certains observateurs, ce déficit révèle une forme de décalage culturel. Certains pointent que si le CAS excelle dans l’art de la montagne, il n’a pas encore intégré la dimension marketing et logistique nécessaire pour ces événements, un enjeu central pour l’avenir. La suite passera sans doute par des partenariats avec des acteurs spécialisés, capables de transformer une compétition en succès public et financier. Berne 2025 : une revanche prudente Malgré ce revers, le CAS ne se désengage pas totalement des compétitions internationales. En juin 2025, Berne accueillera une étape de la Coupe du Monde de bloc . Mais cette fois, le CAS jouera les conseillers dans l’ombre, laissant la lourde charge organisationnelle à des partenaires externes . Une stratégie qui ressemble à un repli tactique pour préserver son image et ses finances. Pour Bernhard Aregger, directeur général du CAS, cet événement représente une occasion de redorer le blason de l’escalade suisse. Lors d’une déclaration relayée par SRF, il a souligné : « Nous voulons montrer que l’escalade peut continuer à grandir, sans pour autant sacrifier nos principes ». Ce qui, dans le langage feutré des institutions, ressemble à une manière polie de dire : plus jamais ça . Une corde trop tendue L’affaire de Berne 2023 est un électrochoc rappelant que la grandeur a un prix . Vouloir rivaliser avec les plus grands événements sportifs impose des compétences et des ressources que le CAS, avec ses bonnes intentions mais ses moyens limités, ne pouvait mobiliser. Mais tout n’est pas perdu. Si cette déconvenue ébranle la confiance, elle ouvre également une opportunité : celle de construire une approche plus professionnelle, plus collégiale, et surtout, plus alignée sur les réalités du sport moderne. Pour le CAS, l’avenir s’écrira peut-être avec un peu moins de panache, mais avec beaucoup plus de pragmatisme.

  • Briançon remplacée par Madrid : une page se tourne pour la Coupe du Monde IFSC

    Le verdict est tombé, et cette fois, c’est définitif : Briançon, bastion historique de la Coupe du Monde IFSC, disparaît officiellement du calendrier 2025. Le suspense autour de la fameuse date manquante – celle des 18 et 19 juillet – n’aura duré que trop longtemps. Mais au lieu de revenir à ses premières amours alpines, l’IFSC a préféré flirter avec la capitale espagnole, ajoutant Madrid à son circuit. © David Pillet Un secret (pas si) bien gardé Fidèle à ses habitudes, l’IFSC a une nouvelle fois joué les fantômes, actualisant son site web dans une relative discrétion, sans tambour ni trompette, ni même une once de communication officielle. Une annonce comme seule cette fédération sait les faire : invisible à l’œil nu, sauf pour les observateurs les plus aguerris. Et c’est Le Dauphiné qui a repéré le pot aux roses. Résultat : Briançon, après 14 années d’un règne indiscutable sur le calendrier de la Coupe du Monde, voit ses dates historiques offertes sur un plateau à Madrid . Une claque pour les passionnés d’escalade qui espéraient encore un sursaut de l’IFSC pour préserver cette étape emblématique. D’autant que la ville n’avait pas chômé pour rester dans la course : en 2023, elle inaugurait fièrement "Le Nid", un mur flambant neuf conçu pour assoir son statut sur la scène internationale. Ce joyau d’architecture, signé Grégory Poles , allie design inspiré de la canopée et bois locaux, le tout après neuf années de labeur acharné. Mais apparemment, ça n’aura pas suffi. © David Pillet Madrid, nouvelle coqueluche du circuit Pourquoi Madrid, et pourquoi maintenant ? La réponse n’est pas si limpide. L’IFSC, dans sa quête permanente de diversification, semble vouloir rafraîchir son calendrier avec des destinations inédites . Après Curitiba au Brésil et Klagenfurt en Autriche, voilà Madrid, la capitale espagnole, qui entre en scène. Une ville dynamique, cosmopolite, et sans doute capable d’offrir un public large – mais qui n’a ni l’histoire ni l’aura de Briançon. Soyons clairs : Madrid, c’est sexy sur le papier. Mais ce choix laisse un goût amer. Ce n’est pas juste une affaire de dates ou de logistique, c’est une question d’identité. Avec Briançon, on perd une étape qui respirait la montagne, la vraie . Celle où les grimpeurs se retrouvent entre deux cafés en terrasse, où la sueur se mêle à l’odeur des sapins. Avec Madrid, on gagne une autre capitale. C’est bien, mais c’est différent. Une absence lourde de sens Pour Briançon, cette mise à l’écart est plus qu’une défaite symbolique. La ville ne perd pas seulement un événement sportif, mais aussi une part de son âme estivale . Chaque année, des milliers de grimpeurs et passionnés se rassemblaient autour de cette étape, transformant la petite ville en épicentre de l’escalade mondiale. Les retombées économiques et médiatiques étaient bien réelles, tout comme l’effet sur le moral des troupes locales. Aujourd’hui, la décision de l’IFSC ressemble à un mauvais choix stratégique, ou du moins à une incompréhension de ce qui fait vibrer la communauté . Certes, diversifier les étapes est louable, mais faut-il pour autant sacrifier les piliers qui ont fait la grandeur de ce sport ? Clap de fin ou simple entracte ? Alors, Briançon est-elle définitivement rayée de la carte ? C'est bien probable. Mais une chose est certaine : pour 2025, l’étoile alpine s’éclipse au profit d’un soleil ibérique. Reste à savoir si Madrid parviendra à se hisser à la hauteur de son illustre prédécesseur. En attendant, on ne peut que regretter ce qu’on perd : une étape qui avait du caractère, une histoire, et ce petit supplément d’âme qu’aucune capitale ne pourra jamais totalement reproduire. Briançon, on ne t’efface pas, on te regrette. Madrid, sois digne du vide que tu remplis.

