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  • Vapor de Black Diamond : Plume sur la tête, béton sous le crâne ?

    Black Diamond repousse encore une fois les limites avec le Vapor, un casque qui semble vouloir défier les lois de la physique. Son argument phare ? Un poids plume qui ferait oublier qu’on le porte. Mais entre la promesse d’une protection optimale et la recherche du gramme en moins, où se situe réellement l’équilibre ? Après l’avoir testé en escalade rocheuse, en glace et en alpinisme, voici le verdict. Un poids record, un confort immédiat Avec 155 g sur la balance en taille S/M, le Vapor est tout simplement l’un des casques les plus légers du marché. Un atout évident pour les grimpeurs et alpinistes qui passent des heures sous un casque et cherchent à oublier sa présence. Climbing Gear Reviews parle d’un modèle « ultra-confortable, bien ventilé, et qu’on ne sent presque pas ». Et c’est vrai. Au point que, plus d’une fois, je me suis retrouvé derrière le volant de la voiture avant de réaliser que je portais encore le casque. Si ce n’est pas la preuve ultime qu’il se fait oublier… Ventilation et ajustement : le minimalisme à son paroxysme L’une des forces du Vapor, c’est sa ventilation. Avec ses larges ouvertures, l’air circule parfaitement et évite l’effet sauna sous le casque. Un plus indéniable en paroi, sauf quand des petits cailloux ou des cristaux de glace décident de s’y faufiler. Côté ajustement, Black Diamond opte pour un système de réglage ultraléger, à la fois précis et discret. Mais Climb GB et plusieurs utilisateurs sur Mountain Project relèvent que le mécanisme a tendance à se desserrer légèrement au fil du temps. Lors des tests, rien de dramatique, mais mieux vaut vérifier son serrage avant de partir en longueur ou en couloir. Légèreté rime-t-elle avec fragilité ? C’est le point qui divise : en cherchant à gratter du poids, Black Diamond a dû rogner sur la robustesse. La coque en polycarbonate protège efficacement des chocs verticaux, mais la structure en mousse EPP/EPS reste fine et sensible aux coups. Sur les forums, plusieurs grimpeurs évoquent des bosses et fissures après quelques mois d’utilisation. Sur le terrain, après une bonne vingtaine de sorties, rien à signaler pour ma part, mais le casque est toujours resté précautionneusement rangé au sommet du sac. Si vous avez tendance à balancer votre matos à la va-vite dans le coffre après une course, ce n’est peut-être pas le modèle pour vous. © Vertige Media Verdict Le Black Diamond Vapor est un casque exceptionnel pour ceux qui veulent la légèreté avant tout. Ultra-confortable, bien ventilé et agréable à porter, il se fait oublier… parfois un peu trop. Mais cette légèreté a un prix : il est moins robuste que d’autres modèles, et demande une attention particulière pour durer. Si vous êtes soigneux et que vous recherchez un casque pour des performances maximales en grande voie, en glace ou en alpinisme, c’est un excellent choix. Si vous voulez un modèle plus robuste à tout faire, d’autres alternatives existent. Caractéristiques techniques Type : Casque d'escalade ultraléger Poids : 155 g (taille S/M) Matériaux : Polycarbonate + mousse EPP/EPS Système d'ajustement : Cordon ultraléger Ventilation : Ouvertures multiples pour aération maximale Prix : 103.90 € Disponibilité : Vapor Helmet - Black Diamond - En vente sur le site de Snowleader. Toute notre sélection de matériel à retrouver ici.

  • Terminator de Black Diamond : Précision extrême ou doigts gelés ?

    Black Diamond promet avec les Terminator un gant taillé pour l’escalade sur glace et l’alpinisme technique. Un modèle pensé pour maximiser la dextérité, au point de faire oublier qu’on le porte… mais est-ce au prix de la chaleur ? Après les avoir testés lors de l’ICE Climbing et en croisant les retours de la communauté, voici le bilan. Une coupe pensée pour la grimpe Première impression en enfilant les Terminator : on sent tout, et c’est clairement l’objectif. Grâce à une coupe pré-incurvée et une paume en cuir de chèvre, la prise en main du piolet est immédiate. UK Climbing souligne que ces gants offrent un excellent grip et une grande précision sur les lames et mousquetons. Sur le terrain, même constat. Que ce soit pour clipper une dégaine, ajuster une broche à glace ou resserrer une sangle, on ne lutte pas contre une surcouche rigide ou un volume excessif. Mais forcément, cette finesse implique des compromis… Chaleur : plus dynamique que statique Avec seulement 40 g d’isolation Thinsulate™, Black Diamond a clairement privilégié la mobilité à l’isolation pure. Si certains mentionnent en ligne que ces gants sont parfaits en action, mais que le froid peut s’installer dès qu’on reste statique. Sur le terrain, on a surtout constaté l’inverse. Lors des passages les plus physiques en glace raide, la chaleur monte vite. Il m’est même arrivé de les retirer en plein couloir pour ventiler un peu, preuve qu’ils tiennent bien la cadence en effort intense. Par contre, difficile de dire si l’attente prolongée les rendrait moins efficaces : les pauses ont été trop courtes pour que le froid ait vraiment eu le temps de s’installer. Bref, les Terminator sont des gants faits pour bouger. Si vous prévoyez d’enchaîner les longueurs ou d’attaquer une face bien physique, ils seront parfaits. Mais pour les longues phases d’attente au relais ou un bivouac enneigé, une paire plus isolante en complément peut être une bonne idée. Imperméabilité : efficace mais pas infaillible Les Terminator intègrent une membrane BD.dry™, annoncée comme imperméable et respirante. Globalement, elle fait le taf : après plusieurs heures en glace vive et quelques passages dans de la neige bien humide, l’intérieur est resté sec. On note tout de même que la fine couche d’isolation absorbe l’humidité au fil du temps, et qu’une exposition prolongée dans la neige peut finir par laisser passer le froid. Un ressenti après une course d'alpinisme : les gants ne sont pas trempés, mais une légère sensation d’humidité apparaît en fin de journée. Durabilité : solides. Après plusieurs jours d’utilisation, aucune trace d’usure visible, ce qui est un bon point vu la finesse du gant. Mais soyons clairs : ce n’est pas un modèle conçu pour tailler des marches dans la glace ou manipuler du matériel ultra abrasif à longueur de journée. Verdict Le Black Diamond Terminator est un gant parfait pour les grimpeurs qui recherchent avant tout de la précision. Ultra-maniable, adhérent et bien ajusté, il excelle en cascade de glace et en alpinisme technique où la dextérité est primordiale. Caractéristiques techniques Type : Gants d’escalade sur glace et d’alpinisme Poids : 128 g (la paire) Matériaux : Membrane BD.dry™, isolation Thinsulate™ 40 g, paume en cuir de chèvre Tailles : S, M, L, XL Prix : Environ 62.90 € Disponibilité : Terminator Gloves Black - Black Diamond - En vente sur le site de Snowleader. Toute notre sélection de matériel à retrouver ici.

