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- La grimpe fait ses gammes nocturnes avec Inside Out
Le 20 décembre prochain, Climb Up Aubervilliers ouvre ses portes à un événement qui bouscule les codes : Inside Out, une soirée hybride où sport, art et musique dialoguent dans un espace hors norme . Une initiative signée du collectif based:in , connu pour ses expériences immersives mêlant installations artistiques et performances musicales. Un espace monumental pour une exploration sensorielle 7 000 m². C’est la promesse brute d’un terrain de jeu unique, conçu pour les grimpeurs, qui se transforme le temps d’une nuit en scène artistique et musicale. Avec ses 200 lignes de corde et ses 170 mètres de blocs, Climb Up Aubervilliers s’impose comme un lieu d’excès maîtrisé . Mais ce soir-là, les habitués ne viendront pas chercher leur dose d’adrénaline verticale : l’escalade cède la place à une exploration des sens. Les murs, habituellement foulés par des chaussons de grimpe, deviendront le théâtre de performances acrobatiques spectaculaires, où des artistes suspendus s’approprient la verticalité pour créer des tableaux lumineux en mouvement . Ces numéros aériens, à la croisée de la danse contemporaine et du cirque, sont autant une prouesse technique qu’un commentaire sur la gravité comme contrainte et source d’inspiration. Une programmation musicale à contre-pied La soirée s’articule en deux temps. Dès 19h, les concerts prennent le relais avec une programmation éclectique pensée pour explorer l’espace sonore autant que l’espace physique. Parmi les artistes annoncés, A.K.Marker & Hajar, Archil & Léon, et Occupation Favorite, dont les propositions oscillent entre jazz électro, techno acoustique et performances interactives. Mais le point d’orgue arrive à minuit, lorsque l’ambiance évolue vers une expérience purement clubbing. Derrière les platines, des artistes comme Soyoon, OCB ou Rozilla prolongeront la nuit avec des sets mêlant groove et minimalisme, soutenus par le based:in soundsystem, qui promet une immersion acoustique calibrée au millimètre. Entre exploration artistique et proposition audacieuse Au-delà de l’aspect festif, cet événement interroge les limites des espaces spécialisés . Que devient un lieu pensé pour le sport lorsqu’il est détourné pour accueillir de l’art et de la musique ? Si la démarche intrigue, elle soulève aussi des questions : ce type d’initiative peut-il transformer durablement la perception de ces lieux, ou s’agit-il simplement d’un coup d’éclat éphémère ? Inside Out est, à bien des égards, un laboratoire expérimental. Il convoque la verticalité comme vecteur d’émotions et redéfinit les usages d’un espace qui, à première vue, semblait condamné à un seul langage. La promesse est ambitieuse : mêler art, sport et musique pour une expérience immersive unique . En tout cas, c’est l’intention affichée, et on est curieux de voir si le résultat sera à la hauteur – littéralement comme métaphoriquement. Informations pratiques 📍 Climb Up Aubervilliers 1 quai Lucien Lefranc – Aubervilliers 📅 Vendredi 20 décembre 2024 ⏰ De 19h à 6h 🎟️ Tarif : à partir de 19,90 € 📲 Réservations : aubervilliers.climb-up.fr
- Les gamelles d’Alex Honnold : le roi du solo face à ses chutes
Alex Honnold , l’homme qui a défié El Capitan, Half Dome et accessoirement la gravité. Ses exploits en solo intégral sont la matière des légendes, une ode à l’audace et, disons-le, à un certain mépris pour la prudence. Mais derrière ces sommets vertigineux se cache une autre histoire, bien moins reluisante : celle d’un homme qui, avant de tutoyer les cimes, a souvent goûté au sol . © National Geographic/Taylor Shaffer Un voyage dans la vie trébuchante de celui qui a fait de la chute un art, des fractures un rituel, et de chaque erreur un tremplin vers la gloire. Premières gamelles : la gravité n’épargne personne Avant d’être le dieu des parois, Alex Honnold était… un gamin casse-cou. Son premier terrain d’entraînement ? Les balançoires et toboggans des aires de jeux. Bilan : deux poignets fracturés avant même d’avoir appris à multiplier. Une enfance visiblement passée à tester les limites de l’anatomie humaine , souvent de la pire des façons. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Adolescent, Honnold se passionne pour l’escalade et les compétitions. La gravité, elle, ne le quitte jamais d’une semelle. Un bras cassé ici, un poignet explosé là-bas – il semblait voué à vivre en plâtre . À ce stade, difficile de savoir s’il essayait de devenir grimpeur ou figurant dans un manuel de premiers secours. Le Mont Tallac : une leçon (très) douloureuse 2004. Le jeune Honnold a 19 ans et des rêves plein la tête. L’université ? Déjà une vieille histoire. À la place, il se lance dans son premier projet en solo intégral : le Mont Tallac, une ascension hivernale dans la Sierra Nevada. Une montagne modeste sur le papier, mais pas dans ses conséquences . Mal préparé et inexpérimenté, il se retrouve coincé par la glace et la neige. La suite ? Une chute libre de 120 mètres qui aurait pu être fatale . À l’arrivée : côtes brisées, mains fracturées, commotion cérébrale et un sinus perforé pour la cerise sur le gâteau. Étendu sur la paroi, en attendant les secours, Honnold réfléchit à son avenir. "Après cet accident, j’ai décidé de… vraiment faire attention," déclarera-t-il plus tard avec un humour glacé. Spoiler : il ne tiendra pas cette promesse. La branche salvatrice : un miracle à la sauce Honnold Certains ont des anges gardiens, d’autres des branches d’arbres. Lors d’une ascension de Shune’s Buttress, une voie de 240 mètres cotée 7a, Honnold vit l’improbable. Une prise casse, il bascule dans le vide… et s’écrase sur une branche providentielle qui interrompt sa chute . Suspendu, indemne, il reste quelques instants à contempler l’absurdité de la situation. Et là où n’importe qui aurait remercié les dieux de l’escalade en rentrant au sol, Alex fait l’inverse : il remonte et termine la voie. Une anecdote parmi tant d’autres ? Oui, pour Honnold. Mais pour la communauté des grimpeurs, ce genre d’histoire ne fait que renforcer son aura quasi mystique, un mélange de talent et de chance insolente . Godzilla : l’accident qui ébranle tout 2016 : Honnold s’entraîne pour El Capitan, mais la gravité n’a pas dit son dernier mot. Ce jour-là, il grimpe avec Sanni McCandless, sa petite amie de l’époque et future femme. Novice en escalade, elle assure Honnold sur la voie Godzilla, mais une série d’erreurs transforme une simple descente en désastre . La corde est trop courte. Honnold, confiant, ne vérifie rien, et – cerise sur le cake – oublie de faire un nœud de sécurité. Résultat : la corde file, Honnold chute de plusieurs mètres et atterrit lourdement sur des rochers. Diagnostic : deux vertèbres comprimées. Le genre de blessure qui ferait réfléchir n’importe qui. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Honnold en a beaucoup voulu à sa partenaire. Au point de se demander si être en couple n’était pas un "risque trop encombrant". Pourtant, cette expérience douloureuse n’a pas détruit leur relation – elle l’a fortifiée. Comme quoi, même les vertèbres comprimées peuvent cimenter un couple . Chutes et grandeurs : le paradoxe Honnold Alex Honnold n’a jamais fait les choses comme tout le monde. Là où d’autres auraient vu des avertissements dans ces accidents, il a trouvé des leçons. Chaque chute, chaque fracture a contribué à façonner l’homme qu’il est devenu : un grimpeur à l’aura quasi légendaire . En 2017, lorsqu’il réussit son solo intégral sur El Capitan , il prouve que la grandeur naît souvent des échecs les plus brutaux. Alors oui, Honnold embrasse le chaos, parfois même un peu trop fort. Mais c’est peut-être là que réside sa véritable force : accepter la chute, se relever, et continuer à grimper. Et au fond, n’est-ce pas ça, la vraie grandeur ?