  • Team Boulder Arena, l’enfant terrible de l’escalade

    Team Boulder Arena , c’est le sale gosse de l’escalade compétitive. Celui qui débarque sans invitation dans le monde des championnats bien rangés, met les pieds sur la table et te regarde avec un sourire narquois. Là où les autres misent sur les podiums et les classements, le TBA préfère les high fives, les coups de théâtre et une ambiance qui frôle la fièvre. Mais derrière les lumières et les cris, ce rebelle questionne : jusqu’où peut-on grandir sans se trahir ? © Baptiste Varappe Une ambiance qui frôle la folie À Jaurès, les guichets avaient affiché complet bien avant que le premier grimpeur ne chausse ses chaussons . Une salle comble à craquer, où l’ambiance oscillait entre euphorie collective et asphyxie légère. D’un côté, les lumières hypnotiques, une foule qui vibrait à chaque mouvement, et des ascensions transformées en véritables performances scéniques. « C’était électrique, » raconte Julien, qui vient pour la première fois. « On sentait l’énergie brute, personne ne pouvait détourner les yeux. » De l’autre, une promiscuité palpable où chacun trouvait une place comme il pouvait, assis dans un joyeux désordre, tandis que d’autres murmuraient qu’on jouait avec les limites du confort . L’année prochaine, les organisateurs ont prévu de changer de lieu, optant pour un espace plus grand. Une décision pragmatique, mais risquée. « Ce qui fait la magie du TBA, c’est cette intensité, cette proximité, » explique un spectateur habitué. « Trop grand, et on pourrait perdre ce lien unique. » Le TBA grimpe plus haut, mais à quel prix ? Trop d’espace, et le feu qui chauffe les murs pourrait bien se dissiper. Trop de monde, et l’étincelle pourrait s’étouffer. © Baptiste Varappe Un bloc pour tous, tous pour un bloc ? Cette année, pour sa troisième édition, un bloc en particulier a capté tous les regards. Pensé pour être grimpé de la même manière par les hommes et les femmes , il portait une ambition claire : symboliser une certaine idée d’égalité, brute et sans concession. Mais ce choix audacieux a divisé. Lisa, néo-grimpeuse séduite par l’énergie du TBA, applaudit : « C’est génial de voir qu’on peut tous s’attaquer au même défi, peu importe le genre. » Matthieu, grimpeur chevronné, reste plus réservé : « On risque d’aplatir ce qui fait la richesse du sport. Les différences physiques, ça fait aussi partie du jeu. » Ce bloc unique cristallise bien l’esprit du TBA : un terrain d’expérimentation où casser les codes est la règle. Quitte à bousculer les certitudes. Maragda et Matt : une partition bien jouée Pour celles et ceux qui n’avaient pas décroché de billet pour Jaurès, le TBA proposait un live en français et un autre en anglais . Sur le live anglophone, Matt Groom, voix emblématique des JO et de l’IFSC, partageait le micro avec Maragda Gabarre, ouvreuse pour l’IFSC et chez Climbing District Saint-Lazare. Et si son nom ne vous dit rien, il est temps de la découvrir. Maragda, c’est l’art de l’ouverture dans tout ce qu’il a de plus exigeant. Ses créations demandent autant de réflexion que de force, avec ce petit quelque chose de frustrant qui vous accroche. C’est de l’escalade qui raconte une histoire, et si elle vous laisse les bras en feu, c’est que vous avez touché à son essence. © Baptiste Varappe Le Team Boulder Arena : une révolution en marche ? Avec son énergie brute et ses choix assumés, Team Boulder Arena continue de secouer les conventions. Mais à mesure qu’il grandit, le défi devient clair : garder l’esprit turbulent qui fait sa force sans tomber dans le piège de la standardisation . Alors, rébellion durable ou simple feu de paille ? Peu importe. Tant que le TBA continue à faire vibrer grimpeurs et spectateurs, il restera une expérience incontournable. Parce qu’au fond, l’escalade a besoin de ses punks. Et le TBA en est un sacré. Pour aller plus loin, un mini-documentaire qui revient sur les moments marquants de cette troisième édition :

