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  • Nao Monchois : l’équilibre d’un grimpeur à la croisée des mondes

    À 26 ans, Nao Monchois incarne une génération de grimpeurs qui jongle avec aisance entre les murs de résine et les grandes voies en pleine nature. Champion de France de difficulté 2023, sponsorisé par La Sportiva et Beal il fait partie de ceux qui, malgré les apparences, ne vivent pas entièrement de leur passion. Quand il n’est pas en train de grimper, Nao travaille pour un acteur du secteur, un job qui lui permet d’équilibrer les comptes tout en restant connecté à l’univers vertical. Quand on le rencontre, on n’a pas affaire à l’archétype du grimpeur médiatisé qui se complaît dans les shootings pour des marques à la mode. Non, Nao, c’est plutôt l’anti-star. Une gueule de grimpeur qui parle aussi bien des sessions en salle que des longues journées à Chamonix , là où l’air est plus pur et l’ambiance, moins aseptisée. « J’adore faire des grandes voies, du trad’, c’est là où je me sens le mieux. L’escalade, c’est pas juste un sport pour moi, c’est une manière de vivre. » « J’adore faire des grandes voies, du trad’, c’est là où je me sens le mieux. L’escalade, c’est pas juste un sport pour moi, c’est une manière de vivre. » L’anti-héros de la grimpe : une trajectoire à contre-courant Nao Monchois n’a pas grandi en se ponçant les mains sur la résine d'un club de la FFME . Son parcours a pris une tournure un peu différente, marquée par des déplacements fréquents dus au métier de son père, fonctionnaire à l’Institut de la statistique. « J’ai bougé pas mal quand j’étais jeune, notamment à Tahiti où j’ai plutôt fait du surf que de l’escalade. Là-bas, les opportunités pour grimper étaient limitées, mais dès que je suis revenu en France, c’est reparti. J’avais un pote au collège qui faisait de l’escalade, il m’a emmené en salle, et là, ça a été le déclic. » « La compétition, c’est cool, mais rien ne remplace les sensations d’être dehors, en falaise ou en montagne. » Ce retour en métropole marque un tournant pour Nao, qui découvre alors l’escalade en salle, une première pour lui. « La première prise de résine que j’ai touchée, j’ai su que c’était pour moi. » Pour autant, sa passion pour la falaise ne l’a jamais quitté. « La compétition, c’est cool, mais rien ne remplace les sensations d’être dehors, en falaise ou en montagne. » C’est ce double rapport à l’escalade – à la fois compétiteur en salle et passionné en extérieur – qui façonne son approche du sport. « C’est une forme de liberté que t’as pas forcément dans d’autres sports. Le seul truc qui te retient, c’est la corde. » Entre intégrité et compromis : gérer les paradoxes Ces dernières années, l’escalade a explosé en popularité, portée par une augmentation des salles et par la visibilité offerte par les Jeux Olympiques . Pour Nao, cet engouement représente à la fois une opportunité et un défi : « Nous, en tant que sportifs, on le vit bien parce que ça nous permet d’avoir un peu plus de moyens, de participer à des événements plus gros. Mais il faut qu’on arrive à contrôler les effets secondaires. » Certaines compétitions controversées comme les NEOM Beach Games l’ont fait réfléchir sur l’éthique dans le sport : « Je n’étais pas invité, et si on m’invitait à la prochaine édition, je pense que je n’irais pas. Mais je ne me sens pas de juger ceux qui ont fait ce choix. C’est une question personnelle, chacun doit être bien au clair avec ce qu’il fait. » « Je n’étais pas invité, et si on m’invitait à la prochaine édition, je pense que je n’irais pas. Mais je ne me sens pas de juger ceux qui ont fait ce choix. C’est une question personnelle, chacun doit être bien au clair avec ce qu’il fait. » Comme la plupart des athlètes de son niveau, Nao jongle entre sa carrière sportive et la recherche de sponsors pour financer ses projets. « Je suis sponsorisé par La Sportiva depuis huit ou dix ans, et c’est une relation qui s’est construite avec le temps. Je travaille aussi pour un acteur du secteur, et j’ai la chance d’avoir l’aide de Marine Thevenet pour trouver d’autres partenaires. » Mais vivre uniquement de l’escalade reste difficile : « Il y a peut-être une dizaine de grimpeurs en France qui peuvent vraiment vivre de ça. Moi, je fais un peu d’ouverture, mes parents m’aident encore, et c’est ce qui me permet de m’en sortir. » « C’est vrai que certaines marques peuvent poser des questions d’éthique, mais si quelqu’un te propose un gros contrat, est-ce que tu diras non ? » Nao aborde la question des sponsors avec pragmatisme , reconnaissant que certains choix impliquent des compromis : « C’est vrai que certaines marques peuvent poser des questions d’éthique, mais si quelqu’un te propose un gros contrat, est-ce que tu diras non ? C’est un dilemme que beaucoup d’athlètes doivent affronter. » Pour lui, l’essentiel est d’être en accord avec soi-même : « L’important, c’est d’être honnête avec ses valeurs, mais sans imposer ça aux autres. » Grimpe et conscience politique : peut-on vraiment séparer les deux ? Avec l’escalade devenant de plus en plus visible, la question de la responsabilité politique des athlètes se pose naturellement . Nao, bien qu’il ne se définisse pas comme un porte-parole, est conscient de l’impact de ses choix. « Est-ce qu’un athlète doit être politisé ? C’est une bonne question. On porte forcément un message, même inconsciemment, à travers nos actions et nos partenariats. » Il admet que chaque décision, qu’elle soit liée à l’environnement ou aux sponsors, peut avoir des conséquences, mais préfère aborder ces questions sans jugement ni extrémisme. « Je pense qu’il faut réfléchir à tout ça, sans pour autant se poser en donneur de leçons. Le plus important, c’est de rester transparent et de se poser les bonnes questions. » "On porte forcément un message, même inconsciemment, à travers nos actions et nos partenariats." Pour Nao, l’évolution des mentalités dans le monde de l’escalade est plutôt positive . « Il y a cinq ans, je ne me posais pas autant de questions. Aujourd’hui, les discussions autour de l’impact de nos choix sont plus fréquentes, et c’est une bonne chose. Ça permet de faire évoluer les mentalités. » L’équilibre entre camaraderie et rivalité Nao Monchois consacre une grande partie de son temps à l’escalade, mais il admet que maintenir la motivation n’est pas toujours facile . « Quand tu vis de l’escalade, surtout à haut niveau, il y a un aspect de performance qui prend de la place. Mais ce qui m’aide le plus, c’est d’être bien entouré. » Installé à Grenoble, Nao s’entraîne avec une grande communauté de grimpeurs. « On est une cinquantaine à habiter près les uns des autres. On grimpe ensemble, on mange ensemble, et ça rend les journées d’entraînement beaucoup plus agréables. » « Quand on était plus jeunes, gérer l’ego et la compétition entre nous n’était pas toujours facile. Mais en grandissant, on apprend à gérer ces situations. » Cette dynamique de groupe est essentielle pour lui, dans un sport qui peut souvent être perçu comme très individuel. « En compétition, tu veux être le meilleur, mais à l’entraînement, c’est différent. On se motive mutuellement. » Cette camaraderie, il l’a partagée dès ses débuts avec des grimpeurs comme Hugo Parmentier et Mejdi Schalck : « Quand on était plus jeunes, gérer l’ego et la compétition entre nous n’était pas toujours facile. Mais en grandissant, on apprend à gérer ces situations. » Quête de performance et plaisir : repenser l’acte de grimper Au-delà de la recherche de la performance, Nao souligne l’importance de ne pas perdre de vue le plaisir . « Il faut réussir à trouver un équilibre entre l’entraînement intensif et le simple plaisir de grimper. Sinon, tu te brûles. » C’est cette passion pour l’escalade, dans toutes ses formes, qui continue de le pousser à explorer. « Le bloc, la difficulté, les grandes voies en montagne, il y a tellement à découvrir dans ce sport. » Nao Monchois incarne cette nouvelle génération de grimpeurs qui doit naviguer entre ambitions, éthique et impératifs financiers. Mais loin des projecteurs, il garde les pieds sur terre et trace son chemin avec honnêteté. « Au final, chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a, et c’est déjà pas mal. »