- Everest : la montagne aux mille prix, entre rêve et désillusion
Le mont Everest, toit du monde, incarne le rêve ultime pour des milliers d’alpinistes chaque année . Mais ce rêve a un coût. Une vidéo publiée par Business Insider, intitulée " Why Climbing Mount Everest Is So Expensive" , dévoile les dessous de cette montagne mythique et explique pourquoi gravir ses 8 849 mètres est si onéreux . Entre les dépenses colossales des grimpeurs, les risques encourus par les guides, et l’impact écologique croissant, l’Everest est devenu le symbole d’un paradoxe moderne : un rêve accessible à ceux qui peuvent se l’offrir, mais au prix d’une exploitation humaine et environnementale . Alors, pourquoi l’ascension coûte-t-elle si cher ? Et au vu des dangers, le prix est-il suffisant ? Les guides Sherpas : des piliers sous pression La vidéo explique que les guides, généralement des Sherpas, jouent un rôle vital dans la réussite des expéditions. Ces habitants des montagnes de l’Himalaya, issus d’un groupe ethnique acclimaté aux hautes altitudes, sont le cœur et l’âme des ascensions. Leur tissu musculaire utilise l’oxygène plus efficacement, ce qui leur permet de supporter des charges jusqu’à trois fois supérieures à celles des alpinistes occidentaux. Leur rôle commence avant même que les grimpeurs ne mettent un pied sur la montagne. Ces guides sécurisent les itinéraires, notamment dans des zones périlleuses comme la cascade de glace du Khumbu. En 2023, trois Sherpas ont trouvé la mort dans cette section, un rappel brutal des dangers inhérents à leur métier. Chaque année, les « docteurs de glace » installent des échelles et des cordes, traçant un chemin temporaire sur un terrain mouvant. Pourtant, cette tâche essentielle ne leur rapporte qu’environ 600 dollars par expédition. Pour Furwa Wangdu, un guide chevronné qui a atteint le sommet 14 fois, chaque ascension est précédée d’une cérémonie Puja . Ce rituel spirituel vise à honorer la montagne et à protéger l’équipe. Malgré son expérience impressionnante, Furwa insiste sur la prudence. « Je ne sous-estime jamais la montagne. » Cette humilité semble nécessaire, surtout dans une saison comme celle de 2023, la plus meurtrière jamais enregistrée, où 18 personnes ont perdu la vie, dont six Sherpas. Les guides gagnent en moyenne entre 4 000 et 10 000 dollars par saison , selon leur expérience, mais ces revenus cachent des coûts élevés. Comme l’indique la vidéo, leur équipement – bottes, vêtements, sacs à dos – peut atteindre 7 000 dollars, sans compter les renouvellements réguliers. Les risques et les coûts amènent certains à abandonner cette carrière, d’autres à se demander : « Est-ce que tout cela en vaut vraiment la peine ? » L’explosion du tourisme et ses dérives Dans les années 1990, l’Everest est passé d’une destination pour explorateurs chevronnés à une attraction touristique très commercialisée . Selon la vidéo, la première expédition commerciale a eu lieu en 1992, ouvrant la voie à une croissance exponentielle. En 2023, 478 permis ont été délivrés par le gouvernement népalais, générant des revenus considérables pour le pays. Certaines agences, comme Adventure Consultants, proposent des forfaits « tout inclus » à 73 000 dollars , couvrant les guides, les médecins, les repas et des tentes individuelles au camp de base. Cependant, cette popularité a un coût écologique. Chaque grimpeur génère environ 8 kg de déchets lors de l’expédition, ce qui s’ajoute aux 50 tonnes de détritus déjà présents sur les pentes de la montagne. Le programme « Carry Me Back », mentionné dans la vidéo, vise à encourager les grimpeurs à redescendre un kilo de déchets chacun. Mais malgré ces efforts, la montagne reste submergée par les détritus. Plus inquiétant encore, le réchauffement climatique accélère la fonte des glaciers, exposant non seulement des déchets enfouis, mais aussi les corps de grimpeurs disparus depuis des décennies. Selon la vidéo, retirer un seul corps peut coûter jusqu’à 70 000 dollars , une opération périlleuse nécessitant une logistique complexe. Ces scènes macabres ne dissuadent pourtant pas les grimpeurs, de plus en plus nombreux chaque année. Les porteurs : les héros invisibles de l’Everest Derrière chaque expédition se cache le travail souvent méconnu des porteurs. La vidéo met en lumière ces travailleurs essentiels, qui transportent le matériel et les provisions sur des distances dépassant parfois 100 kilomètres. Sous les lois népalaises, les porteurs ne devraient pas porter plus de 30 kilos, mais cette règle est souvent ignorée . Certains porteurs, comme Shashant, un jeune homme de 18 ans interviewé dans la vidéo, portent des charges équivalentes à leur propre poids. Shashant gagne environ 12 dollars par jour. « Je dois économiser la moitié pour m’en sortir », confie-t-il. Après plusieurs jours d’efforts, il trouve un moment de répit dans une tea house, ces auberges rudimentaires où les porteurs logent. Ces lieux, bien que modestes, offrent un rare espace de camaraderie. La gestion de ces auberges est une autre facette peu connue du tourisme sur l’Everest. Shiva, un gérant interviewé, explique que chaque sac de riz coûte 60 dollars à transporter jusqu’à ces altitudes. Ces coûts astronomiques se reflètent dans les prix des repas, où un simple bol de nouilles coûte dix fois plus cher qu’en plaine. Pourtant, même avec ces prix, Shiva peine à maintenir son activité. « C’est dur, mais cela me permet de soutenir ma famille et d’envoyer mes enfants à l’école. » Un équilibre économique fragile La vidéo explore également les tensions économiques créées par le tourisme. Mingma Nira, directeur de l’Himalayan Trust, souligne que les profits générés par l’Everest ne bénéficient pas toujours aux communautés locales . Une grande partie des revenus revient aux agences internationales, laissant les habitants dépendre de revenus modestes issus de l’hôtellerie, de l’agriculture ou du transport. Pour tenter de mieux redistribuer les richesses, le Népal prévoit d’augmenter le coût des permis pour les étrangers à 11 500 dollars en 2025 . Cette mesure vise également à financer des initiatives écologiques, comme celles du Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC), une ONG locale. Le SPCC a notamment mis en place un système de gestion des déchets, collectant, triant et transportant les détritus jusqu’aux centres de recyclage. Un avenir incertain pour le toit du monde L’avenir de l’Everest semble de plus en plus incertain. Les effets du changement climatique, combinés à la surfréquentation, menacent l’écosystème fragile de la région. La fonte rapide des glaciers a déjà révélé des niveaux préoccupants de microplastiques et de produits chimiques dans les eaux de l’Himalaya , une ressource vitale pour des millions de personnes. La vidéo conclut sur une note mitigée : alors que certains, comme Furwa Wangdu, rêvent d’un futur loin des pentes dangereuses, d’autres, comme Shashant, espèrent trouver un meilleur avenir grâce à l’Everest. Quoi qu’il en soit, préserver la montagne nécessitera des efforts collectifs, au-delà des frontières et des intérêts individuels. Ces articles peuvent vous intéresser : Himalaya à vendre : l’alpinisme à l’ère du selfie Symon Welfringer : L’alpinisme comme un retour aux sources de l’aventure Jirishanca : une montagne qui fond, des légendes qui résistent Une histoire de l'alpinisme au féminin : justice pour celles qu’on a oubliées
- Colombie, un mois suspendu aux falaises