  • L’escalade en zones sauvages : une première victoire législative historique aux États-Unis

    C’est une première historique qui résonne comme un coup de marteau sur un piton bien planté : l’escalade en zones sauvages américaines est désormais protégée par la loi . Après des mois d’incertitudes et de polémiques, deux annonces successives viennent offrir à la communauté grimpeuse un souffle bienvenu. Et pas des moindres : le National Park Service retire un projet de réglementation controversé , et le Congrès adopte une loi majeure pour préserver le droit de grimper. Les ancrages fixes, l’ennemi public ? Mercredi 18 décembre, première bonne nouvelle : le National Park Service renonce à son projet de bannir les ancrages fixes en zones sauvages . Une idée qui aurait pu transformer des falaises mythiques comme celles de Zion ou Joshua Tree en reliques inaccessibles. Plus de plaquettes, plus de spits : autant demander à un alpiniste de gravir l’Everest en espadrilles. Mais c’est le lendemain que tombe la vraie bombe : le Congrès adopte la loi EXPLORE , et avec elle l’amendement Protect America’s Rock Climbing (PARC) . La Chambre des représentants avait déjà voté le texte en avril, mais il restait à convaincre le Sénat – une tâche loin d’être gagnée dans un contexte où la menace d’un shutdown planait comme une ombre. Résultat : un vote unanime. Oui, unanime, dans un Congrès plus habitué à s’écharper qu’à s’entendre. Une victoire sur tous les fronts Que change cette loi ? Tout. Avec le PARC Act , plus aucune agence fédérale ne pourra qualifier les ancrages fixes ou autres équipements comme "installations illégales" en zones sauvages . En d’autres termes, les spits, pitons, et autres sangles peuvent rester accrochés là où ils ont toujours été : sur les falaises. « EXPLORE bénéficie d’un soutien unanime et bipartisan », explique Erik Murdock, directeur adjoint de l’Access Fund. « Ce n’est pas une loi controversée. Elle ne coûte rien au gouvernement – elle permet même de faire des économies. » Un argument qui a porté, mais pas sans effort. Erik Murdock et l’Access Fund n’ont pas ménagé leur peine, multipliant les rendez-vous à Washington. Des figures politiques comme les représentants John Curtis (Utah) et Joe Neguse (Colorado) ou les sénateurs Joe Manchin (Virginie-Occidentale) et Maria Cantwell (Washington) ont été décisifs pour obtenir ce résultat. Le Forest Service à la traîne Mais tout n’est pas encore réglé. Si la loi rend caduque le projet du National Park Service, le U.S. Forest Service n’a pas encore retiré sa propre proposition de restriction sur les ancrages fixes. Une mesure devenue obsolète, certes, mais dont l’abandon officiel reste attendu . Pour Erik Murdock, cette victoire ouvre la voie à un dialogue plus constructif. L’objectif ? Élaborer des politiques de gestion locales qui respectent autant les zones sauvages que les pratiques des grimpeurs. « Nous espérons que cette loi servira de tremplin pour développer une politique solide qui protège à la fois les zones sauvages et l’escalade », déclare-t-il. Une nouvelle ère pour l’escalade Au-delà des aspects juridiques, cette législation marque un tournant culturel. Elle acte une reconnaissance officielle de l’escalade comme une activité légitime , digne de coexister avec la préservation des espaces naturels. Pour des sites emblématiques comme Joshua Tree ou le Black Canyon of the Gunnison, c’est une promesse d’avenir. Reste à voir comment les parcs nationaux et le Forest Service adapteront leurs plans de gestion. Car si cette victoire est un sommet, le chemin est encore long pour garantir des pratiques harmonieuses et durables sur toutes les falaises.

