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  • Sport et insertion professionnelle : un levier à (re)découvrir pour les clubs engagés

    Si le sport est un formidable terrain de jeu, il est aussi un outil puissant d’insertion professionnelle . Une réalité encore trop peu explorée par de nombreux clubs et structures sportives, alors qu’elle pourrait leur ouvrir des perspectives inédites. C’est tout l’enjeu du dispositif « Clubs Sportifs Engagés », porté par le ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités et le ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, avec l’appui de France Travail et de l’Agence nationale du sport. Des webinaires pour outiller les clubs Dès le 30 janvier 2025, un cycle de webinaires thématiques se tiendra tous les jeudis de 12h à 13h. L’objectif ? Donner aux clubs sportifs les clés pour structurer des projets d’insertion via le sport et exploiter au mieux les opportunités existantes. Les thématiques abordées s’adressent directement aux structures qui souhaitent s’impliquer ou renforcer leur engagement : Concevoir un projet d’insertion par le sport avec France Travail  – Jeudi 30 janvier (12h-13h) Créer du lien avec un public jeune demandeur d’emploi  – Jeudi 6 février (12h-13h) Organiser un stage de remobilisation par le sport  – Jeudi 13 février (12h-13h) Recruter autrement avec "Du Stade Vers l’Emploi"  – Jeudi 20 février (12h-13h) Faire découvrir des métiers par le sport  – Jeudi 27 février (12h-13h) Accompagner un public féminin vers l’émancipation par le sport  – Jeudi 6 mars (12h-13h) Encadrer un Contrat d’Engagement Jeune (CEJ) sport  – Jeudi 13 mars (12h-13h) Accueillir des personnes en situation de handicap  – Jeudi 20 mars (12h-13h) Redonner confiance aux personnes éloignées de l’emploi en zone rurale  – Jeudi 27 mars (12h-13h) Lever les freins à la mobilité par le sport  – Jeudi 3 avril (12h-13h) Intégrer un public PJJ dans son club  – Jeudi 10 avril (12h-13h) Accueillir des personnes en grande précarité  – Jeudi 17 avril (12h-13h) Construire un programme d’insertion complet avec France Travail  – Jeudi 24 avril (12h-13h) Développer l’emploi dans son club  – Jeudi 15 mai (12h-13h) Financer des actions d’insertion par le sport  – Jeudi 22 mai (12h-13h) Adapter sa pratique aux publics non sportifs  – Jeudi 5 juin (12h-13h) Pourquoi s’engager ? Le sport ne se limite pas à la performance ou au loisir : il est aussi un levier de transformation sociale. En participant à ces webinaires, les clubs sportifs peuvent non seulement diversifier leurs activités, mais aussi jouer un rôle clé dans l’accompagnement vers l’emploi . Un atout stratégique à la fois pour les structures elles-mêmes, qui gagnent en visibilité et en légitimité, et pour les bénéficiaires, pour qui le sport devient un tremplin. Comment s’impliquer ? Que votre club soit déjà engagé ou simplement curieux de découvrir ces initiatives, ces webinaires constituent une opportunité à saisir. Pour en savoir plus ou intégrer le dispositif, vous pouvez contacter Marceau Balaÿ  afin de faire remonter vos besoins et idées. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • Climb Up débarque à Nîmes : une première prise en Occitanie

    Climb Up continue d’étendre sa toile — ou plutôt ses murs. Le géant des salles d’escalade s’invite pour la première fois en Occitanie avec une ouverture à Nîmes , au Triangle de la Gare, ce 31 janvier 2025. Une trentaine de salles au compteur, et voilà qu’ils posent leurs chaussons dans le Sud, histoire de montrer que l’escalade, ce n’est pas qu’une affaire de falaises. © Climb Up Nîmes Un modèle qui grimpe doucement mais sûrement Avec cette 33e salle, Climb Up avance à son rythme : pas trop vite, pas trop lentement, comme sur une voie un peu expo. Particularité de cette nouvelle adresse : elle fonctionne en licence de marque , une rareté dans l’écosystème bien balisé de l’enseigne. Traduction pour les connaisseurs : derrière les 900 000 euros investis dans ce projet, un duo d’entrepreneurs, Roxane Limousin et Sylvain Gruss, deux anciens ingénieurs convertis à la verticale. De la Bourgogne aux reliefs gardois, leur rêve de grimpe prend enfin racine. Des murs qui parlent à tout le monde Avec 550 m² de surface grimpable et des murs à 4,50 mètres, tout le monde devrait trouver sa voie, du débutant qui découvre à peine le concept de dévers au grimpeur confirmé en manque de mouvements dynamiques. Mais ce qui fait lever un sourcil curieux, c’est le kilter board . Ce mur inclinable et connecté (de -10° à 70°, pour les mordus de chiffres), piloté via une appli, est en train de devenir l’accessoire chouchou des salles ambitieuses. Une touche geek qui séduit autant qu’elle intrigue. Et parce que l’escalade ne se limite pas à grimper, la salle joue la carte de la convivialité avec un espace détente et une offre de restauration locale : bière de Lozère, jus de fruits du Gard. De quoi rincer la magnésie avec panache. L’enseigne prend pied dans le Sud Si Climb Up s’installe dans une région qui regorge de grimpeurs et de falaises mythiques, ce n’est pas un hasard. Mais choisir un emplacement en plein centre-ville, à deux pas de la gare et des arènes , c’est aussi une déclaration d’intention : toucher un public urbain, mobile et curieux, tout en continuant d’étoffer un réseau déjà solide. Avec seulement trois salles en licence de marque sur l’ensemble de leur réseau, l’enseigne montre qu’elle sélectionne ses partenaires avec soin. Pas question de diluer leur identité dans des projets douteux. Ici, tout est pensé pour combiner le fun et la qualité. Un marché qui reste sous tension L’ouverture d’une nouvelle salle, surtout sous l’étiquette Climb Up, fait toujours un peu de bruit dans le microcosme de l’escalade indoor. Entre le boom des salles privées, la montée en gamme des infrastructures et les modèles économiques qui se cherchent encore, le marché reste en pleine évolution. Une chose est sûre : à Nîmes, les acteurs locaux, indépendants ou non, risquent de surveiller cette arrivée de près. Pour le reste, rendez-vous le 31 janvier pour l’inauguration et sa compétition de bloc en mode show. Et pour les curieux du week-end, les portes ouvertes les 1er et 2 février promettent une bonne occasion de juger sur pièces. Parce que grimper, c’est bien, mais grimper en sachant où on met les pieds, c’est mieux. Pour découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • Paris 2024 : gloire olympique, misère sportive ?