Pendant un mois, Noah Kane et son équipe ont exploré les trésors verticaux de la Colombie , entre les mythiques falaises de Suesca et les toits spectaculaires de La Mojarra . Ce périple, raconté dans une vidéo récemment mise en ligne sur sa chaîne YouTube, mêle défi sportif et exploration culturelle. Entre lignes mythiques, instants suspendus et imprévus inattendus, Noah Kane offre un témoignage brut sur la beauté de l’escalade au cœur d’une terre riche en contrastes. © Noah Kane Suesca, le berceau de l’escalade colombienne Le voyage commence à Suesca, petite ville nichée à 2 600 mètres d’altitude, au pied d’une immense falaise de grès longue de quatre kilomètres . Ce lieu n’est pas qu’un paradis pour grimpeurs : il est aussi chargé d’histoire. Suesca, qui signifie " Roche des oiseaux " en langue muisca, était autrefois vénérée comme une divinité par les populations indigènes. Plus tard, les conquistadors espagnols y cherchèrent de l’or – sans succès. Et dans les années 1930, c’est ici que l’escalade sportive colombienne a pris racine. « Avec ses voies à l’équipement minimaliste et ses cotations sévères, l’escalade ici demande un vrai respect. » Pour Noah Kane et ses compagnons, Suesca se révèle à la fois fascinante et exigeante. Les prises, polies par des décennies d’utilisation, ajoutent une difficulté supplémentaire. Mais au-delà des parois, c’est aussi l’atmosphère unique du lieu qui marque les esprits : des grimpeurs locaux passionnés, des nuits fraîches et des moments de repos autour de bières partagées dans une petite tienda du village. © Noah Kane Quand l’aventure vire à l’épreuve L’idylle de Suesca prend brutalement fin lorsqu’un membre du groupe est agressé par trois hommes armés de couteaux de cuisine. Dépouillé de son téléphone et de son portefeuille, il s’en sort indemne physiquement, mais l’incident jette une ombre sur le séjour. Malgré l’intervention de la police locale, les objets volés ne sont pas retrouvés. Noah et son équipe décident de rester quelques jours de plus, pensant à un incident isolé. Mais trois jours plus tard, un autre grimpeur étranger est attaqué , cette fois par quatre hommes armés de machettes. Ligoté, il est contraint de tenter un transfert d’argent via PayPal. Cet événement pousse finalement le groupe à quitter Suesca. « C’est triste, car tous les locaux que nous avons rencontrés ici étaient incroyablement chaleureux et accueillants. Ces agressions semblent être le fait d’individus venus de la grande ville voisine, profitant de l’isolement des grimpeurs. » explique Noah. © Noah Kane La Mojarra, un havre de grès rouge Après huit heures de bus à travers les montagnes colombiennes, le groupe atteint La Mojarra , un site d’escalade célèbre pour ses falaises de grès rouge surplombant une gorge spectaculaire . Ici, l’ambiance est différente. « C’est un soulagement après Suesca. Les voies sont bien entretenues, les points de protection rapprochés et l’ambiance est nettement plus détendue. » La Mojarra offre des lignes impressionnantes, avec ses toits horizontaux et ses prises sculptées. Noah s’attaque à l’une des voies les plus iconiques du site : Fuego en La Proa, une 7c+ qui défie autant la technique que l’endurance. Malgré des progrès constants, il ne parvient pas à enchaîner la voie avant la fin de leur séjour. Mais l’échec sportif ne semble pas être une conclusion amère. « Ce ne sont jamais les réussites qui me marquent le plus, mais les moments passés avec les gens qui partagent ces aventures avec moi », avoue-t-il. Au-delà de l’escalade, une expérience humaine La vidéo de Noah Kane dépasse largement le simple cadre de l’escalade. Elle dresse un portrait nuancé de la Colombie, où la majesté des paysages côtoie des réalités plus rugueuses . Entre émerveillement devant la beauté brute du pays et confrontations avec des imprévus marquants, son récit trouve un équilibre subtil. La conclusion de la vidéo, marquée par le mariage de Raleigh, frère de Noah, scelle cette aventure sous le signe de la communauté et des liens familiaux. Une manière de rappeler que, même dans l’adversité, ce sont les relations humaines qui forgent les souvenirs les plus précieux. Toutes les meilleures vidéos de grimpe sont à retrouver dans notre section dédiée .
- Échauffement et prévention : les alliés naturels pour l'escalade
En escalade, chaque mouvement est une question d’équilibre. Un pied mal placé, une prise mal tenue, et l’effort s’effondre. Mais qu’en est-il de la préparation qui précède tout ça ? Celle qu’on ne voit pas, mais qui détermine vos performances, protège vos articulations et prolonge votre passion ? L’échauffement est souvent négligé, ou réduit à des gestes mécaniques et vite oubliés. Pourtant, il peut devenir un véritable art, un moment clé où l’on prépare son corps à affronter la verticalité. Et quand cet échauffement s’accompagne de produits naturels bien choisis, il passe du statut de formalité à celui de rituel essentiel . L’échauffement : un mélange de précision et de chaleur Une bonne préparation commence avant même de toucher la roche ou le mur. Vos doigts, poignets et avant-bras, ces fidèles alliés, méritent une attention particulière . L’objectif : les préparer en douceur, activer la circulation sanguine et leur offrir la souplesse nécessaire pour affronter les contraintes extrêmes de l’escalade. Les huiles essentielles : des classiques à (re)découvrir Gaulthérie couchée : Avec sa concentration en salicylate de méthyle, elle agit comme un accélérateur pour vos muscles. Diluée dans une huile végétale, elle chauffe les tissus, réveillant vos avant-bras et doigts pour un démarrage optimal. À noter : L’utilisation de la Gaulthérie couchée est à proscrire chez les personnes allergiques à l’aspirine ou aux dérivés salicylés. Cette huile essentielle ne doit pas être utilisée par les personnes suivant un traitement anti-coagulant. Gingembre ou Poivre noir : Pour une chaleur plus intense, ces huiles essentielles sont vos alliées. Quelques gouttes suffisent pour faire monter la température et activer la circulation sanguine. Le baume décontracturant : Ce baume aux cinq huiles essentielles, déjà prêt à l’emploi, est une option idéale pour les grimpeurs pressés. Appliqué sur les avant-bras, il chauffe et assouplit les muscles tout en limitant les microtraumatismes, un détail essentiel lorsque vos séances s’enchaînent. Les macérâts : tradition et modernité au service des grimpeurs Les plantes ont toujours été des alliées discrètes mais puissantes pour accompagner les sportifs. Les macérâts huileux offrent une approche à la fois douce et ciblée pour préparer vos muscles. Arnica Bio : Reconnu pour ses propriétés anti-inflammatoires, le macérât d’Arnica est parfait pour préparer les muscles avant l’effort. Ajoutez quelques gouttes de Romarin à camphre pour combiner chaleur et tonicité. Calophylle inophylle : En plus d’améliorer la circulation, cette huile se distingue par sa texture non grasse, idéale pour éviter les mains glissantes une fois sur les prises. Prévenir les blessures : l’art de nourrir son corps L’escalade impose à vos tendons et articulations un stress répété. Si vos muscles peuvent se reposer, ces structures, elles, supportent la tension à chaque mouvement. Une préparation globale, incluant une alimentation ciblée et des compléments naturels, est essentielle pour prévenir les blessures . Un soutien pour muscles et articulations Spiruline Bio : Cultivée en France, cette algue ultra-complète booste