  • Australie : Mont Arapiles, champ de bataille culturel et vertical

    Au sud-est de l’Australie, dans l’État de Victoria, les plaines monotones s’arrêtent net devant un bastion de grès : le mont Arapiles, ou Dyurrite, comme l’appellent les Wotjobaluk, ses premiers gardiens. On y trouve de tout : des fissures exigeantes, des dalles techniques, des toits qui mettent les nerfs à rude épreuve. Mais derrière les lignes dessinées par les grimpeurs, la roche porte aussi les traces d’une histoire millénaire, celle d’un peuple pour qui ce lieu est bien plus qu’une suite de falaises. © Parks Victoria Depuis trois ans, ce paradis de l’escalade australienne est au cœur d’une tension croissante . D’un côté, des grimpeurs attirés par ces parois uniques. De l’autre, les Wotjobaluk, déterminés à préserver un héritage culturel qui dépasse la verticalité. Ici, chaque geste, chaque décision semble peser lourd, et la corde entre les deux mondes est plus tendue que jamais. Les Wotjobaluk, mémoire vive de Dyurrite Les Wotjobaluk, peuple autochtone de l’ouest du Victoria, ne considèrent pas Dyurrite comme un simple relief sur une carte. Ce mont est un témoin de leur histoire, un espace spirituel où la terre et leurs ancêtres se mêlent . Des enquêtes archéologiques récentes ont mis au jour des vestiges d’une valeur inestimable : des arbres à cicatrices, témoins d’un artisanat millénaire ; des outils façonnés, abandonnés sur les lieux mêmes où ils furent utilisés ; des peintures rupestres qui défient le temps. Ces découvertes, discrètes mais omniprésentes, rappellent que chaque pierre de Dyurrite porte une signification. Pour les Wotjobaluk, les grimpeurs ne dégradent pas seulement des sites physiques ; ils empiètent sur une mémoire vivante. Alors, face à l’afflux croissant des amateurs de verticalité, la demande de protection devient pressante. Arapiles : bastion de la grimpe libre Depuis les années 1960, le mont Arapiles est devenu un haut lieu de l’escalade australienne, avec ses 3 000 voies qui attirent grimpeurs de tous niveaux. Des secteurs emblématiques comme Mitre Rock ou The Organ Pipes abritent des lignes techniques et variées, offrant autant d’épreuves pour les débutants que de défis pour les experts. Parmi ces lignes, certaines ont acquis une renommée mondiale. Kachoong (6c), avec son toit suspendu au-dessus du vide, est devenue une icône de l’escalade traditionnelle, un rite de passage pour les amateurs d’audace. À l’autre extrémité du spectre, Punks in the Gym (8b+), libérée par Wolfgang Güllich en 1985, a marqué un jalon dans l’histoire de l’escalade sportive, étant reconnue comme la première voie au monde à atteindre ce niveau de difficulté . Fermetures en cascade C’est dans ce contexte que Parks Victoria, gestionnaire du parc, a lancé son projet de gestion du mont Arapiles. L’objectif : protéger les sites culturels identifiés par les Wotjobaluk. La méthode : fermer 48 % des voies d’escalade . Une mesure qui coupe court à toute subtilité. Pour les grimpeurs, cette décision est un coup de massue. Près de 1400 voies seraient interdites, sans nuance, sans distinction entre les zones réellement sensibles et celles où l’impact est négligeable . Pis encore : aucune consultation initiale n’a été menée auprès des utilisateurs du site. Le message est clair, presque brutal : l’accès n’est plus un droit, mais une tolérance révisable. Un dialogue sous tension Les Wotjobaluk, eux, dénoncent une autre forme de marginalisation. Ils n’ont pas été pleinement associés à l’élaboration de ce projet, et la prolongation de la consultation publique jusqu’en février 2025 est perçue comme un geste vide de sens. Entre grimpeurs frustrés et propriétaires traditionnels en colère, Parks Victoria semble avoir réussi l’exploit de braquer tout le monde . Mais le véritable problème, ici, c’est l’absence de dialogue. Les grimpeurs ne sont pas des ennemis de la culture autochtone. Au contraire, beaucoup sont prêts à respecter ces lieux, pour peu qu’on leur explique leur importance. Les Wotjobaluk, de leur côté, ne rejettent pas la grimpe dans son intégralité, mais demandent qu’on prenne en compte leur perspective. Le terrain d’entente existe. Il pourrait passer par des fermetures ciblées, une meilleure sensibilisation des grimpeurs, et une collaboration plus étroite entre toutes les parties. Mais cela nécessite une volonté réelle de coopération – et de pédagogie. Dyurrite, ou l’art de la tension permanente Le mont Arapiles est bien plus qu’un amas de grès perdu au bout du monde. Il est devenu un symbole, celui d’une cohabitation impossible entre des usages modernes et un héritage immémorial . Mais au-delà des tensions locales, il interroge notre rapport aux espaces naturels : peut-on encore imaginer partager ces lieux sans en sacrifier une partie ? En France, des problématiques similaires émergent. Fermetures de falaises pour raisons écologiques, restrictions pour protéger la biodiversité : partout, la tension monte entre usagers et gestionnaires. Ce que nous enseigne Dyurrite, c’est que la falaise est un miroir de nos contradictions. Grimper, ce n’est pas s’approprier une paroi. C’est dialoguer avec elle. Comprendre son histoire, ses fragilités. Trouver cet équilibre fragile entre liberté et respect. À Dyurrite, ce dialogue est encore à inventer. Mais une chose est sûre : ce ne sont pas les prises qui manquent.

  • Escalade en France : FFME, FFCAM, FSGT – Qui tient la corde ?