  • Everyday Fleece Gloves de Black Diamond : Chaudement recommandés ou pas ?

    Black Diamond propose avec les Everyday Fleece Gloves un gant simple, léger et polyvalent, conçu pour affronter les températures fraîches du quotidien. Un modèle qui joue la carte du confort et de la praticité, mais est-il à la hauteur lorsqu’il s’agit de véritable protection ? Après les avoir testés en ville, en randonnée et lors de quelques sorties plus engagées, voici le bilan. Chaleur : efficace, mais avec des limites Fabriqués en polaire double-face 100 % polyester recyclé, les Everyday Fleece Gloves offrent un toucher doux et un confort immédiat. Leur légèreté permet une bonne respirabilité, idéale pour des températures autour de 5°C. En clair : parfaits pour un départ matinal ou une courte session, mais si le thermomètre chute, il faut basculer sur une paire plus isolante. Confort et prise en main : un plaisir au quotidien La souplesse du tissu et la paume en suède synthétique assurent une bonne adhérence. Que ce soit pour tenir un guidon de vélo, porter un sac ou manipuler un smartphone, les Everyday Fleece Gloves s’en sortent bien. Le pouce et l’index sont compatibles avec les écrans tactiles, ce qui est un vrai plus pour éviter de se geler les mains à chaque notification. Une compatibilité qui n’est pas parfaite sur tous les modèles de téléphone, surtout en cas d’humidité. Usure et durabilité : une belle surprise On pourrait croire que leur finesse les rend fragiles, mais après plusieurs jours d’utilisation en extérieur, aucun signe prématuré d’usure. Un constat agréable pour une paire aussi fine. Attention cependant : ce ne sont pas des gants techniques. Pour des activités plus abrasives comme l’alpinisme ou la cascade de glace, mieux vaut se tourner vers un modèle renforcé. Verdict Les Everyday Fleece Gloves sont une valeur sûre pour les sorties par temps frais et les activités du quotidien. Légers, confortables et bien pensés, ils remplissent leur mission tant qu’on reste dans leur zone de confort. Mais ce ne sont pas des gants pour l’hiver rigoureux ou les conditions extrêmes. Pour de longues périodes au froid ou en montagne, mieux vaut prévoir un modèle plus épais. Caractéristiques techniques Type : Gants légers en polaire Poids : 50 g la paire Matériaux : Polaire double-face 100 % polyester recyclé Renforts : Paume en suède synthétique Compatibilité : Écrans tactiles sur le pouce et l’index Température idéale : 0 à 7°C Tailles : XS à XL Prix : 30 € Disponibilité : Everyday Fleece Gloves - Black Diamond - En vente sur le site de Black Diamond. Toute notre sélection de matériel à retrouver ici.

  • V15 MagnetiK de i'bbZ : Enfin un sac à magnésie bien pensé ?

    i'bbZ propose avec le V15 MagnetiK un sac à magnésie qui mise sur un design innovant et une utilisation pratique. Avec son ouverture magnétique et son format compressible, il entend faciliter l’accès à la magnésie tout en évitant les fuites intempestives. Mais qu’en est-il sur le terrain ? Testé en bloc et en falaise, voici notre retour. Un système magnétique vraiment malin La particularité du V15 MagnetiK, c’est son système d’ouverture et de fermeture automatique. Grâce à des aimants en néodyme, il suffit de glisser la main pour que le couvercle en néoprène s’ouvre et se referme aussitôt. Pas de cordon à tirer, pas de magnésie qui s’échappe par accident. Ce système fonctionne bien en usage classique, même en le bousculant sur un crash-pad, et il reste facile à manipuler d’une seule main. C’est un vrai plus, et cela ne demande aucun temps d’adaptation par rapport à un sac plus classique. Autre atout du V15 MagnetiK : il se compresse à plat lorsqu’on ne l’utilise pas, un bon point pour le transport. Il reprend sa forme dès qu’on le sort du sac, et sa base large assure une bonne stabilité au sol, utile en bloc. Matériaux et durabilité : du solide Le choix des matériaux est soigné : ripstop léger et résistant à l’extérieur, polaire douce à l’intérieur pour bien retenir la magnésie, et néoprène souple pour l’ouverture. Après plusieurs sessions, aucune usure prématurée à signaler. Le système magnétique semble robuste, et contrairement à ce qu’on pourrait craindre, les aimants ne risquent pas de faiblir avec le temps. Reste à voir leur tenue après plusieurs mois d’usage intensif. Verdict Le V15 MagnetiK de I'ibbZ est un sac à magnésie bien conçu, pratique et fonctionnel, avec une approche très différente des modèles classiques. Ce n’est pas un indispensable, mais pour ceux qui veulent un sac bien pensé et éviter les pertes intempestives de magnésie, c’est une option intéressante. Caractéristiques techniques Dimensions : Ouvert : 19 cm x 19 cm ; Fermé : 19 cm x 4 cm Poids : 220 g Matériaux : Extérieur : Ripstop ultraléger et résistant Intérieur : Polaire douce Couvercle : Néoprène avec aimants en néodyme Fermeture : Boucle en aluminium Prix : 36,95 € Disponibilité : V15 MagnetiK - i'bbZ - En vente sur le site de Au Vieux Campeur Toute notre sélection de matériel à retrouver ici.