  • De la cité à la falaise : Symon Welfringer initie des jeunes à la grimpe en falaise

    Symon Welfringer, alpiniste de haut vol et lauréat du "Piolet d'Or", est habitué aux sommets lointains et aux expéditions extrêmes. Mais cette fois, il a troqué les cimes du Népal pour une aventure bien plus proche. Son nouveau projet ? Faire découvrir l’escalade à des jeunes du quartier Mistral, juste à côté de Grenoble , des jeunes qui voient les montagnes tous les jours, sans jamais y mettre les pieds. Et ça, Symon compte bien y remédier. Des falaises sous leurs yeux, mais un monde à part Grenoble est cernée de montagnes, mais pour les jeunes du quartier Mistral, la montagne est restée un décor de fond, inaccessible. « Ces jeunes voient la montagne depuis chez eux, mais ne la pratiquent pas », souligne Amin Boucireb, responsable jeunesse à la MJC Anatole France. Alors l’idée s’est imposée : pourquoi ne pas les emmener là où ils ne vont jamais, même si c’est littéralement à deux pas de chez eux ? « C’est à côté de la maison, et pourtant, on n’y va jamais » L’alpiniste et la MJC ont monté un projet qui, après quelques séances en salle, a emmené ces jeunes découvrir les falaises du Petit Désert, un spot d’escalade en plein air près de Grenoble. Pour des ados comme Ilyes ou Ayoub, c’était la toute première fois. Et le contraste est saisissant : « C’est à côté de la maison, et pourtant, on n’y va jamais », avoue Ilyes, presque désolé. Un peu d’appréhension au départ, puis l’euphorie. « Quand tu arrives en haut, tu es satisfait. On rate vraiment quelque chose à rester tout le temps dans notre quartier.» La montagne, plus qu’un terrain de jeu Mais attention, ce projet, ce n’est pas juste une balade en montagne. Symon et Amin veulent aller plus loin : montrer que la montagne peut être un terrain d’opportunités , pas juste une évasion ponctuelle. « Le but, c’est de les familiariser avec un environnement qui peut aussi être une source d’emploi », explique Amin. Parce que oui, la montagne, ce n’est pas qu’une question de loisirs ou de cartes postales. C’est aussi une industrie, une culture, et peut-être un futur pour ces jeunes qui ont grandi en la regardant de loin. « Le but, c’est de les familiariser avec un environnement qui peut aussi être une source d’emploi » À travers cette expérience, Symon Welfringer montre que l’escalade peut devenir un outil de transformation. Pas besoin de rêver d'Himalaya pour trouver des défis à relever. Ce qui compte, c’est l'accès à ce terrain de jeu immense et sous-estimé, juste là, sous leurs fenêtres. Symon Welfringer : des sommets lointains à l’initiation locale Symon Welfringer , lui, a l’habitude de repousser ses limites aux quatre coins du monde. Du Pakistan au Groenland, il est parti chercher l’inconnu, loin de tout. Mais cette aventure avec les jeunes de Mistral a pris une importance inattendue pour lui. « Je me rends compte qu’il y a des trucs de dingue à découvrir ici aussi », reconnaît l’alpiniste. « Ces jeunes ont une énergie incroyable, et les voir la mettre dans la grimpe, ça fait plaisir ». Ce qui, au départ, n’était qu’une action ponctuelle pourrait bien devenir plus durable. Symon ne cache pas son envie de prolonger l’expérience : « J’aimerais faire ça de manière régulière. Il y a un potentiel énorme chez ces jeunes, c’est dommage de s’arrêter là ». Grimper pour ouvrir d’autres horizons Ce projet, c’est une sorte de déclic pour ces jeunes qui n’avaient jamais vu la montagne autrement que comme un décor lointain. Comme le dit Ilyes, « on rate quelque chose ». Et c’est bien ça que Symon veut changer. Ces montagnes, omniprésentes, deviennent enfin un terrain à explorer. En les initiant à l’escalade, Symon leur a montré que l ’aventure n’est pas forcément à l’autre bout du monde . Elle peut se trouver à quelques kilomètres de chez soi, pour peu qu’on prenne le temps de regarder autrement. Parce qu’au fond, c’est ça la leçon : pas besoin de viser l’Everest pour trouver un défi à la hauteur. Les propos recueillis dans cet article sont tirés de l'interview réalisée par France Bleu dans le cadre du projet de Symon Welfringer avec les jeunes de la MJC Anatole France à Grenoble. Ces articles peuvent aussi vous intéresser : Maurice Latapie, entre pédagogie sauvage et autogestion Gentrification de la grimpe : la nouvelle voie CSP+ L’alpinisme comme quête identitaire : Nima Rinji Sherpa et Shehroze Kashif, des racines aux sommets Elnaz Rekabi, la grimpeuse iranienne au cœur d'une résistance silencieuse