l’énergie, renforce les muscles et compense les carences en fer, particulièrement chez les grimpeurs végétariens. Huile de chanvre Bio : Avec ses acides gras essentiels, elle aide vos articulations à absorber les impacts et les contraintes. Des tendons en béton (sans rigidité) Poudre de Maca Bio : Tonifiante et régénérante, elle renforce l’élasticité des tendons et leur capacité à encaisser les gestes répétitifs. Poudre de Baobab Bio : Riche en vitamine C, elle booste la production de collagène, garantissant la santé et la solidité de vos articulations. Un mot sur la sécurité et les précautions d’utilisation Les solutions naturelles présentées dans ce guide, comme les huiles essentielles ou les compléments alimentaires, sont de formidables alliées pour accompagner votre pratique sportive. Cependant, elles ne remplacent en aucun cas un avis médical en cas de problème de santé ou de traitement en cours . Avant d’intégrer un nouveau produit dans votre routine, notamment si vous êtes sous traitement, avez des conditions médicales spécifiques, ou si vous envisagez l’utilisation pour des enfants ou des femmes enceintes, il est recommandé de consulter un médecin ou un spécialiste qualifié. Leur expertise permettra de s’assurer que ces solutions sont adaptées à vos besoins et utilisées en toute sécurité. Pour consulter les précautions d’usage pour toutes les huiles essentielles, cliquez ici . Préparer, c’est anticiper En escalade, le succès commence avant la première prise. Une préparation bien pensée, où les huiles essentielles, les macérâts et les compléments jouent un rôle clé, permet de transformer l’échauffement en un moment stratégique . Ce rituel invisible protège votre corps, maximise vos performances et préserve votre passion à long terme. Pour aller plus loin, téléchargez notre guide complet gratuitement et découvrez comment intégrer ces solutions naturelles dans votre pratique quotidienne. Parce que grimper, c’est aussi savoir prendre soin de soi. 🌿 Ce contenu s’inscrit dans une série dédiée aux solutions naturelles et à leur rôle dans la pratique de l’escalade, en partenariat avec Aroma-Zone, référence incontournable pour les amateurs de produits respectueux de l’environnement. Depuis plus de 20 ans, Aroma-Zone accompagne celles et ceux qui souhaitent prendre soin de leur corps et de leur esprit grâce à des produits naturels de haute qualité : huiles essentielles, macérâts huileux, compléments alimentaires et soins adaptés à toutes les pratiques sportives. L’objectif de cette collaboration ? Mettre en lumière des pratiques simples, naturelles et efficaces, et permettre à chaque grimpeur de découvrir des outils pour enrichir sa routine. Découvrez leur univers et leurs engagements sur : www.aroma-zone.com
- Jakob Schubert : au-dessus des flots, en quête de lignes nouvelles
Majorque. Une île méditerranéenne baignée de lumière, avec ses falaises abruptes plongeant dans des eaux cristallines. Depuis des décennies, ce paradis vertical attire les grimpeuses et grimpeurs en quête d’aventure et de psicobloc, une discipline exigeante et crue où la roche se mêle à l’immensité de la mer. Jakob Schubert , l’un des meilleurs grimpeurs de sa génération, y signe son retour dans une série documentaire inédite : Above The Sea . Ce premier épisode, disponible depuis peu sur sa chaîne YouTube, annonce une immersion en sept volets dans les coulisses de son dernier périple sur l’île. © Above the sea Une parenthèse loin des projecteurs Après une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Paris 2024 , Schubert aurait pu céder à la routine des salles et des compétitions. Mais l’Autrichien a fait un choix différent. « Après Paris, mon corps n’était plus habitué au repos. Une semaine sans grimper, et j’ai eu une inflammation à la main », confie-t-il face caméra. Ce détour par Majorque n’est pas anodin : c’est une manière de retrouver une escalade plus instinctive , où chaque chute est une immersion salée. « Une grande partie de ce voyage consiste aussi à explorer l’île, à chercher de nouvelles lignes et à ouvrir des projets. » Majorque, Schubert la connaît bien. En 2021, il avait enchaîné Es Pontàs , l’arche mythique ouverte par Chris Sharma, ainsi qu’ Alasha , une ligne tout aussi impressionnante. Mais cette fois, il s’agit de quelque chose de différent. Avec son partenaire de grimpe de longue date, Michael Piccolruaz, il arpente les falaises pour explorer, essayer, échouer, et parfois réussir . © Above the sea Une escalade sans compromis Le psicobloc, ou deep water soloing, est une discipline sans filet. Ici, pas de corde pour rattraper une erreur, seulement une chute dans l’eau. « C’est ce qui rend cette pratique si spéciale. Tu grimpes à vue, sans savoir où mènent les prises, et il y a toujours une part de surprise », raconte Schubert. Dans ce premier épisode, il s’attaque à Mischa Line (8b+), une voie récemment ouverte par Piccolruaz. La séquence est haletante : après une tentative infructueuse et une chute qui lui vaut de croiser une méduse, Schubert revient, déterminé, pour tenter à nouveau le crux. « Le psicobloc, c’est brut, imprévisible. » Et cela se ressent à chaque image. Les prises sont parfois glissantes, les pieds dérapent, et la marge d’erreur est mince. Pourtant, c’est dans cet environnement qu’il semble le plus vivant . © Above the sea © Above the sea Sharma, l’ombre du pionnier Impossible d’évoquer Majorque sans parler de Chris Sharma, figure de proue du psicobloc. C’est lui qui a révélé l’île au monde de l’escalade, avec des lignes comme Es Pontàs ou Alasha . Dans ce premier épisode, Schubert rend hommage à cet héritage. « Chris nous a montré cet endroit », raconte-t-il en désignant Canyamel , un nouveau secteur développé par Sharma lui-même . C’est ici que Schubert et Piccolruaz posent leurs chaussons, prêts à ajouter leur propre pierre à cet édifice vertical. Mais ce n’est pas une simple répétition. Jakob Schubert et son équipe explorent aussi de nouvelles parois, repèrent des lignes encore jamais touchées , et repoussent les limites de ce qui est possible. L’objectif n’est pas seulement de gravir, mais d’ouvrir des perspectives. « C’est toujours excitant de trouver un nouvel endroit, de voir ce qui est possible et de se lancer. » Un épisode prometteur pour une série à suivre Above The Sea c'est un carnet de bord, mais c’est surtout un regard sincère sur l’escalade en milieu naturel . Ce premier épisode pose les bases d’un récit qui promet d’aller au-delà de la performance pour explorer l’humain. Schubert y apparaît vulnérable, fatigué par ses blessures, mais porté par une envie viscérale de grimper. « Je sens encore cette blessure, mais c’est supportable. » Les plans sont soignés, capturant à la fois la beauté sauvage de Majorque et la tension palpable de chaque ascension. Le spectateur est happé par cette escalade sans artifice, où chaque mouvement est une bataille et chaque repos, une victoire temporaire. Une série qui a du souffle Avec ses sept épisodes prévus, Above The Sea s’annonce comme un rendez-vous incontournable pour les passionnés d’escalade . Mais au-delà du cercle des initiés, c’est une œuvre qui parle à tous ceux qui cherchent à comprendre ce qui pousse un athlète à toujours vouloir aller plus haut, plus loin. Majorque devient un décor et un personnage à part entière, miroir des doutes et des ambitions de Jakob Schubert. Toutes les meilleures vidéos de grimpe sont à retrouver dans notre section dédiée .