  • Veste Serratus d’Arc'teryx : le vent dans le dos, les idées claires

    Il existe deux sortes de vestes : celles qu’on choisit pour leur polyvalence discrète, capable de passer incognito de la terrasse parisienne au pied des falaises, et celles qui annoncent clairement leur programme dès l'enfilage. La veste Serratus appartient sans hésitation à cette seconde catégorie. Arc’teryx a conçu cette softshell pour ceux qui grimpent sérieusement, en assumant à fond son caractère alpin. On l’a testée sur le terrain pour voir si elle tient sa promesse. Une coupe pensée pour bouger (et grimper) Soyons clairs : la veste Serratus n’est pas ta veste de ville camouflée en vêtement technique. Sa coupe est volontairement ample, mais pas au point de flotter inutilement. Une polaire s'y glisse naturellement, les mouvements restent libres même quand on étend les bras pour clipper en bout de corde. Finis les poignets découverts et le bas de veste qui remonte jusqu'au nombril au moindre geste vertical. La capuche, compatible casque, est efficace : elle s'ajuste parfaitement sans gêner la vision périphérique. Ça paraît anecdotique, jusqu’à ce que tu te retrouves sur une arête venteuse, à devoir gérer le vide en dessous et la météo au-dessus. Même les grimpeurs aux épaules larges, forgées par des séances de bloc répétées, apprécieront le confort. Les manches longues couvrent largement les poignets, un détail précieux quand tu sens le froid glisser insidieusement sous les gants à l'aube d'une grande voie matinale. La ventilation intelligente (ce n’est pas du marketing) La véritable prouesse de cette veste, c’est sa construction hybride très maîtrisée. Deux tissus distincts sont utilisés avec pertinence : le Fortius DW 2.0 là où l’abrasion et le vent font des dégâts (épaules, bras), et l’Aequora AirPerm™ là où ton corps réclame une ventilation maximale (aisselles, dos). Sur le terrain, la différence est sensible. Quand le soleil cogne au relais, tu ressens immédiatement que ça circule mieux. Pas de surchauffe subite qui transforme ton relais en sauna vertical. Mais attention, la Serratus ne se prétend jamais étanche : elle bloque le vent sec efficacement, mais ne te protégera pas d’un déluge. Minimaliste mais juste Arc'teryx a fait le pari de la simplicité fonctionnelle. Deux grandes poches accessibles même avec baudrier chargé, capuche StormHood™, zip double sens, poignets velcro : l’essentiel est là. Mais pour ceux qui aiment accumuler les gadgets, la veste pourrait sembler spartiate. Pas de poche intérieure pour ranger le téléphone, pas de zips de ventilation sous les bras. Mais c’est précisément cette sobriété qui fait son intérêt : une veste alpine qui assume ses choix techniques sans vouloir satisfaire tout le monde. Évidemment, en cherchant bien… On pourrait toujours espérer quelques détails supplémentaires : Une poche Napoléon histoire de sortir facilement la compote pendant la marche d'approche. Une poche intérieure filet pour glisser les gants ou garder le portable au chaud. Un réglage de capuche plus intuitif, surtout quand tu manques de sommeil et que tu te débats avec tes gants au relais. Mais au fond, ajouter ces petits détails reviendrait sans doute à sacrifier cette simplicité radicale qui fait justement son charme. Verdict : La veste qui connaît son terrain La veste Serratus ne ment jamais sur ses intentions. C’est une veste technique dédiée à l’alpinisme et à l’escalade, sans ambiguïté. Elle ne cherche pas à séduire les urbains en quête de style outdoor, ni à flatter ceux qui ne grimperont jamais plus haut qu'une terrasse ensoleillée. Elle fait exactement ce qu'on attend d'elle en montagne : coupe-vent efficace, protection intelligente, liberté totale de mouvement. Un rappel bienvenu que chez Arc'teryx, on fait encore des vestes pour grimper, pas juste pour s’asseoir en terrasse. Ce test n’a pas été rémunéré. Arc'teryx nous a simplement envoyé la veste pour recueillir notre avis sincère. On l’a testée sans autre obligation que celle d’être honnêtes. Disclaimer Petite précision importante : Arc’teryx ne nous a pas rémunérés pour rédiger ce test. Ils nous ont simplement envoyé la veste Serratus pour voir ce qu’on en pensait vraiment, loin des discours officiels. Alors on l’a emmenée là où elle était censée aller : en grande voie, en altitude, au relais dans le vent frais du matin. Et franchement, on n’aurait pas été contre prolonger encore un peu l’expérience. Fiche technique Poids : 430 g (taille M) Tissus : Fortius™ DW 2.0 + Aequora AirPerm™ Traitement : DWR sans PFAS Capuche : StormHood™, compatible casque Poches : Deux poches haut placées, compatibles harnais Tailles : XS à XXL Prix : 350 € sur le site de la marque Idéale pour : escalade alpine, grandes voies, dry tooling, grimpe par temps froid mais sec

  • Les replays des conférences du Salon de l'Escalade sont enfin disponibles !