    En France, l’escalade rassemble une communauté de 2 millions de grimpeurs. Pourtant, derrière les salles en pleine expansion, les compétitions spectaculaires et les falaises naturelles, peu connaissent réellement les fédérations qui structurent cette pratique . Que ce soit la FFME , la FFCAM ou encore la FSGT , ces organes jouent un rôle essentiel : organiser des compétitions, préserver les sites naturels d’escalade (SNE), former les grimpeurs ou encore défendre leurs intérêts. Malgré leur importance, ces fédérations restent largement méconnues, ou au mieux, perçues comme des entités lointaines . Alors que le sport se transforme sous l’effet de l’escalade indoor et de son entrée aux Jeux Olympiques, un questionnement s’impose : quelles sont leurs missions, et comment s’adaptent-elles à une communauté qui évolue ? Plongée dans l’univers des fédérations françaises pour décrypter leurs rôles et leurs défis. FFME : L’industrielle de l’escalade sportive L’histoire La Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade (FFME), fondée en 1987, est le fruit de la fusion entre plusieurs institutions montagnardes. Mais très vite, elle s’est recentrée sur une mission claire : faire briller l’escalade sportive, que ce soit sur les murs d’entraînement ou sur les podiums internationaux . Missions Les compétitions : Délégataire officielle de l’escalade sportive, la FFME est la seule institution en France à gérer les compétitions de bloc, de difficulté et de vitesse. Elle sélectionne les élites et les prépare pour l’arène mondiale sous l’égide de l’IFSC. Les clubs et la formation : Avec 1 100 clubs affiliés et des milliers de pratiquants, elle forme les entraîneurs, ouvreurs et officiels qui bâtissent la scène compétitive. Les sites naturels : Jusqu’en 2020, la FFME gérait les conventions de nombreux Sites Naturels d’Escalade (SNE). Face au poids juridique et financier, elle a décidé de revoir son modèle, en redistribuant une partie des responsabilités vers les collectivités locales, les associations et, dans certains cas, la FFCAM. Toutefois, la FFME reste engagée, collaborant avec ces acteurs pour garantir l’accès et la préservation des falaises, tout en continuant à investir dans leur entretien. Les chiffres Licenciés : Environ 117 000, une communauté solide mais en léger recul. Clubs : 1 100 clubs, bien implantés dans les grandes zones urbaines et rurales. Forces et limites Forces : Une organisation robuste, structurée et tournée vers la haute performance. Limites : Une image parfois perçue comme éloignée des grimpeurs en falaise et des amateurs de liberté. FFCAM : Les gardiens des sommets L’histoire Héritière directe du Club Alpin Français, fondé en 1874, la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM) est ancrée dans l’histoire des pratiques verticales. Mais ne vous méprenez pas : derrière cette institution vénérable se cache une fédération bien vivante, tournée vers l’avenir. Missions Les Refuges : La FFCAM gère plus de 120 refuges et cabanes, véritables portes d’entrée vers les montagnes. Les SNE : Suite au désengagement de la FFME en 2020, la gestion des falaises naturelles a été redistribuée principalement vers les collectivités locales et les associations (qui peuvent être des clubs de la FFME ou de la FFCAM). La FFCAM s’implique ponctuellement dans certains projets, collaborant avec ces acteurs