  • Des reliques dangereuses : le Mercantour, un terrain miné pour les grimpeurs

    Le Mercantour. Un nom qui fait vibrer les amateurs de grimpe. Mais aujourd’hui, derrière la beauté brute des falaises, la réalité frappe fort : ces parois, autrefois conquises par des pionniers de l’escalade, sont désormais truffées de pièges. Nice Matin le soulignait dans un article publié récemment : des équipements datant de l’après-guerre, laissés à l’abandon, rouillent et se désagrègent en silence. Pour les grimpeurs, le message est clair : confier sa vie à ces reliques, c’est prendre le risque de redescendre de manière définitive. L’héritage d’un passé lointain : des falaises laissées à l’abandon Les voies du Mercantour sont un témoignage de l’histoire, d’une époque où l’escalade se pratiquait sans les normes de sécurité d’aujourd’hui. Des équipements vieux de 60 ou 70 ans jalonnent encore ces parois, rouillés et rongés par le temps. Pourtant, ce ne sont pas des reliques de musée – ce sont des voies sur lesquelles certains se risquent encore. Et à chaque sortie, c’est le même constat : ces équipements ne tiendront pas éternellement. Mais ici, les grimpeurs ne peuvent rien faire. Parce que dans un parc naturel, réhabiliter des voies, ça ne dépend pas que de l’envie et de la bonne volonté . Le Parc national du Mercantour impose des règles strictes de préservation. En clair, chaque intervention sur une voie doit passer par des autorisations. Et ces autorisations, elles arrivent au compte-gouttes. Résultat : 500 voies, pour la plupart usées jusqu’à l’os, sont devenues presque impraticables . La bataille pour préserver – et sécuriser Pour ceux qui veulent sauver ces voies, chaque étape est une épreuve. Dans le Mercantour, il ne suffit pas d’arriver avec son kit d’équipement et de planter un spit neuf dans la roche. La falaise, ici, est aussi le territoire de la Niverolle alpine, un oiseau protégé qui vient nicher chaque année . Et pour le Parc, il est hors de question de perturber sa tranquillité. Le comité scientifique veille et impose des restrictions de temps et de lieu. Résultat : pour rénover une voie, c’est la croix et la bannière. Les bénévoles de la FFME et du Club Alpin Français le savent mieux que quiconque. Quand ils peuvent intervenir, ils le font à pas feutrés, et souvent, ce n’est qu’une infime partie des voies qui peut être rééquipée. Le parc autorise tout juste quelques rénovations chaque année . Une goutte d’eau dans un océan de dégradations. On parle de 500 voies, et chaque rééquipement est une lutte. Pour les bénévoles, c’est presque décourageant. Eux qui investissent leur temps, leur matériel et prennent des risques personnels pour essayer de sécuriser les falaises, ils se retrouvent souvent face à des murs bureaucratiques. Engagés mais limités : les bénévoles à bout de bras Les bénévoles de la FFME et du CAF, ils ne lâchent pas. Pour eux, chaque spit qu’ils remplacent, chaque voie qu’ils sécurisent, c’est un petit morceau d’escalade qui reste en vie. Mais ils ne peuvent pas tout faire. Le matériel coûte cher, et les fonds manquent cruellement. Leur engagement, aussi précieux soit-il, ne suffit pas à compenser l’immensité du problème . Les grimpeurs qui s’aventurent encore sur ces voies jouent gros. Mais entre la passion et le bon sens, la frontière est parfois floue. Pour beaucoup, l’abandon de ces voies serait une défaite. Car ces falaises, elles sont bien plus que des morceaux de roches : elles sont un patrimoine vivant, un terrain de jeu pour les audacieux. Et laisser tout ça à la rouille ? Difficile à accepter. Mais sans soutien, sans moyens, c’est peut-être l’issue inévitable. Un modèle à réinventer Alors, que faire ? Pour les grimpeurs, la solution ne peut pas se limiter à laisser le Mercantour s’effriter en silence. Partout en France, les sites de grimpe font face aux mêmes problèmes. La réglementation, la protection de l’environnement, et au milieu, les grimpeurs, coincés entre leur passion et la sécurité. La montagne est un espace de liberté, mais elle demande aussi du respect et des moyens pour en prendre soin. Tant que les financements resteront au point mort, il sera difficile de protéger et de rendre accessibles ces trésors de roche. Alors, pour l’instant, la falaise reste là, fidèle et brutale. Chaque voie non rééquipée devient un peu plus un souvenir, un témoin silencieux d’une autre époque. Pour les générations futures, il est peut-être temps de repenser ce modèle, avant que les dernières prises ne lâchent sous le poids de l’oubli.

  • François Civil, escalade et interview sous les vitraux de Saint-Lazare

    François Civil, acteur qu’on ne présente plus, s’est retrouvé dans un cadre atypique pour une interview : une salle d’escalade située à quelques pas de Saint-Lazare, ancien lieu sacré reconverti en temple de la grimpe. Sous les vitraux et entre les étagères métalliques rappelant une bibliothèque d’un autre temps, Hugo Travers (Hugo Décrypte) l’a invité à partager quelques confidences, entre cinéma et escalade . Le décor est planté. Mais attention, ici, on ne reste pas assis à discuter. On grimpe. Saint-Lazare : quand l’escalade prend de la hauteur Avant de plonger dans l'interview, parlons de cette salle. Il y a un peu plus de deux ans, Climbing District a transformé cette ancienne chapelle en salle d’escalade , offrant un cadre unique et inattendu. Un lieu qui a su attirer aussi bien les grimpeuses et grimpeurs novices que les passionné(e)s , grâce à une particularité : pas de nœuds compliqués ni d’assurage manuel. Ici, les auto-enrouleurs font tout le boulot. Pas besoin de technique pour monter au mur, il suffit de s’accrocher et de grimper. C’est peut-être cette simplicité qui en fait une destination prisée autant par les néo-grimpeurs que par les plus expérimentés. On vient ici pour grimper vite, bien, et sans se prendre la tête. Alors, certes, les habitué(e)s peuvent parfois s’agacer des tournages à répétition ou des privatisations pour "team buildings", mais il faut bien avouer que cette salle a tout pour plaire. François Civil : acteur, mais surtout grimpeur dans l’âme Si François Civil s’est fait un nom au cinéma avec des films comme "Le Chant du Loup" ou "Les Trois Mousquetaires", c’est surtout son amour pour l’escalade qui ressort dans cette interview. Hugo Travers ne s’est pas trompé en l’invitant dans un tel cadre. On apprend que François grimpe régulièrement, et qu’il trouve dans cette discipline un moyen de se recentrer . Une façon de "lâcher prise" dans un quotidien où la pression est omniprésente. L’interview bascule vite vers la grimpe, François Civil parlant de ses débuts dans ce sport avec une passion non dissimulée. Ce qu’il aime ? La concentration, le silence, et surtout le fait que, dans l’escalade, tout repose sur soi. Pas de triche possible. Une approche sans filtre, à l’image de l’acteur lui-même. La grimpe devient son terrain de jeu, là où il trouve l’équilibre . Et tant pis s’il enfile ses chaussons… avec des chaussettes. Un faux pas qui ferait grincer des dents les puristes, mais après tout, chacun ses manies. Un ambassadeur de l’escalade malgré lui Ce qui ressort de cette interview, c’est que François Civil est en train de devenir, presque sans le vouloir, un ambassadeur de l’escalade . Il en parle avec enthousiasme sur tous les plateaux, même quand on ne lui pose pas la question. Sans en faire des caisses, il montre que grimper n’est pas réservé à une élite. C’est un sport accessible, exigeant, mais surtout, une manière de se retrouver face à soi-même. Et ça, il le fait passer sans effort. Cliquez ici pour regarder le replay de cette interview.