    Six mois après la ferveur de Paris 2024 , la flamme vacille déjà. On avait promis un héritage. On a surtout hérité d’un goût amer. D’un côté, des clubs débordés par l’afflux de nouveaux adhérents, tous inspirés par les exploits de nos champions. De l’autre, un ministère des Sports amputé de plus de 100 millions d’euros dans le budget 2025 . Et comme si ça ne suffisait pas, un amendement pour tailler encore 34 millions, heureusement retoqué. Comment capitaliser sur un élan si on coupe les jambes de ceux qui courent ? © David Pillet Les JO, une promesse en carton ? Paris 2024, c’était censé être le tremplin. Mais sans filet, gare à la chute. L’histoire est vieille comme le monde sportif : on célèbre les athlètes, on fait vibrer les stades, puis on tire le rideau… et le budget. C’est l’ombre de Londres 2012 qui plane sur nous. Là-bas, après des JO flamboyants, l’élan s’est écrasé faute d’infrastructures et d’éducateurs pour accueillir les nouveaux pratiquants. Aujourd’hui, la France regarde droit dans la même impasse. Un mur infranchissable pour l’escalade ? Prenons l’exemple de l’escalade, discipline olympique nouvelle star. Depuis son arrivée au programme des Jeux, elle connaît un boom phénoménal : salles bondées, clubs saturés, mais toujours les mêmes galères. De nombreux grimpeurs peinent à trouver une place dans les clubs associatifs, souvent saturés face à l’engouement croissant pour la discipline. Et les bénévoles, eux, grimpent à mains nues, sans moyens. La Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) tire la sonnette d’alarme : sans financement, impossible d’entretenir nos falaises, de développer des formations d’ouvreur ou de répondre à l’engouement post-JO . Pendant ce temps, les salles privées annoncent des hausses de tarifs qui s'envolent sans limite ou se maintiennent à des niveaux impressionnants. 600 € pour un abonnement annuel chez Arkose, 650 € chez Climbing District, 720 € chez Blocbuster . Et les tarifs réduits ? Certains disparaissent tout simplement, privant les demandeurs d’emploi ou les publics précaires d’un accès au sport. Cette envolée des prix montre à quel point un tissu associatif solide est essentiel. Car l’escalade, ce n’est pas qu’une question de loisir. C’est une discipline qui rapproche, qui éduque. Les voies qu’on ouvre ne sont pas que des défis physiques, ce sont des chemins vers des valeurs essentielles : le respect, la solidarité, le dépassement de soi. Mais avec un budget sous perfusion, les clubs associatifs n’ont plus les moyens d’offrir une alternative accessible. Et quand grimper devient un luxe, c’est tout un pan de la société qu’on prive de ces valeurs. Un sport amputé, une société perdante Les chiffres claquent comme une corde qui lâche : une réduction de 30 % du budget du sport revient à sacrifier les bénévoles, les éducateurs, et les infrastructures . Ça n’a rien d’abstrait. Derrière chaque grand champion se cache un club, une salle, et des formateurs passionnés. Moins d’équipements, c’est moins d’inclusion. Moins d’éducateurs, c’est moins de sécurité. Moins de moyens, c’est moins de sport pour tous. Et pourtant, le sport, c’est le plus grand investissement social qui soit . Des milliards d’euros économisés en dépenses de santé. Une cohésion sociale qui commence sur les tapis de judo, les murs d’escalade, ou les terrains de foot. Pendant le COVID, on l’a bien vu : priver la société de sport, c’est l’asphyxier. La tribune qui allume la flamme Une lueur d’espoir subsiste. La tribune «  Ensemble, entretenons la flamme de Paris 2024  » a déjà rallié de nombreux acteurs du sport. Le message est clair : ne laissez pas l’élan des JO s’éteindre dans l’indifférence. On y lit des mots forts : « Le sport est une promesse de santé, de cohésion et d’espoir. Chaque euro amputé au budget du sport est un frein à l’éducation, à la santé publique, et à l’inclusion. » Alors, que fait l’État ? On nous avait promis qu’il tiendrait parole. Qu’il investirait dans le sport. Mais pour l’instant, c’est silence radio. Ou pire : des arbitrages budgétaires qui sabrent un pilier de notre société. Le sport français en « money time » En escalade, le « money time », c’est ce moment où l’on choisit entre tout donner pour clipper la dégaine ou accepter le vol. Le sport français est exactement à ce stade. Une décision cruciale s’impose : investir pour construire un avenir ou renoncer à l’héritage de Paris 2024. La commission mixte paritaire, qui statuera sur le budget des sports, détient les clés de cet avenir. Si nos élus échouent, ce ne sont pas seulement les clubs et les salles qui trinqueront, mais des millions de pratiquants, du grimpeur amateur au champion olympique . Ne lâchons rien Le sport n’est pas une variable d’ajustement budgétaire. C’est un pilier. Une valeur. Une opportunité de bâtir une société plus forte, plus solidaire. L’État doit arrêter de jouer les équilibristes du budget et tenir ses promesses. Comme l’a écrit la tribune, chaque jour sans sport coûte cher : en santé, en liens sociaux, en espoir. Grimpeurs, athlètes, bénévoles, éducateurs : mobilisons-nous. Pour que chaque euro investi dans le sport soit un euro investi dans l’avenir. Signez la tribune et rejoignez le mouvement pour que Paris 2024 ne soit pas une opportunité manquée. Parce que si on perd cette bataille, la flamme de Paris 2024 ne sera qu’un feu de paille.