    Paris, Porte de Versailles, Salon de l'Escalade 2025 . Des stands, des crashpads, des discussions animées dans les allées, et surtout, des conférences qui ont secoué les neurones autant que les avant-bras . Cette année, Vertige Media était aux commandes du programme des débats . Résultat ? Une avalanche de questions qui fâchent, de sujets qui grattent et de punchlines bien placées. Vous avez raté une conf ? Vous voulez revivre cette pépite où Alain Robert envoie valser la gravité ou où Emmanuel Faber relie management et escalade comme un pas de bloc bien senti ? Pas de panique, on a tout mis en boîte . Un programme qui cogne (et qui questionne) De l’éthique du free solo aux dessous pas toujours glorieux du rééquipement des falaises, des défis du féminisme dans la grimpe à la cohabitation (parfois houleuse) avec la biodiversité, ces conférences ont creusé bien plus loin que la profondeur d’une réglette. Les replays sont dispo, servez-vous : 🧗 Les dessous des rééquipements de nos falaises  – Goujons, scellements et autres réjouissances : qui décide où on met les points ? Avec Sandrine Van Landeghem (Directrice Activités et Sites Naturels FFME) 🎭 Free Solo : entre défi ultime et responsabilité éthique  – Funambules de la verticale ou crash-test en puissance ? Avec Alain Robert (Légende), Catherine Destivelle (Légende) et Alexis Landot (Urban Freesolo Climber) Pour aller plus loin : Mythe de l'équipement : Les goujons sont-ils toujours fiables ? Des reliques dangereuses : le Mercantour, un terrain miné pour les grimpeurs La FFME équipe Rabiosa, une grande voie de 900m au Brésil Pour aller plus loin : Seb Bouin et le free solo : malaise Total ? "Il était une fois l’escalade", la BD de Catherine Destivelle Alain Robert récidive : Nouvelle conquête de la GT International Tower en free solo Sous les pavés, les hauteurs : Alexis Landot, grimpeur urbain en quête de sens 🌿 Comment cohabiter avec la biodiversité ?  – Quand le rocher n’appartient pas qu’aux grimpeurs. Avec Eline Le Menestrel (RockClimber - Planet Activist), Nolwen Berthier (Co-fondatrice Collectif Mission:Possible) et Gaétane Potard (Consultante sport de nature et environnement) Pour aller plus loin : Vers un nouveau modèle de coexistence avec la nature : Entretien avec Nolwen Berthier Escalade : Éline Le Menestrel, la grimpeuse qui refuse de prendre l’avion Oh My Bloc ! L'événement escalade durable à Milly 🌍 Escalade et intégration : L’équipe des réfugiés vers les JO  – Du précipice de l’exil au sommet de la compétition. Avec Afraa Mohammad (Athlète), Paola Gigliotti (Membre honoraire de l’IFSC) et Alain Carrière (Président FFME) Pour aller plus loin : Réfugiée, apatride, athlète : Mon combat pour l'inclusion dans l'escalade 💊 L’escalade sur ordonnance : un remède pour le corps et l’esprit  – Grimpez, c’est bon pour la santé (scientifiquement prouvé). Avec Fadl Moudni (Médecin du Sport), Sébastien Kuehn (Directeur technique MBS) et Bassa Mawem (COO et expert escalade MBS) Pour aller plus loin : Le Footing Vertical : Une révolution pour rendre l'escalade accessible à tous 📈 Escalade et leadership : La résilience au sommet  – Ce que les grands patrons devraient apprendre des grimpeurs (indice : tomber et recommencer). Avec Emmanuel Faber (Auteur et Chair ISSB) ♀️ Féminisme et escalade : casser les plafonds de verre  – Parce que la perf n’a jamais été qu’une histoire de biceps. Avec Aurélia Mardon (Sociologue), Caroline Ciavaldini (Athlète) et Sophie Berthe (Activiste) Pour aller plus loin : Aurélia Mardon : Prendre de la hauteur – Quand l'escalade en salle forge le genre à l'adolescence Grimpeuses, l'événement raconté par Coralie Portrait d'une activiste de l'escalade : Sophie Berthe 🎬 Le film d’escalade : rêve ou mirage financier ?  – Pourquoi Hollywood préfère encore les dinosaures aux grimpeurs. Avec Miguel Baudin (YouTuber) Pour aller plus loin : Kayoo TV : La chaîne YouTube des amoureux de la grimpe ⛑️ Un casque, une vie : récit d’un accident  – Un rappel (sans jeu de mots) sur la fragilité du vertical. Avec Lucille Bolomey (Athlète) Pour aller plus loin : Un casque, une vie : récit d’un accident 🎭 L’escalade, une pratique en croissance, bonne ou mauvaise nouvelle ?  – Quand la popularité d’un sport devient un casse-tête pour les sites naturels et les salles. Avec Lucien Martinez (Rédacteur en Chef de Grimper) et Gilles Rotillon (FSGT) Pour aller plus loin : Lucien Martinez, Rédacteur en Chef de Grimper, à cœur ouvert 📜 Femmes alpinistes, les grandes oubliées de l’histoire  – De pionnières invisibilisées aux grimpeuses d’aujourd’hui, une autre lecture de l’alpinisme. Avec Stéphanie Agresti (Autrice) et Blaise Agresti (Auteur) Pour aller plus loin : Une histoire de l'alpinisme au féminin : justice pour celles qu’on a oubliées 🕺 Danse escalade – Vers une autre manière de grimper  – Quand l’escalade devient mouvement artistique et dialogue avec la danse. Avec Antoine Le Menestrel (Artiste) et Ivan Le Pays (Artiste) Pour aller plus loin : "Emprises", l’escalade en sculpture, de Fontainebleau à Bastille par Ivan Le Pays Petite métaphysique de la grimpe avec Antoine Le Menestrel "Le Folambule" : Antoine Le Menestrel, entre escalade et danse 🦾 Para-escalade et non-para : même combat ?  – Quels ponts entre l’escalade valide et la para-escalade ? Entraînements, défis, inclusion : on en parle. Avec Mélissa Césarone (Athlète), Hélène Lerouge (CTN Référente Para Escalade FFME) et Aristotelis Liontos (Entraîneur National) Pour aller plus loin : Para-escalade : Mélissa Cesarone expose les failles d'un sport en quête d'inclusion À la rencontre d'un duo inspirant : Mélissa et Aristote L'escalade para intégrée aux Jeux paralympiques de 2028 à Los Angeles ⚖️ Escalade : Un sport de gauche ?  – Démocratisation, inclusion, valeurs militantes : la grimpe est-elle politiquement marquée ? Avec Yves Renoux (Formateur FSGT) et Clothilde Sauvages (Créatrice du podcast Vent Debout) Pour aller plus loin : L'escalade, un sport de gauche ? Maurice Latapie, entre pédagogie sauvage et autogestion L'alpinisme populaire et l'escalade : Une histoire de démocratisation du sport 💪 Récupération et optimisation : Le secret des grimpeurs  – De la gestion des blessures à la nutrition, comment durer en escalade ? Avec Edwin Gaufres (Physiothérapeute | Coach | Nutrition), Caroline Milenkovic Messin (Nutritionniste) et Héloïse Doumont (Athlète) Pour aller plus loin : Interview - La nutrition au service de la grimpe avec Caroline 🎤 La non-conférence d’Alain Robert  – Pas de plan, pas de slides, juste des histoires de grimpe et d’adrénaline. Avec Alain Robert (Légende) À voir, revoir et partager Les replays, c’est comme un bon topo : on les consulte, on les annote, et surtout, on les passe aux copains. Alors prenez de quoi vous poser, attrapez un café, et laissez-vous embarquer dans ces échanges où l’escalade se pense autant qu’elle se pratique. 👉 Lien vers la page des vidéos