  • "Sugoi" : Keenan Takahashi et Katie Lamb au Japon – Du bloc, de la sueur et des bouleaux

    La Sportiva vient de sortir une vidéo qui mérite qu’on s’y attarde. Keenan Takahashi et Katie Lamb ont mis le cap sur le Japon pour explorer ce que le bloc avait à offrir de l’autre côté du monde . Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas été déçus. Le titre ? "Sugoi". Comprenez par là : "incroyable" ou "impressionnant". Un qualificatif qui colle parfaitement à leur aventure, tout sauf ordinaire. Tokyo : entre chaos et blocs urbains Le voyage commence à Tokyo, cette métropole où tout semble aller à cent à l'heure. Entre deux trajets en métro et quelques bouchées d'onigiris, Keenan et Katie s'attaquent aux blocs locaux. Mais attention, ici pas de cartes postales de l’escalade. C’est un défi, pur et dur, où chaque mouvement compte. Même s'ils trouvent le temps de plaisanter sur des forêts de bouleaux, le focus reste clair : grimper, surmonter, et se mesurer aux lignes japonaises, loin des sentiers battus. Après Tokyo, direction Mizugaki, un havre encore épargné par les foules de grimpeuses et grimpeurs . Ici, c'est du bloc à l’état brut : technique, exigeant, et implacable. Les moments d’échec sont nombreux, les mains s’usent, la fatigue s’installe. Mais rien n’est occulté. C’est une plongée directe dans la réalité de l’escalade, celle où chaque tentative compte, et où l’échec fait partie du processus. Kyushu : l’île où la roche et la mer dictent les règles L’étape suivante se déroule à Kyushu, une île au sud du Japon, où la nature reprend ses droits . Là-bas, Keenan et Katie s’attaquent à des blocs côtiers, où la marée impose ses propres limites. Imagine : tu trouves une ligne parfaite, tu montes… et la mer te force à redescendre vite fait, si tu ne veux pas finir avec les crabes. Le rythme de cette partie est implacable. Ils enchaînent les tentatives, les échecs, et les pauses forcées par la nature. Le tout sous un climat qui ne fait aucun cadeau. Et malgré tout, ils persévèrent. Car à Kyushu, il ne s’agit pas seulement de surmonter les difficultés des blocs présents, mais aussi de composer avec les éléments. La ténacité devient leur seul allié. Une leçon d’escalade sans compromis "Sugoi" met en avant ce que l’escalade a de plus authentique. Pas de faux semblants, pas de mise en scène grandiloquente . On assiste à une lutte continue, où la progression est lente, mais où la moindre avancée est arrachée à la roche avec force et détermination. Les tentatives échouées, les moments de doute, tout est montré sans fard. Ce qui en ressort, c’est une vérité simple : grimper, ce n’est pas simplement cocher une voie. C’est accepter la difficulté, et revenir à la charge jusqu’à la réussite. Visuellement, la vidéo est saisissante. On passe des forêts luxuriantes de Mizugaki aux rivages escarpés de Kyushu, chaque paysage imposant une nouvelle réalité à nos grimpeurs. Mais au-delà des décors sublimes, c’est l’effort qui est mis en lumière . Keenan et Katie sont filmés dans leurs gestes les plus précis, chaque mouvement de pied, chaque prise de main raconte l’histoire d’une confrontation avec la roche. "Sugoi" est un hommage à l’effort pur, au combat contre soi-même. Keenan Takahashi et Katie Lamb nous rappellent que l’escalade, c’est une affaire de persévérance, d’échec, de sueur, et parfois, de succès. Ces articles peuvent aussi vous intéresser : "Je n'ai aucun regret" : Mejdi Schalck, un prodige face à son rêve olympique Ground Up : le documentaire sur l’ascension sans compromis d’El Niño Solène Amoros : La résilience d'une grimpeuse face à l'adversité Au-delà des cotations : La quête intérieure de Katie Lamb

  • Qui sont les ouvreurs de la compétition Les Grips ?

    Pour cette édition des Grips , quatre ouvreurs de renommée internationale sont aux commandes des ouvertures des blocs , chacun ayant déjà laissé sa marque lors de compétitions d’envergure, y compris les Jeux olympiques de Paris 2024 . Pierre Broyer, Rémi Samyn, Gen Hirashima et Manuel Hassler apportent leur expertise et leur style distinctif pour offrir aux grimpeuses et grimpeurs des défis techniques et surprenants. Voici leur parcours et ce qui les distingue dans l’univers de l’escalade : Pierre Broyer Pierre Broyer, ouvreur français de renom, est un pilier des compétitions IFSC, notamment des Coupes du monde et des championnats . Réputé pour ses blocs physiques et techniques, Pierre a contribué à l’ouverture des blocs des JO de Paris, où ses créations ont mis les meilleurs grimpeurs à l’épreuve. Il est connu pour son style exigeant, qui requiert à la fois force et stratégie. Rémi Samyn Avec son passé de grimpeur dans l’équipe nationale de France et son rôle d’entraîneur , Rémi Samyn apporte une perspective unique à l’ouverture des blocs. Il a été impliqué dans l’ouverture des JO de Paris, offrant des blocs qui exigent une précision absolue et une endurance hors pair. Sa signature est reconnaissable dans des tracés qui ne laissent aucun espace pour l’erreur et qui révèlent le véritable niveau technique des athlètes. Gen Hirashima Gen Hirashima, originaire du Japon, est connu pour son approche technique et créative de l’ouverture . Actif dans les compétitions internationales et aux JO de Tokyo, il est réputé pour ses tracés qui demandent aux grimpeurs une grande capacité d’adaptation. Avec des blocs originaux et complexes, Gen impose aux athlètes un défi constant, alliant force, agilité et stratégie. Manuel Hassler Le Suisse Manuel Hassler, co-fondateur de Flathold, est un maître de l’équilibre et de la subtilité dans ses créations . Sa participation aux JO de Tokyo en tant qu’ouvreur a confirmé sa réputation dans l’élaboration de parcours innovants, qui mettent à l’épreuve la coordination et la réflexion des grimpeurs. Ses blocs aux Grips promettent d’être aussi techniques que surprenants, parfaits pour un spectacle d’envergure. Avec Pierre Broyer, Rémi Samyn, Gen Hirashima et Manuel Hassler aux commandes, Les Grips offrent une compétition où chaque bloc sera une épreuve complète en soi. Pour en savoir plus sur les ouvreurs, l’événement, et pour accéder aux interviews exclusives, rendez-vous sur l’espace dédié de Vertige Media ici et profitez d’une réduction de 15 % pour assister aux Grips avec le code VM12C .