- La 7ème voie : ce que les vieux grimpeurs savent et vous cachent
Certains secrets ne s’écrivent pas. Ils se glissent, presque par hasard, dans la conversation. Hier, lors de l’Assemblée Générale de la FSGT où j'étais convié, entre une tranche de pain de campagne et un éclat de rire, un grimpeur aux tempes argentées m’a confié l’un de ces trésors : la 7ème voie . Selon lui, c’est là que tout se joue. Pas avant. Pas après. Une affirmation presque mystique, lancée avec ce mélange d’assurance et de désinvolture propre aux gens qui savent. La 7ème voie, donc. Celle où ton niveau max se révèle. Celle où le corps et l’esprit conspirent enfin pour travailler ensemble, dans une alchimie parfaite. Une phrase si simple qu’elle semble évidente. Une phrase si absurde qu’elle mérite d’être creusée. Le chiffre 7 : mythe ou méthode ? Le chiffre 7 a toujours fasciné. C’est le nombre des contes, des prophéties, des épopées . Sept vies pour le chat, sept merveilles du monde, et bien sûr, les sept péchés capitaux (la paresse ayant sans aucun doute un lien avec mon dernier échec en falaise). Mais en escalade, ce chiffre évoque surtout un cap. Le fameux "passage dans le 7". Ce moment où le grimpeur cesse d’être un amateur éclairé pour devenir un artisan du mouvement, un sculpteur du rocher. Mais ici, ce n’est pas une histoire de cotation. C’est une histoire de cadence. La 7ème voie, c’est cette ligne invisible où tu passes du chauffé au cramé , du rêveur au performeur. Les six premières voies, c’est l’apéro. La 8ème ? Une redescente. Mais la 7ème… Ah, la 7ème, c’est là que tu entres dans le vif du sujet. Le point où le corps ne ment plus, et où le mental n’a plus d’excuse. La science derrière le mythe Pour comprendre ce que ce grimpeur voulait dire, il faut plonger dans les méandres de la physiologie et de la psychologie. Lors de tes premiers mouvements, ton système nerveux s’échauffe lentement. Les premières prises te paraissent rêches, les muscles lourds, l’esprit ailleurs. Puis, petit à petit, l’adrénaline et la concentration montent en puissance. Tes articulations cessent de grincer, ton cerveau arrête de se demander ce que tu fais là, et tes doigts, enfin, se rappellent qu’ils savent grimper. C’est autour de la 6ème voie que le corps atteint son pic : suffisamment chaud pour performer, pas encore fatigué au point de renoncer . La 7ème, c’est ce moment d’équilibre fragile, où le potentiel est à son comble. C’est le flow. Cet état décrit par les psychologues du sport, où l’effort semble disparaître, où chaque mouvement trouve son rythme, sa place, sa raison. Une philosophie de l’effort Mais la 7ème voie, c’est aussi une philosophie . Un rappel que, parfois, il faut aller au bout de soi pour trouver ce que l’on cherche. Les six premières voies, c’est l’échauffement. Les faux-fuyants. Les "je teste juste". La 7ème, c’est autre chose. C’est le seuil. Le moment où tu te mets vraiment au travail. Où tu arrêtes de papillonner entre les lignes faciles pour affronter celle qui te fait peur. Les anciens, ceux qui grimpent depuis que les baudriers étaient des cordelettes nouées, le savent mieux que quiconque. L’escalade, ce n’est pas juste une affaire de cotations ou de photos pour Instagram. C’est une discipline de l’effort, de l’apprentissage, du dépassement. Et pour cela, il faut une 7ème voie. Une invitation à l’expérience Alors, la prochaine fois que tu pars grimper, teste cette théorie. Grimpe six voies. Juste six. Pas plus. Pas moins. Puis, pour la 7ème, choisis une voie qui te fascine. Celle qui te résiste. Celle qui te tente, mais que tu n’oses pas vraiment essayer. Mets-y tout ce que tu as. Ton souffle. Tes doutes. Tes certitudes. En vrai, c’est peut-être une idée trop simple, presque naïve. Une belle histoire qu’on aime raconter, tissée de ce plaisir des mots qui accompagne parfois les grandes vérités. Mais l’escalade, comme la vie, n’est souvent qu’une question de croyance. Ce qui distingue une voie impossible d’une voie réussie, c’est parfois juste le fait d’y croire assez longtemps. Alors oui, ce secret a l’air facile. Mais il a ce charme des évidences qui réveillent un sourire. Et face à ce pan déversant, j’ai envie d’y croire. Parce qu’au fond, croire, c’est déjà grimper.
- Grimper mieux, grimper serein : notre guide bien-être et performance est là !
Grimper, c’est un sport passionnant et exigeant. Ça sollicite vos muscles, vos tendons, votre esprit… et parfois même vos nerfs. Que vous soyez à l’aise dans une salle de bloc, émerveillé(e) par les grandes voies en pleine nature, ou concentré(e) sur une compétition, une chose est sûre : grimper ne s’improvise pas. Prévenir les blessures, optimiser la récupération, gérer le stress ou tout simplement prendre soin de soi : ce sont des clés essentielles pour progresser durablement. Et c’est exactement ce que ce guide vous propose. Un guide pensé pour chaque grimpeur et grimpeuse Chez Vertige Media, on sait que grimper, ce n’est pas juste une activité physique : c’est un mode de vie, une quête personnelle. Ce guide, on l’a conçu pour vous, quels que soient votre niveau, votre pratique ou vos objectifs. Nous avons rassemblé des conseils pratiques et des solutions naturelles pour accompagner chaque étape de votre parcours. Un contenu complet pour répondre à vos besoins : Préparation et prévention : échauffements ciblés, huiles essentielles pour activer la circulation, astuces pour éviter les blessures récurrentes des grimpeurs (tendons fragiles, articulations sur-sollicitées). Performance et gestion de l’effort : hydratation, endurance, et même les baumes pour garder vos muscles réactifs pendant les longues séances. Récupération et bien-être global : tout ce qu’il faut savoir pour récupérer efficacement après une séance : bains relaxants, compléments alimentaires, massages ciblés. Santé mentale : des solutions naturelles pour calmer le stress, canaliser votre énergie avant une compétition et éviter le burn-out sportif. Un guide enrichi par les solutions naturelles d’Aroma-Zone Pour ce guide, on a eu la chance de collaborer avec Aroma-Zone, une référence incontournable dans le domaine des produits naturels . Grâce à leur expertise, on a pu sélectionner des huiles essentielles, des baumes, et des compléments alimentaires parfaitement adaptés aux besoins spécifiques des grimpeuses et grimpeurs. Aroma-Zone, c’est plus de 20 ans d’engagement pour offrir des solutions respectueuses de la nature et de ceux qui la pratiquent. Des huiles essentielles pour la préparation, des baumes pour la récupération, des compléments pour booster l’énergie : leur gamme complète nous a permis de composer un guide qui combine efficacité et simplicité. Vous voulez en savoir plus ? Retrouvez leur univers sur www.aroma-zone.com . Pour qui, et comment se le procurer ? Ce guide est pour vous si : Vous voulez grimper plus intelligemment, en limitant les risques de blessures. Vous êtes en phase de reprise après une pause ou une blessure, et vous cherchez des routines adaptées. Vous préparez une compétition ou une sortie en falaise et souhaitez optimiser vos performances. Ou simplement si vous voulez combiner plaisir et longévité dans votre pratique ! Comment se le procurer ? Rien de plus simple : cliquez sur le lien, téléchargez-le gratuitement, et plongez dans un contenu riche de conseils et d’astuces, pensé pour chaque grimpeur. 👉 Télécharger le guide Grimper, c’est bien. Grimper mieux, c’est encore mieux. Avec ce guide, nous vous offrons des clés pour allier plaisir, performance et longévité dans votre pratique. Bonne lecture et surtout… bonne grimpe à toutes et tous !