  • Dégaine tombée, dégaine foutue ? Plongée dans un mythe bien accroché

    Il y a des lois tacites en escalade, des vérités murmurées de baudrier en baudrier, transmises avec la solennité des grandes leçons de vie : "Ne grimpe jamais avec une dégaine tombée." Un simple choc suffirait à créer une microfissure invisible à l’œil nu, traîtreuse et insidieuse, qui transformerait ton mousqueton en bombe à retardement. © Hard is easy Une règle simple, pratique, qui ne laisse pas place au doute. Trop simple, peut-être ? Parce qu’à force de ne jurer que par les certitudes, on finit par oublier de poser la question qui pique : est-ce que c’est vrai ? La chaîne Hard Is Easy a décidé de trancher le débat. Et au lieu d’y aller à coups d’opinions de comptoir et de "j’ai entendu que", ils ont sorti l’artillerie lourde : tests de chute, analyses en laboratoire, simulations de charge extrême, consultation d’experts en métallurgie. Résultat : une enquête aussi passionnante qu’inattendue. Le test des cœurs fragiles : largage de dégaines à 100 mètres Premier round : du concret. Faire tomber des dégaines pour voir ce qu’elles deviennent. Mais pas juste d’un relais au hasard, non. Ici, on pousse le concept à fond avec des lâchers méthodiques de 50, puis 100 mètres de haut sur une surface dure. Un impact digne des pires scénarios. Et là, premier hic. Les dégaines, censées plonger droit comme un parpaing et exploser à l’impact, ont d’autres plans. Elles planent. Elles virevoltent comme des feuilles mortes, amortissant d’elles-mêmes leur chute. Résultat : elles touchent le sol, rebondissent, se rayent un peu, parfois se tordent… mais ne cassent pas. Pas une seule fois. Et la microfissure invisible, alors ? C’est l’étape suivante : direction un scanner à tomographie assistée par ordinateur, une machine capable de fouiller l’intérieur du métal au micron près. L’objectif : dénicher la moindre fissure sournoise. Résultat ? Zéro. Rien. Nada. Les mousquetons sont intacts en profondeur. Le test ultime : 5 000 cycles de charge pour voir où ça lâche D’accord, ils n’ont pas cassé sur l’instant. Mais la vraie menace, c’est la fatigue du métal : une faiblesse qui s’installe progressivement avec le temps et les chocs répétés. Pour tester ça, passage dans une machine infernale qui reproduit des chutes réelles par milliers. 5 000 cycles de charge brutale. Si une fissure cachée devait s’agrandir et trahir la structure, c’est ici qu’elle parlerait. Mais toujours rien. Les dégaines malmenées encaissent l’intégralité du test sans céder. Pire encore : certains mousquetons cabossés ont résisté mieux que les neufs. Pourquoi ? Effet de durcissement du métal sous contrainte. Plus un mousqueton est sollicité dans ses limites, plus il devient résistant. Ironie du sort : les coups durs, ça forge. Alors, danger réel ou psychose collective ? Le verdict est sans appel : une dégaine ne casse pas parce qu’elle est tombée. Ce qui abime un mousqueton, c’est une usure prolongée, des entailles profondes, un doigt de mousqueton qui ne fonctionne plus correctement. En clair : ce n’est pas la chute qui compte, mais ce qui se passe après. Est-ce que ça veut dire qu’on peut balancer ses dégaines du haut des voies juste pour le fun ? Évidemment pas. Mais ça veut dire que la panique irrationnelle autour des chutes des dégaines est exagérée. La vraie règle d’or ? Inspecter. Une rayure, un choc visuel ? Pas dramatique. Une fissure visible, une usure anormale, un mécanisme qui ne ferme plus bien ? Là, oui, on remplace. L’enquête ne dit pas qu’il faut tout relativiser, mais qu’il faut regarder au bon endroit. Le danger ne vient pas du mystique, de la légende transmise sans preuve. Il vient de l’oubli, de l’usure qu’on ne surveille pas, du contrôle qu’on néglige. Alors, la prochaine fois que quelqu’un te sort l’histoire de la microfissure spontanée, demande-lui combien de cycles de charge il a testés avant d’affirmer ça. Pour visionner la vidéo en entier :

  • Dave MacLeod : détricoter les mythes des suppléments pour grimpeurs

    Les grimpeurs modernes aiment leurs gadgets : baudriers ultralégers, chaussons à la pointe de la technologie, et bien sûr, ces fameux shakers qui promettent force et récupération à chaque gorgée. Mais dans cet océan de poudre et de marketing, que reste-t-il vraiment d’utile ? Pour Dave MacLeod, grimpeur de légende et esprit rigoureux, la réponse est claire : pas grand-chose. Dans sa vidéo "The Ultimate Climbing Supplement Tier List", il démonte une à une les fausses promesses des suppléments et propose une hiérarchie basée sur la science, son expérience personnelle, et une bonne dose de pragmatisme. Avec une carrière qui conjugue performances en escalade extrême et diplômes en sciences du sport et nutrition, MacLeod ne se laisse pas duper par les slogans accrocheurs. Son credo ? Rien ne vaut une alimentation équilibrée, et les suppléments ne devraient être qu’une roue de secours, jamais une béquille. Retour sur ses conclusions, enrichies de données et de perspectives. 1. Protéines : la whey brille, mais gare aux abus « La whey est un excellent supplément... si vous en avez besoin. » Voilà comment MacLeod introduit cette star des shakers. La protéine de lactosérum, réputée pour sa richesse en acides aminés essentiels, est idéale pour compléter un régime alimentaire pauvre en protéines. Mais pour MacLeod, qui consomme entre 120 et 150 grammes de protéines par jour via son alimentation, la whey est superflue : « Je n’en prends pas parce que j’en ai déjà assez dans mon régime alimentaire. » Et les protéines végétales ? Elles ont leur place dans le classement, mais uniquement sous leur forme mélangée (comme les poudres de plusieurs sources végétales combinées). « Une protéine végétale mélangée peut être aussi bonne que la whey, mais ce n’est pas le cas si vous vous contentez de manger les aliments bruts. » En clair, la biodisponibilité des protéines végétales reste un défi, sauf dans des formes isolées ou concentrées. Conclusion ? Si votre régime est équilibré, ni la whey ni les protéines végétales ne sont nécessaires. Mais pour les grimpeurs ayant du mal à structurer leur alimentation, ces suppléments peuvent faire la différence. Encore faut-il les choisir judicieusement. 2. Collagène et BCAAs : entre hype et réalité scientifique Le collagène, souvent plébiscité pour renforcer tendons et articulations, n’obtient pas la bénédiction de MacLeod. « Ce n’est pas une protéine de grande qualité, » explique-t-il. Riche en glycine et en proline, mais pauvre en acides aminés essentiels comme la leucine, le collagène manque d’arguments pour convaincre. La science, bien que prometteuse sur certains points, reste floue sur son efficacité à long terme. Quant aux BCAAs, ces acides aminés à chaîne ramifiée, leur réputation est également remise en question. « Il vaut mieux consommer une protéine complète avec tous les acides aminés essentiels, » tranche MacLeod. Des études plus récentes montrent que les BCAAs ne sont pas aussi efficaces qu’on le pensait, notamment lorsqu’ils sont pris isolément. En résumé, ces deux produits jouent davantage sur leur aura marketing que sur une réelle valeur ajoutée, surtout si votre régime alimentaire est déjà riche et varié. 3. Créatine : l’exception qui confirme la règle Si un supplément trouve grâce aux yeux de MacLeod, c’est bien la créatine. « Elle dispose d’une solide base de recherche montrant des effets positifs pour de nombreux athlètes, » affirme-t-il. En escalade, son principal atout réside dans sa capacité à faciliter des efforts répétés de haute intensité, ce qui peut s’avérer utile en entraînement. Mais les surprises ne s’arrêtent pas là : « La créatine a également des effets prouvés sur la mémoire, l’humeur et la performance cognitive. » Un avantage souvent ignoré dans le milieu sportif. Pourtant, MacLeod lui-même ne la consomme pas, estimant que son régime riche en viande rouge lui fournit déjà une dose naturelle suffisante. Pour les végétariens et vegans, en revanche, il la considère comme essentielle, notamment pour compenser leur déficit naturel en créatine alimentaire. 4. Les pièges marketing : AG1 et Red Bull sous la loupe Certaines marques, comme AG1, surfent sur la vague des « superaliments » pour vendre leurs produits à prix d’or. Mais MacLeod reste sceptique. « AG1 ne contient ni fer ni vitamine D, pourtant deux des carences les plus courantes dans le monde. » En d’autres termes, pourquoi payer une fortune pour un produit qui pourrait être remplacé par un multivitamines basique coûtant cent fois moins cher ? Même sort pour les boissons énergétiques comme le Red Bull. « C’est du sucre pur qui remplace des aliments denses en nutriments dans votre régime. » Bien que populaires pour leurs effets rapides, ces produits contribuent à déséquilibrer le régime à long terme, tout en masquant les véritables besoins nutritionnels. 5. La leçon de MacLeod : retour à l’essentiel Au-delà des suppléments, MacLeod prône un retour à une alimentation simple, mais efficace. Œufs, viande rouge, poisson gras, légumes frais : voilà, selon lui, la base d’une diète qui répond à la plupart des besoins. Ses seuls suppléments personnels ? La vitamine D, incontournable dans les pays peu ensoleillés comme l’Écosse, et les oméga-3, qu’il prend sous forme d’huile de poisson en raison de son allergie aux produits de la mer. Pour MacLeod, les suppléments ne doivent jamais remplacer une alimentation de qualité, mais simplement corriger des déficits spécifiques. « Si vous mangez des œufs, de la viande rouge et du saumon, vous n’avez pas besoin de suppléments. » Conclusion : ne soyez pas esclaves de votre shaker L’approche de Dave MacLeod bouscule l’obsession moderne pour les poudres magiques. À ses yeux, la véritable performance réside dans une alimentation équilibrée et adaptée, où chaque supplément doit être justifié par un besoin réel. Avant de dépenser votre argent dans des produits miracle, posez-vous la question : et si la clé de votre progression en escalade se trouvait déjà dans votre assiette ? Une réflexion que tous les grimpeurs, amateurs ou confirmés, gagneraient à méditer.