  • Qui sont les athlètes présents aux Grips 2024 ?

    Les 14 et 15 décembre 2024, l’Axone de Montbéliard accueille Les Grips , une compétition de bloc au format inédit, où l’élite de l’escalade mondiale se retrouve pour un affrontement spectaculaire. Dans une ambiance survoltée, chaque athlète devra se mesurer aux blocs techniques imaginés par des ouvreurs de renom, avec les meilleurs DJ pour accompagner chaque instant décisif. Voici les grimpeuses et grimpeurs qui seront présents, avec pour chacun un aperçu de leur parcours exceptionnel : Naïlé Meignan (France) Championne d’Europe de bloc en 2024, Naïlé Meignan a fait sensation à Villars en dominant la compétition. À seulement 20 ans, elle incarne la nouvelle génération de grimpeuses françaises avec une énergie déterminée et un style précis​. Sam Avezou (France) En décrochant l’or aux championnats d’Europe 2024 en bloc, Sam a prouvé qu’il est l’un des grimpeurs les plus complets. Médaillé d’argent en 2022, il est monté en puissance pour conquérir le titre​. Manu Cornu (France) Avec plusieurs médailles mondiales, Manu Cornu est un compétiteur chevronné. Il apporte une expérience précieuse et un style explosif aux Grips. Erin McNeice (Royaume-Uni) Finaliste aux JO de Paris, Erin a marqué les esprits par sa détermination et son agilité. Elle s’est hissée parmi les meilleures en très peu de temps et reste une figure montante de l’escalade britannique. Hannah Meul (Allemagne) Vice-championne d’Europe, Hannah combine fluidité et puissance. Sa présence aux Grips ajoute une touche de technicité allemande reconnue sur la scène internationale. Yoshiyuki Ogata (Japon) Numéro 1 mondial en bloc pendant deux années consécutives, Yoshiyuki est un grimpeur redouté pour son équilibre entre technique et force pure. Brooke Raboutou (États-Unis) Médaillée d’argent aux JO 2024, Brooke représente la détermination américaine en escalade. Elle impressionne par son endurance et sa technique précise. Miho Nonaka (Japon) Vice-championne olympique à Tokyo, Miho est connue pour son élégance et son sang-froid. Sa présence apporte une expérience olympique rare aux Grips. Zélia Avezou (France) Issue d’une famille passionnée d’escalade, Zélia a représenté la France aux JO 2024 et continue de grimper les échelons dans les compétitions internationales. Toby Roberts (Royaume-Uni) Champion olympique de Paris 2024, Toby est une étoile montante, connu pour sa capacité à relever des défis impressionnants avec une approche méthodique. Meichi Narasaki (Japon) Champion d’Asie de bloc, Meichi incarne l’avenir de l’escalade japonaise, avec une technique qui reflète une précision digne des plus grands. Tomoa Narasaki (Japon) Double champion du monde, Tomoa est un pilier de l’escalade de bloc, avec un style audacieux et un palmarès exceptionnel. Levgeniia Kazbekova (Ukraine) Vice-championne d’Europe en combiné, Ievgeniia affiche un parcours éclectique. Elle allie la puissance à une agilité sans égale. Mejdi Schalck (France) Avec un titre de vice-champion du monde, Mejdi est l’un des grimpeurs français les plus prometteurs, en pleine ascension. Paul Jenft (France) Finaliste des JO de Paris, Paul est apprécié pour son audace et sa technique, qu’il mettra à l’épreuve lors des Grips. Camilla Moroni (Italie) Cinq fois championne d’Italie, Camilla est connue pour son mental d’acier et sa capacité à gérer les situations de forte pression. Mickael Mawem (France) Champion du monde de bloc, Mickael Mawem est un grimpeur explosif, toujours prêt à repousser les limites du possible sur les blocs les plus ardus. Pour tout savoir sur l’événement avant le jour J, consultez notre espace dédié sur Vertige Media ici : vous y trouverez les dernières infos, les détails pratiques, et des interviews exclusives. Et pour assister à cette rencontre unique en direct, profitez de 15 % de réduction avec le code VM12C .

  • Les Grips : comment se loger à Montbéliard pendant la compétition ?

    Assister aux Grips les 14 et 15 décembre 2024 à l’Axone de Montbéliard est l’occasion idéale pour plonger dans l’univers de l’escalade. Pour profiter au mieux de cet événement, voici une liste d’options d’hébergement, des hôtels confortables aux solutions plus économique s, situées près du site de la compétition et dans les environs. Hôtels proches de l’Axone Ibis Montbéliard Centre : Cet hôtel est situé à environ 10 minutes en voiture de l’Axone et offre des chambres modernes avec climatisation, Wi-Fi gratuit, parking et petit-déjeuner buffet. Situé au centre de Montbéliard, il permet un accès rapide aux restaurants et services de la ville​. Kyriad Montbéliard - Sochaux : À quelques kilomètres seulement de l’Axone, le Kyriad propose des chambres bien équipées, un restaurant sur place et un bon rapport qualité-prix pour ceux qui souhaitent être proches du site de compétition. Les visiteurs apprécient son confort et sa proximité avec les transports en commun​ Brit Hotel Bristol Montbéliard Centre : Situé au cœur de Montbéliard, cet hôtel chaleureux se distingue par une ambiance conviviale et propose des chambres confortables avec accès facile aux commerces et attractions locales. Il s’agit d’un bon choix pour ceux qui souhaitent allier confort et immersion dans la ville​. . Options économiques Première Classe Montbéliard – Sochaux : Pour les budgets serrés, cet hôtel à quelques minutes de Montbéliard propose des chambres fonctionnelles et accessibles. Les visiteurs bénéficient de l’essentiel pour un séjour court et simple, à une distance raisonnable de l’Axone. Auberge de Jeunesse de Belfort-Montbéliard : Située à proximité de Montbéliard, cette auberge est adaptée aux groupes et aux jeunes voyageurs. Elle offre des lits en dortoir et quelques chambres privées pour ceux qui recherchent un hébergement simple et abordable dans une ambiance conviviale. Hébergements chez l’habitant et Airbnb Pour une expérience plus personnelle, les options Airbnb dans et autour de Montbéliard proposent des choix variés : Appartements urbains : Vous trouverez des studios et appartements modernes au centre-ville, parfaits pour une immersion dans la vie locale. Maisons et chalets : Les options en périphérie incluent des maisons et chalets offrant calme et espace pour les familles ou petits groupes. Campings et hébergements alternatifs Si vous préférez une alternative immersive dans la nature, plusieurs campings sont situés à une courte distance de Montbéliard : Camping Les Grands Ansanges : Ce camping à environ 15 minutes de Montbéliard propose des mobil-homes et des emplacements pour tentes. Parfait pour ceux qui souhaitent allier séjour en plein air et accès facile à la compétition. Les Grips vont attirer de nombreux passionné(e)s, et tombe au même moment que le marché de Noël, il est donc conseillé de réserver le plus tôt possible . Pour plus de détails pratiques, d’interviews et d’infos avant l’événement, consultez notre espace dédié sur Vertige Media ici et bénéficiez de 15 % de réduction sur vos billets avec le code VM12C .