- Seb Berthe : un nouveau round sur le Dawn Wall
Seb Berthe n’a pas fait le voyage de retour à Yosemite pour le simple plaisir de relier les points. Le grimpeur belge, qu’on ne présente plus, revient là où son ambition et ses limites s’étaient confrontées de manière presque tragique en 2022. Deux ans après une première tentative sur le Dawn Wall, le big wall le plus difficile du monde, il se relance dans l’aventure , avec, comme lors de son dernier voyage, une volonté farouche de limiter son empreinte écologique. Fidèle à ses convictions écologiques, Seb Berthe a de nouveau opté pour un voyage sans avion : une traversée de l'Atlantique en catamaran suivie d’un périple terrestre à travers l’Amérique latine pour rejoindre le Yosemite. Une répétition de son voyage de 2022, preuve que, pour lui, la démarche importe autant que la destination. Retour sur l’échec d’hier : une chute sur la L14 C’est en 2022, aux côtés de Siebe Vanhee, que Seb Berthe avait pour la première fois posé les pieds sur le Dawn Wall. Une ascension de 900 mètres où la difficulté atteint des sommets, avec des passages cotés 9a. Après plus de trois semaines passées suspendu sur la paroi, l’échec est survenu au dernier mouvement de la longueur clé, la L14 . Ce jour-là, le sommet n’a pas été atteint, et Seb a dû se résoudre à la vérité brute : « L’enchaînement n’allait pas se faire cette fois-ci », comme il le raconte sans fard sur ses réseaux sociaux. Une défaite cuisante qui n’a pourtant pas freiné sa détermination ; au contraire, elle a nourri la flamme d’un retour. En attendant ce retour, Seb Berthe a mis à profit les deux années passées pour parcourir le monde, entre projections de son film " Captains on El Cap " et partages de son histoire, souvent accompagnés de cette phrase pleine de confiance : « Je reviendrai finir le travail ». Mais derrière l’assurance affichée, un doute sous-jacent, plus intime, a persisté : « Au fond, j’étais rempli de doutes sur la vérité de ces mots », confie-t-il aujourd'hui. Les doutes, comme tout grimpeur averti, il les laisse de côté lorsqu’il se frotte à l’épreuve. Une approche nouvelle, une aventure globale Si le big wall de Yosemite fait figure de sommet à gravir, c’est aussi l’idée de rejoindre un lieu mythique de l’escalade dans une démarche consciente de son empreinte écologique qui nourrit l’aventure . Il n’a pas pris l’avion comme la plupart des grimpeurs, mais a opté pour un périple qui a commencé par une traversée transatlantique à la voile, suivie d’un voyage terrestre, du Panama à la Californie. Une manière, pour lui, de réinventer le voyage, de rappeler qu’il n’y a pas que la destination qui compte, mais aussi le chemin. Un message en résonance avec les défis du monde moderne, où il s’agit de remettre en question nos modes de déplacement et la manière dont nous nous projetons dans l'avenir. Des défis personnels à la mise en scène collective La nouvelle tentative de Seb Berthe sur le Dawn Wall s’inscrit dans la continuité d’une démarche collective chère à son approche. Cette fois encore, il est accompagné d’une équipe solide et variée, incluant des grimpeurs comme Soline Kentzel , Aidan Roberts, Miquel Mathieu, Garance Jourdan et Cédric Lombaerde, ainsi que d’autres compagnons partageant son aventure. Si chacun joue un rôle différent dans cette expédition, l’esprit de solidarité et de fraternité, déjà au cœur de son périple en 2022, demeure une constante. L’avenir sous les pieds, les doutes sur les bras Mais, au fond, que reste-t-il de tout cela une fois sur la paroi ? Seb Berthe fait face à ses peurs, ses doutes et ses épreuves, comme tout grimpeur confronté à la verticalité. L’échec, cet ultime point de rupture, qui donne naissance à une nouvelle tentative, plus solide et plus sage. Parce que l’escalade, c’est d'abord ça : une série d’échecs successifs qui préparent à l’accomplissement. Si ce second round sur le Dawn Wall n’est pas encore l’histoire de la victoire, il est sans doute le récit d’une exploration personnelle et collective, où les doutes se font face à la beauté brute de la nature. Et, au-delà de la conquête de la paroi, ce qui restera sera peut-être la promesse d’un autre type d’aventure : celle qui, d’abord, est intérieure.
- Une histoire de l'alpinisme au féminin : justice pour celles qu’on a oubliées
« Les femmes seront payées autant que les hommes quand elles grimperont torse nu. » Cette phrase, prononcée par Marco Scolaris, président de l’IFSC, en réponse à Lynn Hill qui réclamait l’égalité des récompenses entre hommes et femmes, résume tout un pan des obstacles auxquels les femmes continuent de faire face. Plus qu’une maladresse, elle révèle un système où la performance féminine est encore trop souvent reléguée au second plan, soumise à des jugements sexistes et paternalistes . Dans ce contexte, "Une histoire de l'alpinisme au féminin", signé par Stéphanie et Blaise Agresti, se dresse comme une cordée courageuse face à ces inégalités. Ce livre ne se contente pas de documenter des exploits : il questionne les silences de l’Histoire et les absences criantes . « Nous avons voulu combler un vide », confie Stéphanie. Un vide qui n’a rien d’anecdotique, mais qui reflète une société où la légitimité des femmes à occuper les sommets reste trop souvent mise en doute. C’est au Festival Femmes en Montagne , entre deux projections, que Stéphanie et Blaise Agresti nous ont confié les coulisses de ce projet ambitieux. Ensemble, ils incarnent un équilibre entre tradition et modernité, entre introspection et militantisme . Blaise, ancien chef du peloton de gendarmerie de montagne à Chamonix, et Stéphanie, enseignante passionnée de nature et de transmission, partagent une conviction commune : « Les femmes n’ont jamais été absentes, elles ont juste été invisibilisées », résume Blaise. À l’image du festival, qui célèbre la place des femmes dans les sports de montagne, leur livre a pour ambition de rendre visibles ces trajectoires oubliées. Un héritage familial et des figures effacées Pour Blaise, la montagne n’a jamais été qu’un terrain de jeu. Fils d’un guide de haute montagne et grimpeur depuis son enfance, il a grandi entouré de figures légendaires, dont plusieurs féminines . « Ma mère était alpiniste, et autour d’elle gravitaient des personnalités comme Sonia Livanos ou Martine Roland, la première femme guide en France », raconte-t-il. Pourtant, même à Chamonix, berceau mythique de l’alpinisme, ces noms restent peu connus. « Quand on évoque Sonia Livanos, combien savent qu’elle était l’une des plus grandes grimpeuses des années 50 et 60, au même titre que son mari Georges ? » Une ombre portée par des siècles de récits biaisés, où l’héroïsme est systématiquement masculin. Ce poids des récits masculins est d’autant plus lourd qu’il s’inscrit dans des structures sociales plus larges . Stéphanie, qui a découvert l’escalade aux côtés de Blaise, a souvent ressenti cette dynamique. « En tant que femme, on nous perçoit d’abord comme des suiveuses, même quand on grimpe en tête. Il fallait montrer que ces femmes-là n’étaient pas en marge, mais bien au cœur de l’histoire. » Ce besoin d’équilibre, les Agresti le vivent aussi dans leur quotidien. Parents de quatre enfants, ils ont fait de la montagne un terrain de transmission. « Chaque été, nous partons grimper ensemble. C’est notre manière de transmettre une culture du lien », explique Stéphanie. Le Cervin et les zones d’ombre de l’Histoire Une question demeure : pourquoi ces figures féminines sont-elles si peu présentes dans les récits officiels de l’alpinisme ? Blaise, d’un ton direct, avance une hypothèse : « Elles faisaient de l’ombre aux hommes. » Prenons Lucy Walker, première femme à gravir le