  • L'École de la Montagne : apprendre l’alpinisme, comprendre la montagne

    L’alpinisme impose une forme de patience que notre époque supporte mal. À l’heure où tout se consomme en accéléré – formations express, exploits relayés en boucle sur les réseaux, expériences prêtes à l’emploi –, l’apprentissage des pratiques de haute montagne semble appartenir à un autre temps. Un temps où l’on progressait par étapes, en assimilant les subtilités du terrain, en apprenant à lire l’espace avant d’y inscrire son mouvement. C’est précisément cette approche que défend l’École de la Montagne, avec une formation qui ne promet ni ascension record ni sensationnalisme, mais une chose plus rare : l’autonomie. Pas celle qu’on affiche sur une photo de sommet, crampons plantés pour l’esthétique, mais celle qui permet d’évaluer une ligne, d’anticiper une évolution météo, d’adapter son itinéraire et, si nécessaire, de renoncer. Un apprentissage qui ne se résume pas à une accumulation de techniques, mais à une compréhension globale de la montagne et des dynamiques qui la traversent. © L'École de la Montagne De l’initiation à l’indépendance : un format au long cours La transmission des savoirs en alpinisme oscille entre deux extrêmes : d’un côté, les stages courts, immersifs mais souvent trop fugaces pour réellement s’approprier les compétences ; de l’autre, l’expérience empirique, longue et parfois brutale, où l’on apprend seul, souvent à ses dépens. L’EDLM propose une alternative qui ne cherche ni à brûler les étapes, ni à exposer ses élèves à des risques inutiles : un programme d’un an, pensé pour intégrer progressivement les différentes dimensions de la haute montagne. Les élèves alternent entre stages pratiques encadrés par des guides de haute montagne et formation théorique à distance, afin d’acquérir une connaissance fine des paramètres qui façonnent une ascension : Rocher et terrain d’aventure : grimper en terrain non équipé, placer ses protections, construire un relais. Cascade de glace : lire une ligne, anticiper la qualité de la glace, manier piolets et crampons avec précision, placer des broches. Neige et alpinisme hivernal : évoluer en terrain mixte entre neige, glace et rocher, interpréter le bulletin avalanche. Courses d’arêtes : progresser sur un fil, gérer l’exposition et l'assurage en mouvement. Grande course finale en haute montagne : mise en application complète, avec une ascension pensée et menée en autonomie. Loin d’une simple succession de stages, l’ensemble forme un continuum pédagogique, où chaque module vient nourrir une progression globale. © L'École de la Montagne L’encadrement : un équilibre entre guide et autonomie Former des alpinistes autonomes, ce n’est pas les livrer à eux-mêmes. Chaque stage d'alpinisme est encadré par des guides de haute montagne, garants de la sécurité et de l’apprentissage technique. Mais leur rôle dépasse celui de simple accompagnateur : ils sont là pour corriger, transmettre, déconstruire les erreurs avant qu’elles ne deviennent des automatismes. L’un des aspects souvent sous-estimés de leur encadrement est leur capacité à adapter leur pédagogie à chaque élève. Un grimpeur issu de l’escalade en salle n’aura pas les mêmes réflexes qu’un randonneur habitué aux longues approches. Les guides détectent immédiatement les failles, qu’il s’agisse d’un mauvais placement de pied, d’une surestimation des conditions ou d’une méconnaissance du matériel. Mais l’apprentissage ne se limite pas aux stages encadrés. Entre ces sessions, les élèves sont également accompagnés dans la mise en pratique de leurs acquis à travers des sorties en autonomie sur des itinéraires accessibles, où l’engagement reste mesuré mais où la pédagogie prend tout son sens. Ces sorties intermédiaires, conçues comme des passerelles entre l’encadrement et l’indépendance, permettent aux élèves d’appliquer leurs connaissances sur le terrain, tout en bénéficiant d’un suivi et de conseils pour ajuster leur progression. Autour d’eux, un collectif. Une équipe d’élèves évoluant au même niveau, partageant la même progression et les mêmes questionnements. Car apprendre l’alpinisme, c’est aussi savoir dialoguer avec sa cordée, sentir les tensions et les équilibres, comprendre que la sécurité est autant une affaire de gestes précis que de communication. Loin de l’imagerie de l’aventurier solitaire, l’École de la Montagne défend une vision de l’alpinisme qui repose sur l’apprentissage en groupe, avec un juste dosage entre transmission et responsabilisation. L’autonomie comme finalité, pas comme postulat L’autonomie ne s’apprend pas en théorie. Elle se construit au fil des décisions que l’on prend sur le terrain. Un alpiniste formé à l’EDLM ne sera pas simplement capable d’enchaîner des manœuvres techniques : il saura lire son environnement, anticiper les problèmes, et surtout, faire des choix éclairés. Concrètement, cela signifie : Savoir renoncer : un sommet ne se mérite pas à tout prix, et un bon alpiniste est celui qui sait faire demi-tour au bon moment. Gérer un itinéraire : évaluer la meilleure ligne, identifier les pièges du terrain et adapter sa progression en fonction des conditions. Prendre en charge un partenaire : en cas de blessure ou de difficulté, savoir réagir efficacement et assurer la descente en sécurité. Hector, co-fondateur de l’EDLM, le souligne : « Il est aujourd’hui possible d’atteindre un sommet sans avoir la moindre compréhension du terrain. Suivre un guide, marcher en crampons derrière une cordée, c’est accessible à beaucoup. Mais qu’en reste-t-il une fois redescendu ? Notre but, c’est que nos élèves ne se contentent pas de gravir, mais qu’ils comprennent ce qu’ils font, qu’ils deviennent acteurs de leur progression, maîtres de leurs décisions. » Dans cette optique, l’École de la Montagne ne cherche pas à former des alpinistes formatés, mais à fournir les outils et la méthodologie qui leur permettront d’évoluer avec indépendance. © L'École de la Montagne Vers une nouvelle culture de la formation en alpinisme Au-delà de la simple transmission de savoir-faire, l’EDLM s’inscrit dans une évolution plus large de l’apprentissage de la montagne. L’alpinisme a longtemps reposé sur une culture du compagnonnage, où l’expérience s’acquérait en accumulant des sorties avec des partenaires plus expérimentés. Cette approche fonctionne, mais elle laisse de nombreux pratiquants dans l’incertitude, tributaires de rencontres et d’opportunités pour progresser. En structurant un programme sur un an, en mêlant pédagogie moderne et accompagnement sur le terrain, l’École de la Montagne propose une alternative aux formations éclairs et aux autodidactes laissés à eux-mêmes. À l’heure où la montagne se consomme parfois comme un produit, où les records se partagent en story avant même d’être digérés, cette approche rappelle qu’apprendre, c’est avant tout comprendre. Que grimper, ce n’est pas seulement accumuler des sommets, mais savoir pourquoi et comment on y arrive. Avec le soutien de L'École de la Montagne.