pour soutenir la préservation et l’accessibilité des sites, mais sans reprendre la gestion globale des SNE. L’outdoor et l’initiation : Avec 445 clubs, la FFCAM forme les amateurs à l’escalade en milieu naturel et propose des activités complémentaires comme l’alpinisme et le ski de randonnée. Les chiffres Licenciés : Environ 115 000, dont 40 % de femmes, une diversité notable. Clubs : 445, principalement orientés vers les amateurs de nature et de pratique traditionnelle. Forces et limites Forces : Une expertise unique en milieu naturel et une communauté soudée autour des valeurs montagnardes. Limites : Une discrétion sur le terrain des compétitions et des pratiques urbaines. FSGT : L’alternative militantiste L’histoire La Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), née en 1934, est profondément ancrée dans les mouvements ouvriers. Mais sous ses airs militants se cache une approche unique de l’escalade : celle d’une pratique collective, accessible et décentralisée. Missions Autogestion des clubs : À la FSGT, les grimpeurs gèrent eux-mêmes leurs clubs, leurs créneaux et même l’ouverture des voies. Cette philosophie d’autonomie tranche radicalement avec les autres fédérations. Accessibilité totale : Avec des tarifs attractifs et un esprit inclusif, la FSGT met un point d’honneur à démocratiser la pratique. Non-compétitivité : Ici, pas de championnats officiels, mais une escalade centrée sur le plaisir et le collectif. Les chiffres Licenciés : Environ 10 000 en France, dont 6 000 rien qu’en région parisienne, où la FSGT est particulièrement active. Clubs : La FSGT couvre 4 200 clubs toutes disciplines confondues, mais le nombre exact d’entités dédiées à l’escalade reste à affiner. Forces et limites Forces : Une vision humaine et conviviale qui attire ceux que les fédérations classiques rebutent. Limites : Une absence totale de reconnaissance compétitive et une visibilité moindre au niveau national. Un système en tension Avec près de 250 000 licenciés cumulés, les fédérations françaises jouent un rôle clé dans la structuration de l’escalade . Mais elles ne représentent qu’une fraction des pratiquants estimés dans le pays, un chiffre qui grimperait à 2 millions de personnes, selon les projections des acteurs du marché. Ce décalage met en lumière un défi de taille : comment ces institutions peuvent-elles rester des référents incontournables alors que les salles privées redéfinissent les codes du sport ? L’explosion des salles d’escalade, qui approchent aujourd’hui les 300 établissements privés en France, a transformé en profondeur la pratique. Pour beaucoup de nouveaux adeptes, l’escalade commence et reste un sport urbain , taillé pour les contraintes modernes. Cette clientèle jeune, mobile et souvent éloignée des valeurs traditionnelles de l’escalade en milieu naturel, bouleverse le rôle des fédérations. Les trois faces d’un même rocher Qu’on cherche à briller sous les projecteurs, à explorer des falaises ou à partager un moment d’effort collectif, l’escalade française offre des options pour toutes et tous . Mais cette diversité, incarnée par les trois fédérations majeures, ne va pas sans défis. Alors que l’internationalisation et l’urbanisation redéfinissent le sport, les fédérations doivent s’adapter, sans oublier ce qui fait vibrer les grimpeurs : un mélange de performance, de liberté et d’humanité.