  • Federica Mingolla : L’épreuve du vide et la renaissance par les cimes

    Federica Mingolla, 29 ans, est bien loin de l'image que l'on pourrait se faire d'une grimpeuse de haut niveau. Derrière son accent italien chantant et son énergie positive se cache une femme forgée par les parois abruptes, les blessures invisibles, et une volonté inébranlable . Lors de notre rencontre, son franc-parler saute aux yeux. Pas de fioritures, pas de discours édulcoré : Federica, c’est du brut, de l’authentique. « Je vis de l’escalade et de l’alpinisme depuis que j’ai 21 ans » nous confie-t-elle d’entrée de jeu. Mais très vite, on comprend que sa vie ne se résume pas à des performances sportives. Quand elle n’est pas sur les falaises, Federica travaille comme guide de montagne et mène en parallèle des études d’ostéopathie à Turin. « Quand je ne suis pas en montagne, je suis plongée dans mes études ou je pars grimper ailleurs dans le monde ». Sa vie est un équilibre subtil entre passion et pragmatisme , sans place pour les compromis inutiles. « Je grimpe pour moi, pour me confronter à la montagne » explique-t-elle. L’écriture comme catharsis En 2022, Federica fait un choix peu commun pour une athlète de son calibre : elle écrit un livre : "Fragile come la roccia". « Ce n’est pas un livre qui parle juste d’escalade ou de montagne. C’est une série de récits personnels, des événements qui ont changé ma vie » explique-t-elle. Son ouvrage explore les moments marquants de son parcours , et l’un des plus poignants est son combat contre l’anorexie. « En montagne, j’ai réalisé que mon corps avait besoin d’énergie pour affronter les conditions extrêmes. C’est là que j’ai recommencé à manger normalement. Pas par choix, mais parce que c’était une question de survie. » « J'étais compétitrice pour l’équipe nationale italienne, et à cette époque, je pesais environ 10 kilos de moins qu’aujourd'hui » se souvient-elle. « C’était une période très sombre. Je me battais contre mon propre corps ». À travers cette confession, Federica brise un tabou encore trop présent dans le monde du sport . « La compétition te pousse à vouloir être la meilleure, mais ça vient souvent avec un prix ». Ce qui l’a sauvée, c’est la montagne. « En montagne, j’ai réalisé que mon corps avait besoin d’énergie pour affronter les conditions extrêmes. C’est là que j’ai recommencé à manger normalement. Pas par choix, mais parce que c’était une question de survie ». Cette découverte a profondément façonné sa philosophie de vie. « La montagne m’a reconnectée avec la vie. Elle m’a appris à me connaître, à comprendre mes limites, et à voir à quel point je pouvais être forte ». Des parois à conquérir : la passion inextinguible Federica est également reconnue pour ses exploits sur les parois, et pas des moindres. Parmi ses réalisations les plus impressionnantes figure son ascension libre de " Tom et Je Ris " dans les Gorges du Verdon, une voie redoutable de 55 mètres cotée 8b+. « C’était brutal. Chaque mouvement te vide de ton énergie. Mais c’est pour ça qu’on y va, non ? » Ces mots résument bien l’approche de Federica : l’escalade n’est pas simplement une passion, c’est une confrontation continue avec ses propres limites . Elle a également marqué les esprits en gravissant " Digital Crack " côtée 8a+ dans le massif du Mont Blanc, une voie technique qui teste les capacités des plus grands grimpeurs. Cependant, l’une de ses réalisations majeures est sa répétition en 2016 de " Itaca nel Sole " dans la vallée de l'Orco, une voie de granit cotée jusqu’à 8b. « Le granit, c’est impitoyable. Chaque mouvement exige une concentration totale. J’ai passé des années à perfectionner ma technique sur cette roche ». « La montagne ne ment jamais. Si tu n’es pas prête, elle te jette. » Federica entretient une relation particulière avec ses ascensions. « La montagne ne ment jamais. Si tu n’es pas prête, elle te jette ». Cette sincérité brute de la nature la pousse à persévérer, sans tricher, sans détour. Réseaux sociaux : l’enfer du décor Forcément, lorsque l’on parle de tricherie, le sujet des réseaux sociaux ne met pas beaucoup de temps à arriver dans la conversation. Federica observe une forme de dualité de plus en plus marquée sur les réseaux sociaux . « Il y a deux marchés : les athlètes, qui travaillent avec les marques pour montrer la performance des produits, et les influenceurs, qui sont là pour vendre ces produits » explique-t-elle. Un constat qui l’amène à dénoncer un système où la performance et l’authenticité sont souvent éclipsées par la simple recherche de visibilité et de likes . « Moi, je ne montre pas mon corps, je ne veux pas que les gens me mettent des likes juste parce que je suis en mini short. » En tant qu’athlète femme, Federica est aussi bien consciente de la pression à laquelle elle fait face sur les réseaux . « Moi, je ne montre pas mon corps, je ne veux pas que les gens me mettent des likes juste parce que je suis en mini short ». Pour Federica, il est primordial de rester authentique. « Je ne suis pas là pour vendre mon image, je suis là pour montrer ce que je fais en montagne ». Elle préfère laisser ses actions parler d'elles-mêmes : « Je veux que les gens me suivent pour ce que je fais, ce que je dis, pour mes actes ». Federica Mingolla a tiré des leçons précieuses de ses années de compétition. Celles-ci lui ont permis de comprendre ce qu’elle veut vraiment, mais aussi ce qu’elle refuse catégoriquement . « Je préfère affronter les difficultés plutôt que de devoir trahir qui je suis vraiment. Et si ça doit un jour impliquer de repartir de zéro, je n'hésiterais pas ». Aujourd'hui, la grimpeuse italienne avance avec une vision claire de comment elle souhaite évoluer dans ce monde. Que ce soit face aux exigences de la montagne ou aux tentations de notre époque, Federica trace un chemin guidé par l’authenticité et le respect de soi .