Cervin en 1871. À l’époque, elle monte en jupe, sans l’équipement moderne, et réussit là où tant d’autres ont échoué. Pourtant, son exploit est effacé des récits, alors que la première ascension masculine, marquée par la tragédie, occupe toutes les pages. « Lucy Walker n’existe pas dans les livres d’histoire, alors qu’elle a réalisé cet exploit six ans après Whymper. » Ce silence n’est pas un oubli innocent. « Quand elles étaient couvertes, c’était souvent pour les ridiculiser. Si une femme réussissait une course, on minimisait la difficulté ou l’intérêt de la voie. » Stéphanie souligne un paradoxe : « L’alpinisme, avec sa culture du dépassement, devrait être un espace d’émancipation. Pourtant, il a longtemps été un bastion de conservatisme. » Pire, la maternité devient un prétexte pour étouffer les ambitions des femmes . « Une mère grimpeuse ? On la traite d’irresponsable, alors qu’on ne pose jamais cette question aux hommes », ajoute Blaise. Un livre politique, malgré eux « Ce n’est pas un ouvrage féministe au sens militant », précise Stéphanie, visiblement prudente avec le terme. Non pas par désaccord avec son essence, mais à cause de la connotation qu’il peut engendrer. En réalité, il est impossible de raconter l’Histoire sans faire acte politique . « Dès qu’on met en lumière des récits invisibles, on interroge les structures de pouvoir et les inégalités », admet Blaise. Ce livre est une forme de justice, une tentative d’équilibre entre une vérité enfouie et une histoire trop souvent univoque. Pour les Agresti, l’objectif n’était pas de plaider une cause avec un prisme unique, mais de proposer une vision équilibrée. « Nous avons voulu montrer que ces femmes n’ont pas leur place en marge, mais au centre de l’histoire. » Cet équilibre, ils l’ont cherché dans les archives alpines, où les récits masculins dominants ont longtemps noyé les voix féminines . « Elles n’écrivaient pas sur elles-mêmes, et personne ne racontait leur histoire », explique Stéphanie. Ce travail d’exhumation a souvent relevé de l’archéologie, avec des découvertes précieuses dans les archives de l’ENSA ou au détour de rencontres avec des alpinistes des années 70 et 80. « Ce travail de fourmi nous a permis de mettre en lumière des parcours extraordinaires, mais encore méconnus », précise Blaise. Un défi d’accessibilité Si le livre se penche sur l’Histoire, il pose aussi des questions brûlantes . « La montagne devient un loisir élitiste », regrette Stéphanie. « Que ce soit pour des raisons financières ou culturelles, beaucoup d’enfants, même à Chamonix, ne connaissent pas leur environnement. » Blaise renchérit : « Les enfants des classes populaires ont souvent moins accès à la montagne, même quand ils vivent à ses pieds. C’est un problème de société. » Cette réflexion s’étend aux défis environnementaux. « On ne peut plus ignorer que la montagne est dégradée par le réchauffement climatique et la surfréquentation », ajoute Blaise. Dans ce contexte, rendre la montagne accessible ne signifie pas seulement permettre à plus de gens d’y aller, mais aussi en garantir la pérennité pour les générations futures. Une montagne pour tous : un défi collectif Lors d’une séance de dédicaces, un homme s’approche timidement de Blaise Agresti. Après quelques instants d’hésitation, il finit par déclarer : « Je vais le prendre pour ma femme. » Une réponse qui résume, selon Blaise, une incompréhension persistante. « Ce sont les hommes qui devraient lire ce livre. Les femmes savent déjà ce qu’il raconte, ce sont elles qui en subissent les conséquences. Mais les hommes, eux, doivent déconstruire leurs certitudes. » Car au-delà des exploits relatés, "Une histoire de l'alpinisme au féminin" est avant tout une leçon d’humanité . C’est une invitation à élargir notre regard, à interroger les structures qui façonnent nos récits et à reconnaître les voix trop longtemps laissées dans l’ombre. Si l’alpinisme se veut le reflet de la société, alors sa transformation ne pourra être qu’universaliste. Comme le résume Blaise : « Si nous voulons une montagne plus inclusive, plus accessible et plus respectueuse, il faut que ce débat devienne universel. » "Une histoire de l'alpinisme au féminin" est disponible aux éditions Glénat en cliquant ici .
- Femmes en Montagne : La montagne, mais en streaming
La magie des montagnes d’Annecy et de Talloires s’est peut-être estompée avec la fin du festival en présentiel, mais l’âme de Femmes en Montagne ne s’éteint pas pour autant. Jusqu’au 6 janvier, ce festival pas comme les autres vous convie à un voyage immobile, où les histoires puissantes prennent le relais des panoramas alpins. 28 films, plus de 10 heures de récits uniques, pour explorer les visages de la montagne et des femmes qui la réinventent . Quand la montagne dévoile sa face humaine Ici, la montagne n’est pas seulement un décor. Elle est refuge, défi, miroir. Femmes en Montagne est un espace où les récits de femmes redéfinissent un univers encore trop ancré dans des figures masculines. Ces films racontent des trajectoires de résilience, de métamorphose, ou d’un combat quotidien pour s’arracher aux stéréotypes . Des femmes qui escaladent autant leurs propres limites que les parois du monde. Des récits où l’extraordinaire naît souvent dans l’ordinaire : un pas de plus, une main tendue, un choix radical. Une mosaïque de récits La programmation frappe par sa richesse et sa diversité. Courts-métrages, documentaires, longs-métrages se répondent dans une harmonie subtile, sans jamais céder à l’esbroufe. Chaque film est une facette d’un grand tableau, où la montagne se révèle sous un jour inattendu : La montagne comme refuge, une promesse d’équilibre dans un monde en turbulence. L’effort comme langage, où chaque ascension devient une parabole du dépassement de soi. Le quotidien comme héroïsme, quand il faut conjuguer maternité, blessures ou reconstruction avec la verticalité. Ces récits ne sont pas seulement des exploits, mais des confessions universelles, des histoires où chaque spectateur peut se retrouver. Ce que la montagne révèle de l’humain transcende ici les sommets. À la carte, sans pression Avec son édition en ligne, le festival vous laisse respirer : pas de timing imposé, pas de places à réserver. Les films sont disponibles jusqu’au 6 janvier, à consommer à votre rythme . Une soirée intense ou une immersion progressive ? À vous de choisir. Pour 25 €, c’est une porte ouverte sur 28 films d’une authenticité rare. Vous préférez goûter par petites touches ? Les collections spécifiques à 5 € sur Bonne Projection permettent de sélectionner les projections qui vous intriguent le plus. Pas de compromis : seulement des récits qui méritent d’être découverts. Un écho qui dépasse l’écran Femmes en Montagne ne se limite pas à aligner des plans de drone et des exploits techniques. Ce festival questionne. Il interroge la place des femmes dans la montagne, mais aussi dans le sport, et plus largement dans nos imaginaires collectifs . Ces films ne s’arrêtent pas au sommet : ils descendent en nous, déstabilisent, inspirent. Regarder, c’est se demander ce que signifie avancer, chuter, ou changer de voie. Et si la montagne n’était qu’une métaphore pour ces luttes universelles, ces gestes discrets qui forgent une vie ? Pourquoi attendre ? À l’heure où tout va vite, Femmes en Montagne vous offre une parenthèse. Une invitation à ralentir et à ressentir. Mais le temps presse : après le 6 janvier, ces films retourneront à l’ombre . Alors, prenez votre ticket, laissez-vous porter par ces récits, et découvrez pourquoi la montagne est un terrain d’histoires autant que d’aventures. En savoir plus et accéder à la programmation : Femmes en Montagne en ligne .