  • Quand les champions payent la note : l’héritage empoisonné de Berne 2023

    À Berne, l’été 2023 avait des allures de sommet conquis. Les Championnats du Monde d’escalade ont transformé la capitale suisse en un terrain de jeu spectaculaire, attirant les projecteurs du monde entier. Mais une fois les cris d’encouragement dissipés, les organisateurs ont découvert une autre réalité : celle d’un gouffre financier de 1,8 million d’euros. Nous avions déjà abordé ce fiasco financier dans un précédent billet , mais de nouveaux éléments récemment portés à notre attention nous poussent à revenir sur le sujet. Car au-delà des chiffres, ce sont désormais les athlètes suisses qui en paient le prix . Et si les prises ont tenu ce jour-là, c’est leur quotidien qui vacille aujourd’hui, bien malgré eux. C’est Sofya Yokoyama, grimpeuse de l’équipe nationale, qui en parle le mieux. Invitée récemment sur le “ That's Not Real Climbing Podcast ”, un podcast dédié à explorer les dessous de l’escalade de compétition à travers des témoignages, elle a levé le voile sur une réalité bien moins glamour. « Pour les quatre prochaines années, on pourrait devoir financer nous-mêmes certains déplacements et hébergements pour les compétitions, car le budget a été réduit. » En cause : ce fameux dépassement de budget lié aux Championnats du Monde qui oblige aujourd’hui le Club Alpin Suisse (CAS) à rogner sur les frais alloués aux athlètes. Un désastre financier qui se traduit en termes bien concrets et qui pourrait bien devenir la norme. « Cette année, tout était pris en charge, sauf pour Séoul. Pour cette Coupe du Monde, j’ai dû payer mon billet d’avion et mon hôtel. Heureusement, je le savais à l’avance, donc j’ai pu m’organiser. (...) Pour l’année prochaine, je ne sais pas encore exactement comment ça va nous impacter, mais c’est sûr que le budget global a été réduit. » Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut revenir à l’origine de ce trou béant. Les Championnats du Monde de Berne, organisés avec toute l’ambition d’un pays habitué à viser les sommets, ont été un exercice d’équilibrisme. Des dépenses mal anticipées, une planification optimiste et un événement qui a dépassé les moyens du CAS. Résultat : un déficit qui, selon Sofya, s’étalera sur « quatre ans » avant d’être absorbé . Pendant ce temps, ce sont les athlètes qui trinquent. Le contraste est saisissant : le CAS, institution emblématique de la montagne suisse, se retrouve à couper dans le budget des jeunes talents qu’il est censé soutenir. Une situation d’autant plus frustrante que ces mêmes grimpeurs continuent de briller sur les compétitions internationales, portant haut les couleurs d’un pays qui ne leur rend pas toujours la pareille. Sofya ne cache pas son amertume. Pour une athlète qui jongle déjà avec les contraintes d’un sport où les revenus sont rares, c’est une pression supplémentaire. « C’est frustrant parce que ce n’est