  • L’escalade givrée : grimper la glace sans piolets ni crampons

    À l’ ICE Climbing Écrins , là où résonnent les coups de piolets et les crampons raclent la glace, un espace à part s’ouvre. Antoine Le Menestrel , légende vivante de l’escalade, orchestre une drôle de symphonie . Son terrain de jeu ? La cascade de glace. Ses instruments ? Ni crampons, ni piolets. Juste des gestes empreints de poésie et un souffle qui résonne presque comme un chant. © Vertige Media « Je propose une pratique que j'appelle l'escalade givrée, sans piolet et sans crampon », lance-t-il sobrement. Et tout est dit. Ou presque. Ici, pas de combat contre la glace, mais une danse avec elle, tout en nuances . Une déclaration d’amour à une matière fragile, éphémère, que l’on ne saurait brusquer. « La glace, c’est la beauté du monde qui fond entre nos doigts. » Son approche, à mi-chemin entre l’art et la philosophie, parle autant aux grimpeurs aguerris qu’aux néophytes. Plus qu’un atelier, c’est un manifeste. Un rappel que dans une époque où tout fond – au propre comme au figuré –, il est encore temps d’agir autrement . Danse et cascade : entre ascension et poésie Fini les crampons intimidants et les gants épais. Ici, on chausse des baskets modifiées et on enfile des gants de soie. Un non-sens ? Pas pour Antoine. Dans cette pratique, le geste prime sur la performance, la douceur sur la conquête . « On prend la glace avec des pincettes, on demande à la prise de bien vouloir être prise » , glisse-t-il, presque en s’excusant auprès des stalactites. La discipline se veut autant physique que mentale. Chaque mouvement se cale sur l’expiration. « Pousser sur ses pieds jusqu’au nadir, ce point au centre de la Terre qui est aussi notre centre intérieur », explique-t-il. On respire, on grimpe. L’ascension devient chorégraphie, presque un rituel. © Vertige Media Mais Antoine ne s’arrête pas là. Il s’attaque à un tabou : la descente. « On a libéré l'ascension dans les années 80, mais on a oublié de libérer la descension. » Ce mouvement, souvent relégué à l’utilitaire, devient ici une composante essentielle . Descendre, c’est accepter de revenir au sol, en pleine conscience. Une glace pleine de symboles Pour Antoine, la glace n’est pas qu’un support : c’est un miroir, un symbole. Il invite ses participants à se voir comme des gouttes. « Une goutte de permafrost qui ne veut pas goûter, une goutte de cire qui se sacrifie pour faire naître la lumière, ou une goutte de sueur, fruit de l’engagement physique. » Dans cette énumération poétique, la fragilité de la glace renvoie à celle de notre monde. « L’air de l’Anthropocène nous oblige à devenir créatifs pour ne pas subir cette angoisse du changement climatique. » Cette escalade devient alors une forme de résistance, un cri silencieux pour la préservation d’un patrimoine éphémère . Chaque geste, chaque pression du pied, devient une manière de dialoguer avec cet environnement voué à disparaître. C’est une pratique où l’on apprend autant à grimper qu’à observer, écouter, ressentir . Une initiation inclusive Alors, cette escalade givrée, c’est pour qui ? « Demande-leur à eux », répond Antoine en désignant ses élèves, occupés à redescendre tête en bas. Sur la glace, grimpeurs expérimentés côtoient danseuses, acrobates et débutants. « La cascade n’est pas très difficile à ce niveau-là. On est sur du 4 à 6, rien d’extrême. » © Vertige Media Ce qui compte, ce n’est pas l’expérience, mais la posture . Ceux qui viennent pour cocher une case repartiront frustrés. Ici, on vient pour ressentir, pour expérimenter. Antoine insiste : « Il ne s’agit pas de forcer, mais de dialoguer avec la glace. » Et pourtant, cet atelier ne se contente pas de rassembler des profils variés. Il propose une véritable ouverture : un espace où chacun, quel que soit son bagage, peut réinventer son rapport à l’escalade, au mouvement et même à lui-même. Un art en équilibre Antoine Le Menestrel n’a jamais joué le jeu des grimpeurs classiques. Chez lui, l’escalade est un art, une expérimentation, presque un laboratoire. « La danse escalade, c’est une façon de se reconnecter au mouvement, mais aussi à l’intention derrière ce mouvement. » À l’ICE Climbing Écrins, il offre une démonstration éclatante de ce que peut devenir l’escalade : une discipline où le geste technique s’efface pour laisser place à la poésie . À travers l’escalade givrée, il pose une question essentielle : et si grimper, ce n’était pas seulement atteindre le sommet, mais réapprendre à regarder le chemin ? Dans une époque où tout fond, il donne envie de poser des gestes qui marquent – et qui réchauffent, à leur manière, une planète gelée de contradictions.

  • Elnaz Rekabi : une grimpeuse à l’honneur pour Dakar 2026

    Il y a des carrières qui brillent par leur constance, d'autres par leurs coups d’éclat. Elnaz Rekabi fait partie de cette rare catégorie qui combine les deux. Nommée Athlete Role Model pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 , la grimpeuse iranienne est bien plus qu'une athlète : c’est une figure, un symbole. Son rôle ? Inspirer la prochaine génération à travers son expérience, son aplomb et, disons-le franchement, son incroyable capacité à défier les normes, que ce soit sur les murs ou en dehors. Retour sur une trajectoire qui escalade bien plus que des parois. © @chelseahartisme/Twitter Dakar 2026 : la grimpeuse prend la tête de cordée Athlete Role Model , ça sonne un peu comme un titre de super-héros des temps modernes. En réalité, c’est peut-être bien ça. À Dakar 2026, Elnaz Rekabi sera là pour guider les jeunes grimpeurs dans l’arène olympique , les épauler dans leurs doutes et, surtout, leur montrer que l’Olympe ne se conquiert pas qu’avec des muscles. Entre deux séances de partage d’expériences et de promotion des valeurs olympiques — respect, excellence, amitié (oui, ça sonne Boy Scout, mais ça marche) —, elle incarnera tout ce que l’escalade a de plus beau : le dépassement de soi, la solidarité et une pincée d’irrévérence. Cette nomination n’est pas tombée du ciel (ou du haut d’un bloc) : elle a été proposée par Marco Scolaris, président de l’IFSC, et validée par Thomas Bach, président du CIO. Une validation qui a tout de la reconnaissance : celle d’une carrière qui a touché les sommets et d’un engagement sans faille pour faire avancer le sport. WISH : le programme qui monte, qui monte En plus de ses exploits sur le mur, Elnaz Rekabi a aussi brillé dans un autre registre, celui du programme WISH (Women in Sport High-Performance) . Ce projet financé par la Solidarité Olympique vise à former des femmes entraîneures de haut niveau . Elle y a rejoint la quatrième cohorte, apportant son expérience et sa détermination. Parce que oui, en Iran comme ailleurs, ce n’est pas toujours simple d’être une femme dans un univers où les parois ne sont pas que verticales : elles sont aussi sociales, politiques et culturelles. Une grimpeuse qui force le respect (et pas qu’un peu) Revenons un instant sur le parcours d’Elnaz, parce qu’il mérite plus qu’un coup d’œil rapide. Née en 1989 à Zandjan, en Iran, elle fait ses débuts sur la scène internationale en 2011 à Arco, lors des Championnats du monde IFSC. Depuis, elle enchaîne les compétitions comme on grimpe un dévers : avec obstination. Médaille de bronze aux Championnats du monde de Moscou en 2021, plusieurs podiums aux Championnats d’Asie, elle s’est taillée une place dans la légende . Mais là où elle marque vraiment les esprits, c’est en 2022. À Séoul, lors des Championnats d’Asie, elle décide de grimper sans hijab , un geste qui fait l’effet d’un choc dans un contexte politique iranien sous haute tension. Provocation pour certains, acte de courage pour d’autres, cette décision a projeté Rekabi bien au-delà des murs d’escalade. Elle est devenue une icône, une voix — souvent silencieuse mais assourdissante — pour ceux qui cherchent à gravir d’autres types de montagnes. Dakar : une première africaine et une ambiance verticale Les Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 seront historiques à plus d’un titre : première édition sur le continent africain, ils promettent d’être un terrain fertile pour l’innovation et la diversité. L’escalade, discipline relativement jeune sur la scène olympique, y trouvera une nouvelle caisse de résonance. Avec une ambassadrice comme Rekabi, le message est clair : le sport ne connaît pas de frontières, et les murs, qu’ils soient physiques ou métaphoriques, sont faits pour être franchis . Épilogue : grimper haut, rester libre Alors, pourquoi Elnaz Rekabi ? Pourquoi cette grimpeuse et pas une autre ? Peut-être parce qu’elle incarne cette dualité fascinante entre force et fragilité, entre défi personnel et impact collectif . Parce qu’elle nous rappelle que l’escalade, ce n’est pas seulement atteindre le sommet, c’est aussi oser, risquer, parfois tomber, mais toujours se relever. En 2026, à Dakar, elle ne sera une preuve vivante que, parfois, les cordées les plus fortes ne se nouent pas sur un mur, mais dans les esprits. Et qu’on peut grimper haut, très haut, tout en restant ancré dans ce qui compte vraiment : l’audace, la liberté et l’envie de partager le chemin.

