La FFCAM instaure une éco-contribution obligatoire sur les licences FFCAM
- Pierre-Gaël Pasquiou

- il y a 3 heures
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Face à la vulnérabilité croissante des massifs, la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) a voté l'intégration d'une éco-contribution à ses adhésions. Une décision qui doit permettre de financer la transition écologique d'une pratique aujourd'hui aux avant-postes du dérèglement climatique. La mesure prendra effet à partir de septembre 2026.

Fini le bénévolat environnemental à la carte. Réunie en assemblée générale à Bayonne le samedi 14 mars, la FFCAM a décidé de rendre obligatoire une contribution d'un euro, testée de manière facultative depuis 2025. Concrètement, dès la campagne d'adhésion de septembre 2026, chaque nouvel·le inscrit·e devra s'acquitter de cette somme. Seule exception : les moins de 24 ans, afin de ne pas pénaliser l'accès des jeunes aux sports d'altitude. La fédération espère ainsi lever près de 80 000 euros annuels. Une manne que Charles Van der Elst, président de la FFCAM, justifie par la nécessité de « donner à notre engagement environnemental des moyens dédiés et concrets », alors que l'alpinisme fait face à des bouleversements majeurs (fontes des glaciers, éboulements).
Rouler moins, grimper mieux
Dans l'immédiat, ce fonds inédit permettra de financer un poste salarié entièrement dédié à la responsabilité sociétale de la structure. L'enjeu se situe également sur le terrain de la pratique, dans la lignée de la « charte des 15 engagements écoresponsables » signée par la fédération en 2025. Les fonds soutiendront ainsi le « Brevet avenir montagne », un cursus visant à apprendre aux instructeur·rice·s à sensibiliser leur public à la fragilité des écosystèmes, à l'image de l'Écotour organisé dans le massif des Écrins l'été dernier.
« Cette contribution va nous permettre de structurer nos actions et d’aider davantage nos clubs et comités qui le souhaitent à s’engager dans une démarche de redirection écologique », précise Hélène Constanty, vice-présidente environnement de la FFCAM. L'objectif est de soutenir les efforts des antennes locales sur le chemin de la transition, « notamment par la promotion des mobilités actives », un axe crucial sachant que la voiture individuelle représente aujourd'hui la part la plus importante du bilan carbone des sports de montagne.
Des refuges au régime sec
L'autre chantier titanesque visé par cette nouvelle rentrée financière concerne le patrimoine bâti. Avec la baisse de l'enneigement et l'assèchement estival des sources, la gestion des hébergements d'altitude devient un véritable casse-tête logistique. L'enveloppe récoltée permettra d'amplifier le programme « Refuges phares », récemment primé par l'Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA). Aujourd'hui déployé dans sept bâtiments, dont les refuges de Vénasque (Pyrénées) et de Nice (Mercantour), ce label transforme ces abris isolés en lieux d'éducation à l'environnement.
La doctrine d'aménagement de la fédération est d'ailleurs contrainte d'évoluer pour limiter l'empreinte matérielle de ses infrastructures. Face à l'urgence, la FFCAM tourne définitivement le dos aux projets de démolition-reconstruction pour privilégier la stricte rénovation de l'existant. Au programme des prochaines années : recours systématique aux énergies renouvelables et installation de systèmes d'assainissement pour réduire la consommation d'eau au strict minimum.