  • Coupe du Monde de vitesse annulée à Klagenfurt : l’IFSC perd son sprint final

    À peine annoncée, déjà enterrée. La sixième et dernière étape de la Coupe du Monde de vitesse IFSC, prévue en juillet 2025 à Klagenfurt, disparaît brutalement du calendrier officiel. La raison ? Un sponsor clé a décidé de se retirer, laissant l’organisateur autrichien, ACTS Sportveranstaltungen GmbH, complètement à sec. Sans les garanties financières nécessaires, l'IFSC n’a eu d’autre choix que de couper court. © David Pillet La fédération internationale promet qu’elle cherche « sans relâche » une ville de repli, mais soyons honnêtes : trouver une alternative crédible à seulement quatre mois de l’événement ressemble à une mission flash désespérée. Jouable, mais loin d’être gagnée d’avance. L'ambition solitaire de Klagenfurt : trop audacieuse ? Pourtant, sur le papier, tout semblait tenir la route. Klagenfurt devait initialement intégrer la Coupe du Monde dans un événement multisport, une formule qui a déjà fait ses preuves pour l’IFSC, assurant visibilité médiatique et stabilité financière. Mais voilà, la ville autrichienne voulait grimper seule, organisant un événement 100 % escalade. Un choix audacieux, salué au départ, mais qui se termine aujourd’hui dans la zone de chute. Résultat : un sponsor majeur saute en pleine voie, l'équilibre budgétaire s'écroule, et toute une saison sportive se retrouve amputée de sa finale. Innsbruck sauvée, mais le sprint mondial amputé Dans la tourmente, une bonne nouvelle tout de même : l’autre événement majeur autrichien de la saison, organisé par Austria Climbing (la fédération autrichienne d'escalade) à Innsbruck en juin (bloc, difficulté, para-escalade), reste confirmé. Pas de panique donc pour la grand-messe d’Innsbruck, qui continue de jouer dans la cour des grands. Mais pour la vitesse, c’est une tout autre histoire. Privée de son étape finale, c'est la discipline entière qui perd en cohérence. Pour les athlètes, la frustration est évidente : imaginez un championnat sans finale, un thriller sportif sans dénouement. Ce n’est pas juste un événement supprimé du calendrier, c’est tout le récit d’une saison sportive qui perd de son sens. Derrière l'annulation, la question du modèle économique refait surface Bien sûr, l'annulation soudaine d’une Coupe du Monde n'est pas juste un problème d’organisation. Elle révèle surtout la dépendance extrême des organisateurs locaux envers des partenaires privés dont les engagements peuvent disparaître du jour au lendemain. L’exemple autrichien rappelle à quel point la discipline demeure fragile financièrement, même à très haut niveau. On en parlait justement la semaine dernière dans notre analyse : « Fédérations d’escalade : un modèle à bout de souffle ? ». À force de jouer les équilibristes sur des budgets instables, les fédérations nationales et internationales jouent dangereusement à la roulette russe. L’annulation de Klagenfurt montre que l'IFSC, elle aussi, peine à sécuriser un modèle viable sur la durée en dépendant aussi fortement des organisateurs locaux. La vitesse risque ainsi de payer cher cet épisode. Et si l'IFSC ne réinvente pas rapidement sa manière d'organiser ses grands rendez-vous, ce ne sera sûrement pas la dernière fois qu’un événement disparaît aussi brutalement du radar.

  • Les glaciers se font la malle, mais la poésie reste : plongée dans Les Sources de Glace