  • Marché mondial des salles d'escalade : chiffres clés et comparaison par pays

    Grimper, c’est tendance, mais où trouve-t-on vraiment des murs à escalader ? De la France à la Chine, en passant par les États-Unis, l’escalade indoor est en plein boom… mais pas de la même façon partout. Alors, la France, c’est vraiment la championne des salles privées de grimpe, ou bien on se la raconte un peu ? Spoiler : on n'est pas si mal lotis. Voyons ça de plus près, en posant nos chaussons sur les statistiques et en prenant de la hauteur. 1. La France, reine des murs (ou presque) Chiffres clés : 250 à 300 salles pour 68,17 millions d’habitants. Avec une salle pour environ 230 000 à 270 000 habitants, la France joue dans la même cour que ses voisins allemands. Pas de quoi les faire rougir, mais suffisamment pour montrer que la grimpe en salle est une passion bien ancrée chez nous. Analyse : Avec des franchises comme Climb Up et Arkose qui fleurissent plus vite que des prises sur une dalle, la France a de quoi se la péter. Mais attention, la compétition gronde, et nos voisins européens ne restent pas les bras croisés. Le saviez-vous ? En 5 ans, la France a vu ses salles d'escalade pousser comme des champignons après la pluie. Bientôt, on trouvera des salles même dans les ronds-points. 2. Espagne vs Italie : le match méditerranéen Espagne : 190 salles pour 48,37 millions d'habitants. Pas mal, mais pas encore de quoi crier "olé". Italie : 223 salles pour 58,76 millions d'habitants. Là encore, ça grimpe, mais doucement. Croisement intéressant : Que ce soit sous le soleil de Barcelone ou dans les ruelles de Rome, on grimpe un peu partout… mais toujours pas aussi vite qu'en France. Qui aurait cru que les Italiens se contenteraient de siroter un espresso au pied des murs ? 3. Et l’Allemagne dans tout ça ? Chiffres clés  : 340 salles pour 84,48 millions d’habitants, soit une salle pour 248 000 personnes. Analyse : Avec l’un des meilleurs ratios en Europe, l’Allemagne grimpe haut. Les salles comme Boulderwelt, véritables temples de l’efficacité et du design, montrent que la grimpe peut être un business bien structuré. Ici, pas de place pour l’improvisation : le marché est dense, compétitif, mais reste un modèle à suivre pour les voisins européens. 3. Les États-Unis : beaucoup de murs, mais trop d'espace Chiffres : 561 salles pour 334,9 millions d'habitants. À première vue, les Américains ont tout pour être les kings du grimper… sauf la densité. Une salle pour 597 000 habitants, c’est comme chercher une prise dans un désert de grattons. Analyse : On les excuse, le pays est grand comme trois fois l’Europe, et ils ont encore du mal à remplir tous ces espaces entre deux Walmart. 4. Chine : dragon qui dort ou qui s'éveille ? Chiffres : 626 salles en 2023, avec une prévision de 899 d’ici 2025. Population ? Juste 1,411 milliard d’habitants. Ratio ? Une salle pour 1,57 million de Chinois. Analyse : Ça s’emballe, mais ça reste un peu lent. La Chine se prépare, mais elle n’est pas encore prête à détrôner personne sur le podium des grimpeurs. Patience, l’Empire du Milieu grimpe doucement, mais sûrement. 5. Australie : du bout du monde, mais pas des murs Chiffres : 104 salles pour 26,64 millions d’habitants. Une salle pour 256 000 habitants. Petit mais costaud, comme un kangourou sur les prises. Analyse : Les Aussies ne sont pas en reste. Certes, ils ont moins de salles, mais pour un pays où il y a plus de déserts que de falaises, c’est plutôt pas mal ! 6. Qui gagne le concours de la densité ? Top 3 : Allemagne, France, Espagne. Si l'Allemagne affiche un léger avantage avec le meilleur ratio, la France n’est pas en reste et joue les avant-gardistes grâce à ses salles qui se diversifient et attirent toujours plus de grimpeurs urbains. Au final, la compétition entre salles d’escalade ne se joue pas seulement sur le nombre de murs, mais sur leur rentabilité . En France, le marché semble bien rodé, mais avec une expansion rapide et une densité déjà élevée, la bataille se déplace sur la diversification des offres et la fidélisation des grimpeurs. Investir dans des services annexes, optimiser les coûts d’exploitation et innover pour attirer une clientèle toujours plus large seront les clés pour rester au sommet dans un secteur où les places, tout comme les marges, sont limitées. Pour approfondir ces analyses et découvrir des contenus dédiés aux professionnels de l’escalade, rendez-vous sur www.vertigemedia.fr/pro , votre espace exclusif pour tout savoir sur le marché de l’escalade.