- Un casque, une vie : récit d’un accident
« La nature fait les êtres humains semblables, la vie les rend différents », cite Lucille Bolomey dans "De la pierre à la lumière". Ces mots de Confucius condensent une vérité universelle, mais dans son récit, ils prennent une résonance viscérale. Plus qu’une maxime, ils deviennent le fil rouge d’une existence recomposée après un accident bouleversant . Nous avons eu la chance d’échanger longuement avec Lucille. Ses mots, empreints de lucidité et d’émotions brutes, ne racontent pas simplement une épreuve : ils en explorent les strates, les nuances, la complexité. Ce livre est une œuvre de résilience, une invitation à plonger au cœur d’une reconstruction où chaque pierre devient lumière. Un dimanche dans le Vercors : la brèche du destin « C’était un beau week-end, en famille », se souvient-elle. Mais parfois, une simple bourrasque semble contenir le frisson d’un présage. « Le vent s’est levé, comme pour me prévenir qu’il allait arriver quelque chose de grave. » Ce dimanche-là, sur une falaise du Vercors, une pierre chute, heurte sa tête, et c’est le noir complet . « Je ne me souviens de rien. Tout me reviendra bien plus tard, par bribes. » Lucille est héliportée à Grenoble où une craniectomie décompressive lui sauve la vie. « Une partie de mon crâne a été retirée pour éviter que mon cerveau, enflé, ne s’étouffe lui-même. » De cette période, elle n’a que des flashes épars, entre absences et délire. « Au début, je croyais que mes enfants étaient morts. J’étais paniquée. » Pourtant, au cœur du chaos, subsistent des fragments de douceur : « Mon frère a pris ma main dans la sienne. Ce contact, si simple, m’a ancrée. » La verticalité de la douleur : l’hôpital comme épreuve Grenoble devient un théâtre d’apprentissage brutal. « J’étais prisonnière de ce lit, attachée, sans explications. Tout semblait hostile. » À la douleur physique s’ajoute une détresse existentielle. « Je voulais marcher, bouger, redevenir moi-même. Mais chaque machine qui sonnait semblait me rappeler que ce corps-là, ce n’était plus le mien. » Et pourtant, au milieu de cette désolation, quelques instants suspendus subsistent, comme des éclats d’humanité : une première douche, « une caresse d’eau si simple et pourtant miraculeuse », ou encore des rires échappés d’une blague entre amis : « Ils avaient surnommé mes mouvements maladroits la ‘Disco de l’Asticot’. Ces moments, dérisoires et précieux, m’ont permis de tenir. » Lavigny : une traversée intérieure Le transfert au centre de rééducation de Lavigny marque une nouvelle étape. « Là-bas, j’ai dû regarder la vérité en face : mon bras gauche, mes doigts, mon équilibre… tout semblait brisé. » Les premiers exercices de physiothérapie sont un miroir cruel. « Pleurer est devenu quotidien. Comment accepter que ce corps fracassé soit le mien ? » Pourtant, au milieu de ces abîmes, de petites victoires émergent : un studio thérapeutique où elle peut préparer son café, un coin de Jura aperçu par la fenêtre. « Ce printemps volé que je touchais du bout des doigts, c’était déjà un début de reconquête. » Lors de notre entrevue, Lucille revient avec une force particulière sur deux promesses qu’elle s’est faites : « Me battre pour récupérer tout ce qui peut l’être, et transformer cette souffrance en quelque chose qui m’élève. » L’escalade : un paradoxe libérateur « C’est l’escalade qui m’a mise à terre, et c’est elle qui m’a relevée. » Ironie du destin, cette discipline, cause de son accident, devient un levier de renaissance. « À force de râler sur ma main gauche qui ne serrait pas les prises, j’ai contacté l’équipe suisse de para-escalade. » Elle décrit ce premier entraînement comme une révélation. « Ces athlètes, chacun avec leurs handicaps, leur force et leur humour… Je me suis sentie adoptée. » Son récit de sa première compétition est poignant : « Monter sur le podium, c’était irréel. Je pleurais de joie, j'étais tellement fière de moi. » Pourtant, Lucille reste lucide sur le prix à payer : « Grimper aggrave la fermeture de ma main. Mais l’escalade m’apporte une joie inégalée. Je préfère vivre cela, quitte à sacrifier autre chose. » Les ombres persistantes : une bataille intérieure Si son corps porte des cicatrices visibles, les blessures invisibles n’en sont pas moins dévastatrices . « La fatigue, les pertes de mémoire, l’hypersensibilité au bruit… Tout cela affecte ma vie de famille, mon couple. » Les crises d’épilepsie, violentes et imprévisibles, sont autant de rappels de sa fragilité. « Ces moments où je suis seule, à convulser sur le sol… Ils résonnent comme des brisures. » Et pourtant, Lucille s’accroche à une vision plus vaste : « Cette vie, même fragmentée, reste pleine de possibilités. Rien n’est jamais acquis, mais tout reste possible. » Une lumière indomptable "De la pierre à la lumière" est un témoignage, mais surtout un manifeste pour la résilience, une œuvre qui touche autant par sa sincérité que par sa profondeur . Lorsque Lucille évoque la rédaction de ce livre, elle confie : « C’était un poids à porter, mais aussi une libération. Maintenant, je me sens prête à ouvrir un nouveau chapitre. » En la quittant, nous sommes habités par une phrase qu’elle nous a confiée : « Malgré tout, je prends la vie comme elle vient, avec ses cicatrices. Tout est encore possible. » À ce jour, "De la pierre à la lumière" est principalement distribué en Suisse, mais Lucille Bolomey reste accessible : il est possible de commander son livre directement en la contactant par mail : lucillebolomey@gmail.com . Ce mode de diffusion, encore intimiste, reflète le parcours hors norme de son autrice. Pourtant, on ne peut qu’espérer une plus large accessibilité à cet ouvrage, tant son récit porte un message essentiel : sensibiliser à l’importance du port du casque, non seulement en escalade, mais dans toutes les activités où la fragilité de nos vies côtoie les aléas de l’imprévisible.