pas de notre faute. On fait ce qu’on peut pour représenter la Suisse, et maintenant on doit payer des frais qui étaient jusque-là couverts. (...) Heureusement, j’ai pu économiser un peu grâce à des aides passées, mais ce n’est pas viable pour tout le monde. » Et pourtant, la grimpeuse garde le sourire, fidèle à l’esprit de résilience propre aux athlètes de haut niveau. Mais derrière ce calme apparent, c’est tout un modèle qui montre ses limites . Organiser un événement de l’ampleur des Championnats du Monde, c’est jongler avec des compétences logistiques, financières et marketing que le CAS, malgré toute sa bonne volonté, ne maîtrisait manifestement pas. Ce qui devait être une célébration du sport suisse se transforme en une leçon d’humilité pour ses dirigeants. Sofya, elle, continue à grimper. Mais désormais, chaque déplacement, chaque compétition, chaque nuit d’hôtel a un prix. Et dans un sport où la passion ne paie ni les billets d’avion ni les loyers, cette réalité pèse de plus en plus lourd. Pour écouter Sofya Yokoyama en parler directement, retrouvez son interview dans l’épisode dédié du “That's Not Real Climbing Podcast”. Les passages évoqués se situent entre les minutes 42:15 et 43:40.

  • La bataille mentale de Victor Guillermin pour la mythique Avaatara 9a au Liban

    Victor Guillermin, jeune grimpeur français de 18 ans, vient de réaliser l'ascension de la voie légendaire Avaatara 9a au Liban. Ce challenge a été relevé avec brio, malgré des conditions de grimpe difficiles. Mais ce n'était pas seulement un exploit sportif pour Victor, c'était aussi l'opportunité de contribuer au développement de l'escalade au Liban. En partenariat avec Tenaya et Petzl , il a distribué des chaussons et du matériel d'escalade à des jeunes grimpeurs locaux. Avaatara 9a est une voie mythique située près d'un gouffre de 100 mètres de profondeur, ce qui ajoute une dose de stress supplémentaire. Victor a travaillé la voie pendant près de cinq séances avant de trouver la méthode qui lui convient. Enfin, trois jours avant son départ, il réussit l'ascension tant convoitée. C'était un véritable combat mental pour lui, mais une expérience inoubliable. Victor est un grimpeur précoce qui a déjà gravi plusieurs voies prestigieuses à seulement 18 ans. Bien qu'il soit originaire de Normandie, où il n'y a pas de rocher, il s'entraîne dur pour réaliser de nouveaux défis en extérieur. Sa prochaine cible est "Les Yeux Plus Gros que l'Antre" 9a+/b à Russan ou encore "Stoking the fire" 9b à la grotte de Santa Linya. Victor Guillermin est une étoile montante de l'escalade française, et son ascension d'Avaatara 9a ne fait que renforcer cette réputation. Son dévouement envers le développement de l'escalade au Liban est également une preuve de son engagement envers la communauté des grimpeurs. Nous sommes impatients de voir ce que l'avenir lui réserve.

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