  • L'escalade : Un outil de dépassement de soi et de gestion de la peur

    Celles et ceux qui pratiquent l'escalade depuis quelques mois ou depuis plusieurs années le savent : la peur est omniprésente dans le cadre de cette pratique sportive . Un élément avec lequel il faut apprendre à composer et qui pour la majorité des grimpeuses et grimpeurs fait même partie intégrante de l'intérêt qu'ils trouvent à cette pratique . L'escalade est une discipline qui exige autant de force mentale que physique, et qui peut être un puissant outil de dépassement de soi et de gestion de la peur. © David Pillet La confrontation à la peur La peur est une émotion primaire, profondément ancrée dans notre instinct de survie. Elle se manifeste souvent lors des premières expériences d'escalade, lorsque l'on se retrouve face à une paroi imposante. La peur de tomber, de se blesser ou de ne pas réussir est omniprésente. Cependant, cette confrontation directe avec la peur est une des premières étapes du processus de dépassement de soi . En escalade, chaque mouvement, chaque prise est une opportunité de confronter et de surmonter ces peurs. L'apprentissage de l'escalade commence par la compréhension et la gestion de la peur. Les grimpeuses et grimpeurs apprennent à identifier leurs peurs, à les analyser et à développer des stratégies pour les gérer . Cela peut inclure des techniques de respiration, des visualisations positives, la pratique de mouvements spécifiques ou la systématisation de la pratique de la chute. Le dépassement de soi Le dépassement de soi en escalade est un processus progressif. Il ne s'agit pas seulement de monter plus haut ou de grimper des voies plus difficiles, mais aussi de repousser ses propres limites mentales et émotionnelles . L'escalade demande une concentration intense, une planification minutieuse et une capacité à rester calme sous pression. Chaque ascension réussie, chaque prise difficile maîtrisée, renforce la confiance en soi et la résilience. Le processus de dépassement de soi en escalade peut être décomposé en plusieurs étapes clés : Se fixer des objectifs réalistes : Il est important de se fixer des objectifs atteignables et de progresser graduellement. Chaque objectif atteint renforce la confiance en soi et prépare à affronter des défis plus grands. Développer des compétences techniques : La maîtrise des techniques d'escalade est essentielle pour progresser. Cela inclut la compréhension des mouvements, l'utilisation de l'équipement et la connaissance des différentes prises. Cultiver la résilience mentale : L'escalade est un excellent moyen de développer la résilience mentale. Les grimpeuses et grimpeurs apprennent à faire face aux échecs, à persévérer malgré les difficultés et à rester motivés même lorsque les progrès sont lents. L'impact psychologique positif L'escalade a de nombreux bienfaits psychologiques. Elle peut aider à réduire le stress, à améliorer la concentration et à augmenter la confiance en soi. Le sentiment d'accomplissement qui accompagne chaque ascension réussie a un effet profond sur l'estime de soi. En outre, l'escalade encourage une attitude de persévérance et de détermination, des qualités qui peuvent être transférées à d'autres domaines de la vie . La communauté Un autre aspect important de l'escalade est sa communauté. Les grimpeuses et grimpeurs forment souvent des liens étroits basés sur la confiance et le soutien mutuel. L'encouragement des pairs peut être une source importante de motivation et de réconfort, surtout lors des moments de doute ou de peur. L'escalade peut être une méthode puissante de développement personnel, de dépassement de soi et de gestion de la peur. En confrontant directement leurs peurs et en repoussant leurs limites, les grimpeuses et grimpeurs apprennent à mieux se connaître et à développer une résilience mentale qui peut les aider dans tous les aspects de leur vie. Pour celles et ceux qui cherchent à se dépasser et à gérer leurs peurs de manière constructive, l'escalade offre un chemin profondément transformateur.

  • Silence, on grimpe ! Les festivals de films de montagne face au défi de l’accessibilité

    Imaginez un instant. Vous êtes passionné de montagne, le genre à frissonner devant des images de grimpeurs suspendus au-dessus du vide, ou à rêver d’expéditions improbables dans des contrées reculées. Mais chaque fois que vous entrez dans une salle de projection, une barrière invisible s’élève : le silence. Pas celui des cimes enneigées, mais celui d’un sous-titrage absent. Une expérience partielle, frustrante. Voilà le quotidien de 6 millions de Français sourds et malentendants, largement exclus des festivals de films de montagne et d’aventure . © Sandrine Chiarena En 2024, le constat est sans appel : seulement 13 % des films projetés dans ces événements étaient sous-titrés . Un chiffre maigrelet qui grince aux oreilles de la loi du 11 février 2005 , censée garantir l’égalité d’accès aux lieux publics. À l’origine de cette sonnette d’alarme, le collectif Silence, on grimpe ! , fondé par Arnaud Guillemot, sourd profond de naissance et militant engagé. Une prise de conscience en altitude En 2022, le bilan était encore plus accablant : aucun des 40 festivals répertoriés n’intégrait de sous-titres à leurs films en français. Il aura fallu deux ans de sensibilisation acharnée pour que certains festivals commencent à grimper – timidement – sur la corde de l’inclusion . En 2024, 12 événements ont pris des mesures. Un progrès certes, mais qui reste largement insuffisant. « Depuis 2023, quelques festivals ont su se mobiliser pour élargir leurs publics, mais ce n’est plus acceptable que la majorité reste inaccessible », martèle Arnaud Guillemot. Malgré des avancées, la communication des festivals pêche par un manque de clarté. 75 % des événements ne mentionnent pas ou insuffisamment les films accessibles sur leurs supports : pas de logo VFST, pas de mention explicite. Résultat ? Un public méfiant qui ne se déplace tout simplement pas. © Delphine Danielou Des montagnes à gravir pour 2025 Si certains festivals continuent de jouer les Saint-Bernard endormis, d’autres montrent la voie. Femmes en Montagne , par exemple, a fait figure de pionnier en 2024 en proposant des interprètes en Langue des Signes Française (LSF) pour tous ses débats . Un coup de piolet salué par le collectif, mais qui reste isolé. En réponse à une lettre ouverte publiée à l’automne dernier, une dizaine d’organisateurs ont annoncé des actions concrètes dès cette année : sous-titrage intégral des films, mentions claires sur les affiches, et même des expérimentations sur la transcription en direct des échanges. Ces mesures pourraient enfin donner un écho aux voix oubliées. « Lorsque l’environnement est adapté, le handicap n’existe plus », rappelle sobrement un membre de Silence, on grimpe ! Une inclusion encore trop discrète Au-delà des chiffres, l’enjeu est culturel. Rendre les festivals accessibles, c e n’est pas seulement une obligation légale, c’est une question de respect et d’enrichissement collectif . Les films de montagne célèbrent l’exploration, l’audace, le dépassement de soi. Ironie du sort, ces valeurs semblent s’arrêter à la porte des salles de projection. Tant que l’inclusion ne sera pas une évidence, des millions de passionnés resteront sur la touche, privés d’une expérience qui devrait pourtant leur appartenir. Peut-être est-il temps que les festivals, si prompts à raconter des histoires de sommets gravis, se lancent dans leur propre ascension : celle d’une véritable accessibilité. © Sandrine Chiarena Silence, on grimpe !, mais cette fois pour tous 2025 pourrait marquer un tournant. Avec des engagements en hausse et une prise de conscience plus affirmée, l’espoir est permis. Mais comme le rappelle Arnaud Guillemot, le chemin est encore long. « Nous sommes là pour accompagner les festivals, mais il est temps que les promesses se traduisent en actes. » Une invitation à grimper ensemble, sans laisser personne au pied de la falaise. Alors, festivals de films de montagne, prêt(e)s à vous hisser vers de nouveaux horizons ?

  • Les gagnants des Trophées de la Verticalité sont...