  • L'escalade, un sport de gauche ?

    Les récentes élections européennes ont mis en lumière la montée de l'extrême droite en France, suscitant de nombreuses réflexions sur l'état actuel de notre société et de ses valeurs. Cette situation nous pousse à explorer comment les dynamiques sociales influencent des domaines inattendus, comme l'escalade . Ce sport, en plein essor, porte en lui des symboles et des valeurs qui méritent d'être examinés à la lumière des évolutions politiques et sociétales. Il y a quelque chose de profondément symbolique dans l'acte de grimper. Se hisser vers le haut, surmonter les obstacles, et chercher constamment un point d'appui sont autant de métaphores de la vie. Alors que l'escalade gagne en popularité comme sport mondial, une question curieuse se pose souvent parmi les grimpeuses et grimpeurs : "Est-ce que l'escalade est un sport de gauche ?". Des racines rebelles et une rébellion silencieuse L'alpinisme, ancêtre de l'escalade, était initialement réservé à une élite, évoquant une "colonisation des sommets". L'escalade, en revanche, a brisé ces chaînes en offrant une expérience plus accessible et moins dangereuse. Après la Seconde Guerre mondiale, les mouvements de gauche, notamment communistes via la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail), ont promu l'escalade comme un sport du peuple . En 1955, le premier mur d'escalade artificiel fut inauguré lors de la fête de l'Humanité, ouvrant la voie à l'installation de murs dans diverses institutions et écoles. Dans les années 70 et 80, grimper prenait une dimension de rébellion. Jeanne, rencontrée lors de notre dernier micro-trottoir dans une salle d'escalade parisienne, se souvient de cette époque : "C'était considéré comme un sport de baba cool, on grimpait en grande partie pour vivre en marge de la société." Démocratisation, urbanisation et élitisation L'essor des salles d'escalade urbaines a redéfini ce sport. Il est passé d'un mode de vie en harmonie avec la nature à une activité prisée par les citadins pour maintenir leur forme. Dans les vestiaires, les discussions tournent autour de la récente levée de fonds de telle startup en vogue, d'un collègue récemment promu manager, etc. Les gérants de ces salles, de plus en plus souvent des diplômés de grandes écoles de commerce, symbolisent cette transformation. La médiatisation croissante des compétitions a aussi introduit une quête de performance : il ne suffit plus de grimper, il faut exceller . Les vidéos d'athlètes d'élite réussissant à passer telle ou telle cotation abondent sur YouTube. Parfois même au prix de la santé, on se rappelle notamment de l'été dernier où Janja Garnbret, la compétitrice d'escalade qui a gagné le plus de titres mondiaux, a brisé le silence sur les troubles alimentaires dans l'escalade. Cette évolution rappelle les débuts de l'alpinisme : une recherche de l'excellence doublée d'un repli élitiste . L'urbanisation de l'escalade, avec la multiplication des salles dans des zones gentrifiées, mène à une privatisation et une élitisation du sport, reflet d'une certaine libéralisation. Un sport de plus en plus élitisé ? Lors de notre dernier micro-trottoir, de nombreux pratiquants ont souligné que, malgré ses racines et les valeurs qu'elle véhicule, l'escalade est perçue par certains comme de plus en plus alignée avec des valeurs de droite . En effet, l'accès à ce sport peut être coûteux, entre les abonnements aux salles, l'équipement spécialisé et les stages de formation. La médiatisation et l'intérêt croissant des sociétés pour ce marché en expansion ajoutent à cette perception. Les compétitions, et l'intégration de l'escalade aux Jeux Olympiques, ont contribué à cette transformation, éloignant l'escalade de ses valeurs originelles pour certains. Retour aux valeurs fondamentales L'escalade a-t-elle abandonné ses valeurs de gauche ? Pas nécessairement. Bien que son image ait évolué, il est possible qu'elle traverse en ce moment une phase de maturation. Les valeurs fondamentales - respect de la nature, solidarité, égalité des sexes - restent profondément ancrées . Des professionnel(le)s de la santé utilisent l'escalade comme outil thérapeutique , des grimpeuses militent pour l'égalité des genres , et des associations prônent une pratique plus durable . Une réflexion de la société L'escalade, comme toute activité humaine, reflète la société. Elle peut être un acte de rébellion, une forme d'expression ou un simple loisir. Mais une chose est sûre : à mesure que ce sport évolue, il continuera de refléter les tensions, aspirations et idéaux de notre époque . Finalement, la véritable question n'est peut-être pas de savoir si l'escalade est "de gauche" ou "de droite", mais de reconnaître et de célébrer sa capacité à susciter des discussions pertinentes sur notre identité collective.