    On a tout cramé. Les forêts, les hydrocarbures, nos illusions. Et maintenant, c’est la glace qui trinque. Pas juste une fonte anodine, pas un simple réajustement climatique — non, c’est une hémorragie blanche qui ne cicatrise pas. En 2025, les Nations Unies, un peu à la bourre, ont décidé de consacrer une Année internationale de la préservation des glaciers. Une noble intention, qui arrive comme un extincteur face à un feu de forêt. Pendant ce temps, Nastassja Martin et Olivier de Sépibus ont pris un autre chemin : celui de l’art, de la littérature et de la photographie, pour raconter la tragédie en cours avec autre chose que des courbes et des pourcentages. Le résultat, "Les Sources de Glace", est un livre qui ne joue pas le jeu du constat clinique. C’est un cri feutré, une élégie glacée où la puissance des images répond à la densité des mots. Un livre pour ceux qui ont compris que le combat est déjà perdu, mais qui refusent de détourner le regard. Glace sans fard, mots sans filtre Olivier de Sépibus monte à la rencontre des glaciers alpins depuis vingt ans. Il n’en ramène ni selfies ni grimpeurs en collant fluo, juste des paysages sans humains, immenses et désertés. Une matière en train de fondre, au propre comme au figuré. Ses clichés sont bruts, presque austères. Pas d’artifice, pas de mise en scène : juste la montagne qui se délite sous nos yeux. Un travail qui rappelle que, bien avant que l’homme n’invente le concept de paysage, la glace était là, souveraine, indifférente. Et qu’aujourd’hui, elle crève en silence. En face, Nastassja Martin. Anthropologue, écrivaine, poétesse de la fin des mondes. Elle pose des mots là où l’image seule pourrait suffire. Mais pas pour expliquer, encore moins pour consoler. Son écriture est une cartographie de la perte, un voyage entre la peinture, la mythologie et la science pour tenter de comprendre ce qui meurt sous nos yeux. © Vertige Media « Quelque chose meurt, quelque chose se crée, il est temps d’écouter la voix des sources de glace. » La glace parle, gronde, gargouille. Elle se brise et se reforme. Elle ne disparaît pas vraiment, elle se sublime – littéralement. D’état solide à état gazeux, sans passer par la case liquide. Elle nous file entre les doigts, au sens chimique du terme. Glaciers : mémoire d’éléphant, destin de papillon On ne le dit pas assez, mais la glace est une bibliothèque naturelle. Une mémoire de l’atmosphère, piégée dans des bulles d’air vieilles de plusieurs centaines de milliers d’années. On y lit l’histoire du climat, les caprices de l’air, les fièvres de la Terre. Sauf que voilà : on est en train de cramer les archives. La fonte n’est pas qu’un drame paysager ou un défi pour les stations de ski. C’est une perte de savoir, un trou béant dans l’histoire du monde. Les carottes glaciaires qu’on extrait en catastrophe pour les stocker dans des frigos sous atmosphère contrôlée, c’est l’équivalent du pillage des musées au crépuscule d’une civilisation. Une tentative désespérée de sauver les miettes. Et face à ça, les mots de Nastassja Martin sont sans appel : « Nos idées sur le monde ne sont plus tenables, ne sont plus vivables, comme les montagnes et leurs glaciers, elles ne tiennent plus debout. » Le paysage tel qu’on l’a appris, tel qu’on l’a peint, célébré, fantasmé, n’existe plus. Il se dissout sous nos yeux. © Vertige Media De Prométhée à l’Anthropocène : l’hubris en hors-piste Depuis que l’homme a décidé qu’il pouvait domestiquer la nature, il a tout réécrit à sa sauce. La montagne, autrefois domaine des dieux et des esprits, est devenue un terrain de jeu, puis un décor, puis une ressource. On a objectivé le monde, rationalisé l’altitude, balisé l’inconnu. Et maintenant que tout se fissure, on panique. On veut "sauver" ce qu’on a détruit, tout en continuant à jouer aux alpinistes du progrès. Comme si une bonne dose de geoengineering pouvait faire tenir ce qui ne tient plus. Comme si un peu de pompage sous-glaciaire allait ralentir la grande débâcle. « Nous avons stabilisé une idée de la sauvagerie à dompter en nous et hors de nous. (...) Le ciment qui tenait ensemble tout ce bel édifice mythologique se dissipe et la forme s’effondre dans une série d’éboulements fracassants. » Bienvenue dans le post-paysage, où la montagne n’a plus la même gueule qu’avant et où nos certitudes prennent l’eau. © Vertige Media Un livre-manifeste, sans banderole ni slogan Il y a mille manières d’aborder la catastrophe. Les rapports du GIEC, la collapsologie en mode check-list de fin du monde, les vidéos YouTube qui hurlent à l’apocalypse imminente. Les Sources de Glace prend un autre chemin : celui du regard, du langage, du trouble. C’est un livre ni optimiste ni pessimiste, mais lucide. Qui ne cherche pas à convaincre, encore moins à mobiliser. Juste à poser un instantané. Voilà où nous en sommes. Voilà ce que nous avons fait au monde. Voilà ce que nous sommes en train de perdre. « Revenir de la stupéfaction. Réapprendre à voir ce qui meurt, et ce qui naît. » Les Sources de Glace est disponible en librairie depuis le 13 mars. Il ne vous donnera pas les clés d’un futur radieux. Mais il vous rappellera, en mots et en images, pourquoi il faut continuer à aimer ce qui s’efface.

  • Vertige Media fait le mur sur France 4

    Ces derniers mois, le service public semble s’intéresser de près à l’escalade. Fin janvier, Jean-Laurent Cassely signait une chronique sur France Inter où il s’interrogeait — avec justesse — sur la possible gentrification des salles de bloc urbaines. Vertige Media y était cité comme l’un des rares à documenter cette évolution sans détour. Deux mois plus tard, changement de registre : France 4 nous propose de faire découvrir l’escalade aux enfants. Le tout dans le cadre d’Okoo-koo, une émission diffusée juste avant les dessins animés, destinée aux 6-10 ans. Une animatrice, Manon, s’initie à la grimpe. Et pour l’accompagner : une salle associative, un club FSGT, et Vertige Media. Dix minutes de télévision pour raconter l’escalade autrement. Pas en exploit, pas en défi. En expérience. Pierre-Gaël et Manon © Okoo-koo Parler aux enfants, sans bêtifier Derrière cette invitation, une attente précise : initier sans simplifier. Transmettre des gestes, mais aussi un esprit. Éviter le folklore comme la surpédagogie. Bref, parler à hauteur d’enfant, sans jamais descendre le niveau de discours. Le tournage s’est fait à Cimes 19, club associatif du 19e arrondissement affilié FSGT. Une salle où l’on apprend à grimper comme on apprend à coopérer : par étapes, sans arrogance, avec attention. Bloc, voie, consignes de sécurité… et surtout, un soin particulier au choix des mots. Pas de “challenge”, pas de “succès”. Plutôt : “s’encorder”, “faire confiance”, “observer”. Parce qu’avant de tirer sur les bras, on grimpe d’abord avec les mots. Pierre-Gaël © Okoo-koo Une séquence modeste, mais révélatrice Dix minutes de programme jeunesse, ça peut sembler léger. Mais ce passage dit autre chose : qu’on peut montrer la grimpe sans filtre Instagram ni surcouche héroïque. Que les clubs associatifs ont encore leur mot à dire dans la fabrique des imaginaires. Et que l’escalade, même filmée à hauteur d’enfant, reste une pratique qui engage — le corps, bien sûr, mais aussi l’écoute, le lien, la précision. Après France Inter, France 4. Deux manières d’aborder le même sport. Deux formats, deux tons. Mais un même constat : l’escalade fait désormais partie des sujets qu’on interroge — dans la ville, à l’école, dans les imaginaires collectifs. 👉 Voir l’épisode du 25 mars sur France.tv (le passage sur l’escalade commence à partir de 13’00)

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