    Ce samedi 11 janvier, une foule dense et curieuse s’est amassée autour du podium du Salon de l’Escalade . Au programme : la remise des Trophées de la Verticalité , nouvelle initiative destinée à récompenser celles et ceux qui, avec leurs idées bien accrochées, redéfinissent les contours de l’escalade. Dans un milieu où chaque prise compte, ces quatre distinctions – Écologie, Contenu, Inclusion et Innovation – ne sont pas de simples médailles en chocolat. Elles saluent des projets ambitieux, des visions inspirantes, et surtout, des gens qui grimpent là où d’autres hésitent encore . Et pour remettre ces prix, un jury aussi divers que pertinent : Laury-Anne Cholez (Reporterre), Florine Leplatre (FSGT), Noémie Le Govic (Suunto) et… votre humble serviteur, rédacteur en chef de Vertige Media. Bref, ça sentait le magnésium intellectuel. © Salon de l'Escalade OneTopo : le topo 2.0 décroche le Trophée Innovation On l’a tous vécu : le topo papier. Cet objet à mi-chemin entre le Graal et la relique encombrante. On l’adore, jusqu’au jour où il manque une page, où il disparaît dans la poussière de la bagnole, ou pire… où il est obsolète. OneTopo , c’est tout l’inverse : géolocalisé, toujours à jour, éthique, et pensé pour redistribuer ses gains aux acteurs locaux . Avec OneTopo, plus besoin de partir à l’aveugle sur une falaise inconnue ou de se demander si cette voie est bien une 6c+ ou juste une mauvaise blague. En bref, c’est le topo réinventé pour une génération qui swipe plus qu’elle ne tourne des pages. The Roof Rennes : l’inclusion, mais pas par-dessus la jambe À The Roof Rennes , on ne grimpe pas seulement pour la perf’. Ici, l’escalade est un prétexte à autre chose : casser les codes, ouvrir des voies au sens propre comme au figuré, et faire tomber quelques barrières bien solides. On commence par l’égalité femme-homme : des ouvreuses aux commandes, des compétitions sans interférences patriarcales (oui, ça existe), et des formats qui renversent les conventions. Mais ce n’est qu’une prise parmi d’autres. Deux fois par semaine, la salle coupe la musique et baisse la lumière pour accueillir des personnes à haute sensibilité sensorielle. On y croise aussi des grimpeurs en situation de handicap, des initiatives pour les plus précaires (douches, café, escalade), et des événements para-climbing qui mettent tout le monde sur un pied d’égalité. Ici, l’inclusion n’est pas une belle promesse : c’est une routine. Andrea : un camion, trois vies, et une philosophie Nina Caprez, Jérémy Bernard et leur fille n’ont pas choisi la voie facile – et c’est tant mieux. À bord de leur camion Andrea , ils sillonnent des régions perdues pour partager leur passion. Avec un pan d’escalade amovible, ils proposent un spectacle itinérant qui mêle sport, exploration, et engagement . Andrea, c’est plus qu’un projet : c’est une manière de vivre. Une invitation à se reconnecter à l’essentiel, là où la falaise devient un lieu de rencontre, et le sport, un prétexte pour raconter des histoires qui touchent. Uppossible : l’écologie en mouvement Quand Eline Le Menestrel parle de développement durable, elle le fait en pédalant. Avec son collectif Uppossible, elle parcourt l’Europe à vélo pour promouvoir une escalade écoresponsable . Des spectacles itinérants, des ateliers, et une volonté farouche de prouver qu’une pratique respectueuse de la planète est à la portée de tous. L’idée ? Chaque grimpeur peut contribuer, à son échelle, à limiter son impact. Parce qu’après tout, qu’est-ce qu’un projet impossible si ce n’est une idée qui attend qu’on y croit ? En récompensant ces projets, les Trophées de la Verticalité montrent que l’escalade peut être une source d’inspiration, un levier de changement. Et si cette première édition marque un pas décisif, elle nous rappelle aussi qu’à l’heure où certains grimpeurs cherchent encore leur voie, d’autres la tracent pour eux.

  • Paris enchaîné au premier essai par le Salon de l’escalade

    C’était écrit : après avoir traîné ses chaussons de grimpe dans les montagnes grenobloises, le Salon de l’escalade a décidé de tenter le grand saut dans la jungle urbaine . Ce week-end, Paris Expo Porte de Versailles a accueilli la cinquième édition de l’événement. Et quelle édition ! Plus intense qu’un bloc en compression, plus fluide qu’un mouvement à vue, cette première parisienne a hissé l’escalade au sommet des projecteurs hivernaux de la capitale. © Salon de l'Escalade Paris, l’appel du béton Faire monter l’escalade à Paris : un pari risqué ? Plutôt une ascension maîtrisée. Alors que l’édition grenobloise peinait à rivaliser avec les rochers ensoleillés, l’organisateur Eric Hatesse a misé sur un changement radical. Cap sur Paris, où la verticalité se vit différemment, mais n’en reste pas moins inspirante . Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le choix a payé. Dans les allées du parc des expos, on croisait aussi bien des passionnés que des curieux, des familles venues découvrir les joies de l’escalade que des experts à la recherche de matériel dernier cri. « Réunir tout ce microcosme vertical ici, c’était un vrai défi, mais la magie a opéré, » confiait l’organisateur avec un sourire qui en disait long sur le soulagement. © Salon de l'Escalade Avec 265 exposants venus des quatre coins du globe – de la Slovénie au Canada, en passant par la République Tchèque et la Corée –, cette édition avait des airs de sommet international. À cela s’ajoutaient sept structures d’escalade, des frontons de compétition aux murs ajustables dernier cri, qui ont permis à chacun de trouver son bonheur, du grimpeur en herbe au compétiteur aguerri. Oriane, Alain et les autres Les têtes d’affiche du Salon ont été à la hauteur. D’un côté, Oriane Bertone, jeune étoile de l’escalade française , tout juste revenue des finales olympiques. De l’autre, Alain Robert, alias l’Homme-Araignée , dont les récits captivants et les dédicaces ont fait briller les yeux des visiteurs. Deux figures, deux générations, mais une même passion pour la verticalité. Pendant que les stars animaient les stands, les murs d’escalade n’étaient pas en reste. Le contest a rassemblé 190 grimpeurs, offrant un spectacle à la hauteur des attentes : blocs exigeants, efforts intenses, et une belle énergie partagée avec le public. La finale, qui s’est tenue samedi soir, a attiré une foule curieuse et enthousiaste, témoignant de l’engouement pour ce type de format. © Salon de l'Escalade © Salon de l'Escalade Les plus jeunes n’étaient pas en reste, avec des structures adaptées qui leur permettaient de goûter aux joies de la grimpe en toute sécurité. Mention spéciale au Contest Rock Tour Jeunes, qui a vu des enfants grimper avec une énergie et une détermination à faire pâlir d’envie les plus expérimentés. Des conférences qui ont fait mouche Pendant que certains défiaient les murs, d’autres étaient là pour creuser… les idées. Les conférences , pensées et orchestrées par Vertige Media, ont été un véritable temps fort du Salon . Écologie, inclusion, santé : pas de discours convenus, mais des échanges francs et sans détour, taillés pour aller au cœur des préoccupations de la communauté. © Salon de l'Escalade © Salon de l'Escalade Le succès a été tel que certains visiteurs avaient fait le déplacement rien que pour ces moments de réflexion. Salles pleines, débats animés, et, on l’avoue, quelques déçus restés à la porte faute de place. Pour eux, et pour prolonger le plaisir de ceux qui étaient là, l’intégralité des conférences sera bientôt disponible sur Vertige Media. Et impossible de ne pas saluer l’association Le Cinoche , qui a assuré une régie impeccable pour capturer chaque moment et le rendre accessible à tous. Trophées de la Verticalité : le coup de projecteur Cette année, le Salon de l’escalade a ajouté une corde à son arc avec les Trophées de la Verticalité . L’idée ? Mettre en lumière celles et ceux qui ne se contentent pas de suivre la voie tracée, mais qui redessinent les contours de l’escalade . Quatre catégories – Écologie, Contenu, Inclusion et Innovation – ont permis de récompenser des projets ambitieux et inspirants. Et oui, Vertige Media était encore de la partie pour l'organisation de cette nouveauté. Pour découvrir qui a décroché la prise en or et pourquoi, c’est par ici : notre article dédié . Une première édition qui, on l’espère, en appelle beaucoup d’autres. Une communauté rassemblée Avec 6 200 visiteurs, 42 journalistes, et une centaine d’athlètes et intervenants, le Salon de l’escalade a réussi à rassembler tout l’écosystème de la grimpe . Clubs, fédérations, marques, collectivités territoriales… Tous étaient là pour échanger, partager et se retrouver autour d’une passion commune. © Salon de l'Escalade Cette édition parisienne a montré que l’escalade ne se limite plus à ses falaises. Elle est devenue un sport, un loisir, et une culture à part entière, capable de s’épanouir aussi bien en pleine nature qu’en milieu urbain. À l’année prochaine ? Le Salon de l’escalade a prouvé qu’il pouvait grimper aussi haut que les ambitions de ceux qui l’organisent. Un événement à la croisée des mondes, où novices et experts se retrouvent, où la pratique côtoie la réflexion, et où l’amour de la verticalité nourrit chaque instant. Alors, prêt à rechausser les chaussons pour la prochaine édition ? Parce qu’ici, on est déjà dans les starting-blocks.

