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Budget de l'État : les élus de montagne veulent qu'on reconnaisse leurs surcoûts

il y a 2 heures
2 min de lecture

Réunis à Gex, plus de 500 élu·e·s et acteurs de la montagne ont adopté un manifeste pour interpeller les candidat·e·s à la présidentielle de 2027. En toile de fond, des finances locales sous pression.


Saint-Guilhem-le-Désert
Vue sur Saint-Guilhem-le-Désert, en Occitanie, en France (cc) Jossuha Théophile / Unspalsh

Entretenir des routes exposées aux éboulements, déneiger les accès, maintenir des services publics dans des territoires peu peuplés : administrer une commune de montagne entraîne des dépenses spécifiques que les élu·e·s estiment insuffisamment compensées. Réunis les 15 et 16 octobre à Gex (Ain), pour le 42e congrès de l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM), plus de 500 participant·e·s ont adopté à l'unanimité un manifeste pour la période 2027-2032.


Le document appelle les futur·e·s candidat·e·s à la présidentielle à mieux intégrer les contraintes géographiques et climatiques dans les politiques publiques, à adapter les dotations de l'État et à garantir le maintien des services publics. La sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques, Frédérique Espagnac, élue à la présidence de l'association, devra porter ces revendications pour les deux prochaines années.


Le problème n'est pourtant pas entièrement ignoré par la législation. Le Code général des collectivités territoriales prévoit déjà une dotation de superficie de 5,37 euros par hectare pour les communes de montagne, contre 3,22 euros ailleurs. La longueur de leurs routes est également doublée dans le calcul d'une partie de la dotation de solidarité rurale. Mais ces mécanismes ne règlent pas tous les différends.


Depuis 2025, le recours aux données de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) pour calculer cette dotation a notamment suscité des contestations. Plusieurs sénateurs dénoncent l'exclusion de certaines voies non revêtues, pourtant entretenues par les communes. Interrogé au Sénat en mars 2026, le gouvernement avait défendu une méthode plus fiable, tout en reconnaissant qu'elle pouvait pénaliser certaines collectivités.


Ces revendications interviennent dans un contexte budgétaire tendu. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un effort de 5,5 milliards d'euros demandé aux collectivités territoriales. Le gouvernement met en avant une augmentation globale de leurs recettes et une hausse de 140 millions d'euros de la dotation de solidarité rurale.


Pour l'ANEM, l'enjeu dépasse cependant le seul budget annuel. À l'heure où le changement climatique multiplie les risques pesant sur les infrastructures de montagne, l'association réclame que les surcoûts et les services rendus par ces territoires soient durablement reconnus dans les finances publiques. Reste désormais à savoir quels engagements les candidat·e·s à la présidentielle de 2027 prendront en réponse.

 
 

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