  • "Ceci est un torse" : Manifeste pour l'égalité et la liberté en escalade

    Dans le petit monde de l’escalade, une question vestimentaire soulève une tempête de réflexions : celle du port du t-shirt . Plus qu'une simple norme de tenue, elle incarne une lutte pour l'égalité des genres, une question de liberté individuelle et un défi au respect des normes établies . Déjà évoqué dans nos colonnes précédemment , le sujet a pris un virage audacieux et novateur lors du récent Master of Fire à Bruxelles, organisé par la salle Le Camp de Base. Souvenons-nous de cet été, au festival Camp4 Vercors, où une question flottait déjà dans l'air, affichée au mur de bloc : « Torse nu, pourquoi nous et pas elles ? » . Une invitation à la réflexion, à la remise en question des normes établies. Au Master of Fire, le dialogue a franchi une nouvelle étape, avec des grimpeuses qui ont gravi les parois, le dos nu proclamant « Ceci est un torse » . Un geste symbolique, mais puissant, qui interroge les normes de genre dans l'escalade par un moyen d'expression encore peu répandu dans cet univers. "Il existe déjà des initiatives comme celles de Climbing Bitches ou de Girls in Bleau, qui permettent de créer un terrain safe. Notre objectif, c'est de prendre l'axe activiste et militant pour pointer du doigt les sujets négatifs et créer la discussion. Cette approche a déjà prouvé son efficacité dans d'autres domaines." Nous explique Sophie Berthe, à l'origine de cette action. Sophie approfondit le message dans un manifeste percutant rédigé en vue de cette première opération. Elle y aborde l'hypersexualisation du corps féminin et souligne la nécessité d'une éducation axée sur les questions de genre et la lutte contre les oppressions sexistes . Par son plaidoyer, elle incite les salles d'escalade à adopter des chartes contre les violences sexistes et sexuelles , pour un environnement sportif plus sûr et inclusif. Elle appelle également à une prise de conscience individuelle dans la lutte contre ces violences, soulignant l'importance des actes de chacun. Face à cette situation, les salles d'escalade sont à la croisée des chemins. Entre la conservation d'une politique stricte et l'adoption d'une approche plus inclusive et équitable, le choix est crucial . Le défi est de trouver la bonne équation, respectueuse des besoins et des droits de chacun, tout en promouvant l'inclusivité et l'égalité des genres. Il semble compliqué pour celles ayant fait le choix de ne pas se positionner de continuer à faire comme si le sujet n’existait pas. Un débat et des images qui nous rappellent la publicité Patagonia publiée en 1987 , où l'on pouvait voir une grimpeuse en falaise torse nu, mettant en lumière que cette réflexion sur l'égalité des genres en escalade n'est pas nouvelle. Cette image emblématique, à l'époque, avait déjà soulevé des questions sur la liberté corporelle dans l’escalade. Ces débats transcendent bien évidemment l'escalade et touchent l'ensemble du monde sportif. Comme mentionné précédemment , d'autres disciplines sont également confrontées à ces discussions sur l'égalité des tenues sportives entre hommes et femmes, révélant une tension entre tradition, performance et équité des genres . Il est pourtant essentiel que notre société s'oriente vers une pratique sportive où chacun, indépendamment de son genre, peut se sentir à l'aise, respecté et libre de s'exprimer pleinement.

  • Femmes en Montagne 2024 : Découvrez le programme des ateliers

    Du 14 au 17 novembre 2024, Annecy accueillera la 5e édition du Festival Femmes en Montagne , une célébration incontournable de la place des femmes dans les sports de montagne . Cet événement, unique en son genre, met en lumière la contribution féminine à l’alpinisme, à l’escalade, au ski et à bien d’autres disciplines. À travers des projections de films, des ateliers variés et des discussions, le festival offre un espace d’expression et de partage, où les parcours d’exception inspirent et interrogent. Alors que seulement 3 % des guides de haute montagne en France sont des femmes, et que la médiatisation du sport féminin ne représente que 20 % du temps d’antenne, le festival se positionne comme un acteur clé pour renforcer la visibilité et promouvoir la mixité dans les pratiques de montagne . Il vise à briser les stéréotypes et à ouvrir des espaces de dialogue autour des défis que rencontrent les femmes dans ces environnements souvent perçus comme masculins. Des ateliers pour tous les goûts L’édition 2024 propose une quinzaine d’ateliers où chacun·e peut s’immerger dans l'univers montagnard tout en développant des compétences pratiques, artistiques, et sportives. Voici un aperçu des activités proposées : Groupe de Parole - Mountain Sisters (Jeudi 14 novembre, de 9h à 11h) Dans un espace d'écoute et de confiance, les Mountain Sisters vous invitent à partager vos expériences et réflexions sur ce que signifie être une professionnelle en montagne. Un moment d’échange enrichissant autour des défis rencontrés par les femmes dans ce milieu. Atelier aquarelle avec Lauriane Miara (Jeudi 14 novembre, de 9h à 12h et de 14h à 17h) Deux sessions pour explorer votre fibre artistique en capturant l'essence des montagnes à travers l'aquarelle. Guidé·e par l’artiste Lauriane Miara, vous aurez l’occasion de repartir avec votre propre création. Faire vivre son film à l'étranger et intégrer le développement durable (Jeudi 14 novembre, de 11h15 à 13h) Découvrez comment produire et diffuser des films à l'international tout en minimisant leur impact environnemental. Cet atelier dévoilera les coulisses de la production de films et festivals outdoor, en mettant l’accent sur l’écoresponsabilité. Connaître et utiliser les plantes sauvages de montagne (Vendredi 15 novembre, de 14h à 16h) Coincé·e en pleine nature sans rien à manger ? Dans cet atelier, Atalante vous apprend à identifier les plantes sauvages qui peuplent les montagnes, qu’elles soient utiles pour la survie ou simplement fascinantes à découvrir. Atelier grimpe (Vendredi 15 novembre, de 9h à 11h) Venez grimper à la salle Atome lors d’une session encadrée par des professionnelles, et profitez de conseils personnalisés. Cet atelier offre une belle opportunité pour partager un moment convivial tout en progressant techniquement. Randonnée mobilité douce (Samedi 16 novembre, de 9h à 15h) En partenariat avec POW France et Yambi, cette randonnée d’une demi-journée se concentre sur les enjeux de la mobilité douce et du changement climatique. Le pique-nique végétarien et la conférence sur le cycle de l’eau viendront compléter cette expérience nature. Être une femme réalisatrice : défis & enjeux (Samedi 16 novembre, de 10h à 12h30) Après la diffusion de trois films hors compétition, rejoignez un panel d’intervenantes pour une table ronde sur les défis auxquels les femmes réalisatrices font face dans l'industrie cinématographique. Un moment inspirant et plein d'enseignements. Harldoop et POW : Réparation ou customisation (Samedi 16 novembre, de 13h45 à 16h15) Donnez une seconde vie à votre matériel outdoor lors de cet atelier pratique, avec au choix deux options : une réparation simple ou une customisation créative. Run avec Salomon (Dimanche 17 novembre, de 9h à 11h) Participez à une sortie course à pied unique avec des athlètes, suivie d'une discussion sur la réduction de l'empreinte carbone dans le sport. Cet atelier allie performance physique et réflexion environnementale. De la conception à la concrétisation d’un projet documentaire (Dimanche 17 novembre, de 10h à 12h) Transformer une idée en un projet documentaire concret est un vrai défi. Cet atelier vous guidera à travers toutes les étapes, de la conception à la réalisation, pour donner vie à vos films de manière captivante. Un festival accessible en ligne En plus de ces ateliers, l’un des points forts du festival reste sa version digitale, accessible jusqu’au 6 janvier 2025. Cette option permet à toutes celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre à Annecy de suivre l'événement à distance , depuis chez eux. Les projections et certains contenus seront ainsi disponibles en ligne, assurant que personne ne manque cette célébration des femmes en montagne. Pour plus d'informations ou pour réserver vos places, rendez-vous sur le site officiel du festival . Ne manquez pas cette édition engagée et tournée vers un avenir plus inclusif en montagne.

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