  • Simon : un moniteur d’escalade en quête de liberté

    Dans un monde où le salariat tend à perdre de sa superbe et où l’indépendance attire de plus en plus de travailleurs en quête de sens, Simon incarne à merveille ce virage vers une vie plus libre. Ancien cadre chez Canal+, il a choisi de laisser derrière lui les réunions interminables pour se consacrer à sa passion : l’escalade . Mais l’histoire de Simon n’est pas celle d’une simple reconversion. C’est un itinéraire singulier, où se croisent la quête de liberté, le besoin de transmission et l’engagement dans une pratique qui va bien au-delà du sport. Voici le portrait d’un moniteur pas comme les autres. © Vertige Media De Canal+ à la corde : un virage inattendu Simon n’a pas toujours eu les mains pleines de magnésie. Avant de devenir moniteur d’escalade en Île-de-France, il a passé neuf années chez Canal+, plongé dans la direction de projets digitaux. Un quotidien derrière un écran, rythmé par des deadlines, qui a fini par le lasser. « J’étais arrivé au bout de quelque chose. J’avais envie de me reconnecter à l’humain », confie-t-il. C’est au sein de Canal qu’il crée " Canal+ Escalade ", une association qui propose des initiations d’escalade aux nouveaux collaborateurs. Un projet qui, sous des airs de team-building, lui révèle une vocation : transmettre son amour pour la grimpe . Encouragé par ses collègues, Simon quitte le confort de son CDI et se lance dans une reconversion. Entre réflexion et aventure, il parcourt la France en van, découvre les gorges du Verdon et d’autres joyaux de l’escalade . « J’ai pris le temps de m’imprégner des lieux et de développer mon goût pour l’escalade en plein air », explique-t-il. Mais avant de devenir moniteur, une étape était incontournable : la formation. Formation et inspiration : le parcours d’un grimpeur devenu enseignant Devenir moniteur d’escalade ne s’improvise pas. Tests techniques, financement, diplômes : le chemin est exigeant. Simon s’est entouré de mentors comme Benjamin Buisson , créateur de Climbing District, qui l’a guidé dans les étapes de sa formation. « Il m’a vraiment accompagné, et c’est grâce à lui que j’en suis là aujourd’hui », raconte Simon avec gratitude. Son passé d’ingénieur et de gestionnaire de projet l’a aidé à naviguer dans les complexités administratives et logistiques. Tests techniques validés, dossiers de financement montés : Simon était prêt. Il débute alors son apprentissage dans des structures variées, alternant entre salles privées et clubs associatifs. Cette diversité est, selon lui, essentielle pour devenir un moniteur complet. « Il faut toucher à tout : corde, bloc, milieu associatif et privé. La richesse vient de cette expérience multiple. » © Vertige Media Liberté et défis : le quotidien d’un indépendant Aujourd’hui, Simon travaille principalement dans des salles d’escalade comme Arkose, Climbing District ou encore Climb Up. En tant qu’indépendant, il a fait le choix de l’autonomie. « Ce que je gagne ? Une liberté totale : choisir mes clients, mon emploi du temps, mes projets. C’est une forme de luxe que je n’avais pas dans le salariat. » Pourtant, ce mode de vie comporte ses contraintes, notamment administratives. Mais pour Simon, ces étapes sont presque un jeu. « Avec un peu de structure, tout roule. Les outils d’aujourd’hui rendent les démarches simples », ajoute-t-il avec l’assurance de celui qui a conçu ses propres modèles de factures Excel. Cette indépendance, il la savoure autant qu’il en perçoit les limites. Les moniteurs d’escalade sont majoritairement des indépendants, un statut qui, bien qu’avantageux pour les salles, ne permet pas toujours une stabilité financière. « Le modèle évolue. Certaines salles envisagent de salarier davantage, mais l’équilibre est encore à trouver », observe Simon. © Vertige Media L’escalade, un outil de transformation personnelle Pour Simon, enseigner l’escalade va bien au-delà du sport. « On dit souvent que c’est un outil de développement personnel. Et c’est vrai : des élèves me racontent que la grimpe les aide à prendre des décisions importantes dans leur vie », affirme-t-il. Il partage l’histoire d’une élève qui, grâce à l’escalade, a trouvé la force de quitter une relation toxique . Ce genre de révélations nourrit Simon et donne un sens à son métier. Avec les enfants, l’approche est différente. L’escalade devient un prétexte pour travailler la confiance en soi, la motricité et l’intégration sociale. « Les jeux sont omniprésents pour captiver leur attention, mais au fond, l’objectif est de les aider à grandir », explique-t-il. Pour les adultes, le défi est souvent de se reconnecter à leur corps dans un quotidien dominé par l’immobilité. « C’est un sport de pleine conscience. Quand on grimpe, on oublie tout », dit Simon, qui voit dans cette pratique une antidote à la frénésie de la vie moderne. La sécurité en escalade : une vigilance de tous les instants « Quand il y a un accident, c’est qu’on a raté quelque chose », affirme Simon avec sérieux. La sécurité est une préoccupation constante dans son métier , surtout avec la multiplication des systèmes comme les enrouleurs ou les dispositifs d'assurage semi-bloquants. Il regrette que certains raccourcis commerciaux mettent en péril les grimpeurs inexpérimentés. « Ces outils sont présentés comme étant plus sûrs, mais sans une formation adaptée, ils peuvent être trompeurs. » Il plaide pour une responsabilisation collective : moniteurs, grimpeurs et salles doivent collaborer pour maintenir un haut niveau de sécurité. « C’est à nous de sensibiliser les grimpeurs sur ces enjeux, surtout avec la popularisation massive de l’escalade », conclut-il. Simon incarne une nouvelle génération de moniteurs d’escalade, à la fois passionnés et conscients des responsabilités qui leur incombent . Entre transmission, accompagnement et vigilance, il redéfinit les contours d’un métier qui, pour lui, va bien au-delà du sport. « L’escalade, c’est une façon de se découvrir, de progresser et de se connecter aux autres. Et ça, c’est précieux », conclut-il avec un sourire. Cet article s’inscrit dans une série de portraits d’indépendants, initiée en collaboration avec Blank , la plateforme qui accompagne les freelances et entrepreneurs dans leur gestion financière. Blank propose un compte professionnel adapté aux indépendants, avec des outils pour simplifier leur quotidien : facturation, gestion des dépenses, cotisations et support dédié. L’objectif ? Libérer du temps aux indépendants pour se concentrer sur ce qui compte vraiment, tout en leur offrant la sécurité et l’accompagnement nécessaires pour développer leur activité en toute sérénité.

  • Quand l’escalade sociale décroche : adieu « Women’s Climb Night » en Utah

    Dans un État où le conservatisme grimpe plus vite que Paul Watson sur une voie chronométrée, une initiative inclusive vient de se prendre un plomb mémorable. Pendant cinq ans, l’Université d’État de l’Utah (USU) avait réussi un pari audacieux : faire des mardis soir un sanctuaire pour les femmes et les personnes non-binaires, avec les « Women’s Climb Night ». Ces soirées, où grimpeuses et débutantes trouvaient un espace bienveillant pour apprivoiser un mur souvent perçu comme hostile, viennent d’être rayées de la carte . Non pas parce qu’elles n’avaient pas de succès ou de financement, mais parce qu’un texte de loi, aussi sournois qu’un pied glissant sur une dalle humide, a décidé de couper la corde. Bienvenue dans le monde merveilleux de la HB261 , une législation qui se vend comme une grande promotrice d’égalité, mais dont la seule prise consiste à interdire les programmes basés sur des critères démographiques spécifiques . Une loi qui préfère visiblement raser toute initiative d’équité au lieu de viser les vraies inégalités. Un espace d’émancipation dynamité Créées par Jill Woodhouse, ancienne étudiante de l’USU, les soirées « Women’s Climb Night » rassemblaient chaque semaine entre 15 et 35 participantes . Ici, pas besoin de prendre sur soi et de subir les regards condescendants des grimpeurs chevronnés : tout était pensé pour offrir un cocon de bienveillance, où progression rimait avec encouragement. Ces soirées n’étaient pas qu’un simple rendez-vous sportif. Elles servaient de tremplin, une initiative bienvenue pour celles qui n’auraient jamais osé s’aventurer seules dans l’univers de l’escalade. On y tombait, on y riait, et surtout, on y revenait. Mais voilà, la HB261, entrée en vigueur en juillet 2024, a tout balayé. Ironiquement surnommée « Equal Opportunity Initiatives », cette loi n’a d’égalitaire que le nom . Les clubs étudiants : une mauvaise prise Pour se donner bonne conscience, l’USU propose de r ediriger les grimpeuses vers des clubs étudiants . Sur le papier, l’idée semble presque séduisante : autonomie, initiatives locales… Mais dans les faits, c’est un peu comme proposer un baudrier sans point d'encordement : ça ne tient pas. Ces clubs manquent cruellement de ressources. Pas d’équipement fourni, pas de créneaux dédiés, et encore moins de personnel qualifié pour encadrer les sessions. Autrement dit, tout ce qui faisait la force des soirées « Women’s Climb Night » a été soigneusement éliminé. Et ce n’est pas tout : pour rejoindre un club, il faut déjà être intégré dans le milieu, comprendre ses codes. Or, ces soirées étaient précisément là pour celles qui n’avaient pas encore franchi ce cap. L’éternel retour du conservatisme En s’attaquant à des initiatives qui marchent, la HB261 révèle une chose : l’Utah a un don pour escalader les mauvais combats . Car pendant qu’on s’acharne à supprimer des programmes inclusifs, des problèmes continuent de pourrir au pied des murs. L’écart salarial entre hommes et femmes ? L’un des pires des États-Unis. Les défis environnementaux ? Salt Lake City suffoque littéralement. Mais plutôt que de s’y attaquer, les législateurs préfèrent concentrer leurs efforts sur des soirées qui accueillaient à peine quelques dizaines de personnes par semaine. Un choix qui n’a de logique que politique. Caroline Gleich, militante et athlète engagée, n’a pas mâché ses mots en dénonçant ce décalage grotesque : « Cette loi détourne l’attention des vrais problèmes de l’État. » Et derrière ce discours, une vérité amère : la diversité n’est pas seulement oubliée, elle est activement combattue . L’escalade face à son mur Le site Climbing.com rappelle que la suppression des « Women’s Climb Night » n’est que la partie visible d’un iceberg bien plus large. D’autres programmes inclusifs, comme les sorties en extérieur réservées à des groupes spécifiques, ont également été annulés. Ces initiatives, pourtant, jouaient un rôle crucial pour rendre l’escalade accessible à des publics souvent marginalisés . À l’USU, le sentiment de perte est palpable. Les grimpeuses, qui trouvaient dans ces soirées un espace pour grandir et se surpasser, se retrouvent soudainement privées de ce refuge. Beaucoup évoquent la peur que ces suppressions découragent de nouvelles venues, qui pourraient désormais voir l’escalade comme un univers élitiste, fermé, et intimidant. Un sport en déséquilibre Derrière cette polémique se cache une question plus large : comment maintenir des espaces inclusifs dans un contexte où l’égalité est réduite à un slogan vide de sens ? L’escalade, en pleine explosion de popularité, a l’opportunité de devenir un sport accessible et diversifié. Mais en Utah, cette vision semble malheureusement s’éloigner. Et maintenant ? Beaucoup craignent que cette suppression laisse un vide, un trou béant dans la paroi sociale de l’escalade. Car ces soirées ne se contentaient pas d’apprendre à grimper : elles apprenaient à appartenir. Et sans cet ancrage, l’avenir de l’inclusivité dans le sport reste, lui aussi, en suspens. Sources : Climbing.com , « A weekly sanctuary for aspiring women and nonbinary climbers at Utah State University (USU) vanished last week ». Escalade Quebec , « Les soirées de grimpes féminines bannies en Utah ».

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